Note album : 3,5/10

(NDLR : je n'avais pas prévu d'être aussi sévère avec ce disque, mais après l'avoir réécouté en vue de le chroniquer, la chanson titre m'est restée en tête toute une journée et a failli me rendre
cinglée.)
Certaines habitudes perdurent malgré soi. Lors de mes trop rares voyages au Royaume-Uni, j'achète toujours le NME et le disque n°1 des charts, pour peu qu'il contienne quelques guitares tenues par des garçons mal coiffés. A croire que j'exécute ce rituel discutable uniquement pour gagner une bonne occasion de cracher mon fiel.
Car bien sûr, je ne peux m'en prendre qu'à moi-même sur ce coup là, tant tous les voyants étaient au rouge vif. La couverture du NME proclamait "Britain's no. 1 album" en gros caractères, avec au dessus la tronche de trois minots en train de cuver leurs dernières bouffées adolescentes. Engoncés dans des vestes aux cols montants totalement zippés, le menton insolemment relevé histoire de pouvoir quand même respirer, les jeunots toisaient le chaland d'un regard bravache et terriblement confiant. L'intérieur du magazine était du même tonneau, avec un reportage d'une emphase délirante, comme seuls les journalistes peu enthousiastes dans le fond peuvent en produire sans remords. Bien entendu, The Enemy avait donné son interview dans un pub mal famé où plein de gros méchants tout bourrés se battent régulièrement. Attablés devant une bonne pinte, un petit teigneux – le chanteur – expliquait sans trop réfléchir que " tu vois, les villes anglaises, ben elles sont trop moches". A ses côtés, le batteur évoquait sa vision de l'amour, qu'il partageait avec bon nombre de marins compulsifs, tandis qu'un discret bassiste se taisait pour de mystérieuses raisons oscillant entre la timidité et le réalisme. Bref, une fois encore, le célèbre hebdomadaire meublait son rythme de parution effréné avec un groupe assez chanceux pour se trouver au bon endroit au bon moment.
Mais bon, vous le savez tous, au NME, ils ne plaisantent pas. Fort de ses innombrables indics infiltrés dans les dessous de la scène indie, le journal s'appuyait sur le témoignage d'une référence, l'ex-guitariste d'Oasis. Alpagué au sortir d'un show des Enemies, Paul Arthurs s'en sortait avec quelques parallèles trop galvaudés pour réellement blesser. Car si le batteur de The Enemy est un petit gars pourvu d'une tête bizarre, il ne rappelle en rien Keith Moon quand il cogne les fûts. Pareil pour We'll live and die in these towns, le premier album du groupe : la filiation avec (What's the story ?) Morning Glory saute aux yeux, les bonnes chansons en moins. L'inaugural Aggro constitue d'ailleurs un pastiche parfaitement involontaire de Lyla des frères Gallagher, tout en étant également la meilleure chanson du disque. Le reste évoque au mieux un ersatz des cadors habituels du NME (Away from here, Had enough), tant The Enemy incarne ce qui pourrait arriver à Kasabian ou aux Arctic Monkeys s'ils se vautraient dans la facilité de refrains braillards. Tout ceci aurait encore mérité une indulgence blasée si le trio n'avait pas jugé utile de fouiner dans la corbeille à papiers des Killers histoire d'exhumer leurs pires rogatons, mélodies baveuses et guitare imitation synthé comprise, comme pendant l'horrible You're not alone. En bref, The Enemy est à la scène indie ce que les Plastiscines sont au rock français : un groupe jeune et dynamique, malheureusement incapable d'écrire autre chose que des chansons plates et infectieuses, parfaitement calibrées pour parasiter un cerveau mélomane un bon bout de temps. Car c'est bien pour cette raison que le groupe porte affreusement bien son nom. Happy Birthday Jane, une ballade aux textes affligeants, plonge n'importe quels lobes frontaux dans une mélasse inextricable, tandis que la fanfare de la chanson titre se révèle aussi assidue qu'un prétendant ringard et éconduit. C'est d'ailleurs comme cela que le NME considérera The Enemy d'ici peu.
Classe : "Aggro"
Crasse : presque tout le reste
Pour vous prouver que je ne dégomme pas à loisir, "Aggro" en live
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Après des mois d'une hibernation décalée, Alex la Baronne revient ! Orchestré par une savante pluie
d'articles plus corrosifs les uns que les autres, son retour s'annonce décapant !
