Texte Libre
Chroniques rock'n'roll d'une Baronne
Après des mois d'une hibernation décalée, Alex la Baronne revient ! Orchestré par une savante pluie
d'articles plus corrosifs les uns que les autres, son retour s'annonce décapant !
Classe ou Crasse soit avec vous,
Alex la Baronne
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Chroniques rock'n'roll d'une Baronne
NDLR : cet artice date de fin Mai, à une époque où je me perdais en conjectures au sujet des productions musicales estivales. Néanmoins, ne regardant pas les émissions de Flavie Flament, je n'ai toujours pas le réponse à cette question obsédante : quelle est la daube de cet été ?
L’été approche. Bien sûr, ce n’est pas en ouvrant les fenêtres de votre chambre que vous l’avez découvert, revigoré par les 12°C de ce radieux 30 Mai franc-comtois. Pourtant, les signes avant-coureurs pullulent. Sur l’écran plat de votre TV, Eva Longoria vous invite à combattre les capitons de vos cuisses graisseuses. Merci pour le glamour, surtout au petit déjeuner. Et l’enfer ne fait que commencer. Les panneaux publicitaires de votre ville natale se couvrent de publicités pour Pastis 51 et Optic 2000 car, l’été, c’est bien connu, on se met minable et on tente de le cacher le lendemain. Mais la radio vous réserve une plus belle surprise encore avec "Yakalélo", tube de l’été 99. Soudain, vous ne pouvez vous empêcher d’imaginer avec effroi ce que les producteurs de TF1 et de 40°C à l’ombre vous réservent, ou quand les chaînes de télévisions privées et publiques se mettent au service des vendeurs de sonotone.
Allez, pour vous faire patienter, quelques indices. Le tube de l’été 2006 sera :
1. en étranger, le français vous l’entendez déjà
bien assez au boulot toute l’année. De préférence une langue latine, plus douce à l’oreille que le russe des discours de Vladimir Poutine. Au choix : l’espagnol pour la Macarena, le portuguais pour la Lambada, le roumain (oui, le roumain est aussi une langue latine, ah, on se cultive sur ce blog !) pour Dragostea din tei des inoubliables crevettes d’O-Zone (ci contre).
2. le tube de l’été, également appelé Ti-Di-L-I par Bryan, le GO
parfaitement bilingue du Club Med de Vittel, est interprété par un parfait loser dont vous n’aviez jamais entendu parler et dont vous n’entendrez plus jamais parler après cette mémorable percée artistique. Qui se souvient de DJ Bobo, l’auteur du pathétique "Chihuahua", à part ses compatriotes suisse allemands ?* Ou mieux, qui a encore en mémoire les 2 sympathiques couillons d’Havana Délirio (ci-contre) et la fameuse introduction francophone de "Carnavalera", propulsé au sommet des charts en Août 98 ?
3. le tube de l’été sort en été. En général. Car Juanes nous casse les pieds depuis quelques mois déjà avec sa "Camisa negra", aussi invasive qu’une armée de frelons.
Enfin, dans un accès de citoyenneté européenne, je ne saurais que conseiller à mes amis lecteurs en mal de sensations fortes les tubes de l’été de nos voisins goths et associés. Lesdites œuvres, ne respectant pas l’article 1. de la législation en vigueur dans l’hexagone, se chantent en néerlandais pour l’effarant "Pizza Hut", ou en allemand avec "Schumacher", cet hymne sur fond de moteurs à la gloire de l’aîné des frangins à la gueule en coin de chiottes. Il ne vous reste plus qu’à prier pour que le Rhin fasse office de frontière infranchissable.
* le best of de DJ Bobo est en vente chez tous les bons disquaires zürichois. Ne passez pas à côté de cette occasion unique !
De toute évidence, passer à la télévision confère la science infuse, si l'on en croit les logorrhées suffisantes de Gégé le psy. Depuis des années déjà, ce dernier nous casse les pieds presque tous les soirs avec son politiquement correct à 2 balles. Pontifiant, dogmatique, pédant, son discours fleure bon l'absence totale de remise en question, le populisme bourgeois et la compassion méprisante d'un normalien imbu de ses doctorats et essais philosophiques. Force est de reconnaître que son érudition, aussi admirable soit-elle, ne le rend pas supportable pour autant.
