White Rose Movement - Kick (2006)

Publié le par Alex la Baronne

Note album : 9/10

 

Petite recette de cuisine :

 

  1. Prenez "Capture/Release", le premier album des Rakes. Faites le bouillir à feu vif afin d'en extraire la mœlle post-punk.  
  2. Emincez un album de Depeche Mode en fines lamelles. Attention : veillez à choisir un BON disque de Depeche Mode, de préférence l'un des premiers.  
  3. Faites mariner les 2 premiers ingrédients dans un bouillon new wave de type Joy Division.  
  4. Rajoutez-y à plusieurs louches de l'énergie des B 52's. Ne lésinez surtout pas sur la quantité.  
  5. Laissez mijoter dans un club enfumé des bas-fonds de Londres et revenez chercher votre mixture aux environs de 4 heures du matin.

     

Ca y est, votre "Kick" est prêt ! Bien sûr, les White Rose Movement, auteurs de cette recette détonante, ne sont pas des parangons de novation. Par malheur pour eux, ils n'ont sorti leur premier album qu'en 2006, à l'heure où les Rakes et Bloc Party exerçaient déjà solidement leur assise sur la scène post-punk. C'est dire s'ils ne vous feront même pas changer de chaussures ou décrocher vos posters du mur de votre chambre. Ce léger retard, doublé d'une stratégie marketing désastreuse au point d'omettre l'affichage complet du nom du groupe sur la jaquette de "Kick", n'a sûrement pas aidé à propulser les 5 londoniens sur le devant de la scène. Un sacré gâchis, car ce disque est une tuerie, un anachronisme 80's plein d'une vigueur juvénile qu'il convient d'apprécier pleinement, sans se poser la moindre question.

 

Dès les premières notes de la chanson titre, le ton est donné. Un synthé glauque et une batterie robotique transportent dans un univers sombre, dans lequel la voix ténébreuse du leader Finn Vine rencontre le souffle cristallin de Taxxi, la platinée claviériste de la formation. Le reste de l'album persiste dans cette voie ombrageuse, sans aucune baisse d'énergie. A la limite de l'incohérence totale, les textes claquent brièvement ("Girls in the back", "Pig heil jam"), explosent en fragments désordonnés, dans un contraste souvent flagrant entre des couplets oppressants et des refrains aériens ("Love is a number"). "Deborah Carne" et "London's mine" jouent quant à eux dans une cour plus pop, parsemée d'une nappe de gimmicks rappelant irrésistiblement des Depeche Mode sous Red Bull. Mais le groupe n'est jamais meilleur que quand il évolue à pleine puissance, avec un son électro-rock résolument plus actuel et rageur, comme pendant le monstrueux single "Alsatian" ou le final "Cruella", qui clôt le disque avec une intensité quasi-sismique, même écouté à faible volume.

 

Ah tiens, au fait, j'oubliais. Les références historiques sont très à la mode aujourd'hui. Après Franz Ferdinand assassiné à Sarajevo et Linda Kasabian la complice de Charles Manson, les White Rose Movement ont emprunté leur nom à la résistance germanique anti-nazi. Avec leur son robotique et leur musique dopée aux substances euphorisantes, le groupe devait bien un hommage au pays de Kraftwerk.

 

Classe : "Alsatian", "Cruella"

Crasse : "Testcard girl"

 

 

Publié dans Pop rock classe

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Tireboulette 25/02/2007 00:42

Si jamais vous voyez un de leur concert programmé près de chez vous, courez ! Ils sont tout simplement supers !

Alex la Baronne 23/02/2007 12:32

Oui, j'avais vu ta chronique et je m'étais même dit : "Tiens, Albin aime aussi ce disque !" (quelle pensée profonde et pertinente...) :-) !

Albin 22/02/2007 19:45

Je l'avais chroniqué pour pop-rock.com à l'époque.
: )
http://www.pop-rock.com/article.php3?id_article=1553

Alex la Baronne 22/02/2007 16:37

Ah, de rien ! C'est un très beau compliment !

Oliv 22/02/2007 16:02

Merci beaucoup pour cet article, j'ai pu écouté, acheté et adoré !!