Texte Libre

Classe ou Crasse ?

 

Chroniques rock'n'roll d'une Baronne

Nullités crasses

Samedi 27 septembre 2008 6 27 /09 /Sep /2008 18:34

           - T’as pas fait ça ?

            Au volant de la BMW familiale, mon père venait de m’avouer, un zeste de nostalgie dans la voix, qu’il avait accompagné et soutenu Daniel Cohn-Bendit lors de sa reconduite à la frontière allemande. Malgré mon imagination débordante, je peinais à l’imaginer en hippie, patte d’eph’ et cheveux longs au vent, en train de saluer un rouge sur un pont enjambant le Rhin*. Mon père ne pouvait pas être contestataire, même en Mai 68 : il est alsacien.

Le vieil ami de papa

 

(Excusez-moi, je viens de reprendre l’écriture et mon argumentation est un peu rouillée.)

A sa décharge, il ne pouvait pas savoir. Le temps a passé. Aujourd’hui, Dany le Rouge cale ses fesses dans un fauteuil du parlement européen, 40 ans après se les être fait copieusement botter.

J’ai dégluti. Ca a fait un petit bruit bizarre, sans doute sous le poids de l’aveu que je m’apprêtais à lâcher comme une bombe dans la berline intérieur cuir.

- Papa… C’est horrible. J’ai à peine 25 ans, je devrais rêver d’un monde meilleur. Et pourtant, je crois bien que je suis…

J’ai hésité. Dieu sait que ce mot est vilain. Allez-vous appliquer à vous-même un qualificatif dont vous hésiteriez à taxer votre pire ennemi. On ne fait pas ça entre gens politiquement corrects.

Finalement, c’est sorti tout seul.

- Réac’.

- Enfin, mimi, c’est bien normal, a répondu mon père. Tu es une scientifique, à l’ère où le culte du corps domine. Vous, les chercheurs, êtes passés de mode. Fini le dépassement intellectuel, aujourd’hui, on nivelle par le bas. Tu as bien le droit d’être réac’ dans ton labo tout droit sorti du Kazakhstan, alors que tu touches un salaire de misère pour faire humblement progresser la science.

  Le soulagement m’a envahie. J’étais dans mon bon droit. En revanche, je venais d’apprendre que je vivais une vie de merde. Et ça ne me plaisait pas trop.

Nous avons roulé en silence, puis mon père m’a jetée à la gare. J’allais à Paris pour assister à un congrès. J’aime bien les congrès. C’est toujours plein de scientifiques réacs comme moi. La plupart d’entre eux ont quelques problèmes de timidité mal contenue, ce qui me donne l’impression d’être un parangon de sociabilité. Que voulez-vous. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois.

J’ai donc débarqué au beau milieu du Vè arrondissement. Il y avait des étudiants sapés comme des bohémiens un peu partout, qui flânaient nonchalamment en essayant de se donner un genre ethnique, ouvert sur le monde et tolérant. Je les observais du haut de ma blondeur provinciale, en tentant de rentrer discrètement ma chemise à carreaux dans mon jean taille basse. Je regrettais d’avoir laissé ma casquette, la kaki avec un cerf dessus, à la maison. Un peu tristement, j’ai repensé aux villes de chez moi. Colmar, Bâle et surtout Freiburg im Breisgau. Voila que je virais germanophile, en prime.

Pour passer le temps, je me suis acheté un magazine féminin con, où une journaliste branchée expliquait comment rester amie avec ses ex. Ben oui, c’est vrai, ils peuvent encore servir, si vous voyez de quoi je veux parler. J’ai pensé à Popular de Nada Surf, je l’ai même réécoutée pour la 3000è fois en relisant cet article débile avec un plaisir malsain. La gourde écrivait mal en prime.

Et oui. Les réacs sont coincés du cul, c’est bien connu.

