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Chroniques rock'n'roll d'une Baronne
Après des mois d'une hibernation décalée, Alex la Baronne revient ! Orchestré par une savante pluie
d'articles plus corrosifs les uns que les autres, son retour s'annonce décapant !
Classe ou Crasse soit avec vous,
Alex la Baronne
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Chroniques rock'n'roll d'une Baronne
Note album : 7/10
Si l'on devait établir une liste des plus grands monceaux d'ironie de l'année en cours, nul doute que le titre de l'album des Arctic Monkeys, " Whatever people say I am, that's what I'm not", figurerait en bonne position. L'histoire de ce groupe, c'est un peu comme si la bonne fée du rock s'était penchée sur leur berceau après une after particulièrement arrosée. Du coup, les quatre gamins doivent encore se demander ce qu'ils ont réellement pondu pour mériter ce concert de louanges à faire blêmir de rage tous leur homologues, qui répètent bruyamment tous les soirs dans un garage sans être célèbres au-delà du commissariat de police voisin.
Tout commence à Sheffield en 2001. Alex Turner, futur leader de la formation, reçoit tout comme son voisin Jamie Cook une guitare pour Noël. Ils apprennent à en jouer par eux-mêmes et forment les Arctic Monkeys avec 2 autres potes de lycée, Andy Nicholson et Matt Helders. Afin de doper l'atmosphère de leurs premiers concerts, le groupe enregistre des démos et les distribue au public grandissant. Ces disques, en nombre fort limité, vont se retrouver sur Internet grâce à leurs fans. Il n'en faut pas plus pour susciter l'intérêt du News Musical Express (NME)*. Celui-ci, tel un agent footballistique en chasse de jeunes talents, prend le nouveau phénomène sous son aile versatile.
La machine est lancée. Domino Records, un label indépendant également distributeur de Franz Ferdinand et The Kills, leur fait signer un contrat garant de leur liberté artistique. Leurs deux premiers singles "I bet that you look good on the dance floor" et "When the sun goes down" atteignent la tête des charts. Quant à leur album, sorti en Janvier 2006, il pulvérise tous les records, avec 363 735 copies écoulées la semaine de sa sortie. C'est mieux que les toutes les autres ventes du Top 20 anglais réunies. Surpris de cette frénésie, les Monkeys envahissent un peu malgré eux les couvertures des magazines européens et ont même droit à un encart dans Télé 7 Jours.
Après ce lavage de cerveau en bonne et due forme, vous voici fin prêt : sans plus porter attention à l'extrême laideur de la jaquette, vous vous jetez sur "Whatever people say I am, that's what I'm not".
40 minutes plus tard, vous maudissez la terre entière. Le NME. Sheffield. Internet. Les 363 735 pékins qui ont acheté ce CD. D'ailleurs, parlons-en de ce CD. Il est affreux. Plein de mégots. Il sent encore un peu le tabac froid. Et surtout, vous vous maudissez d’avoir encore cru à ces articles trop emphatiques pour être honnêtes. Bien sûr, cet album vous a fait passer quelques bons moments, mais peut-on décemment le comparer à ceux des Beatles, comme certains ne s'en privent pas ?
Tout ce bruit a fini par desservir ce disque punk-rock, dont chaque faille est à présent décelée, révélée et amplifiée. En effet, il faut bien admettre que la notion de groupe prend avec les Monkeys toute sa relativité, tant chacun de ses membres s'amuse à jouer comme bon lui semble, sans tenir compte des autres. Du fatras qui en résulte, on peut repêcher les 2 singles, plus les énergiques "The view from the afternoon", "Fake tales from San Francisco". Excepté la désastreuse ballade "Riot van", qui se chante très bien avec la gueule de bois, les autres morceaux évoquent les fêtes lycéennes, la bière coulant à flots et cette description avisée de la jeunesse britannique contribue amplement à la Monkeymania ambiante. Gageons de plus que les concerts du groupe tourneront ce grand désordre enthousiaste à leur avantage, grâce à la séduisante spontanéité de ces quatre garnements.
