Klaxons – Eurockéennes de Belfort (01/07/07)

Publié le par Alex la Baronne

J'en ai marre des intros à rallonge. Marre de déblatérer n'importe comment sur n'importe quoi pendant des lignes et des lignes. Mieux vaut foncer dans le tas, parfois.

 Chapiteau des Eurockéennes, me voici. A reculons. C'est un peu anticipé, voire même franchement présomptueux, mais j'ai déjà rédigé mentalement la chronique de ce concert. Même pas besoin

de les entendre couiner, les trois Klaxons. Je vais les décrire à coups d'anglicismes trendy, parler de la cool wave qui les entoure…

(Petit post-it collé sur le lobe frontal : ne pas oublier de caser dans ce bla-bla les termes "fluorescent", "bigarré", "daltonien" et bien évidemment, "new-rave")

Tout le monde le sait déjà. Les Klaxons sont les nouveaux chouchous de la scène pop anglaise. Ils foulent la scène du chapiteau presque un an jour pour jour après les Arctic Monkeys. Lesquels succédaient à Bloc Party. Qui venaient récolter les lauriers de Franz Ferdinand. Chaque année, les Eurockéennes se paient le nouveau groupe hype, avant qu'il ne périme ou devienne trop cher.

Ah oui. Je dois faire ma vieille conne, aussi. Avec un zeste d'aigreur bien placée. Je dois rappeler que les Klaxons et leurs tenues bigarrées comme seuls un daltonien ose en porter, ça ne casse pas trois pattes à un canard fluorescent, new-rave ou pas (bingo !). Et puis, ils chantent faux. Je les ai entendus massacrer à pleins poumons leur single "Atlantis to interzone" sur Canal +. Enfin, je dois asséner sans ambages l'argument phare, le jugement bien affûté qui tue. La new-rave, quelle connerie. Prodigy, c'était déjà pas bien terrible. Alors, imaginez un groupe inspiré de Prodigy…

Quant à leur public… ben… Il est jeune, très jeune, à peine sorti de l'enfance. Mâle et remuant, excepté le rang traditionnel de groupies massé contre les barrières. Celles-là ont déjà sorti leurs petits batons fluos, histoire de les agiter pendant "It's not over yet".

 Bref, j'ai toutes les clefs en main. Je sais déjà comment va se dérouler ce concert, je l'ai vécu en songe. C'était plutôt marrant,  ça bougeait bien, merci, au revoir, je vais manger un kebab maintenant.

Sauf que celle qui a écrasé les pieds de tous ses voisins et manqué éborgner une donzelle avec un petit baton fluo, c'est moi. Et ce dès les premières notes du bien nommé "The bouncer". Car contrairement à des Arctic Monkeys tristement stoïques devant une foule en furie, les Klaxons mettent un enthousiasme délirant dans chacun de leurs titres et conquièrent le public d'entrée avec le remuant "Atlantis to interzone". Bien que peu étoffé, leur répertoire contient suffisamment de hits ("Totem on the timeline, "As above, so below") pour ne jamais laisser retomber l'intensité. La recette est simple, le public suit dans une chorégraphie hédoniste et improvisée, où la hype semble plus que jamais une invention vipérine. Les Klaxons veulent faire danser, rien de plus. Ils y parviennent à merveille avec "Magick" et sa guitare vrombissante, tandis qu' "It's not over yet" et son refrain imparable déclenchent des chants enthousiastes. Au fond, tout chez le trio briton incite à la fête irréfléchie, à l'oubli d'un quotidien bassement banal en compagnie d'un groupe qui ne l'est pas, comme le prouvent ses tuniques zébrées et ses harmonies vocales bizarroïdes. Alors, une fois "Four horsemen of 2012" expédié dans l'allégresse la plus totale, j'atterris enfin. Je viens de passer 50 minutes en compagnie de gremlins délirants. Mon kébab m'appelle maintenant. Il me semble bien morne. Il va aussi falloir que je trouve quelques qualificatifs dithyrambiques, finalement.

A voir également sur ce blog : la chronique de Myths of the near future, le premier album des Klaxons

Publié dans Journal d'une groupie

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Alex la Baronne 01/09/2007 22:55

G.T. : oui, mon côté honnête reconnait aisément que Prodigy, c'était pas si mal. Mon côté honnête a même lourdement "dansé" sur "Smack my bitch up" à la fête de son lycée.
Maintenant, comme j'étais en mode "vieille conne" au début de l'article, je n'ai pas pu m'empêcher de tacler le groupe. Ceci dit, je trouve que pour ce qui est de la ressemblance avec les Klaxons, cela dépend beaucoup des titres, mais sur "two recievers" ou "Atlantis to interzone", on sent quand même l'influence.
Alf : ben... Tout dépend de ce que tu recherches en fait. Les Klaxons ne se prennent pas au sérieux et assurent bien le spectacle, ce qui n'est déjà pas si mal.Pour ma part, après m'être fait passablement braire pendant le passage de The Good, The Bad & The Queen (qui eux, sonnaient vraiment totalement dans le vide), je n'en demandais pas beaucoup plus. Après, oui, les amateurs d'engagement et de rebellion passeront leur chemin :-) !

alf 01/09/2007 22:43

hello Alex,
"Les Klaxons veulent faire danser, rien de plus. Ils  [...] Au fond, tout chez le trio briton incite à la fête irréfléchie, à l'oubli d'un quotidien bassement banal "... tes Klaxons ont quand même l'air de sonner méchemment dans le vide... (Sorry, je sors de la lecture d'un article sur "rock et rébellion" sur kultura qui m'a un peu cassé le moral  ;-)!

G.T. 01/09/2007 12:16

Mais... c'était chouette, Prodigy ! Certes, c'est pas le groupe le plus subtil de l'histoire, mais ils ont tout de même apporté quelque chose de nouveau. Et, à part le le fait qu'ils mélangent aussi électro et rock, je trouve la musique des Klaxons assez éloignée de celle de Prodigy.
Bon, à part cette petite divergence... excellent article, comme d'hab !