Londres - Le chinois de l'angoisse

Publié le par Alex la Baronne

A l'aube de mon départ pour Londres, voici le récit de mon précédent voyage dans la capitale britannique. Aujourd'hui, la suite et la fin des mes aventures londoniennes.

Début Mars, je rendis visite à mon amie M., exilée à Londres. O., une autre camarade de promotion, nous rejoignit par la suite.

Dimanche 

En raison des obligations professionnelles de M., O. et moi nous retrouvâmes seules dans un bus à impériale, un peu angoissées à l'idée de nous perdre dans l'inextricable réseau de transports londoniens. Néanmoins, nous parvînmes sans peine au centre ville. Après avoir visité Covent Garden, mon estomac, pourtant jusque là fort peu en verve en raison de la gastronomie britannique, se rappela à mon bon souvenir. Tremblante et en sueur - merci l'hypoglycémie - je réussis à convaincre mon amie de rentrer dans un petit kebab.

Très vite, il apparut que notre pitance possédait un pouvoir rotatoire très élevé... Non, ami chimiste, ne va pas t'imaginer des histoires de polarimètre et de L-glucose... Après avoir absorbé environ 200 g d'oignon (comment ça s'écrit cette merde ?), nous tentâmes en vain de camoufler l'odeur immonde qui avait envahi nos cavités buccales en absorbant un quartier de citron. Nous repartîmes, une fois de plus prêtes à braver les curieux passages piétons anglais : pourquoi les voitures n'arrivaient-t-elles jamais du bon côté ?

Les momies du British Museum eurent à souffrir nos haleines putrides, elles qui avaient résisté à 4 millénaires de guerres et de vandalisme. Cette visite s'avéra fort instructive.

Lundi

Chinatown... Partout, des enseignes aux idéogrammes variés clignotaient gaiement, telles des appels impérieux à nos ventres affamés. D’un geste machinal, l'une de nous saisit le prospectus de l'établissement qui allait nous mener droit à l'enfer : Tang Yi. Bien que les noms chinois présentent entre eux de troublantes similitudes, celui-ci éveille encore chez moi des frissons incontrôlables.

Après examen attentif du menu, nous commîmes une grande erreur : telles des amish pénétrant chez Darty, nous pénétrâmes chez Tang Yi... Pire encore, après avoir gravi des escalier sur lesquels mes chaussures manquèrent se fixer à jamais, nous nous assîmes à une table dont la propreté douteuse me rappela les vêtements de X. (camarade de promotion chinois), l'homme qui ne se change qu'aux équinoxes.

Un digne représentant de l'empire du milieu, aussi expressif qu'un vase Ming, nous reçut. Il nous intima de... payer. Avec le recul, je réalise qu'il s'agissait du moment rêvé pour fuir mais je crus à une curieuse coutume locale. O. et moi réglâmes la note car nous tenions vraiment à honorer M., notre hôtesse, notre bienfaitrice, notre déesse, notre... (bon, allez, j'arrête). Le buffet s'offrit alors à nous et je jetai mon dévolu sur des rouleaux de printemps, conseillée par un compatriote à l'allure justifiant les préjugés tenaces envers notre Mère Patrie. Ce petit être rondouillard, sûr de ses connaissances, nous indiqua également l'emplacement des chips de crevette.

De retour à notre table, nous entreprîmes de déguster ce qui ressemblait à un succulent beignet, lequel s'avéra fourré au... chou-fleur, dans sa partie non comestible. Je tentai de me débarrasser de ce goût pour le moins curieux au moyen d'une chips à la crevette. En vain. Je manquai laisser une dent sur une aspérité non définie (oeil de crustacé ???) du biscuit.

Peu après, O. remarqua un fait pour le moins répugnant. Les gamelles en fer du buffet étaient remplies au moyen de... bassines en plastique, acheminées depuis la cuisine. Oui, vous avez bien lu. Des bassines en plastique, comme celle que vous prenez pour nettoyer le sol ou je ne sais quoi...

Au cours du plat de résistance, O. et moi-même manquâmes avoir besoin desdites bassines afin de replacer dans leur milieu naturel des conglomérats nerfs-gras aussi gros que des oeufs de caille. A notre grand ébahissement, nos convives des tables voisines vivaient le même cauchemar, avec plus ou moins d'humour. Une armée de jeunes autochtones verdissait à vue d'oeil tandis que deux femmes jouasses comprenaient également pourquoi l'addition avait précédé l'entrée. En face de nous, un jeune asiatique se demandait à haute voix si le repas lui aurait semblé meilleur après trois vodkas...

Soudain, 2 nouveaux clients entrèrent. Le silence fut. Un sourire narquois aux lèvres, l'ensemble de la salle regarda les futurs suppliciés, dont la confiance paraissait presque surnaturelle.

Enfin, nous nous levâmes, ravies d'avoir offert un repas de bonne facture (12€ ...) à M.. Et là ce fut le drame, car cette dernière, fidèle à ses bonnes habitudes, décida de laisser son empreinte sur la cuvette des toilettes du Ziang de l'angoisse. Debout, l'estomac à un emplacement indéterminé, O. et moi l'attendions stoïquement quand de nouveaux clients se présentèrent. Nous les interpellâmes :

   - Please, no !! Don't eat here... It's... .. Not very good...

   - Really ?

Sous les yeux du serveur impavide, le pigeon potentiel s'élança dans la salle et demanda l'avis des clients à la cantonade. Un cri de dégoût unanime fusa. Le ventre tordu, je couinai :

   - You should leave... It's... for your life...

Comme nous avions une tête à avoir mangé du rat (d'ailleurs maintenant que j'y repense), ils repartirent et nous leur emboîtâmes le pas.

  - Peut être aurions-nous dû manger pakistanais, grommela M. dans le bus qui nous ramenait chez elle.

Peut-être...

Publié dans Bla Bla divers

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Alex la Baronne 08/09/2006 10:56

Oui, terrible dilemme n'est ce pas ? Ecoute pour l'instant ça va, c'est comestible mais nous n'avons pas retesté de restos, c'est pour Sadi je pense !

Tireboulette 07/09/2006 22:26

Le cul en feu ou le bide en vrac, le choix est parfois difficile, et pas que pour l'esprit... J'espère qu'en ce moment tu manges mieux que lors de ta dernière visite !