The Bishops – La Laiterie, Strasbourg (25/10/07)

Publié le par Alex la Baronne

 

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19h57

  "Ben tu vois ? Je me serais pas trompée de route, on serait arrivés en avance et on se serait emmerdés comme des rats morts en attendant que les portes s'ouvrent !".
Il n'y pas que mes chroniques qui suintent la mauvaise foi.


20h00

Ouverture des portes. 60 personnes se dirigent lentement vers l'annexe de la Laiterie, qui contient à tout casser 150 pelés les jours d'affluence. La grande salle devait normalement accueillir le hip-hop franchouillard de la Fouine, mais le show a été reporté au dernier moment. L'information a sans doute mal circulé puisque quelques jeunes gens en jogging hantent les rues avoisinant.

 

20h02

Je bénis Guic' pour ses conseils vestimentaires et agite mes orteils de contentement au fond de mes Converse. Une maigre brochette de groupies s'installe au premier rang, manifestement désireuses d'étrenner la tenue qu'elles porteront au concert des Klaxons, prévu dans un mois. Ah, ils ont une riche idée ceux-là, en associant vert et  violet. Un peu plus en arrière, une maman aux allures de rombière tient par la main son fils, 11 ans à tout casser. Comme quoi il ne faut pas se fier aux apparences.

 

20h30

Les frenchies pop de One Two aux abonnés absents, le trio strasbourgeois 1984 assure la première partie. Bizarre comme nom, cette année synonyme d'une vacuité rock sidérale, d'autant que le groupe carbure à Led Zep et autres Nirvana. Un bassiste plutôt agité tente de chauffer la salle, avec malheureusement moins de résultat que DJ Jean-Pierre François au camping des Flots Bleus. Qu'importe, les régionaux assurent plutôt bien, même si la faiblesse du chant dessert la puissance de leurs mélodies simples et carrées. Le groupe finit en réinterprétant le premier morceau de son set. Il doit s'agir de leur tube, plutôt efficace d'ailleurs avec un riff très accrocheur et une batterie cognée à pleines baguettes.

 

 21h10

Mike Bishop surgit sur scène et commence à installer sa guitare. Son jumeau Pete le rejoint et fait de même avec sa basse. Assez incroyable de voir un groupe auteur d'un des meilleurs albums de cette année s'affairer dans l'indifférence générale. Les groupies du premier rang snobent outrageusement le duo monozygote et tournent le dos à la scène.  Il faudra quand même expliquer aux londoniens que le succès s'accompagne d'évidentes concessions. A savoir remplacer leurs classieux costards mods par des baggys, détruire leur coupe de Beatles au profit d'un crâne rasé à la M Pokora et surtout, écrire des chansons de merde à la place de leurs hymnes pop harmonieux. Sinon, à être aussi doués, sincères et charmants, ils n'attireront jamais plus de 60 personnes à leurs concerts. Tant pis pour eux.

 

21h30

The-Bishops---The-Bishops.jpgDébut du show. Impeccablement serrés dans leurs costumes noirs, les Bishops évoquent les Beatles dans leur prime jeunesse. J'avais écrit dans ma chronique sur le premier album homonyme du groupe qu' "ils semblaient tout droits sortis d'une cave hambourgeoise". C'est faux. Les Bishops traînent toujours dans cette cave et y puisent la spontanéité nécessaire à l'écriture de leurs titres sucrés et entraînants. Higher Now ouvre le bal et démontre l'extraordinaire complicité des jumeaux, parfaitement soutenus par leur discret et excellent batteur, qui n'a rien trouvé de mieux à faire que de rater sa décoloration capillaire pour attester de sa présence.

 

21h45

Les morceaux aux allures d'évidences pop se succèdent élégamment, avec en point d'orgue les excellents I can't stand it et Menace about town. Sur scène encore plus qu'en studio, la parfaite complémentarité vocale des jumeaux étonne. Les Bishops chantent bien, tout simplement. Et en prime, ils ne composent que des tubes, interprétés avec un enthousiasme touchant, surtout après plus de 200 dates pour cette seule année. Plus expressif, le leader Mike joue au guitar hero et harangue énergiquement le public, tandis que, plus introverti, son frère se contente de le regarder et d'esquisser quelques pas de danse de temps à autre.

 

22h15

Le groupe n'a pas traîné puisqu'il a enchaîné une bonne quinzaine de titres en trois quarts d'heure, avec quelques faces B de haute volée, comme House of desert ou cet agréable She said bye bye qui clôt la première partie du set.

 

22h20

Le groupe revient avec Say Hello, puis conclut son set avec maestria. Beau joueur, le rare public applaudit généreusement. Les Bishops n'auront pas convaincu les masses, mais 60 personnes sont sorties ravies de leur concert. Vive les concerts pourcentage.

Publié dans Journal d'une groupie

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Lbibine 02/11/2007 00:54

Un groupe fort sympathique : un leader tout sautillant, des jumeaux au look rétro qui n'est pas pour me déplaire (en revanche le t-shirt de marin du batteur est d'un goût discutable) et surtout une musique dans la digne lignée des Beatles ! (rien que ça !) En fait les Bishops se rendent vite très attachants par leur simplicité, leur enthousiasme et leur jeu. Et comme pour toutes les bonnes soirées, finalement on se dit "mince, c'est déjà terminé ?!" en sifflotant les airs tout fraîchement entendus ...Je pense que ceux qui ont assisté à un concert des Bishops sont tous d'accord pour confirmer que les absents ont tort. Mais à choisir entre un groupe de qualité mais méconnu, et un groupe "bon à remplir les stades" ;-) qui passe en boucle à la radio, le choix est vite fait. Je préfère suivre les conseils éclairés qui me sont prodigués et jouir d'une belle prestation à comité restreint, et je laisse aux autres le soin de s'agglutiner ailleurs pour admirer, euh ... autre chose quoi.

Alex la Baronne 01/11/2007 22:49

A découvrir absolument :-) !

Tietie007 01/11/2007 18:11

Je ne connaissais pas ce groupe !

Alex la Baronne 01/11/2007 17:33

Guic' : oui mais toi, au moins, tu peux dire qu'ils ont de bonne trognes sans être accusé d'honteux groupiage :-). C'est vraiment ce qui m'a le plus étonnée, que les filles ne les regardent même pas alors qu'ils installaient leur matos. Honte !Ska : tu peux écouter sans crainte !

Ska 01/11/2007 13:21

je ne connais pas ces garçons, faut vraiment que j'écoute ça...