 

Sexuality de Sébastien Tellier a polarisé l’opinion dès sa sortie. D’un côté, il y avait les gens des Inrocks et compagnie, tous ces  bobos génération post 68, qui trouvaient cette galette vachement cool. Pour eux, Tellier était un génie, capable d’exprimer une sensualité à la Curtis Mayfield avec un bontempi. En plus, pour cet album, il avait bossé avec une moitié de Daft Punk, c’est dire si la chose ne pouvait qu’être réussie.

Les autres, mes copains des blogs, expliquaient au contraire que Sexuality était une bouse infâme. Et pour tout dire, leurs arguments me semblaient autrement plus convaincants que ceux des Inrocks, j’y reviendrai plus tard.

Alors, au vu de l’introduction que je viens de vous servir, vous devinez sans trop de peine qui j’ai choisi de croire avant même d’écouter le disque.

Pour me faire une idée – et aussi parce que les comparaisons incessantes avec Jean-Michel Jarre excitaient au plus haut point ma curiosité mal placée – j’ai donc téléchargé cet album. Ouais, illégalement. J’ai beau être réac’, quand la ministre de la culture nous sort du Pascal Nègre à tout bout de champ pour agiter le linceul futur des majors (pardon, des artistes), je me demande quand même si elle ne se fout pas un peu de notre gueule. Mais je ne reviendrai pas sur cette histoire de nivellement par le bas.

   J’ai donc écouté le disque et découvert que mes copains des blogs avaient dit vrai. Tout d’abord, les paroles étaient d’une indigence rare, à mi-chemin entre Mylène Farmer et Nicola Sirkis. La première fois j’ai entendu L’amour et la violence, je lisais un roman de Troyat, les Eygletière. Alors que sous mes yeux avides, l’écrivain d’origine russe s’évertuait à sublimer la langue française, mes oreilles subissaient les vers suivants :

Dis-moi ce que tu penses

De ma vie

De mon adolescence

Dis-moi ce que tu penses

Moi j’aime aussi

L’amour et la violence

 

Toutefois, involontairement, ces paroles soulevaient un problème essentiel. Que devais-je en penser ? Et ne venez pas me resservir le vieil argument stipulant que, dans la musique pop, les paroles sont souvent d’une niaiserie affligeante, que l’essentiel, c’est la mélodie, le son, l’attitude. Après tout, hein, les textes, personne ne les écoute vraiment. Mouais. L’inattention des uns ne doit pas être une excuse à la médiocrité des autres, et ça, Ray Davies l’avait très bien compris en passant de You really got me à Shangri La.

En plus, dans le cas de Tellier, l’argument ne tient pas. Parce que le son de Sexuality est également tout pourri. Dans les meilleurs moments, qui sont aussi les plus drôles (Manty), on croirait écouter la B.O. d’un film de boules italien, mais le plus souvent, on hérite de plages interminables (la bien nommée Une heure) dont le synthétique personnifie à lui seul la mauvaise réputation des années 80. C’est aussi désagréable que de faire crisser ses ongles sur le cristal d’un CD. (encore une invention des années 80, tiens).

Je passerai également sur la soi disant sensualité du disque. Qui, 40 ans après la libération sexuelle, croit encore vraiment que l’évocation de sa quéquette à grands renforts de couinement excités, comme dans Kilometer, a quelque chose de subversif ? C’est à la fois drôle, kitsch et égocentrique. Et surtout, aussi sensuel qu’une poêle à frire.

Maintenant, j’ai presque perdu de vue l’essentiel. Parce que ce disque, je l’aime bien dans le fond. Justement parce qu’il est drôle, kitsch et égocentrique. Et puis Divine est quand même vachement bien fichue, avec ses chœurs 70’s et sa mélodie sautillante. Quant à la boucle de Sexual Sportswear, elle constitue un amusant pastiche de Jean-Michel Jarre, lequel pastichait déjà Kraftwerk. Si je poussais l’honnêteté un peu loin, je pourrais même vous narrer comment la récitation mentale de L’amour et la violence – piano dégoulinant compris – me permet de faire abstraction de mes collègues, quand ceux-ci parlent foot et chasse à l’étudiante fraîche et naïve.

