The White Stripes - Get behind me Satan (2005)

Publié le par Alex la Baronne

Note album : 8/10  

You took a white orchid turned it blue… (Extrait du single “Blue orchid”)

Tout est dit. Cette simple phrase illustre la métamorphose des White Stripes, pour la première fois affranchis de la sainte trinité chromique blanc – rouge - noir. Une remarque bien dérisoire devant la surprise musicale que réserve “Get behind me Satan“.

Seul album enregistré dans un studio professionnel, ce 5è opus commence par un vrombissement de guitares prévisible quoique inattendu. Si la voix aiguë de Jack White n’a pas changé d’un iota, l’accrocheur “Blue orchid“ ne ressemble pas pour autant aux productions passées du groupe. L’ambiance  brute et sincère d’ “Elephant“ laisse ici place à un son travaillé, épuré de son crade brouillage initiale. Cette respectable mise en bouche n’augure en aucun cas l’ébahissement provoqué par “The nurse“, où le chanteur s’empare d’un instrument qui lui sied a priori aussi bien qu’une cornemuse à Eminem : le marimba. Armé de ce gros xylophone, le roi du rock garage se lance dans une étrange sarabande blues ponctuée d’un tonnerre de guitares, avant l’épatant “My doorbell“ aux influences soul prononcées. L’hybridation des 2 morceaux précédents donne naissance à “Forever for her (is over for me) “, une agréable demi - ballade orchestrée par un piano et le fameux marimba. Soucieux d’explorer toutes les voies du folklore américain profond, le duo jette ensuite l’ancre au Texas des Stetson avec le country “Little ghost“, une déclaration d’amour décalée et réussie à un fantôme. Malheureusement, un piano amorphe vient ternir le milieu du disque lors d’un trio de titres insipides, heureusement interrompus par Meg grâce à son distrayant interlude “Passive manipulation“. Jack profite alors de ces 35 secondes pour chercher miss 6 cordes électriques, qui depuis la surprenante défection de son propriétaire moisissait tristement dans son étui. “Take take take“ et surtout le fabuleux “Red rain“ renouent brillamment avec les anciennes amours du groupe, relevant ainsi un dernier quart d’heure parfois digne d’un obscur piano bar désaccordé (“I am lonely but I ain’t lonely yet“).

Considéré comme une horrible félonie par des milliers de fans, "Get behind me Satan" possède le grand mérite d'innover, même si certains moments un peu fades ternissent sa réputation. Toutefois, l'assagissement du duo mythique ne se fait pas sans quelques beaux remous rageurs qu'il convient d'apprécier à leur juste valeur.

Classe : "Red Rain"

Crasse : "White moon"

 

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Publié dans Pop rock classe

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Alex la baronne 04/08/2006 10:55

Oui c'est tout à fait vrai... Tout le monde a parlé de gros plantage avec ce disque mais il ne faut pas exagérer !
Pour les Raconteurs, ils arrivent bientôt :-) !
@ + !

mxmm 04/08/2006 10:44

Même si Get behind me Satan n'est pas devenu mon disque de chevet, je pense que le sentiment "d'horrible félonie" était immérité. Comme tu le dis, le disque est bon et propose du nouveau.A quand ta chronique de l'album des Raconteurs ?:o)