*Hebdomadaire anglais, autant lu que décrié
Classe : "The view from the afternoon"
Crasse : "Riot van"
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Super cadeau :
Note album : 6/10
Au 1er abord, l’audition du Best of des Beach Boys s’apparente à une étude historique de l’apparition des chœurs dans la musique moderne. Pourtant, le concept de cette pop insouciante, dont se souviennent encore aujourd’hui vos parents soixante-huitards avec une émotion non feinte, n’a pas perdu de sa vigueur en ce début de 3è millénaire. Attention malgré tout aux ballades languissantes qui font hululer de joie Toby, votre teckel nain, grand amateur de chant iodlé. Passez directement aux bons vieux classiques, tels que "Surfin USA" ou "Fun fun fun", qui vous mèneront tout droit à Malibu Beach, avec tous vos amis guitaristes aux cheveux décolorés par le soleil.
Classe : "Surfin' USA"
Crasse : "Wendy"
Super cadeau :
Note album : 6/10
Jusqu'à présent, le match musical entre la Norvège et
Enfin, en 2006, Robert Post parut, apportant avec lui l'éclaircie tant attendue dans le paysage musical norvégien. Avec cet album éponyme, l'enfant de Bergen nous emmène pour 45 minutes d'une ballade au pays enchanté de la pop. Un pays plutôt mignon, qui peut être présenté sans problème chez Ruquier à 19h et qui ravira aussi bien votre maman que vous-même. Bien sûr, Robert Post pêche de temps en temps par la retenue propre aux Scandinaves ("There's one thing", "More more"), avec des textes gentillets à vous faire croire que des papillons sortent du pot d'échappement de votre Lada. Son album comporte toutefois plusieurs morceaux dignes d'attention, tels "Come home", le très beau "Silence makes him sick" et le célèbre "Got none", que vous n'avez pas fini de fredonner sous la douche.
Classe : "Silence makes him sick"
Crasse : "More more"
Super cadeau :
Note album : 6,5/10
Vu sur Yahoo.fr :
Bono d’adresse à vous ! Que pouvons nous faire pour que la pauvreté disparaisse dans le monde ? Répondez sur Y. Q. Réponse !
Au lieu de vous perdre en conjectures utopistes, lisez plutôt la suite de l’annonce :
Retrouvez U2 sur Y ! Music
Même si le groupe n’y est sans doute pour rien, une publicité malsaine s’insère honteusement dans ce beau bla bla consensuel. De toute évidence, écouter Y ! Music et acheter un bon gros CD de U2 va remédier aux abyssales inégalités planétaires. Mon cynisme m’attirera sûrement bien des foudres, mais une chose est sûre : Bono risque plus de mourir étouffé sous les euros que de faim. Je ne dénigre ni ses bonnes intentions, ni son abnégation lorsqu’il converse avec George Bush. Seulement, le paradoxe obscène entre la fortune colossale et les envolées moralisatrices du leader de U2 me choque. Bien sûr, ce dernier se donne plutôt efficacement bonne conscience, grâce à un compte en banque garant de crédibilité auprès des plus puissants, lesquels se sentent sans doute moins coupables de la famine au Soudan que le fan lambda des 4 irlandais auteurs d’une carrière déjà proche du mythe populaire.
