The Dandy Warhols - Welcome to the monkey house (2003)

Publié le par Alex la Baronne

Note album : 6,5/10

Préférez-vous les pulls en cachemire ou en polychinchenique mercerisé ? Les steaks dans le filet ou les Big Macs ? Les fraises du jardin ou les fraises Tagada ? Et bien, selon vos goûts, votre choix entre le brut "13 tales from Urban Bohemia" et "Welcome to the monkey house", son artificiel successeur, sera vite arrêté. Loin de sombrer dans une médiocrité abyssale, ce dernier souffre toutefois durement la comparaison avec ses illustres précédents. Car les Dandy Warhols déçoivent ici presque autant qu'ils surprennent. Adieu les guitares imaginatives, les mélopées grandioses, place à une nuée de blips-blips invasifs et aseptisés.

Bien que parfois fades, ces courageuses innovations s'accompagnent heureusement de belles réussites. La brève inauguration rock "Welcome to the monkey house" passe fluidement le pouvoir aux synthétiseurs de "We used to be friends", dont les chœurs enthousiastes donnent immédiatement le ton. Ludique, accrocheur, le groupe délaisse brillamment son austère solennité pendant des refrains pointus contrastant violemment avec la voix rauque de Courtney Taylor. Un enchaînement parfait mène ensuite à l'enchanteur "Plan A", construit quasiment sur le même modèle, quelques guitares en plus.

Ensuite, l'accident bête, la panne sèche d'émotion. Tel une montgolfière percée en plein vol, ce disque part soudain dans des errements chaotiques, avant de s'écraser lourdement sur un sol couvert d'airs patauds. "The dope" et ses basses tuning fatiguent très vite, tout comme "I am a scientist", qu'un sample de l'incommensurable David Bowie ne sauve pas. Sous couverts d'une immunité créative autorisant toutes les dérives, le quatuor américain se lance dans une pléiade d'airs synthétiquement ennuyeux ("I am over it", "Insincere because I"). Presque par hasard, "You were the last high" et surtout  le magnifique "Heavenly" retrouvent de la superbe avec leurs refrains collectifs harmonieux et cosmiques. Une fin d'album morose ("I am sound", "You come in burned") plombera malheureusement ce sursaut d'orgueil bien placé.


Les Dandy Warhols dérouteront toujours. Au lieu de surfer sur le revival rock des années 2000 naissantes, la formation préféra se mettre en porte à faut avec un quatrième opus 80's et décalé, totalement opposé à leur rock psyché habituel. Qu'importe, la reconnaissance finira bien par venir.


Classe : "Heavenly"

Crasse : "Insincere because I"


Autre chronique concernant les Dandy Warhols sur ce blog :


Super cadeau :

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Alex la Baronne 05/02/2007 09:30

Pour cet album, il faut bien le dire, le clin d'oeil est vraiment trop appuyé à mon goût...

Albin 04/02/2007 19:05

aaaaah les Dandy Warhols et leurs albums qui ne se ressemblent jamais... perso, je préfère leur deuxième "The Dandy Warhols come down".
Quant à ce quatrième opus, le Monkey House, c'est avant tout un gros hommage à Duran Duran. Leur chanteur offre des backings sur Plan A, et c'est Nick Rhodes, le claviériste de DD, qui co-produit une bonne poignée de titres. D'ailleurs cet album, c'est finalement ce qu'aurait aimé faire Duran Duran de leur album "Pop Trash" en 2000. Et quand on écoute "Astronaut", leur dernier en date, on comprend qu'ils ont en fait voulu jouer les oncles bien intentionnés avec les Dandy Warhols. D'ailleurs, Taylor-Taylor, ne serait-ce pas un clin d'oeil aux trois Taylor de DD ?

Alex la Baronne 12/09/2006 21:37

Bon, et bien au moins je serai prévenue si je vais les voir en concert...

mxmm 11/09/2006 10:05

Nope, c'était à Zurich.Ca confirme malheureusement ta théorie ... :o)

Chtif 10/09/2006 22:09

ah oui, tiens, c'était en première partie de Bowie pour moi aussi, mxmm... A Amnéville, je pense. Mais il y a dû avoir plusieurs dates communes (qu'ils ont toutes foirées si ça se trouve !)