Arc en ciel sonore

Publié le par Alex la Baronne

La vue appelle les autres sens. Ainsi, chaque couleur revêt des codes précis, parfois étrangement antagonistes. Ainsi, le jaune symbolise la chaleur et la trahison, le vert l'espoir et la poisse. "La terre est bleue comme une orange" écrivit Eluard, conscient de l'infinité d'une palette universellement évocatrice. A l'instar du poète français, les musiciens se sont également laissé prendre dans cet arc en ciel, l'illustre Jack White le premier… Voici un échantillon de quelques chansons colorées.

1. The Velvet underground (The Velvet Underground, 1969), HushPuppies (The Trap, 2005) – Pale blue eyes

Un même titre pour 2 chansons radicalement différentes. Bien que largement inspirés du rock 60's, les Hushpuppies martèlent un bref "Pale blue eyes", en totale opposition avec la longue ballade lo-fi de Lou Reed & co.

 

2. The Who – Behind blue eyes (Who's next, 1971)

Pas facile d'être une légende. En 1971, Pete Townshend et compagnie n'imaginaient pas que leur superbe standard subirait 30 ans plus tard un tronçonnage sans merci, œuvre (hum…) des barbares en béret de Limp Bizkit. Reste à informer les plus jeunes générations de cet honteux pillage. Pourtant, il suffit de regarder Fred Durst pour éprouver sa pleine incapacité à composer un titre pareil.

3. Les inconnus - Isabelle a les yeux bleus

 

Même si le trio infernal nie encore avoir particulièrement visé les éternels gamins d'Indochine, Bernard Campan campe dans ce sketch un Nicolas Sirkis plus vrai que nature. Une impression renforcée par le titre "Isabelle a les yeux bleus", une litanie aux textes simplistes sur fond de synthés enfantins. 20 ans plus tard et un revirement gothique plus tard, Indoch plait à toutes les générations sans trop se fouler. A quoi bon ?

4. The Beatles – Yellow submarine (Revolver, 1966)

Le titre phare des Fab Four n'est pas le plus intelligent. Symbole d'une ère optimiste sous acide, le "Yellow submarine" vogue aux 4 coins du globe depuis maintenant 40 ans. Reste à savoir pourquoi ce fichu "submarino amarillo" a viré au vert à l'approche des côtes françaises. Ringo Starr avait peut être le mal de mer.

5. Donovan – Mellow yellow (Mellow yellow, 1967)

 

A 10 000 lieues de ses homologues rock déchaînés, le gentil chanteur écossais signe une ballade tranquille, évocatrice de paisibles petits déjeuners familiaux. Une autre tasse de thé, sir ?

 

6.      The Strokes – Red light (First impression of earth, 2006)

Souvent soupçonné d'appartenir à la famille des ursidés, Julian Casablancas fait mentir la rumeur avec un sautillant "Red light". Jouasse comme jamais, le chanteur des Strokes livre une jolie mélopée dans laquelle il invite sa chère et tendre à s'exprimer. Rafraîchissant.

            7. Basement Jaxx – Red alert (Basement Jaxx, 1999)

 

 

Premier tube pour le duo électro. Selon une bonne vieille recette, des chœurs barytons pimentent voix soul suraiguë, le tout servi sur un lit de synthés tonitruant. Alerte rouge chez les disquaires.

 

8. Purple rain – Prince (Purple rain, 1984)

 

Le prince du funk a manifestement hérité sa garde robe de Claude François. Moulé dans une combinaison rouge pailletée,  Prince – Love Symbol – MegaloMan susurre "Purple rain", un slow aussi entêtant qu'un champ de lavande provençal. Vous avez 20 ans aujourd'hui ? Ne cherchez plus comment vos parents se sont rencontrés. 

9. The Stranglers – Golden brown (La Folie, 1981)

L'ère bénie des 60's touche à sa fin. La faute à cette "Golden brown", l'héroïne des drogues dures, si addictive, si destructrice. 10 ans et quelques plus tard, les punks Stranglers rendent ici un hommage tourbillonnant à l'hôte privilégiée des seringues, tout comme les Stones l'ont fait auparavant avec "Brown sugar".

10. Jack White et la couleur

Le sieur White attache une extrême importance au chiffre 3, largement mis en relief sur la pochette d'"Elephant". Ainsi, depuis le tout début de leur carrière, les White Stripes utilisent uniquement le trio chromique blanc-rouge-noir dans leur artwork et leur habillement. Cependant, "Get behind me Satan", dernier album en date du groupe, amorce un changement radical avec le remarqué "Blue orchid". Lubie passagère ou métamorphose profonde ? L'album des Raconteurs, "Broken boy soldier", fait pencher la balance vers la 2è hypothèse. Retour sur les chansons les plus colorées du fils de Detroit.

a.     The White Stripes - Black math (Elephant, 2003)

b.     The White Stripes -Red rain (Get behind me Satan, 2005)

c.     The White Stripes - White moon (Get behind me Satan, 2005)

Du noir, du rouge, du blanc : un Jack White ancien modèle manie les grosses guitares ("Black math", "Red rain") et le piano blues ("White moon") comme jamais. La mutation est toutefois déjà amorcée.

d.     The White Stripes – Blue orchid (Get behind me Satan, 2005)

e.     The Raconteurs – Blue veins (Broken boy soldier, 2006)

 

 

Plus pop, le roi de la gratte déçoit ses fans avec des morceaux apaisés. Pas de quoi pleurer de dépit toutefois, tant ces titres regorgent d'évidentes qualités.

Super cadeaux :

  • "Behind blue eyes" des Who en live à Toronto en 1982

  • La video de "Golden brown" des Stranglers. Ressemble au début d'un épisode d'Indiana Jones...

  • "Red Rain" des White Stripes au show américain "Late night with Conan O'Brien"

Publié dans Chansons à thème

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Commenter cet article

Alex la Baronne 15/10/2006 10:52

Merci Alex, je file tout de suite écouter cette version !

Alex 15/10/2006 00:08

je te recommande cette version de Behind Blue Eyes
http://thewho-lost.over-blog.com/article-3790471-6.html#anchorComment
A +

Alex la Baronne 11/10/2006 13:23

Merci !Pour les Inconnus, ils se sont retrouvés entre les Who et les Beatles car leur chanson contenait la couleur bleue, comme les 2 précédentes...

Oliv. 11/10/2006 11:38

Sort mettre les Inconnus entre The Who et The Beatles ... il fallait osé !

Thom 10/10/2006 13:21

J'adore.