The Rakes - Capture/Release (2005)

Publié le par Alex la Baronne

Note album : 8,5/10

 

Vous aimez Bloc Party et les belles fringues ? Le monde de la mode ? Et bien vous adorerez The Rakes, le "Brand new rock phenomenon" cuvée 2005 ! Nouvelles idoles siglées, ces 4 dandys élégants et racés provoquent bien des grincements de dents avec leur garde robe à la valeur brute avoisinant le PNB du Mozambique. Pire, certains trentenaires outrés dénoncent leur honteux pillage de la décennie des Smiths, une profanation mercantile très tendance récemment.  En somme, les auteurs de "The world was a mess, but his hair is perfect", générique du dernier défilé Dior, tendent un piège éculé à une jeunesse sans grandes références. La faute aux cadors de l'industrie musicale qui ne connaissent que trop bien les harmonies financièrement gagnantes.

 

Malgré ce passif déjà bien lourd pour un premier album, je me laisse berner ici avec plaisir. En effet, "Capture – Release" présente involontairement un concept révolutionnaire : il s'agit d’un disque entièrement blind test. Débusquer les nombreuses références cachées dans ces 11 titres se révèle un jeu amusant et familial tant les Rakes ratissent large. Bien que peu calée en rock 80's,  j'ai pu identifier une intro rappelant inévitablement "Close to me" de Cure sur le brillant "We are all animals", des cris très Beastie Boys avec "The guilt" et même un gimmick digne de Depeche Mode durant l'acrocheur "T Bone". Au chant, l'excellent Alan Donohoe, tantôt Mick Jones tantôt Robert Smith, ne ménage pas ses efforts pendant "Strasbourg", dont les guitares brutes évoquent la reprise de "What a wonderful world" par les Ramones. Outre ces hommages appuyés, le quatuor a également su s'inspirer des meilleures tendances actuelles, comme plusieurs vocalises sèches quasiment imputables à Kele Okereke ("22 grand job") ou d'incontournables harmonies reggae bien abouties ("Violent"). Assez étrange d'écouter ces chansons inédites pourtant déjà entendues.

Heureusement, ces pasticheurs avérés font preuve d'un bon goût infaillible et magnifient cette montagne de tributs grâce à quelques agréables touches personnelles. A défaut d'innovation, "Capture – Release" dégage une furie imparable, une classe nerveuse servie par des textes tout simplement excellents, notamment avec le fougueux "Strasbourg", au refrain germanique évoquant la réunification allemande. Pas un instant l'explosivité ne fait défaut à ces 45 minutes de tension sous haute référence, de basse glauque agréablement oppressante  ("Terror !", "T Bone"), de chœurs légers pimentant les quelques titres plus calmes ("Work, work, work (pub, club, sleep)", "Open Book"). Cerise sur le gâteau, les prestations du groupe illustrent parfaitement un humour anglais teinté d'autodérision, source des chorégraphies raides du leader. Ce style impeccable et cette énergie incitent à la plus grande indulgence envers ce premier album prudemment réussi.

 

Classe : " Strasbourg "

Crasse : "Binary love"

Super cadeau :

Publié dans Pop rock classe

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Alex la baronne 24/08/2006 13:38

Oui, exactement... Leur disque est entraînant et la plupart des gens n'en demandent pas plus, d'autant qu'ils sont très enthousiastes sur scène.

Chtif 24/08/2006 12:39

Einz Zwei Drei Vier !!
bon, ils ont des gueules rigolotes... ça doit être pas mal, et ça a pas l'air trop prise de tête non plus.