Gérard n'argumente pas : il énonce ses vérités avec un petit sourire faussement indulgent, qui en dit long sur sa tolérance à la contradiction. En cas de résistance inattendue, les propos déplacés pleuvent. Une véritable campagne de diabolisation de l'adversaire, visant à éluder ses arguments. Malheur à un jeune homme favorable au CPE, invité sur le plateau d'"On a tout essayé" : ses calmes explications ont exaspéré le psychanalyste. Une pancarte sur laquelle celui-ci a inscrit "le nouveau Sarkozy" a suffi à détourner le débat. Merci pour cette précieuse contribution et cette ouverture d'esprit.
Toutes ces simagrées sont d'autant plus regrettables que la lucidité et le répondant de la majorité des autres chroniqueurs de Laurent Ruquier en font une émission plutôt agréable à suivre. Les invités, pertinents pour cette heure de grande écoute, viennent souvent défendre un livre ou leurs idées avec beaucoup de conviction. Des moments assez rassurants dans une société où remporter la Star Academy constitue une fin en soi.
Réductrice, caricaturale et de mauvaise foi, cette chronique présente des personnages pourtant bien réels. Leurs caractéristiques ne s'appliquent aucunement à l'ensemble d'une communauté indispensable, quoique de plus en plus méprisée au sein de notre de notre civilisation des loisirs.
18 ans et déjà bachelier. Quoi de plus normal, clamerez-vous. Pourtant, cet âge insouciant, théâtre de cuites et d'amours futiles, exige un choix cornélien : quelle orientation professionnelle choisir ? Dans un souci de transparence (et aussi pour me la ramener ah ah !), j'ai choisi d'évoquer mon parcours. Maths sup, maths spé, école d'ingénieurs chimistes, stage en Suède, diplôme espéré pour fin Novembre, thèse en vue. 6 ans d'amitiés diverses, de sorties, de plage, de grosses galères parfois (merci les classes préparatoires). Tout cela, pourquoi ? Pour finir échouée devant un ordinateur suisse, à rédiger des chroniques musicales bien plus gratifiantes que mon projet de fin d'études. Pire, la compagnie des scientifiques m'effraie. Je me sens souvent décalée, presque isolée. Une étude menée avec ma "rigueur" cartésienne vous le prouve : ces gens là ne sont pas comme vous et moi. Ou si, terriblement. Car ce sont tous les travers humains qui s'expriment à travers leur activité.
I. Syndrome obsessionnel
Vous ne supportez plus Rita et ses sempiternelles histoires de mecs ? Régis vous gonfle avec ses récits de panne en tout genre ? Voici une expérience qui vous permettra de relativiser.
Quand : dimanche soir ou lundi matin, après un bon week-end synonyme de détente.
Question posée ; Ca va ?
Réponse attendue : Oui. Et toi ?
Réponses obtenues :
M. biologiste et colocataire : Non. Pas du tout. Figure toi que j'ai dû ajouter de l'ammoniaque à mes bactéries. Du coup, les temps de rétention en HPLC ont été modifiés et je dois tout recalculer.
C., ma boss : Oui. Vendredi, j'étais à Lausanne pour une conférence où j'ai rencontré un vénérable professeur. Il est d'accord pour analyser tes échantillons au microscope électronique à transmission. Tu te rends compte ? C'est formidable, non ?
R., collègue : Oui. Et tes recherches ?
O. boss de mon amie S. : Oui. J'ai passé le week-end à faire du bateau. Bon, ma femme va bientôt accoucher mais ça n'urge pas. Je peux rester au boulot jusqu'à 21h aujourd'hui.
Clairement, le scientifique travaille, mange, boit et respire pour son art. Tel enthousiasme, bien qu'admirable, fatigue très vite si l'on tente de dévier la conversation.
II. Mépris des autres communautés
Vous pensez que le Docteur Tartempion et le Professeur Saint Glinglin, que vous projetez de placer côte à côte pendant votre prochain dîner mondain, vont s'entendre comme larrons en foire ? Méfiez vous, malheureux, car ces deux messieurs n'appartiennent vraisemblablement pas à la même caste scientifique. Et Dieu sait qu'elles sont nombreuses avec ces professionnels du détail. Changez vite votre plan de table, si vous désirez éviter une lutte fratricide.
Expérience : je vais présenter un rapport de stage aux responsables de mon école, des CHIMISTES. Ma tutrice, PHYSICIENNE, n'a pas pu m'accompagner.
Réaction attendue : C'était très intéressant. Merci.
