Texte Libre

Classe ou Crasse ?

 

Chroniques rock'n'roll d'une Baronne

Pop rock classe

Vendredi 7 juillet 2006

Note album : 10/10

Un best of équivaut à se décerner un diplôme. Il donne le sentiment du devoir accompli, sans toutefois apaiser l'ineffable tristesse surgie au souvenir des belles années perdues à jamais. En l'occurrence, ce condensé de la carrière de Blur réussit à nous faire oublier la décennie déjà écoulée depuis la sortie de "The Universal" et nous replonge avec nostalgie au cœur des 90's.

 A la sortie de "She's so high", en 1990, personne ne prête trop attention à ces 4 gamins, archétypes mêmes de la jeunesse anglaise de l'époque. Leurs 2 premiers albums, "Leisure" et "Modern life is rubbish", les maintiennent dans l'ombre de la nouvelle coqueluche des Britanniques : le colosse aux pieds d'argile Oasis, dont le mythique "Definitely maybe" caracole en tête des charts. Cependant,  le chanteur de Blur, Damon Albarn, , ne rate pas l'occasion d'inaugurer la longue lignée d'ennemis jurés des roquets Gallagher, lorsque son groupe rafle en 1995 4 trophées aux NME Music Awards  avec "Parklife". Dès lors, le single "Girls & Boys" est sur toutes les lèvres et constitue le tremplin idéal à leur consécration, intervenue quelques mois plus tard avec "The great escape", dont les tubes planétaires "Charmless man" et "Country house" rappelleront sans doute aux vingtenaires leur premier bisou dans les vestiaires après la gym du Vendredi matin.

 

 

La belle aventure du quatuor aurait sans doute pu en rester là, sans leur souci constant d'innovation. Alors que leurs grands rivaux d'Oasis s'évertuent sans trop de succès à singer les Beatles, Blur emprunte des chemins plus sombres avec son album éponyme, sorti en 1997, source des fabuleux "Beetlebum" et "Song 2". Deux ans plus tard, "13" apporte sa moisson habituelle de hits, avec le célèbre "Tender" – jamais 7'47 n'auront parues si brèves- et "Coffee & TV", qui souligne l'importance grandissante du talentueux guitariste à binocles, Graham Coxon.

Seulement, voila. Tel un sanglier aux galeries Lafayette, ce best of surgit. Nul n'ignore ce que ce genre de réalisations, au demeurant fort plaisantes, impliquent pour vous, pillard avisé de la FNAC. 3 hypothèses se distinguent :

a)            Votre groupe favori est à court d'inspiration mais désire se faire du blé sur votre dos grâce à un resucé de ses vieilleries. Attention, il s'agit d'un piège : préférez à ce disque ses semblables successeurs, qui auront au moins le mérite de contenir des titres inédits.  NDLR : toute similitude avec le parcours d'un groupe californien nous bassinant depuis plus de 20 ans avec son état natal n'est pas fortuite.

b)           Il y a de l'eau dans le gaz. Las de se crêper le chignon depuis des années pour des prétextes futiles ("QUI a bu la dernière bière ?"), les garçons décident de démanteler le porte-avion du succès, soi-disant "pour se consacrer à leur carrière solo", mais surtout pour laisser leur égo respirer.

c)            50 ans de carrière pour le prix d'un siècle d'ennui : le best of de Charles Aznavour vous attend dans les bacs.

Bien joué. L'assertion b) s'applique parfaitement à Blur. En dépit de "Think tank", paru un an après ce best of, la séparation est officialisée, au grand désespoir d'une légion de fans.

Alors, que retenir du best of de Blur ? Une avalanche de tubes amusants, novateurs, l'essence même d'une brit pop souvent imitée mais rarement égalée.

Classe : "This is a low"

Crasse : "Music is my radar"

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Vendredi 7 juillet 2006

Note chanson : 10/10

"Margarita, love and destroy" : un refrain qui vous permettra de mémoriser les 3 étapes d'une soirée réussie, vous qui absorbez de nombreux cocktails alcoolisés puis vous éveillez le lendemain matin avec une migraine atroce, sans même avoir réussi à conclure.

 

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Par Alex la Baronne
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Vendredi 7 juillet 2006

Note album : 7,5/10

Au moment de m'attaquer à ce fleuron de la musique moderne, la perplexité m'envahit : n'en avais-je pas trop attendu de cet album qui squatte régulièrement la tête des nombreux classements des plus grands albums de tout les temps ? Un court instant, j'avoue même avoir songé à placer cet opus dans la catégorie "Nullités crasses", tant le décalage entre sa réputation et son contenu me semble abyssal. Je l'aurais sans doute même fait, sans le fabuleux "A day in the life", capable d'émouvoir Pierre-Marie, votre voisin fana de l'Opus Dei, qui considère les quatre garçons dans le vent comme l'œuvre de Belzébuth.

Cela dit, tout avait bien commencé. Le titre d'ouverture, "Sgt. Pepper's lonely hearts club band", annonce clairement la couleur : ce disque sera le tournant de la carrière des Beatles, une rupture radicale avec leur productions passées. Sans la moindre pause, le très bon "With a little help from my friends" prend le relais, immédiatement suivi d'un des temps forts de l'album, le célèbre "Lucy in the sky with diamonds". Contrairement à ce que clame une vieille rumeur tenace, cette chanson n'évoque pas la substance hallucinogène synthétisée par le maintenant centenaire Albert Hofmann*, mais la légende d'un dessin du fils de John Lennon, Julian.