Cette merveilleuse saga humaniste et mercantile débute à Dublin il y a tout juste 30 ans de cela. Larry Mullen, un jeune batteur, recrute 7 musiciens de son collège au moyen d’une petite annonce. Parmi eux se trouvent Paul Hewson, futur Bono, le guitariste Dave "The Edge" Evans et le bassiste Adam Clayton. Après avoir formé un premier quintette, the Hype, la formation perd un membre et adopte le nom de U2. Le label Island Records les repère et "Boy", le premier opus, sort en 1980. Seul îlot rock au milieu d’un océan eighties de synthés Midi Files, le disque rencontre un franc succès et se vend à 3 millions d’exemplaires, "I will follow", dans lequel Bono rend un courageux hommage à sa mère décédée, reste le titre le plus marquant. 1 an plus tard, "October" confirme ce brillant début, avant les explosions commerciales de "War" et "The Unforgettable fire" en 1983 et 1984. Le quatuor devient ainsi le symbole du pacifisme nouveau, comme l’illustre le fameux et poignant "Pride", qui honore le combat contre le racisme mené par Martin Luther King. Mais un autre tube allait encore plus marquer les esprits par sa rage et son infinie tristesse : "Sunday bloody Sunday", supplique émouvante pour un cessez le feu en Irlande, honteusement condamnée à animer les karaokés et mariages campagnards 20 ans plus tard. Dans le même temps, la formation signe le brillant "Bad", une ballade saisissante où la voix puissante du chanteur fait merveille. Devenus les idoles d’une jeunesse naïve en perfectos et caleçons à pois, les 4 complices écoulent 25 millions de leur "Joshua tree", sans même proposer la moindre innovation musicale. Toujours le même rock basique, la même instrumentation discrète, destinée à servir les performances vocales du grand, unique et merveilleux Bono. L’Afrique devient alors son terrain de chasse caritative avec "Where the streets have no name", tandis que l’interminable et lent "I still haven’t found what I’m looking for" offre un cours de spiritualité pour débutants. Enfin, le torturé "With or without" se révèle une agence matrimoniale bien plus efficace que "Tournez manège". Il faudra attendre 1988 et le 6è album "Rattle and hum" pour déceler un quelconque changement sonore, malheureusement peu abouti. Nonobstant un duo de toute beauté avec B.B. King sur "When love comes to town", les sonorités blues des singles "Desire" et "Angel of Harlem" semblent surfaites. Là s’arrête ce best of, sorti en 1998 et dont les tubes universels relancèrent un groupe commercialement mal en point après l’échec de "Pop". Un disque de faces B ainsi que l’inédit "The sweetest thing"* complètent ce premier bilan, où les réussites alternent avec quelques longueurs.
Au-delà d’un contenu parfois trop fade pour véritablement interpeller, cette anthologie retrace les années les plus spontanées et fécondes de U2, qui reste au rock ce que l’ordi mini est au PC : un moyen efficace de se familiariser avec le milieu dès son plus jeune âge, avant de passer à autre chose.
Classe : "Bad"
Crasse : "Desire"
Super cadeau :
Note album : 7/10
Terre de variétés mièvres, la France offre étrangement un asile bienveillant aux artistes maudits malmenés par leur mère patrie. Starsailor, dont le nom honore un titre du torturé Tim Buckley, ne déroge pas à la règle. Alors que l'omniprésence d' "In the crossifre" sur les ondes hexagonales donne envie de détruire sa radio au bazooka, les britanniques boudent le 3è opus du groupe, jugé fade et peu novateur. Décidément, l'ennemi héréditaire surprendra toujours, tant cette exclusion revient à sacrifier un mouton sous prétexte d'une trop grande ressemblance avec ses ancêtres. Une démarche plutôt discutable, surtout dans une ère où la musique croule sous les hommages, les tributs, les témoignages de respect et les dédicaces. Bien sûr, Starsailor allie une voix vibrante et des mélodies pop désenchantées, comme beaucoup. Bien sûr, "Way back home" s'inspire principalement d' "I don't know", la piste qui le précède sur l'album. Bien sûr, même Félicien le boute en train s'est parfois endormi à cause de ce disque, notamment lors du lent et plaintif "Get out while you can". Mais l'opprobre anglaise n'en demeure pas moins injuste.
Sans doute moins abruti de références pop rock, le public français a accordé une oreille relativement neuve au quatuor, avec d'agréables surprises à la clef. Le très beau "In the crossfire", sensible plaidoyer pacifiste, tranche avec les récriminations hargneuses de nombreux autres artistes. Ensuite, une tristesse indicible semble envahir le leader James Walsh, auteur de nombreux airs élégiaques. Inquiétudes face à l'avenir ("Counterfeit love"), dégoût du monde moderne ("Faith hope love"), un programme fertile en interrogations sur le bien-fondé de la survie humaine attend l'auditeur. Toutefois, après un moment de spleen légitime, cette sombre ambiance apaise, d'autant qu' "On the outside" finit avec 3 titres sobres et délicats, du doux piano de "This time" à l'acoustique"Jeremiah", dernier morceau très émouvant.
Malgré quelques pistes destinées à combler un manque de créativité parfois criant, "On the outside" puise sa force dans l'enchaînement de ses mélodies mélancoliques, aboutissant à un ensemble harmonieux et cohérent. Ce disque doit par conséquent s'écouter d'un seul tenant pour ne pas perdre une bonne partie de son charme.
Classe : "In the crossfire"
Crasse : "Get out while you can"
Super cadeau :
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