The Good, The Bad & The Queen – Eurockéennes de Belfort (01/07/07)

Publié le par Alex la Baronne

NDLR : Non, je n'ai pas vu que des concerts pas top aux Eurocks, j'ai juste gardé le meilleur pour la fin...


En ces temps-là, les loisirs n'existaient pas. D'ailleurs, c'est simple, au XVIIè siècle, on ne déconnait pas avec grand chose.  La chasse servait à se nourrir, et non à estourbir la plus grosse bécasse du bosquet. Pareil pour le boulot : les 35 heures représentaient 2 journées de travail, aussi bien dans les fermes reculées que dans les tanneries nauséabondes de la capitale.

Au XVIIè siècle, pourtant, les riches existaient déjà. Mais entre les mariages arrangés et les convenances aux allures de camisole, l'aristocratie française ne ressemblait en rien à l'ancêtre lointain de la jet-set. Oh, bien sûr, il y avait bien parfois quelques menus concerts. De la musique de chambre, que ça s'appelait. Des mecs impeccables, perruques poudrées et redingotes noires, débarquaient chez un richard du coin et jouaient des menuets. Parfois, c'était la famille elle-même qui s'y collait, avec force violons, contrebasses et flûtes traversières.

Aujourd'hui, la musique de chambre n'existe plus. Certes, Pete Doherty et Carl Barât ont bien tenté de rétablir cette délicieuse coutume avec leur guerilla gigs, des shows organisés dans leur propre appartement, mais la drogue a réduit leurs efforts à néant. Ce n'est pas au XVIIè siècle qu'on serait parti d'un concert avec une seringue plantée dans le pied.

Démographie galopante oblige, les festivals, joués en plein air devant des milliers de personnes, prennent le pas sur des salles plus intimes. On ne joue plus de la musique de chambre, on écoute de la musique dans sa chambre, avec sa chaîne hi-fi et ses grosses enceintes bass boost. Alors, à quoi bon se rendre à un festivals, si c'est pour voir le chanteur de loin en tout petit et se bouffer 115 décibels tout grésillants en pleine tronche ? Peut-être pour l'ambiance unique, la basse vibrante, l'artiste de légende. Pour ressentir la musique, tout simplement.

Sur la grande scène des Eurockéennes, en ce Dimanche après-midi, des artistes de légende étaient à l'honneur. Il y avait un ex-chanteur à minettes reconverti en caméléon de la pop, un bassiste dieu de la fracasse, un guitariste rêvant de violons et un batteur coolos. Un orchestre de cordes les accompagnait élégamment. Maître d'une musique céleste et feutrée, The Good, The Bad & The Queen épargna les boules quies à son public. Pas d'amplis sur le point de crever d'une belle mort, il fallait au contraire tendre l'oreille pour saisir des airs délicats plus à leur place dans une petite salle qu'en tête d'affiche d'un festival.

Et là, au sommet de la butte, pour la première fois pendant un concert, j'ai pensé à ma chaîne hi-fi et à ses enceintes. Bien sûr, j'avais de mon perchoir une vue plongeante sur un Damon Albarn sapé comme Oscar Wilde, tandis qu'à ses côtés, un Paul Simonon résolument plus moderne se croyait dans le Chicago des années 30 avec son chapeau vissé sur le crâne. Mais je ne pouvais chasser cette impression d'irréalité. S'agissait-il d'un évènement live ou étais-je chez moi, en train de lire un polar tiré par les cheveux avec The Good, The Bad & The Queen en fond sonore ?

   C'est à ce moment, lecteurs, que vous êtes censés vous inquiéter pour moi. Si je ne sais plus où je me trouve, je dois certainement avoir de gros problèmes. A moi, le T-Shirt qui ferme dans le dos et la chambre délicieusement molletonnée.

Attendez au moins que je vous explique la raison de mon trouble. Je me suis procuré la setlist du show. Non, pas en me bagarrant avec une groupie dans les premiers rangs afin de m'emparer d'un papier tout chiffonné. Tout simplement en retournant mon disque de The Good, The Bad & The Queen. Car cette formation légendaire, ce supergroupe, s'est contenté de jouer dans l'ordre les morceaux de son premier album éponyme. Le tout, sans y apporter le moindre changement, excepté un bref rap final en compagnie d'un invité surprise déguisé en ayatollah. En gros, ce concert, c'est comme si j'avais invité 15000 potes dans mon salon, l'espace en plus et l'ambiance de folie en moins. Je n'ai rien à en dire de plus. Le reste se trouve déjà dans ma chronique du disque.

Publié dans Journal d'une groupie

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Alex la Baronne 29/08/2007 10:40

Oui, pour Lou Reed et Berlin, ça prend autrement plus de sens de rejouer son album dans l'ordre en live ! Il a quand même un autre pedigree...Sinon, pas de plage cachée, juste un petit rap final assez déconcertant...

Guic' the old 28/08/2007 14:18

Ben c'est assez marrant parce que le fait de jouer un album dans l'ordre sur scène, ca se fait depuis assez récement, mais tu fais ca avec un album connu normalement, ou un album qui a un sens...Bowie l'a fait en premier (encore lui, à croire qu'il a tout inventé...) avec Low, suivi de Cure avec leur trilogie Pornography disintegration Blood Flowers (excusez moi pour l'ordre...) et finalement Lou Reed pour Berlin. D'autres l'ont peut être fait, mais bon je sais pas.Ce qui me déconcerte, c'est de le faire pour un groupe qui a sorti un album. Un coté limite foutage de gueule: "vous voulez entendre les morceaux de l'album? Les voilà!"Meme pas un rappel Alex? Ou alors la plage cachée de l'album s'il y en a une?

Alex la Baronne 28/08/2007 13:50

Ben oui, ennuyons-nous... mais avec classe, c'est tellement mieux :-) !

G.T. 28/08/2007 13:08

Le "Dr G.T." n'était en fait pas du tout intentionnel... J'ai juste pris ce pseudo pour répondre à ton message sur le blog de Alf... et j'ai oublié de le changer.
Sinon... du fun sur scène ? Vous n'y pensez pas... c'est beaucoup trop vulgaire pour TGTBTQ.

Alex la Baronne 28/08/2007 09:09

Merci ! Ah, s'il y a eu du fun, c'était d'une manière si subtile que ça m'a totalement échappé !