Malheureusement, les choses se gâtent ensuite, un peu comme si votre partenaire de tandem refusait soudain de pédaler au beau milieu du Ventoux. D'aucuns argueront que je ne connais rien à la musique, que je devrais avoir honte de cracher dans la soupe primitive source de tous les groupes de pop rock actuels. Soit. Et pourtant, j'avoue avoir connu 15 minutes d'angoisse, 15 minutes d'ennui profond, 15 minutes d'expérimentations beatniks pas très heureuses, dont seul l'attendrissant et original "When I'm 64" parviendront à me tirer, avant que je n'appuie sur la touche "avance rapide" de mon lecteur MP3 pour rejoindre le final "A day in the life". Néanmoins, ma déception ne dure pas : ce disque préfigure parfaitement l'excellent double album blanc qui constitue sans doute l'œuvre majeure des Beatles.  

 * Chimiste suisse, découvreur du LSD à Bâle en 1938.

Classe : "A day in the life"

Crasse : "She’s leaving home"

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  • la video d' "A day in the life". Si je devais ne choisir qu'une chanson dans toute ma discothèque, ce serait celle-là.
Par Alex la Baronne
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Vendredi 7 juillet 2006

Note album : 9/10

Grand point d’interrogation de l'année 2005, "You could have it so much better" est attendu au tournant par une meute de journalistes prêts à le tailler en pièces sans le moindre scrupule. Ce sera néanmoins un triomphe, tant Alex Kapranos et sa bande auront su négocier le difficile second album avec talent. Bien évidemment, ses détracteurs compareront ce nouvel opus au reste de tajine de Dimanche midi, que l'on réchauffe le Dimanche suivant en y ajoutant quelques épices. Il n'empêche qu'ils auront tort de faire la fine bouche à l'écoute de ces 13 titres aussi subtils que dansants. Le brillant et inaugural "The Fallen", soutenu par 4 couplets et le dynamisme des chœurs du guitariste Nick Mc Carthy, laisse place à la cohorte de tubes auquel l'époustouflant "Franz Ferdinand" nous avait  habitués. Du sautillant "You're the reason I'm leaving" à "Outsiders", tout droit sorti des années 80, en passant par le plus rock "I'm your villain", l'éclectisme de la formation écossaise n'a pas fini de surprendre. A ces hits incontournables, il faut ajouter le romantisme teinté de cynisme du magnifique "Walk away" qui, avec "Fade together", marque une escale réussie dans des eaux plus calmes et indique une direction nouvelle que le groupe ne manquera pas d'explorer par la suite.

 

 

 Malgré un léger creux au milieu– le languissant "Eleonor put your boots on" et "Well, that was easy" seront l'occasion idéale d'annuler votre rendez-vous chez le dentiste tout en laissant votre chaîne tourner – la voix mélodieuse d'Alex Kapranos donne furieusement envie de se trémousser, même dans un métro bondé aux relents de vestiaires de foot. Liam Gallagher peut une fois encore légitimement trépigner de jalousie.

Classe : "Outsiders"

Crasse : "Eleonor put your boots on"

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Lundi 10 juillet 2006

Note album : 10/10

1 000 000 de disques vendus au Royaume-Uni. Le nombre a de quoi laisser pantois car rien ne prédestinait les 5 ex-chômeurs de Leeds à une si belle réussite. Outre-manche, comme toujours à l'arrivée d'un nouveau phénomène, les commentaires désobligeants se mirent à fuser si bien que bon nombre d'oreilles françaises boycottèrent les Kaiser Chiefs, prématurément estampillés Franz Ferdinand du pauvre.

Et pourtant, passer à côté d' "Employment" reviendrait à oublier de manger la pêche d'une pêche melba. Très vite, l'imparable simplicité de cet album fait mouche, grâce à des hymnes rafraîchissants dénués de toute suffisance. Une injection de la meilleure brit pop au plus profond des veines. Dès les premières mesures, le corrosif "Everyday I love you less and less" annonce la couleur avec son introduction au synthé qui vous rappellera vos meilleurs moments en compagnie de Super Mario Bros. Ce brillant début n'augure que du bon :  viennent ensuite pêle-mêle "I predict a riot", "Modern way", "Time honoured tradition", "Caroline, yes", sans oublier bien évidemment "Oh my God", le meilleur de cette pléthore de tubes. Une succession de chœurs, des textes légers, enfin des chansons que l’on peut fredonner à tue tête quand l'autoradio de la R19 tombe en rade. N'en jetez plus. Les superlatifs commencent à manquer. Certes, ce premier album du groupe connaît aussi quelques temps morts, notamment avec le faiblard "Na na na na naa", mais cela ne l'empêche nullement d'avoir tout d'un grand.

Côté scène, Ricky Wilson, le charismatique chanteur de la formation, ne ménage pas ses efforts pour distraire le public, allant même jusqu'à manquer mourir étouffé par un diplodocus gonflable lors du festival de Glastonbury. La majeure partie des chœurs est assurée par le beau batteur Nick Hodgson qui, non content d'avoir avalé une armoire normande (quelle carrure…), chante presque autant que son leader. Le discret guitariste gaucher Andrew White se contente d'un "Wa-waou" de temps à autre, tout comme le bassiste Simon Rix. Seul muet de la bande : le pianiste au chapeau Nick Bens. 

A n'en pas douter, les Kaiser Chiefs nous proposent avec "Employment" et leurs concerts un puissant antidote à la morosité ambiante, un cocktail bien rare en ces temps où tristesse rime avec élite.

Classe : "Oh my god"

Crasse : "Na na na na naa"

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