Bloc Party - A weekend in the city (2007)

Publié le par Alex la Baronne

Note album : 4/10

Because East London is a vampire, it sucks all the joy out of me. "Song for clay (disappear here)", le premier titre du très attendu "A weekend in the city" annonce clairement la couleur : le 2è disque de Bloc Party se veut une ode désabusée au quotidien londonien, le reflet lucide d'une société à la fois intolérante et déshumanisée. Malheureusement, la sangsue de la City ne s'est pas contentée d'absorber la joie de vivre du compositeur Kele Okereke. Cette garce s'est également emparé de son inspiration.

On devine alors aisément le désarroi du songwriter, sommé par sa maison de disques de pondre dans les meilleurs délais un digne successeur au très rémunérateur "Silent alarm". A sec musicalement mais tenaillé par l'ambition de remplir le Wembley Stadium, notre homme entama une métamorphose aussi suicidaire artistiquement que rassurante financièrement. Sous l'égide d'une production gonflée à l'hélium et d'un chant moins haché, Bloc Party est devenu un groupe de stade, comme Muse, U2 ou The Killers. Plus rusé que ses prédécesseurs, le quartet a cependant tenté de camoufler cette honteuse conversion sous le pompeux couvert d'un album concept bien-pensant et politiquement engagé. Après tout, pourquoi se priver ? Les parigots de Rock & Folk n'y ont vu que du feu, tout comme leurs cousins rosbifs du NME. Ils ne sont pas les seuls, loin de là.

Muse, U2, The Killers. La trinité avortée du rock'n'roll a décidément très largement inspiré Kele Okereke & co pour ce disque dont le son grandiloquent ne masque aucunement la vacuité. Le lyrisme ampoulé de Matt Bellamy investit sans vergogne "Song for clay (disappear here)", le jumeau raté du torturé mais émouvant "New Born". The Edge et sa guitare dégoulinante déboulent tout droit de l'interminable "I still remember". Quant au prétentieux Brandon Flowers, la patte de sa moustache se retrouve indéniablement sur le doucereux "Waiting for the 7.18", la bande son idéale pour la nouvelle pub Nutella. Plus supportables, le tribal "The prayer" et surtout "Hunting for witches", un cri de désespoir contre la menace terroriste grandissante, viennent légèrement redorer le galon d'"A weekend in the city", tout comme les explosifs "Banquet" et "Helicopter" avaient sauvé de la débâcle le déjà pénible "Silent Alarm". Le reste de ce deuxième opus se révèle insignifiant à souhait, avec ses ballades creuses ("Kreuzger"), ses accès homériques mal maîtrisés ("Uniform") et ses percussions migraineuses ("Sunday"). Tant de platitude devrait assurer au groupe une place de choix  sur les ondes hertziennes, bien au chaud à coté de Razorlight.

 

Classe : "Hunting for witches"

Crasse : "I still remember"


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Publié dans Nullités crasses

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Alex la Baronne 19/10/2007 15:42

Ah, ça dépend où... Ici en tout cas, j'ai la chance de rarement me faire agresser par un fan sauvage... Parce qu'on est aussi entre gens qui savent argumenter, ça doit en décourager plus d'un ! Par contre, sur pop-rock.com, certains ne se sont pas gênés pour me faire remarquer que j'écrivais selon eux avec mes pieds.

Beamish 19/10/2007 02:04

Je vais faire de la psycho à 2 balles mais je pense que le fait que tu sois une fille doit aider à ne pas avoir de commentaires insultants...

Alex la Baronne 14/03/2007 17:41

Merci beaucoup Eric ! C'est très agréable (et presque surnaturel), mes lecteurs sont toujours polis, sympas et ouverts d'esprit, je touche du bois ! J'ai lu les commentaires reçus par ta chronique d' "A weekend in the city" et c'est atterrant. Pourquoi débattre et expliquer son point de vue alors que l'on peut insulter à gogo, peinard derrière son écran ? Consternant.

Fab de l An Mil 14/03/2007 13:42

Wheuh-heuh  heuh-heuh  heuh-heuh.
Pardon, mais c'est la faute à G.T.

Eric 14/03/2007 13:09

Excellente chronique Alex ! Je partage ton avis - d'autant qu'il me conforte dans le mien et me donne un peu de crédibilité quand je dis que je n'aime pas cet album.
Il faudra que tu m'expliques comment tu fais pour n'avoir aucun commentaire agressif sur ton site. J'ai l'impression ces derniers temps que tous les mecs qui veulent en découdre viennent chez moi.