 Mais bon, après avoir déblatéré de la sorte contre ce disque, vous comprenez bien que j’ai honte de vous avouer tout ça. J’aurais aimé pouvoir le défendre de tout mon coeur, expliquer que Roche me fait planer, me donne envie de faire l’amour. Mais ce n’est pas le cas. Par contre, je pouffe de rire à l’idée que quelqu’un qui se prétend exigeant comme moi puisse apprécier cette daube au lieu d’écouter les débuts explosifs d’un obscur combo des bas fonds de Camden. Car Sexuality représente tout ce que je n’aime pas au point que je finis par l’aimer. Comme quoi les extrêmes se rejoignent.

 

* Pour être honnête, je ne sais pas du tout si les choses se sont passées comme ça, ou si mon père a inventé cette histoire pour me charrier.

Par Alex la Baronne - Publié dans : Nullités crasses - Communauté : Le Monde du Rock
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Jeudi 11 octobre 2007 4 11 /10 /Oct /2007 22:15

Note album : 3,5/10

The-enemy---We-ll-live-and-die-in-these-towns.jpg
(NDLR : je n'avais pas prévu d'être aussi sévère avec ce disque, mais après l'avoir réécouté en vue de le chroniquer, la chanson titre m'est restée en tête toute une journée et a failli me rendre cinglée.) 

Certaines habitudes perdurent malgré soi. Lors de mes trop rares voyages au Royaume-Uni, j'achète toujours le NME et le disque n°1 des charts, pour peu qu'il contienne quelques guitares tenues par des garçons mal coiffés. A croire que j'exécute ce rituel discutable uniquement pour gagner une bonne occasion de cracher mon fiel. 

Car bien sûr, je ne peux m'en prendre qu'à moi-même sur ce coup là, tant tous les voyants étaient au rouge vif. La couverture du NME proclamait "Britain's no. 1 album" en gros caractères, avec au dessus la tronche de trois minots en train de cuver leurs dernières bouffées adolescentes.  Engoncés dans des vestes aux cols montants totalement zippés, le menton insolemment relevé histoire de pouvoir quand même respirer, les jeunots toisaient le chaland d'un regard bravache et terriblement confiant. L'intérieur du magazine était du même tonneau, avec un reportage d'une emphase délirante, comme seuls les journalistes peu enthousiastes dans le fond peuvent en produire sans remords. Bien entendu, The Enemy avait donné son interview dans un pub mal famé où plein de gros méchants tout bourrés se battent régulièrement. Attablés devant une bonne pinte, un petit teigneux  – le chanteur – expliquait sans trop réfléchir que " tu vois, les villes anglaises, ben elles sont trop moches". A ses côtés, le batteur évoquait sa vision de l'amour, qu'il partageait avec bon nombre de marins compulsifs, tandis qu'un discret bassiste se taisait pour de mystérieuses raisons oscillant entre la timidité et le réalisme. Bref, une fois encore, le célèbre hebdomadaire meublait son rythme de parution effréné avec un groupe assez chanceux pour se trouver au bon endroit au bon moment.  

