Guillemots – Through the windowpane (2006)

Publié le par Alex la Baronne

Note album : 7,5/10

 

C'est l'histoire d'une rencontre. Celle de la pop et du jazz. Celle du songwriter Fyfe Dangerfield et de musiciens émérites. Telle réunion ne pouvait qu'engendrer une réussite. Mission accomplie avec "Through the windowpane", premier album des acclamés Guillemots. Après, tant pis si ce triomphe s'est forgé au fer d'un opus dont les titres s'enchaînent comme les sinusoïdes d'un oscilloscope. Souvent au firmament, parfois en rase-mottes, les quatre volatiles britanniques ne tombent jamais dans la moyenne réconfortante de titres galvaudés. Ils planent dans des sphères avant-gardistes ou s'écrasent lourdement, victimes de compositions parfois trop intellectualisées.

 

"Little bear", le morceau inaugural, illustre parfaitement cette sophistication parfois superflue. Dépouillé à l'extrême, ce titre se fond dans quelques volutes de violons, desquelles la voix chevrotante d'un Dangerfield bouleversé émerge lentement. Chaque note est pensée, soupesée, travaillée. Et pourtant, la magie n'opère pas, la glace reste intacte.  "Come away with me", prisonnier de la même froideur aseptisée, donne lui aussi à l'auditeur l'impression de traverser une pièce immense, totalement vide à l'exception d'une corbeille de fruits trop murs posée en plein milieu. Pire, l'insupportable "Blue would not still be blue" évoque un James Blunt encore plus pleurnichard qu'à l'accoutumée, couinant un chagrin factice par-dessus trois notes de harpes inlassablement ressassées.

 

Alors, pourquoi tant de retenue ? Pourquoi brider des musiciens hors pair, parfaitement épanouis par leur art ? Le mystère demeure intact, tant la facette chaleureuse de cet opus recèle d'agréables surprises. Bercés par la rondeur d'une contrebasse, les morceaux prennent une ampleur festive bienvenue, sans doute plus proche de la nature réelle du groupe. "Trains to Brazil" et son ambiance de bar 50's révèle spontanément cette joie transcendée par des compositions achevées, à l'instar du facétieux "Made up lovesong #43". D'une simplicité plus authentique, quelques somptueuses ballades ("Redwings", "If the world ends") parviennent même à faire oublier les écueils pompeux sur lesquels les Guillemots se sont parfois abîmés. Voila pour les irrégulières 48 premières minutes de cet album.

 

Ensuite, le dernier titre, "São Paulo". Une magnifique symphonie finale, longue de 12 minutes, où un mélodrame poignant laisse la place à une samba brésilienne achevée dans un tonnerre de cuivres. L'ébahissement et l'émerveillement se fondent alors dans une écoute attentive, pour un moment d'une pureté rare. Cette conclusion magistrale n'augure que du bon pour l'avenir. Avec Björk pour seule influence revendiquée, nul doute que les Guillemots sauront migrer vers des terres inconnues.

 

Classe : "São Paulo"

Crasse : "Blue would not still be blue"

Super cadeau :

Publié dans Pop rock classe

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Thom 18/10/2006 17:11

Le voilà heureux grâce à nous...
(bon je te laisse, faut que j'aille m'occuper de l'article sur Coxon, je l'entends pleurer d'ici)

Alex la Baronne 18/10/2006 13:23

Pareil... Ce pauvre article était là, tout délaissé... J'avais envie de mettre un comm pour rien dire juste pour qu'il se sente mieux !

Thom 18/10/2006 13:03

Oui, c'était un peu la raison de mon précédent commentaire d'ailleurs :-) (j'aime pas les articles sans com, ça m'angoisse)

Alex la Baronne 18/10/2006 08:40

OK, j'aime bien les polémiques, ça fera de plus des commentaires pour cet article :-) !

Thom 17/10/2006 18:37

Connais pas, mais je vais écouter ça histoire de te contredire :-)