Réaction obtenues (en vrac) :
Chimiste n°1, roulant un œil de pigeon condescendant : C'est une physicienne, ta boss ? J'en étais sûr… (long silence angoissant et révélateur)
Chimiste n°2, légende de la chimie macromoléculaire : Je ne comprends rien. D'ailleurs, avec les physiciens, je ne comprends jamais rien.
Chimiste n°1 : Ce que vous avez fait n'est pas de la science.
Chimiste n°2 : Les physiciens ont parfois de bonnes idées qu'ils n'arrivent pas à exploiter.
Chimiste n°1 : Dommage que ta boss ne soit pas là, nous aurions pu lui expliquer quelques trucs.
Ces antagonismes se déclinent à l'infini : mathématicien-physicien, chimiste biologiste, docteur-ingénieur, recherche publique (enfoirés de communistes) – recherche privée (salauds de capitalistes)… La moindre différence suscite l’irrévérence. Difficile de collaborer et d'avancer dans ces conditions.
III. Copain imaginaire
Chacun de nous conserve une part d'enfant plus ou moins développée. De toute évidence, la peur du vide hante le scientifique, pourtant habitué à des pressions de 10-9 Pa. Le moindre moment de silence donne lieu à une production vocale souvent dispensable.
Expérience : un laboratoire paisible. Un discret fond sonore apporte sérénité et bien-être au scientifique esseulé dans sa noble tache.
Réactions obtenues :
Scientifique suédois : Jag ska gå till…
C., ma boss allemande : Dann muss ich…
B., admirateur de Rammstein : Du, du hasst mich ! Du hast mich gefragt, du hast mich gefragt und ich habe nichts gesagt !
Alex la baronne, pas très scientifique : mmmmekekekldke… (Juron alsacien signifiant à ce bécher brisé d'aller chier où c'est tondu)
Avec pour seule compagnie un spectromètre infrarouge et une garde à actigel, vous risqueriez également de parler tout seul au bout d’une semaine. Reconnaissez qu’un tel contexte peut provoque une désocialisation bien légitime.
IV. Indifférence au monde extérieur
Le scientifique s’y connaît dans un et un seul domaine : le sien. Il ignore le sens de l’adjectif helvétique, le surnom du Roi Soleil, bref, il s’en fout éperdument du reste.
Expérience : Lucerne. Sans doute une des plus belles villes de Suisse. Située au bord du lac des 4 cantons, dominée par le Pilatus (2100 m d’altitude), la ville offre un splendide panorama sur les Alpes bernoises. Fruits d’une longue histoire, ses remparts, ses ponts et ses tourelles lui donnent un cachet fou.
Réactions obtenues :
M., colocataire biologiste : J’étais à Lucerne l’autre jour. Sais tu ce que nous avons fait ? Nous avons pique-niqué sur une colline de laquelle nous avions une très belle vue sur un institut de biologie aquatique. Cela m’a fait plaisir de le voir en vrai, car j’en avais beaucoup entendu parler.
B., admirateur de Rammstein : J’étais là Lucerne l’autre jour. J’ai pris une race monumentale à la bière. Cela m’a évité de penser à l’étude des spectres d’adsorption qui m’attend Lundi.
Alex la Baronne, pas très scientifique : J’étais à Lucerne l’autre jour. Une fleur de pommier a délicatement atterri dans ma chevelure dorée. Je pense que c’est le signe d’une grande destinée.
Nous nous en tiendrons là. A présent, peut-être comprenez-vous l’importance de votre orientation professionnelle. Il vous faudra de l’enthousiasme pour les 40 (45 ?) ans à venir. Sinon, armez-vous de patience. Heureusement, une majorité de personnes ouvertes et charmantes vous distrairont à la pause café.
Mon blog ne serait pas un vrai blog sans une petite touche de narcissisme. Plutôt que de vous conter d'infernales histoires de mecs (de quoi ?), j’ai préféré me pencher sur la moëlle substantielle de mon existence : la lose.
La rubrique "Bla bla divers" renferme par conséquent quelques contes burlesques mais néanmoins réels, des scénarios directement inspirés de la biographie de François Pignon, bref, des histoires à faire pâlir d'envie n'importe quel scénariste en mal d'inspiration.
Let's go !