Mais bon, vous le savez tous, au NME, ils ne plaisantent pas. Fort de ses innombrables indics infiltrés dans les dessous de la scène indie, le journal s'appuyait sur le témoignage d'une référence, l'ex-guitariste d'Oasis. Alpagué au sortir d'un show des Enemies, Paul Arthurs s'en sortait avec quelques parallèles trop galvaudés pour réellement blesser. Car si le batteur de The Enemy est un petit gars pourvu d'une tête bizarre, il ne rappelle en rien Keith Moon quand il cogne les fûts. Pareil pour We'll live and die in these towns, le premier album du groupe : la filiation avec (What's the story ?) Morning Glory saute aux yeux, les bonnes chansons en moins. L'inaugural Aggro constitue d'ailleurs un pastiche parfaitement involontaire de Lyla des frères Gallagher, tout en étant également la meilleure chanson du disque. Le reste évoque au mieux un ersatz des cadors habituels du NME (Away from here, Had enough), tant The Enemy incarne ce qui pourrait arriver à Kasabian ou aux Arctic Monkeys s'ils se vautraient dans la facilité de refrains braillards. Tout ceci aurait encore mérité une indulgence blasée si le trio n'avait pas jugé utile de fouiner dans la corbeille à papiers des Killers histoire d'exhumer leurs pires rogatons, mélodies baveuses et guitare imitation synthé comprise, comme pendant l'horrible You're not alone. En bref, The Enemy est à la scène indie ce que les Plastiscines sont au rock français : un groupe jeune et dynamique, malheureusement incapable d'écrire autre chose que des chansons plates et infectieuses, parfaitement calibrées pour parasiter un cerveau mélomane un bon bout de temps. Car c'est bien pour cette raison que le groupe porte affreusement bien son nom. Happy Birthday Jane, une ballade aux textes affligeants, plonge n'importe quels lobes frontaux dans une mélasse inextricable, tandis que la fanfare de la chanson titre se révèle aussi assidue qu'un prétendant ringard et éconduit. C'est d'ailleurs comme cela que le NME considérera The Enemy d'ici peu. 

Classe : "Aggro"
Crasse :
presque tout le reste
 

Pour vous prouver que je ne dégomme pas à loisir, "Aggro" en live

 

Par Alex la Baronne - Publié dans : Nullités crasses - Communauté : Le Monde du Rock
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Mardi 6 mars 2007 2 06 /03 /Mars /2007 18:13

Note album : 4/10

Because East London is a vampire, it sucks all the joy out of me. "Song for clay (disappear here)", le premier titre du très attendu "A weekend in the city" annonce clairement la couleur : le 2è disque de Bloc Party se veut une ode désabusée au quotidien londonien, le reflet lucide d'une société à la fois intolérante et déshumanisée. Malheureusement, la sangsue de la City ne s'est pas contentée d'absorber la joie de vivre du compositeur Kele Okereke. Cette garce s'est également emparé de son inspiration.

On devine alors aisément le désarroi du songwriter, sommé par sa maison de disques de pondre dans les meilleurs délais un digne successeur au très rémunérateur "Silent alarm". A sec musicalement mais tenaillé par l'ambition de remplir le Wembley Stadium, notre homme entama une métamorphose aussi suicidaire artistiquement que rassurante financièrement. Sous l'égide d'une production gonflée à l'hélium et d'un chant moins haché, Bloc Party est devenu un groupe de stade, comme Muse, U2 ou The Killers. Plus rusé que ses prédécesseurs, le quartet a cependant tenté de camoufler cette honteuse conversion sous le pompeux couvert d'un album concept bien-pensant et politiquement engagé. Après tout, pourquoi se priver ? Les parigots de Rock & Folk n'y ont vu que du feu, tout comme leurs cousins rosbifs du NME. Ils ne sont pas les seuls, loin de là.

Muse, U2, The Killers. La trinité avortée du rock'n'roll a décidément très largement inspiré Kele Okereke & co pour ce disque dont le son grandiloquent ne masque aucunement la vacuité. Le lyrisme ampoulé de Matt Bellamy investit sans vergogne "Song for clay (disappear here)", le jumeau raté du torturé mais émouvant "New Born". The Edge et sa guitare dégoulinante déboulent tout droit de l'interminable "I still remember". Quant au prétentieux Brandon Flowers, la patte de sa moustache se retrouve indéniablement sur le doucereux "Waiting for the 7.18", la bande son idéale pour la nouvelle pub Nutella. Plus supportables, le tribal "The prayer" et surtout "Hunting for witches", un cri de désespoir contre la menace terroriste grandissante, viennent légèrement redorer le galon d'"A weekend in the city", tout comme les explosifs "Banquet" et "Helicopter" avaient sauvé de la débâcle le déjà pénible "Silent Alarm". Le reste de ce deuxième opus se révèle insignifiant à souhait, avec ses ballades creuses ("Kreuzger"), ses accès homériques mal maîtrisés ("Uniform") et ses percussions migraineuses ("Sunday"). Tant de platitude devrait assurer au groupe une place de choix  sur les ondes hertziennes, bien au chaud à coté de Razorlight.

