The Chemical Brothers - Foire aux Vins de Colmar, 12/08/07

Publié le par Alex la Baronne

1998. La tête percluse de pics vert fluo, de jeunes teufeurs connaissent la transe au son des infrabasses des Chemical Brothers. Le génial duo trimballe une cohorte de DJs suiveurs, tels The Prodigy ou Basement Jaxx… Oui, en 1998, le rock est mort, la techno est reine.

 

 

 

 

2007. Les temps ont bien changé. Les filles portent toutes une frange au ras des sourcils, les garçons arborent des lunettes Pilote. Le rock a réussi son putsch revanchard. Toutefois, deux chimistes sonores résistent encore à l'envahisseur rebelle. Leur public également, même s'il masque à présent ses séquelles capillaires sous de sobres casquettes noires. Et quand retentissent en ce Dimanche pépère et ordinaire 114 décibels d'une musique pulsatile gonflée à bloc, 4000 corps s'agitent à l'unisson avec l'impression paradoxale d'être chacun seul au monde. La fosse prend alors des allures de rave party miniature sous le regard stupéfait de quelques très jeunes spectateurs, pour qui "Exit planet dust", le cultissime premier album du groupe paru en 1995, semble contemporain de "Sgt Pepper"… Un verre de bière à la main, les jambes en caoutchouc, leurs aînés ne remarquent aucunement la fascination qu'ils suscitent. Les Chemical Brothers à Colmar, il faudrait être sacrément sourd pour ne pas en profiter. Surtout après une adolescence passée à contempler le superbe clip de "Let forever be"…

 

Planqués derrière une immense table de mixage métallique, Tom Rowlands et Ed Simons balaient une décennie de hits hauts en basses et en blips-blips travaillés. Derrière eux, sur l'écran géant au fond de la scène, un show visuel extraordinaire ajoute encore à la dimension hypnotique du spectacle. Des animations soignées à en fissurer les lunettes de Bill Gates se succèdent à un rythme effréné. Au fil de leurs plus grands morceaux, dont un "Hey boy hey girl" d'anthologie, le duo de Manchester perdra son public dans le labyrinthe mouvant d'une église possédée, glacera d'effroi les traumatisés de "Ca" avec un clown hideux, guidera la foule dans ses ébats chorégraphiques grâce à de souples silhouettes danseuses. Après deux sets de trois quarts d'heure chacun et un rappel survitaminé, les DJs presque anonymes sortent de scène sous les vivas d'une foule aussi ravie qu'eux. En 2007, seul les meilleurs ont survécu. Et ils méritent bien leur aura mythique, qu'une cohorte de jeunes admirateurs, les Klaxons et The Sunshine Underground  en tête, aime à révérer.

Retrouvez cette chronique sur Dark Side of The Rock

Publié dans Journal d'une groupie

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Alex la Baronne 21/08/2007 10:41

Merki merki ! Que de témoignages touchants !

alf 21/08/2007 10:03

in vino veritas ;-) ! welcome back madame la Baronne

Alex la Baronne 19/08/2007 11:27

Merci merci !
Contente de voir que mes lecteurs sont encrore au rendez-vous !

klak 18/08/2007 17:13

héhé mme la baronne est de retour aux affaires, plus impitoyable que jamais !!!
content de pouvoir te lire à nouveau

mxmm 17/08/2007 13:05

Ca roule, merci.Je vais suivre ton exemple et aussi essayer de reprendre du service... :o)