The Killers - Sam's town (2006)

Publié le par Alex la Baronne

Note album : 3,5/10

 

Enfin. Le "meilleur album des 20 dernières années" est sorti. Certes, la confiance de Brandon Flowers, le leader des Killers, fait plaisir à entendre. Encore faut-il pouvoir légitimer ces effets d'annonce qui rappellent irrésistiblement le lancement de l'airbus A380 ("Le plus gros avion de tous les temps"). C'est bien là que le bât blesse.

Après le succès commercial inespéré d'"Hot Fuss", paru en 2004, la maison de disque des 4 américains a vu grand pour son successeur. Dotés de moyens ahurissants, les Killers se sont également chargés personnellement de leur promotion en clouant au pilori tous leurs camarades de label, et ceci comme par hasard juste avant le lancement de leur nouvel opus. Cette publicité vipérine conféra au groupe une couverture médiatique mondiale, renforcée par les déclarations navrantes d'un Flowers se prenant pour le nouveau Bono. On pouvait rêver meilleure influence, d'autant que le chanteur charismatique se revendique également d'un Bruce Springsteen période "Born in the USA". Et même, tant que nous y sommes, de Freddy Mercury. La boucle est bouclée. Elle fait peur.

Envers et contre ses nombreux détracteurs, j'avoue avoir apprécié "Hot Fuss", et ses tubes new wave immédiats. Malheureusement, "Sam's town" ne possède pas le même charme. A l'image de Las Vegas, la ville d'attache du groupe, ce 2è album  se révèle lourdaud et clinquant à souhait, avec néanmoins quelques moments d'une loufoquerie parfaitement involontaire. Flowers, dont les tenues bariolées révèlent un daltonisme très répandu dans les années 80, livre en effet des prestations pleines de trémolos risibles ("Bling '(confession of a king)"), servies par des textes d'une pauvreté effarante ("Bones", "This river is wild"). Englués dans une grandiloquence pourtant d'ordinaire réservée à Matt Bellamy, les Killers usent et abusent des chœurs de GI s criards ("Sam's town", Why do I keep couting ?") dans une ambiance synthétique parfaitement dépourvue d'âme. Quant à "When we were young", le premier single de cette galette indigeste, son refrain lancinant et laborieux ferait rendre ses croquettes à Médor en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Dans cette ambiance pompeuse, seul un "Read my mind" accidentellement touchant sauve ce disque étouffé par la vanité de son créateur.

Verbalement menacés, "Up the bracket" et "Is this it ?" peuvent dormir sur leurs 2 oreilles : "Sam's town" ne titillera pas leur suprématie.

Classe : "Read my mind"
Crasse :
"Why do I keep counting ?"

Autre chronique concernant les Killers sur ce blog :

            The Killers – Hot fuss

Publié dans Nullités crasses

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Alex la Baronne 09/11/2006 13:16

Oui, cette pochette a un côté kitsch plutôt réussi !

Thom 09/11/2006 12:44

En même temps à côté de la pochette du premier disque, ils ne pouvaient que se surpasser !

Chtif 09/11/2006 12:19

en tout cas , la pochette est assez sympa, pour une fois !

Alex la Baronne 09/11/2006 08:41

Je souhaite de même aux Killers ! (sait-on jamais ???)

Thom 08/11/2006 19:18

Hum...on disait pareil de Cure en 1980 :-)
Plus sérieusement : ce n'est pas le meilleur album de l'année, ni même du mois, et ce n'est pas d'une orginalité déconcertante. Mais pour des fans de Cure, ils ont suivis une certaine logique : ils sont passés de "Three Imaginary Boys" à "Seventeen Seconds" (toute proportion gardée, bien entendu).