 

Classe : "Hunting for witches"

Crasse : "I still remember"


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Par Alex la Baronne - Publié dans : Nullités crasses
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Mardi 19 décembre 2006 2 19 /12 /Déc /2006 09:03

Allez, rien que pour le plaisir de médire : voici le côté obscur du Top Classe 2006…

 

10. The Futureheads – The return of the berserker (News and tributes)

 

Si le premier album des Futureheads a bénéficié d'un effet de surprise mélioratif, les critiques ont estimé son successeur à sa juste valeur. Toujours aussi laborieuse, la chorale du Sunderland nous gratifie d'un "Return of the berserker" oppressant de bruits parasites. Pour preuve, même leur maison de disques n'y a pas résisté : les 4 garçons se sont faits virer comme des malpropres après le flop de "News and tributes". Affaire à saisir.

 

  9. Razorlight – In the morning (Razorlight)

 

Avec Johnny Borrell, le leader de Razorlight, la mégalomanie confine au comique involontaire. Aveuglé par sa gloriole, le rouquin frisé ne recule pas devant rien, ceci grâce à un second album, soi-disant "proche de la perfection". A l'écoute d' "In the morning", soupe FM aux riffs estampillés Bono, le fou rire menace. Difficile de croire que le leader mercantile fut un (court) temps le bassiste des Libertines.

 

8. Placebo – Infrared (Meds)

 

La rebellion en moins, le glam sonne creux. Placebo en 2006, c'est un Brian Molko pédant se produisant dédaigneusement devant un escadron de groupies adolescentes masochistes. Une bien triste décadence. Car si "Infrared" n'est pas une si mauvaise chanson que cela, il lui manque l'âme. Il lui manque donc tout.

 

7. Keane – Crystal ball (Under the iron sea)

 

Bien qu'aujourd'hui empêtré dans une sombre histoire de dépendance au porto, Tom Chaplin reste l'idole des jeunes filles sages avec sa bouille de gentil poupon. "Under the iron sea", le 2è album de Keane, se vautre dans la même erreur que son prédécesseur avec la même réussite financière. Et pourtant, il ne faut pas être fin musicologue pour constater qu'un groupe de pop sans guitares ressemble un peu à un branleur friqué sans Porsche. "Crystal ball" évoque par conséquent une imitation plus synthétique de U2. Effroyable.

 

6. Snow Patrol – Chasing cars (Eyes Open)

 

L'Irlande a engendré de belles aberrations. Après U2 et les Corrs, Snow Patrol reprend le flambeau d'une pop niaiseuse et dégoulinantes avec son tube "Chasing cars". Largement de quoi plaire en France, donc.

 


5. U2 – Best of

 

Il faudrait quand même veiller à ne pas se foutre de la gueule du chaland. Et pourtant, fort de son statut de groupe mythique, U2 se le permet sans essuyer la moindre critique. Et pourtant, 3 best of en 8 ans, avouez que c'est quand même un peu tenter de remplir des caisses déjà pleines. Et curieusement, je ne suis pas sûre que le Tiers Monde en profite tant que cela.

 

4. Hard Fi – Cash Machine (Stars of CCTV)

 

Un des albums les plus laids jamais composés. "Cash machine", ses chœurs dissonants, sa longueur pédante, reste la quintessence d'une fameuse erreur d'appréciation des majors. Vivement le 2è album et le placard.

 


3. Gniarls Barkley – Crazy (St Elsewhere)

 

Jeu de mots affligeant mis à part, ce titre me rend dingue. Plein d'une soul laborieuse et galvaudée, "Crazy" suscite pourtant l'engouement général et les louanges pleuvent sur les énigmatiques Gniarls Barkley. Seule contre le monde entier (ah, ah on se croirait chez Claude François), je ne comprends pas pourquoi.

