Après des mois d'une hibernation décalée, Alex la Baronne revient ! Orchestré par une savante pluie
d'articles plus corrosifs les uns que les autres, son retour s'annonce décapant !
Classe ou Crasse soit avec vous,
Alex la Baronne
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Chroniques rock'n'roll d'une Baronne
Note album : 8,5/10
C'est bien connu : le petit criticaillon de base est un gros frustré. Il jalouse ses artistes fétiches, vit par procuration au
fil de ses écrits dithyrambiques ou vengeurs, et pire, subit à longueur de temps les brimades d'un public toujours prêt à déverser son fiel sur plus minable que lui. Car la critique est un art
facile, surtout sans stylo en main…
Je détesterais sans doute les cinq furies brésiliennes de CSS si je les connaissais. Engoncée dans mon duffle-coat bleu ciel, j'observerais derrière mes binocles leurs bonnes fortunes masculines. Je les aurais également vues attraper des guitares, se munir d'un Bontempi et monter un groupe electro-pop avec une facilité déconcertante, flanquées de leur copain batteur, que je ne peux m'empêcher de désobligeamment taxer de camionneur.
Le soir pourtant, calée dans mon paddock une place, le drap du dessous bien coincé sous mes aisselles, je ne peux m'empêcher de rêver à une vie meilleure…
J'imagine cette paillote enchantée, au bord des flots turquoise. L'ambiance est délicieusement moite en cet été tropical. Sur une scène improvisée, mes ennemies jurées et leur copain moustachu entament leur set avec une nonchalance assurée. De sa voix de chipie insolente, l'excentrique chanteuse Lovefoxx se lance dans un véritable numéro arty-trash à résolument prendre au second degré. Au milieu des cocktails bigarrés résonne "Alcohol", son synthé cheap, ses paroles que l'on ne peut s'empêcher de mimer avec un coup dans le nez (Am I a mouse ? Am I an elephant ?). Toujours dans le même esprit synthétiquement sucré, les délirants "Let's make love and listen death from above" et "Meeting Paris Hilton", largement inspiré du navrant show héritier "The Simple Life", se mèlent admirablement aux applaudissements. La foule court vêtue danse sans retenue, tandis que le groupe se vautre dans la dance kitsch des 90's avec un mauvais goût aussi génialement burlesque qu'assumé ("Ah la la"). Plus tard encore, "Artbitch" – une parodie cynique des tendances musicales du moment – laisse éclater un phrasé plus agressif, tout comme "Music is my hot hot sex", pour lequel on deviendrait bien lusophone entre 2 riffs addictifs. Un rappel hystérique s'annonce. "Off the hook" et son refrain bubblegum imparable précède le disco "This month day 10". La tête encore pleine de choeurs woo-oo, revigorée par ces titres d'une énergie contagieuse, je continue de danser, sans m'embrouiller dans d'encombrantes tergiversations qualitatives, sans même me demander quoi raconter sur ce disque hédoniste, dont on profite pleinement presque malgré soi…
Et je me réveille, toujours dans ce même triste lit. Une fois habillée, je suis allée raconter à mes rares amis que j'avais fait un rêve totalement idiot, où de vraies allumeuses jouaient un concert plein d'une sensualité gratuitement provocante. J'ai terminé cette description par une épithète peu aimable et suis allée réserver un billet pour Sao Paulo en vidant mon livret A.
Classe : "Alcohol", "Off the hook", "Music is my hot hot sex"
Crasse : "Ah la la"
"Off the hook" en écoute sur la radio !
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Alf : oui, assez pour être souligné !
Teabag : ah, moi c'est avec le nouveau disque des Rakes que j'ai un peu de mal...
Je n'ai été que moyennement convaincu par CSS. Certes, il y a de l'énergie, ça fonctionne plutôt bien... mais il y a eu tellement de propos dithyrambiques autour du groupe sur le net l'année dernière que j'ai été après l'écoute asez déçu. je me suis dit "tout ça pour ça !"... mais bon, faudrait que je réécoute un jour où l'autre...
A plus !