Londres et le clochard

Publié le par Alex la Baronne

A l'aube de mon départ pour Londres, voici le récit de mon précédent voyage dans la capitale britannique. Aujourd'hui, suivez les 3 premiers jours de mes aventures baronnesques…

 

Début Mars, je rendis visite à mon amie M., exilée à Londres. O., une autre camarade de promotion, nous rejoignit par la suite.

 

 

Jeudi

"Voici un authentique spécimen de la perfide Albion" songeai-je, confortablement installée dans un Airbus A319. A mes côtés, vêtu d'un pantalon à carreaux, le sosie d'Harry Windsor s'efforçait de remplir une grille de Sudoku. Cette présence britannique réveilla en moi de vieilles angoisses latentes : quel goût avait la viande bouillie ? Le porridge ? La sauce à la menthe ? En réponse à ces sinistres visions, mon estomac, pourtant pas bien exigeant, me donna l'impression de fuir à contresens dans le but désespéré de rejoindre la paisible Alsace et ses beignets à la confiture. Cependant, une rapide lecture du guide du routard me rassura. Selon son armée de rédacteurs beatniks, Londres, ville cosmopolite, abritait bon nombre de kebabs et de chinois tous  plus alléchants les uns que les autres. Je soupirai de soulagement à la perspective de nouilles sautées au poulet : ma survie outre-manche était assurée.

Après un trajet en navette en compagnie de suisses allemands (Ja Doch), je rejoignis la gare de Victoria.

Enfin, je la vis. Mon amie M.. Je ne pus contenir un "gniiiiiiiii" de joie et me précipitai sur elle. Après 5 minutes d'une conversation tout à fait anodine, ma comparse attaqua bille en tête :

   - Alors, quand va-t-on manger Pakistanais ? (NDLR : M. aime beaucoup la bouffe indienne et adore la faire tester à ses amis, qui se révèlent généralement un peu moins friands d'épices qu'elle...)

L'intégralité de mon tube digestif, de l'oesophage à l'a... à la fin, se contracta douloureusement au souvenir de mon vieux camarade F. Celui-ci, victime du syndrome dit "du rectum en feu",  avait manqué mourir des suites d'un dîner moyen-oriental.

  - Euf euf, bêlai-je, quand O. arrivera, on te paiera un chinois, d'accord ?

NB : par l’expression "payer un chinois", j'entends offrir à M. un repas chinois dans un restaurant de la même origine, n'allez pas vous imaginer des histoires d'esclavage moderne ou de tourisme sexuel à Chinatown.

Elle acquiesça et nous n'en reparlâmes plus.

 

Vendredi

Extrait du "guide du clochard" (voyez comme mon estime baisse), au sujet des pubs londoniens : "Dès l'entrée du pub, vous ressentirez immédiatement cette extraordinaire atmosphère de fusion des classes ; ici, on laisse son origine sociale au vestiaire et on fraie avec l'ennemi".

 

 

 

Alléchée par cette description qui me faisait presque croire en la bonté de l'espèce humaine, je décidai d'accompagner M.  au pub dans lequel elle officiait, afin de goûter à cette délicieuse coutume britannique. Peine perdue. Une fois encore (cf mes aventures en Norvège), le guide préféré des français m'avait menti. Je passai la journée à me demander pourquoi j'avais acheté ce fichu torchon et pire, pourquoi j'avais acheté son cousin romain. Très vite, accoudée au comptoir (mon endroit préféré), il m'apparut que je ne comprenais plus la langue de Shakespeare. Toutefois, un mot revenait sans cesse : "phoque". Cela me rassura. Derrière leurs faces veules, bon nombre de piliers de bar cachaient une profonde conscience écologique et le massacre de la faune arctique semblait les indigner au plus haut point. Enfin, j'entendis "She's so phoquing blonde". Cette phrase me ramena à la triste réalité :

   a) le mot "phoque" se rapportait au substantif-adjectif-participe le plus répandu de  l'argot anglais.

   b) ces vieux rouquins étaient plus intéressés par ma chevelure que par la fonte de la banquise.

 

Samedi

 

Dès 8heures, je secouai mon hôtesse comme un prunier ("Allez, on va visiteeeeeeeeeeeeeeeerrrrrrrrrrr......."). La capitale britannique ne me déçut pas. Emerveillée par les monuments, les beaux jeunes gens en costume et les chaussettes rayées, je regagnai mes pénates fort satisfaite , impatiente de l'arrivée prochaine d'O., prévue pour le jour suivant.

 

Cette saga n'en serait pas une sans SA SUITE, que vous retrouverez dès demain. Pourquoi Alexandra ne parle-t-elle que de nourriture ? Vous le comprendrez très vite…

Publié dans Bla Bla divers

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