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Publié le par Alex la Baronne

 

- Dis moi Alex, ta sœur est-elle également une greluche ? me demanda un soir C., grand diplomate dans l'âme.

Si la réponse n'a présentement aucune importance, cette question met en exergue un trait essentiel de ma personnalité : ma naïveté contemplative. Toujours prête à couiner mon enthousiasme, j'admire sans lassitude les papillons, les reflets ensoleillés sur la mer et l'eau sortant du robinet tous les matins. Parfois franchement pénible ("Enfin, viens, ce n'est qu'une vache !"), cette absence totale de blase amuse généralement mon entourage, gratifié de récits parfois un peu enjolivés par un lyrisme excessif.

Laissez moi donc vous conter comment ma roue de la fortune personnelle, d'ordinaire bloquée sur "mésaventures grotesques", s'arrêta Mardi 15 Août sur la case "nirvana futile". Une pause brève mais intense, fièrement narrée ici pour la 3142è fois en 2 semaines.

Déjà fini. Le concert de Franz Ferdinand me laisse enchantée et rêveuse. Dans le prolongement naturel de cette soirée idyllique, Jul, Jeen et moi nous dirigeons vers un stand où quelques margaritas esseulées crient leur désespoir. En bonne alsacienne – habituée des tavernes – barmaid officielle du tournoi inter chimie 2003 (aucune mention inutile), je pose avec joie mon coude sur le comptoir. La soirée s'annonce brillamment trouble.

A ma grande surprise, Jeen m'enveloppe soudain sous son bras indéfectible et, malgré mon meuglement de déni, m'entraîne dans la peuplade avinée. Après un parcours chaotique, elle pile net.

- Tu les vois ?

Si je les vois... Ils sont tous là, à 2 mètres de moi. Alex le dandy, Nick le beau gosse, Bob l'ours et Paul le joyeux drille. Franz Ferdinand. En bons britanniques raffinés, les 4 garçons découvrent simplement les charmes du vignoble local, au beau milieu des badauds. Si ma première réaction, aussi spontanée que niaise, s'apparente à du dépit ("Mais Alex n’est pas très grand !"), un sourire béat envahit bien vite mon visage. En bonne mère poule, Jeen me "jette dans les bras du chanteur" (sic). Une photo plus tard, je suis rouge comme une muleta. Décidément, un rien suffit à mon bonheur.

Retour à ma margarita. Julien écoute patiemment mon récit tandis qu'un 2è verre atterrit sous mon nez épanoui. Une fois ce dernier achevé, un curieux phénomène se produit : il me semble voir Michel Blanc au fond. Les yeux écarquillés, je tente de conjurer cette hallucination. Car c'est bien lui. Monsieur Duss. La combinaison de ski jaune poussin, le crâne ovoïde, la moustache grasse, le roi du planté de bâton m'invective soudain.

- Oublie que t'as aucune chance, vas-y, fonce !

Julien et Jeen conversent gaiement et ne prêtent pas attention à mon manège. Dans une moue boudeuse, j'avoue à Michel ma timidité maladive. Son ire me surprend :

- Arrête un peu de jouer les mijaurées ! Tu nous bassines avec ces 4 rosbifs depuis des plombes et maintenant tu renâcles. Un peu de courage, sacrebleu ! Souviens-toi, ce mariage champêtre où un Jacky Furtz aviné a dit que tu ressemblais à Claudia Schiffer… Ben il avait raison !

Ma confiance au plus haut, je pars en mission mondaine, un ultime cocktail à la main. La foule s'écarte sur mon passage comme la mer rouge sur les pas de Moïse (bel exemple de magnification épique). Après avoir écouté la déclaration d'une Heidi locale ("Your concert ouase grête. Ken Aïe Eve eune autographe ?"), je touche enfin au Graal*. Monsieur K me regarde. Sans trop réfléchir, je lui parle de "(Margarita), love & destroy", ma chanson préférée du groupe. Vraiment très urbain, le chanteur me répond posément, quand un être sombre intime au groupe l'ordre de… rentrer à l'hôtel. Le quatuor s'exécute sagement. "Ah, dira plus tard mon papa, le rock, ce n'est plus ce que c'était."

Après cette rencontre surprenante et bon enfant, je pense envoyer mon témoignage à Jean-Luc Delarue : ces quelques moments ont bouleversé mon existence et renforcé mon assurance. La prochaine fois que ma boss me demandera de nettoyer le four ou d'arroser son baobab, ma riposte sera cinglante. "Attends, tu m'as vue ? Je suis une Est people moi !". Une Est people heureuse, de surcroît.

*Raaaa, toutes ces références bibliques commencent à m'agacer ! Alex Kapranos n'est pas un Dieu, que diable !

Super Cadeau : ZE photo de ma rencontre, en super exclu pour ce blog !!!

                                             De g à d : Monsieur K, Moi et Jeen (photo : Jean-Marc Hedouin)

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Publié dans Journal d'une groupie

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Alex la Baronne 09/11/2006 13:14

Je pense qu\\\'avec Marc, sur un malentendu, ça peut marcher sait-on jamais (un peu comme moi et Monsieur K)... Pour la Cigale, ne t\\\'en fais pas tu m\\\'as tout raconté dans les moindres détails, ah, c\\\'est dur la vie de fan !Pour ce qui est de ne plus me parler : fais gaffe ou tu vas te retrouver à la gare !

Ouss 09/11/2006 10:50

Merde, je pense que j'aurais pas du t'envoyer tous ces commentaires vu que nous n'avons plus rien à nous dire !

Ouss 09/11/2006 10:49

Mais t'ai je raconté en détails La Cigale ??? Celui là, je crois pas... Pour les eurocks, j'en suis sure mais peut etre pas pour la Cigale... Jan et le Merrou m'aurait butée quand ils sont venus chez moi parce que j'arretais pas de mentionner Vénus à tout bout de champ... Enfin, je pense qu'ils exagèrent !

Ouss 09/11/2006 10:46

Bien sur que oui, j'ai essayé d'avoir un numéro de téléphone, après le concert de la cigale ! (bon d'accord, c'est jan qui m'y a fait penser) Celui de Christian lorsque je lui ai dit qu'il fallait qu'on organise un concert à Glousse Sister ! Malheureusement, sa femme/copine était à côté et a mis le hola... :-( Mais il m'a dit que je pouvais envoyer des mails !La prochaine fois, j'essaie Marc ! (il était nulle part en vue après le concert).

Alex la Baronne 08/11/2006 15:07

Quoi tu as rencontré Marc et Christian ??? Et tu ne me l'a pas dit ??? Nous n'avons plus rien à nous dire !!! J'espère au moins que tu as assayé d'avoir un numéro de téléphone !Pour Monsieur K, ce n'est pas compliqué : il est au fond à gauche sur la photo.