Charlotte Gainsbourg - 5:55 (2006)

Publié le par Alex la Baronne

Note album : 5,55/10


Alors là, je suis vraiment à la masse. 6 mois après tout le monde, je me décide enfin à chroniquer ce disque. Il ne me reste plus qu'à remercier ceux qui en ont parlé avant moi pour m'avoir mâché le travail. Je vous épargnerai donc le couplet sur 2 versaillais fanas de safaris spaciaux, la description d'un songwriter trop classe pour appartenir à la gente commune, ou encore les kitscheries d'un irlandais se réclamant de la muse comique. Quant à Charlotte, tout la monde la connaît. Elle est d'une timidité touchante, forme un couple idéal avec son mari idéal, bref, elle n'embête personne.

Sauf moi, peut-être. Car il m'a fallu 2 mois pour écouter son album en entier. Entre des Air un peu empesés devant la colossale hérédité de la jeune femme et de beaux textes trop susurrés pour séduire, "5:55" se révèle terriblement impersonnel, et tous les Jarvis Cocker du monde ne pourront rien changer. La faute à qui ? Sûrement pas à une anglophonie louable, tant Charlotte Gainsbourg rappelle… sa mère* sur le seul titre chanté en français, "Tel que tu es". Sans doute faut-il blâmer cette ambiance aseptisée d'aéroport fraîchement nettoyé au Monsieur Propre, cette voix incapable de franchir le mur de l'audible. Heureusement, la grandiloquence surannée d'un Neil Hannon inspiré vient pimenter le brillant single "The songs that we sing", tandis qu'ironiquement "AF607105" et son piano léger tirent leur épingle du jeu. "The operation", plus rock et dynamique, complète la liste des bons titres. Le reste s'apparente à un remplissage subtil, élégant mais ennuyeux à force d'arpèges lénifiantes ("Jamais") et d'ambiances lounge galvaudées ("Night-time intermission"). A elle seule, la chanson titre "5:55" résume le disque : un début agréable et une fin longuette.

Cette chronique s'achèvera sur un ultime bâillement. On avait déjà connu les Air plus novateurs. Souhaitons leur un nouvel album d'une autre trempe.

* Et moi qui disait dans mon article sur Sean Lennon que la voix n'avait rien d'héréditaire.

 

Classe : "The songs that we sing"
Crasse :
"Night-time intermission"


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Alex la Baronne 18/01/2007 12:35

Oui, peut-etre le savaient-ils mais... sans doute Charlotte Gainsbourg s'est-elle laissée faire avec joie (ou oppurtunisme) ! Sans doute était-ce ce qu'elle voulait ! En tout cas, du point de vue de Sigmund, c'est très troublant !

Ska 18/01/2007 11:38

Je corrige : de la naïveté (ou de l'opportunisme ?)

Ska 18/01/2007 11:37

Alex, je suis à peu près persuadé que Air et Cocker savaient ce qu'ils faisaient. Ce n'est pas un hasard si cela sonne si familier et si le fantôme de Serge Gainsbourg plane tant au-dessus de l'album (voir par exemple les arrangements de cordes de The Song That We Sing). Il y a surtout, je pense, de la naïveté de la part de la chanteuse à avoir joué ce jeu qui lui interdit de se faire son propre nom...

Alex la Baronne 18/01/2007 10:39

On peut probablement attribuer tout ce tapage médiatique au fait que peu de disques rock "corrects" sortent en France... Et aussi surtout au patronyme de la chanteuse en question.... En tout cas, une fois de plus, la réussite n'était pas vraiment au rdv !@ plus !

NedLabs 18/01/2007 10:15

Ouais, en tous cas ce disque était loin de mériter tout le tapage médiatique qui a suivi sa sortie... J'aurais pour ma part été encore moins indulgent, ce que j'ai d'ailleurs fait dans ma chronique. C'est vrai que ce n'est pas fondamentalement mauvais, mais d'une lourdeur soporifique assez insupportable, et sans relief. Bonne chronique!A bientôt!Ned