 

 2. Muse – Hoodoo (Black holes & revelations)

 

Un grand éclat de rire. Comment accueillir la chose autrement ? Boursouflé, ronflant, pseudo-mystique, "Black holes & revelations" n'a pas fini de fasciner les jeunes en quête de sensations fortes. Et à juste titre. Car souvent, comme pour ce "Hoodoo" pathétique, la nullité totale côtoie le second degré durant ce quatrième album. Malheureusement, Matt Bellamy n'a pas l'air décidé à se ressaisir.

 

1. The Killers – Sam's town (Sam's town)

 

Voici nos grands gagnants. Pourtant mis sur les rails avec un "Hot Fuss" souvent décrié à tort, les Killers font jubiler leurs détracteurs avec "Sam's town". Avec ses chœurs Queen-ants et son lyrisme déplacé, ce titre éponyme a de quoi faire fuir n'importe qui. Dont moi.

Par Alex la Baronne - Publié dans : Nullités crasses
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Mercredi 8 novembre 2006 3 08 /11 /Nov /2006 08:45

Note album : 3,5/10

 

Enfin. Le "meilleur album des 20 dernières années" est sorti. Certes, la confiance de Brandon Flowers, le leader des Killers, fait plaisir à entendre. Encore faut-il pouvoir légitimer ces effets d'annonce qui rappellent irrésistiblement le lancement de l'airbus A380 ("Le plus gros avion de tous les temps"). C'est bien là que le bât blesse.

Après le succès commercial inespéré d'"Hot Fuss", paru en 2004, la maison de disque des 4 américains a vu grand pour son successeur. Dotés de moyens ahurissants, les Killers se sont également chargés personnellement de leur promotion en clouant au pilori tous leurs camarades de label, et ceci comme par hasard juste avant le lancement de leur nouvel opus. Cette publicité vipérine conféra au groupe une couverture médiatique mondiale, renforcée par les déclarations navrantes d'un Flowers se prenant pour le nouveau Bono. On pouvait rêver meilleure influence, d'autant que le chanteur charismatique se revendique également d'un Bruce Springsteen période "Born in the USA". Et même, tant que nous y sommes, de Freddy Mercury. La boucle est bouclée. Elle fait peur.

Envers et contre ses nombreux détracteurs, j'avoue avoir apprécié "Hot Fuss", et ses tubes new wave immédiats. Malheureusement, "Sam's town" ne possède pas le même charme. A l'image de Las Vegas, la ville d'attache du groupe, ce 2è album  se révèle lourdaud et clinquant à souhait, avec néanmoins quelques moments d'une loufoquerie parfaitement involontaire. Flowers, dont les tenues bariolées révèlent un daltonisme très répandu dans les années 80, livre en effet des prestations pleines de trémolos risibles ("Bling '(confession of a king)"), servies par des textes d'une pauvreté effarante ("Bones", "This river is wild"). Englués dans une grandiloquence pourtant d'ordinaire réservée à Matt Bellamy, les Killers usent et abusent des chœurs de GI s criards ("Sam's town", Why do I keep couting ?") dans une ambiance synthétique parfaitement dépourvue d'âme. Quant à "When we were young", le premier single de cette galette indigeste, son refrain lancinant et laborieux ferait rendre ses croquettes à Médor en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Dans cette ambiance pompeuse, seul un "Read my mind" accidentellement touchant sauve ce disque étouffé par la vanité de son créateur.

Verbalement menacés, "Up the bracket" et "Is this it ?" peuvent dormir sur leurs 2 oreilles : "Sam's town" ne titillera pas leur suprématie.

Classe : "Read my mind"
Crasse :
"Why do I keep counting ?"

Autre chronique concernant les Killers sur ce blog :

            The Killers – Hot fuss

Par Alex la Baronne - Publié dans : Nullités crasses
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