Travis - The invisible band

Publié le par Alex la Baronne

Note album : 7,5/10

La FNAC , automne 2001. Ce nom m'échappe ironiquement. Pourtant, "Sing", titre phare de ce fichu disque, vampirise depuis 3 bons mois les ondes hertziennes. Enfin, après quelques minutes concentrées, je mets triomphalement la main sur l'album convoité : "The invisible band" de Travis. Rarement un groupe aura choisi son surnom avec autant de discernement. Car nos 4 têtes blondes sont des enfants sages, au grand dam de journalistes peu inspirés devant un opus aussi lisse que leurs auteurs. Point de chambres d'hôtels dévastées, de limousines mille-pattesques, d'insultes imagées. Discrets jusqu'au manque flagrant de charisme, les écossais ont néanmoins pondu une galette à la renommée encombrante, symbole même d'une ère pop aujourd'hui perçue comme une zone musicale sinistrée.

A peine inséré dans la platine, "The invisible band" transporte dans un passé toujours vivace, quoique obscurci par le voile opaque des années fugaces. L'obsession des Beatles, l'innovation en moins, anime ce groupe autrefois appelé Glass Onion. Mignons mais surannés, ces 12 titres forment un sépia couvert de papillons nocturnes que l'on contemple volontiers quelques minutes. Sur fond de guitare sèche solennelle, une cousine électrique tisse sa toile légère, sur laquelle se pose la voix cristalline du réservé leader. Certes, 45 minutes de ce régime en lasseront plus d'un, car les rythmes se suivent et se ressemblent, non sans rappeler les 2 productions passées du groupe. Francis Healy nous conte ici la triste vie de Monsieur Tout le Monde, qu'il connaît mieux que personne. Les déceptions amoureuses magnifiées dans l'écriture ("Pipe dreams", "The cage") côtoient les fins plus heureuses ("Flowers in the window", "Safe") et les jalousies de voisinages ("Side") dans un ensemble homogène et harmonieux. Toutefois, l'étrange paranoïa de "Last train" ("I'm gonna buy a gun, I'm gonna shoot everything, everyone") interpelle brièvement, avant 2 morceaux finaux plutôt soporifiques. Une conclusion un peu triste pour cet album siège du très beau "Sing", tube planétaire d'une émotion indiscutable.

Classe : "Safe"

Crasse : "Indefinitely"  

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  • Side, live au Letterman show

Publié dans Pop rock classe

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Alex la Baronne 23/09/2006 18:31

Ah,  ce disque a pour moi la saveur d'une madeleine de Proust, il me rappelle de très bons souvenirs (d'une jeunesse enfuie, bla bla, allez j'arrête mes conneries)... Cela doit justifier ma note !

Thom 23/09/2006 18:15

7,5 !!!! ouah ! alors là je te trouve hyper généreuse avec ce disque...il est mignon mais bon...euh...enfin bon, moi Travis j'ai découvert avec "The Man Who", et j'ai arrêté après "The Man Who" :-)

Ronan 08/09/2006 16:18

Je me souviens d'un concert de travis à la Route du Rock, en 2003. Même si j'aimais le groupe, j'y allais septique. Je sentais le plan guimauve à plein nez.Et ben j'ai eu tort : sacré concert, plein d'envie et de beauté

Alex la Baronne 04/09/2006 12:03

:-) ! De toute façon, ces groupes là se ressemblent tout de même beaucoup, même si je continue à croire que Travis est de loin le meilleur d'entre eux !

Chtif 04/09/2006 10:04

C\\\'est surtout au niveau de leur premier gros single, je crois (connais pas le titre)... Je l\\\'ai entendu passer à la radio pendant vraiment longtemps avant que l\\\'on m\\\'apprenne que ce n\\\'était pas Travis...