Ils sont géniaux mais tout le monde s'en fout...

Publié le par Alex la Baronne

La rockologie est une science bien manichéenne. Pendant que d'illustres érudits se battent à grands coups de références obscures, le grand public se pâme devant le mullet de Bono. Il existe pourtant une catégorie d'artistes à part : ceux qui, négligés de tous, sortent dans l'indifférence totale d'excellents disques…

 

Souvent en proie à un physique ingrat, arrivé trop tard, le génial dont tout le monde se fout se distingue du beautiful loser par son désir de bien faire. Las, les tribulations d'un destin parfois sadiquement acharné le relèguent sempiternellement dans l'arrière cour…

 

Liverpool sunset

 

Pas de bol pour Ray Davies et son âme damnée Dave. Occupés à se refaire au poing leurs dentitions mutuelles, les frangins des Kinks gardent collée à leurs six cordes l'embarrassante étiquette de "Beatles du pauvre". Car dès le début, tout a foiré pour eux. Trop cyniques, incapables terminer un show sans une rituelle baston alcoolisée, les prolos cockneys ont vu les portes du Nouveau Monde se refermer devant eux, tandis que les minettes Yankee hurlaient gorge à l'air sur le passage de John et Paul. Un sacré gâchis quand on repense au talent de conteur de Ray Davies, auteur des merveilleux "Dead end street" et "I'm not like everybody else".

 

Myopie collective

 

Tout le monde le sait : Damon Albarn est un être hors norme. L'ex-chanteur de Blur, auteur d'un magistral hold-up avec les marionnettes de Gorillaz, commande aujourd'hui un supergroupe joliment mélancolique, The Good, The Bad & The Queen. Au point que tout le monde a complètement oublié son complice des années britpop, le binoclard Graham Coxon. Bien sûr, l'ex-guitariste complexé de Blur ne possède pas le charisme de son ancien ami. Mais il compose diablement bien. Auteur de six très bons albums solos, Graham manie le blues, le punk et la britpop avec un éclectisme et une habileté confondants. On ne peut que conseiller au profane de se ruer sur Happiness in Magazines, la plus belle réussite du sieur à ce jour.

 

Too late for the hype

 

Certains sont condamnés à regarder les autres baffrer le gâteau sans broncher. Alors que les Rakes et autres Long Blondes cartonnent à travers le monde avec leur new-wave matinée de riffs post punk, les cinq londoniens du White Rose Movement font tout aussi bien la même chose, le succès en moins. Inexplicablement, le public boude ce groupe au look 80's glacial, doté d'une énergie sombre et captivante. Avec leurs synthés robotiques et leurs lignes de basse hypnotiques, Finn Vine et sa bande méritent mieux. N'importe qui peut s'en convaincre à l'écoute des formidables singles Alsatian et Cruella, extraits de leur premier opus sorti en 2006, Kick.

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Publié dans Bla Bla divers

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Kumaz 02/08/2007 19:46

YARDBIRDS....YARDBIRDS....YARDBIRDS
Je yardbirdrais que vous avez oublié les Yardbirds dans cet article.

Marilyn 18/05/2007 23:33

Je suis tombée par hasard ici, et je suis totalement d'accord! White Rose Movement mérite largement mieux...en tous cas moi, ils m\\\'ont largement convaincue...j'ai d'ailleurs eu la chance de les voir à Amnéville en première partie de Placebo (ça a été une réelle surprise puisque She wants Revenge était prévu à la base), j'attends avec impatience qu'ils reviennent en France...

Marilyn 18/05/2007 23:29

Je suis tombée par hasard ici, et je suis totalement d'accord! White Rose Movement mérite largement mieux...en tous cas moi, ils m'ont largement convaincue...j'ai d'ailleurs eu la chance de les voir à Amnéville en première partie de Placebo (ça a été une réelle surprise puisque She wants Revenge était prévu à la base), j'attends avec impatience qu'ils reviennent en France...

Alex la Baronne 03/04/2007 21:54

Thom... Tu m'as comprise !

Thom 03/04/2007 19:41

Mesestimé oui, ok, là je suis d'accord :-) En même temps ils sont mésestimés comme la plupart des popsingers...on leur préfèrera toujours les Beatles, plus inventifs, et pourtant pas toujours supérieurs du strict point de vue mélodique...