Laissez moi vous conter comment en l'espace d'une matinée je me suis transformée en un hybride femelle de Pierre Richard période "Grand blond" et de Louis de Funès…
Un beau Mercredi soir, je décidai d'abandonner l'espace d'une nuit ma douillette demeure et de rendre visite à ma meilleure amie et à son copain. Le lendemain matin, mes hôtes, obligés de vaquer à leurs occupations professionnelles, me laissèrent la clef de leur domaine. Je pouvais ainsi me préparer sereinement et me rendre au rdv que ma mère m'avait fixé en fin de matinée.
Péniblement éveillée aux cris de petits collégiens braillards, j'empoignai mes effets personnels et me rendis à la salle de bains. Une maudite marche se jeta alors sur mon pied droit. Je poussai un petit couinement de douleur et, délicieusement bougonne, fermai la porte d'un double mawashi très réussi.
Au contact de l'eau tiède, le labrador qui sommeillait en moi s'anima. Je m'ébrouai joyeusement et chantai de ma voix profonde la première chanson venue à mon esprit embrumé ( Someboy told me, you have a boyfriend, who looks like a girlfriend...). Mon estomac affamé grognait en coeur.
Le drame se produisit à la sortie de la douche.
La porte ne comportait pas de poignée. Juste une petite tige métallique. Impossible d’actionner le pêne.
Ma prison atteignait difficilement 4m², avec une jolie douche, une machine à laver, un carrelage rouge et blanc très stylé. Aucune fenêtre. Un être humain peut tenir dans les 15 jours sans manger s'il a à boire, me semble-t-il…
Des images de mon enfance me revinrent soudain. Ma vie défila devant mes yeux. V., le troisième berger allemand familial, en pleine course, transformait ma mère en derviche tourneur. Celle-ci n'avait pas eu le temps de s'écarter de sa fulgurante trajectoire. La vieille télé dans le salon diffusait des épisodes de Mc Gyver devant mes parents endormis... Mc Gyver. Il me fallait à présent imiter mon idole peroxydée. Je me souvins de l'épisode où il transformait génialement un pot d’échappement en lance roquettes et un sourire niais apparut sur mon visage.
Les trois quarts d'heure suivants furent l’occasion de faire étalage de toute ma créativité. Je tentai de sortir la porte de ses gonds, glissai en vain un peigne pour actionner le pêne et, enfin, fabriquai une poignée avec tout d'abord un tuba (?) puis avec une brosse à dents fixée avec du sparadrap. Rien à faire.
Paul Mc Cartney m'apparut et me déclara solenellement : "Let it be." Je m'assis, désespérée. A ce moment précis, mon téléphone couina sur la table du séjour. Ma mère m'attendait. Jamais sonnerie ne me sembla plus cruelle. Elle me narguait. Sale garce.
Les deux heures suivantes furent consacrées à somnoler et surtout à écouter les geignements de mon portable qui donnait de la voix de plus en plus fréquemment, soulignant l'angoisse croissante de ma génitrice. J’entrepris de lire des notices de produits détachants afin de calmer mon angoisse.
Soudain, on sonna au bas de l’immeuble. Un "Alex" tonitruant reconnaissable entre tous retentit. L'appel éploré d'une mère à son petit. Malgré mes hurlements en retour, cette dernière ne m’entendit pas.
Finalement, elle eut l'idée de génie de monter les escaliers et de sonner à la porte. Je poussai alors un vagissement hystérique. L'appel désespéré d'un petit à sa mère.
- Appelez une ambulance !
- Mais non, braillai-je à l'auteur de mes jours, je suis enfermée dans la salle de bains.
- Ne t'en fais pas, me répondit-elle à travers les 2 portes qui nous séparaient. Ju. et Je. arrivent.
Enfin, j'entendis les cliquetis béni des clefs dans la serrure de la porte d'entrée. En cinq dixièmes de secondes, cette maudite porte sur laquelle je m'acharnai depuis trois heures s'ouvrit.
- Ben alors, t'es prête ? me demanda Ju.. Faut pas squatter la salle de bains comme ça !
Après 4 mois d’expériences chimiques ratées, le moment est enfin venu pour moi de prendre des vacances… Néanmoins, une petite saga de l’été ( !), qui n’a pour une fois rien à voir avec la musique, vous attend sur mon blog. Je tenterai également d’y passer de temps en temps histoire de répondre au courrier des fans (hum, je m’emballe) et aussi pour mettre une petite chronique musicale, si la plume m’en dit !
Allez, bye (ça veut dire ciao en anglais !)
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