Because
Si le premier album des Futureheads a bénéficié d'un effet de surprise mélioratif, les critiques ont estimé son successeur à sa juste valeur. Toujours aussi laborieuse, la chorale du Sunderland nous gratifie d'un "Return of the berserker" oppressant de bruits parasites. Pour preuve, même leur maison de disques n'y a pas résisté : les 4 garçons se sont faits virer comme des malpropres après le flop de "News and tributes". Affaire à saisir.
Avec Johnny Borrell, le leader de Razorlight, la mégalomanie confine au comique involontaire. Aveuglé par sa gloriole, le rouquin frisé ne recule pas devant rien, ceci grâce à un second album, soi-disant "proche de la perfection". A l'écoute d' "In the morning", soupe FM aux riffs estampillés Bono, le fou rire menace. Difficile de croire que le leader mercantile fut un (court) temps le bassiste des Libertines.
La rebellion en moins, le glam sonne creux. Placebo en 2006, c'est un Brian Molko pédant se produisant dédaigneusement devant un escadron de groupies adolescentes masochistes. Une bien triste décadence. Car si "Infrared" n'est pas une si mauvaise chanson que cela, il lui manque l'âme. Il lui manque donc tout.
Bien qu'aujourd'hui empêtré dans une sombre histoire de dépendance au porto, Tom Chaplin reste l'idole des jeunes filles sages avec sa bouille de gentil poupon. "Under the iron sea", le 2è album de Keane, se vautre dans la même erreur que son prédécesseur avec la même réussite financière. Et pourtant, il ne faut pas être fin musicologue pour constater qu'un groupe de pop sans guitares ressemble un peu à un branleur friqué sans Porsche. "Crystal ball" évoque par conséquent une imitation plus synthétique de U2. Effroyable.
L'Irlande a engendré de belles aberrations. Après U2 et les Corrs, Snow Patrol reprend le flambeau d'une pop niaiseuse et dégoulinantes avec son tube
Il faudrait quand même veiller à ne pas se foutre de la gueule du chaland. Et pourtant, fort de son statut de groupe mythique, U2 se le permet sans essuyer la moindre critique. Et pourtant, 3 best of en 8 ans, avouez que c'est quand même un peu tenter de remplir des caisses déjà pleines. Et curieusement, je ne suis pas sûre que le Tiers Monde en profite tant que cela.
Un des albums les plus laids jamais composés. "Cash machine", ses chœurs dissonants, sa longueur pédante, reste la quintessence d'une fameuse erreur d'appréciation des majors. Vivement le 2è album et le placard.
Jeu de mots affligeant mis à part, ce titre me rend dingue. Plein d'une soul laborieuse et galvaudée, "Crazy" suscite pourtant l'engouement général et les louanges pleuvent sur les énigmatiques Gniarls Barkley. Seule contre le monde entier (ah, ah on se croirait chez Claude François), je ne comprends pas pourquoi.
Un grand éclat de rire. Comment accueillir la chose autrement ? Boursouflé, ronflant, pseudo-mystique, "Black holes & revelations" n'a pas fini de fasciner les jeunes en quête de sensations fortes. Et à juste titre. Car souvent, comme pour ce "Hoodoo" pathétique, la nullité totale côtoie le second degré durant ce quatrième album. Malheureusement, Matt Bellamy n'a pas l'air décidé à se ressaisir.
Voici nos grands gagnants. Pourtant mis sur les rails avec un "Hot Fuss" souvent décrié à tort, les Killers font jubiler leurs détracteurs avec "Sam's town". Avec ses chœurs Queen-ants et son lyrisme déplacé, ce titre éponyme a de quoi faire fuir n'importe qui. Dont moi.
Vos Vans à damiers peuvent se réjouir. Confinées depuis 20 ans dans un placard, les voici à nouveau au goût du jour. La faute aux Dead 60's, une formation ska fortement inspirée par Madness et consorts. Cette surprenante orientation musicale s'accompagne en outre d'un déni prononcé des origines du groupe. En effet, ces 4 liverpooliens désirent par-dessus tout se démarquer des Beatles, encore prononcée d'un nom choisi en cheminant sur Penny Lane illustre bien une certaine overdose de légendaire. Plus curieux encore, ce premier album éponyme sortit aux USA avant d'être réalisé en Angleterre. Tout un symbole, même si la version américaine du disque contient un système anti-piratage relevant justement du hacking, au point de limiter le succès du groupe outre-atlantique. Fort magnanimes, les Dead 60's révisèrent leur stratégie marketing et permirent aux chanceux européens d'écouter un disque vierge de tout programme espion. Ce protectionnisme exacerbé n'incite pas à l'indulgence, à l'heure où le P2P constitue un excellent moyen de découvrir pléthore d'excellents groupes, dont les Dead 60's ne font assurément pas partie. 
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