Kasabian - Kasabian (2004)

Publié le par Alex la Baronne

 Note album : 8/10

 

"De la musique pour le peuple, faite par le peuple". Réalistes, Tom Meighan et Serge Pizzorno le sont. Il suffit de voir le duo phare de Kasabian en première page du NME, l'œil imbibé et le chapeau bancal, pour éprouver pleinement la puissance de cette déclaration. En bons poseurs fashion, les kékés de Leicester cultivent le cool, l'arrogance machiste et les plants de cannabis, un zeste de provocation malsaine en plus. Leur patronyme rappelle en effet Linda Kasabian, une disciple du sinistre Charles Manson, gourou sanguinaire des sixties. Un autre prince du bon goût, Marilyn Manson, avait eu avant eux la même riche idée, les bottes cloutées en plus. Cet hommage mis à part, Meighan et Pizzorno évoquent plus Oasis, avec leurs jurons récurrents et leur passion dévorante pour les soirées télé – bière - foot. Mais la comparaison ne s'arrête pas là. Alors que Tom "Liam" se contente du chant, Serge "Noël" se coltine les chœurs, la guitare, le synthé et la composition. Dans ces conditions, l'adoubement d'un cadet Gallagher élogieux (!) ne surprendra pas. De même que l'adhésion massive d'un public conquis, malgré des critiques plutôt mal embouchés envers ce premier album éponyme.

 

Aidés de 3 discrets larrons, les 2 amis d'enfance proposent un opus à leur image : accessible et confiant. Ces qualités appréciables éprouvent toutefois leurs limites au fil de textes assez primitifs, heureusement contrebalancés par une instrumentation tubesque. Sorte de "(What's the story ?) Morning glory" passé à la moulinette électro, "Kasabian" demeure la bande son idéale pour parader au feu tricolore dans une Golf flambant neuve, grâce à ses astuces soniques un peu galvaudées. Bande son de film noir ("I.D."), remugles hindous ("Test transmission"), les clichés pullulent mais restent d'une efficacité redoutable. En dépit de  ce manque relatif de créativité, le quintette se démarque de tous les autres groupes indie du moment, proposant une pléthore de hits aux refrains scandés ("Cutt off", "Processed beats") soutenus par un son artificiel plutôt plaisant. Les accros de la console retrouveront également avec plaisir l'offensif "Club foot" et "Reason is treason", une parfaite fusion entre rock et électro. Tout au long de ces 13 titres, les chœurs nonchalants ("L.S.F. (lost souls forever)") et les interludes soignés ("Orange", "Pinch roller") alternent dans une ambiance synthétique, sans toutefois confiner à la techno robotique et saccadée. Un final plus lounge ("Butcher blues") parachève ce disque sous testostérone.

 

Placé sur l'autoroute du succès grâce à un premier album aussi savoureux qu'éprouvé, Kasabian a négocié de façon impériale le tournant glissant du second opus. Toutefois, "Empire", l'actuel n°1 des charts anglais, n'a pas ravi les critiques. Fort de sa devise populiste, le groupe se fiche de ces réserves comme de sa première vodka - orange. Il a sans doute raison.

 

Classe : "Reason is treason"

Crasse : "U boat"

 

Super cadeau :

"Club foot" au Letterman show

Autre chronique concernant Kasabian sur ce blog :
Kasabian - Empire

Publié dans Pop rock classe

Commenter cet article

Alex la Baronne 23/10/2006 09:20

@ + Sith !

Sith 22/10/2006 23:03

Bon avis sur ce groupe. A+

Alex la Baronne 26/09/2006 22:12

Ok, je m'étais déjà imaginé tout un truc romanesque avec ce code secret :-) ! C'est vrai que la pochette de Kasabian est bien laide... Oasis permet bien de distinguer l'homme et l'oeuvre, surout Liam, j'ai vu une fois Noël à Taratata et malgré son air un peu... rustre, il avait bien remis Nagui en place avec plusieurs réparties fines !

mxmm 26/09/2006 22:07

Alex, code secret: je faisais allusion au "recopier l'image ici" désormais obligatoire pour pouvoir laisser des coms (ziva, lâche tes coms)  sur OB. Là, c'est EE2 et c'est pas drôle du tout.Kasabian : la pochette n'est pas d'un gout exquis non plus, elle représente un supporter du Milan AC, des hommes connus pour leur finesse.Manson : y avait pas une histoire avec la pochette d'Hotel California aussi ?L'homme et l'oeuvre : perso, il me suffit de voir les frères Gallagher pour distinguer l'homme et l'oeuvre....

Alex la Baronne 26/09/2006 21:55

Merci pour toutes ces infos sur la carrière musicale de Manson ! J'ignorais toute cette histoire avec les Beach Boys...