Après des mois d'une hibernation décalée, Alex la Baronne revient ! Orchestré par une savante pluie
d'articles plus corrosifs les uns que les autres, son retour s'annonce décapant !
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Alex la Baronne
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Chroniques rock'n'roll d'une Baronne
Note album : 4/10
Because
On devine alors aisément le désarroi du songwriter, sommé par sa maison de disques de pondre dans les meilleurs délais un digne successeur au très rémunérateur "Silent alarm". A sec musicalement mais tenaillé par l'ambition de remplir le Wembley Stadium, notre homme entama une métamorphose aussi suicidaire artistiquement que rassurante financièrement. Sous l'égide d'une production gonflée à l'hélium et d'un chant moins haché, Bloc Party est devenu un groupe de stade, comme Muse, U2 ou The Killers. Plus rusé que ses prédécesseurs, le quartet a cependant tenté de camoufler cette honteuse conversion sous le pompeux couvert d'un album concept bien-pensant et politiquement engagé. Après tout, pourquoi se priver ? Les parigots de Rock & Folk n'y ont vu que du feu, tout comme leurs cousins rosbifs du NME. Ils ne sont pas les seuls, loin de là.
Muse, U2, The Killers. La trinité avortée du rock'n'roll a décidément très largement inspiré Kele Okereke & co pour ce disque dont le son grandiloquent ne masque aucunement la vacuité. Le lyrisme ampoulé de Matt Bellamy investit sans vergogne "Song for clay (disappear here)", le jumeau raté du torturé mais émouvant "New Born". The Edge et sa guitare dégoulinante déboulent tout droit de l'interminable "I still remember". Quant au prétentieux Brandon Flowers, la patte de sa moustache se retrouve indéniablement sur le doucereux "Waiting for the 7.18", la bande son idéale pour la nouvelle pub Nutella. Plus supportables, le tribal "The prayer" et surtout "Hunting for witches", un cri de désespoir contre la menace terroriste grandissante, viennent légèrement redorer le galon d'"A weekend in the city", tout comme les explosifs "Banquet" et "Helicopter" avaient sauvé de la débâcle le déjà pénible "Silent Alarm". Le reste de ce deuxième opus se révèle insignifiant à souhait, avec ses ballades creuses ("Kreuzger"), ses accès homériques mal maîtrisés ("Uniform") et ses percussions migraineuses ("Sunday"). Tant de platitude devrait assurer au groupe une place de choix sur les ondes hertziennes, bien au chaud à coté de Razorlight.
Classe : "Hunting for witches"
Crasse : "I still remember"
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D'ou provient cette haine envers Razorlight ?
C'est plutôt frais et groovy, tu trouves pas ?
Je te trouve un peu sévère... Je supporte pas U2, le lyrisme pompeux de Muse me gonfle, et la "hype" autour de Bloc Party lors de la sortie de Silent Alarm me laissait sur la défensive. Comme Arcade Fire, d'ailleurs. Aux premières écoutes de Funeral et Silent Alarm, j'aimais pas trop, je me disais qu'on en faisait des tonnes pour pas grand chose... j'ai réécouté avec plein d'a-priori, voulant me convaincre que c'était mauvais et que les critiques rock cherchaient encore à nous survendre des groupes dispensables... mais j'ai été plutôt séduit. Même avec toutes mes réticences de départ, je ne pouvais nier qu'ils avaient une énergie assez irrésistible.
Les deux derniers Bloc Party et Arcade Fire, re-hype et re-méfiance... mais je trouve qu'ils fonctionnent vraiment. Certes, il y a des trucs plus ou moins bons (effectivement, des ballades creuses et une épouvantable mélodie à la guitare au début de "secrets"), mais dans l'ensemble, sans être un chef-d'oeuvre, plutôt un bon album de rock à mon goût.
Le lyrisme dans le rock, c'est toujours très casse-gueule. ça peut donner de très grandes choses (Doors, Led Zep, Radiohead, Jack The Ripper...), d'autres plus indigestes quand on a passé l'adolescence (Muse, U2...) et de la boursouflure kitsch (Queen, Dream Theater et la plupart des groupes de métal-prog - désolé Fab, je vais encore te faire tousser).
Bloc Party sont souvent à la limite de tomber dans le "lyrisme indigeste pour ados", ils s'y vautrent à certains moments, mais là ou Muse surjoue le pathos, eux arrivent à rester plus "stylés", plus fins.
Bref - je sais, j'ai été long - sûrement pas l'album de l'année, pas de quoi crier au génie, mais, à mon avis, un album qui, si l'on accepte de se laisser emporter, fonctionne vraiment et, comme ceux d'Arcade Fire, fait montre de pas mal de panache et de souffle.
Excellente chronique Alex ! Je partage ton avis - d'autant qu'il me conforte dans le mien et me donne un peu de crédibilité quand je dis que je n'aime pas cet album.
Il faudra que tu m'expliques comment tu fais pour n'avoir aucun commentaire agressif sur ton site. J'ai l'impression ces derniers temps que tous les mecs qui veulent en découdre viennent chez moi.
Wheuh-heuh heuh-heuh heuh-heuh.
Pardon, mais c'est la faute à G.T.
Ressemblances à Muse et U2, des groupes que je ne porte pas tellement dans mon coeur, je ne me sens donc pas trop ridicule en ne connaissant pas BP.