Après des mois d'une hibernation décalée, Alex la Baronne revient ! Orchestré par une savante pluie
d'articles plus corrosifs les uns que les autres, son retour s'annonce décapant !
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Alex la Baronne
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Chroniques rock'n'roll d'une Baronne
Note album : 4/10
Vendredi 21 Juillet
Par un hasard inconcevable, "Black holes & revelations" atterrit en pistes détachées dans ma boite mail. Problème : je ne peux pas le télécharger au boulot sous peine de m’exposer à des poursuites judiciaires peu valorisantes. Rendez-vous est pris avec l’ordinateur de ma sœur pour le week-end suivant.
Dimanche 23 Juillet
Incompréhensible. Le serveur Yahoo bugue obstinément depuis 2 heures. Malgré toutes mes tentatives, je repartirai sans le 4è opus de Muse. Ces circonstances inhabituelles me mettent la puce à l’oreille. Et si ce disque était mauvais ?
Lundi 24 Juillet
Suante et terrifiée, je jette un coup d'œil sournois à ma boss, assise en face de moi. Elle mâche son chewing-gum tout en jurant copieusement contre certaines lenteurs administratives chroniques. D’une main tremblante, je lance ce maudit téléchargement qui rate lamentablement. Une tentative ultérieure finira par aboutir. Après un bref coup d’œil aux titres des chansons, je manque m’étouffer avec mon croissant. "Exo-Politics", "Map of the problematique"… Du lourd en perspective.
Mardi 25 Juillet
Echec d'une première gravure. Excédée, j'introduis un nouveau disque vierge dans mon ordinateur et me demande si écouter ces 11 titres en vaut vraiment la peine.
45 minutes plus tard, la réponse est un oui massif... au second degré. Matthew Bellamy l’avait crânement annoncé : aucune chanson ne ressemble aux autres. Si le guitariste-pianiste a dit vrai, son dernier opus n’en demeure pas moins une pure quintessence du grotesque, une farce involontaire hilarante. Dans le but creux de se démarquer encore un peu plus, Muse a achevé la triste synthèse des pires courants musicaux du demi siècle passé. Cette déplorable épopée kitsch attristera les fans de l’inégalé "Showbiz", 1er album humble et poignant.
"Take a bow"
Mes yeux s’écarquillent, ma bouche benoîtement ouverte articule un murmure stupéfait. "Take a bow" ou Dieu roi du Technival. Un synthétiseur ampoulé joue un cantique futuriste, annonciateur de la fin du "totalitarisme" occidental. Vangelis a trouvé son fils spirituel.
"Starlight"
Lancement du quart d’heure 80’s avec un piano très Modern Talking suivi de basses assourdissantes. Se greffe sur cette base peu reluisante une gentille bluette où notre chanteur quitte sa fiancée pour une contrée plus prospère. Trop synthétique, l’ambiance ne traduit aucunement l'intensité de la scène.
"Supermassive black hole"
Un demi-succès. Insolent, accrocheur, Matthew Bellamy rappelle Prince avec son falsetto provoquant. Inexistants sur les 3 albums précédents, des chœurs bien sentis pimentent cette romance unilatérale. Toutefois, les amateurs de finesse passeront encore leur chemin devant cette guitare aussi tonitruante qu'inexpressive. "Plug in baby" et sa force brute innée paraissent bien loin.
"Map of the problematique"
Depeche Mode remixé par Linkin Park ? Non, il s'agit toujours du même disque. Ni bonne ni mauvaise, cette romance torturée ("I can't get it right since I met you") ne marque pas les esprits.
"Soldier's poem"
Changement radical de ton. Une guitare acoustique entre les mains, le leader joue au simple soldat crooner. Le point fort du morceau réside dans sa courte durée.
"Invincible"
De toute évidence, le morceau précédent a volé son titre à cette marche orchestrée par une batterie militaire. Les paroles d'une mièvrerie effarante ("Cause there's no one like you in the universe") rendent pourtant songeur. La popularité induirait-elle assurément le déclin ?
"Assassin"
Proche de "Stockholm syndrome", ce 7è titre renoue habilement avec les anciennes amours du groupe. L'habituel et rassurant fatras à 6 cordes remplace les pénibles expérimentations précédentes. Quelques instants d'une sobriété agréable quoique toute relative.
"Exo-Politics"
La paranoïa révolutionnaire d' "Assassin" laisse place à une leçon de politique plus globale. Fasciné par certaines théories conspirationnistes, Matthew Bellamy évoque les Zétas, une race… d'extraterrestres gris soi-disant membres du Nouvel Ordre Mondial, cette prétendue confrérie ultra secrète qui contrôlerait la planète depuis les années 50. Tout un programme*. Malgré son thème peu conventionnel, "Exo-Politics" constitue indéniablement le point fort de "Black holes &revelations" (et quelles révélations…) grâce à un refrain puissant et des couplets d'une tessiture lumineuse.
"City of delusion"
Malheureusement, l'accalmie n'a pas duré. Retour vers des cieux plus alambiqués avec "City of delusion", bande son idéale pour le prochain Indiana Jones. Séduit par les folklores espagnols et égyptiens, le trio anglais se perd dans un flot de violons orientaux et de trompettes. Ne manquent plus que les youyous et les castagnettes.
"Hoodoo"
Principal concurrent d'"Invicible" pour le gratifiant "Crasse award", ce titre rappelle les mélodrames émétiques de Barbara Streisand. Une insupportable complainte chouinarde centrée sur un piano larmoyant à souhait.
"Knights of Cydonia"
La boucle est bouclée. "Black holes &revelations" s'achève comme il avait commencé, à savoir par une pièce indigeste et rococo. Après une introduction western digne des "12 salopards", la cavalerie part vers un univers lyrique pompeux et pompant. Des passages très dynamiques sauvent toutefois du naufrage total cette parodie accidentelle de "Bohemian rhapsody".
Mu par une éternelle quête de mirobolant, Muse propose ici une oeuvre mégalomane du plus mauvais goût. Un destin bien amer pour ce groupe talentueux dont l'influence ne devrait cependant pas se démentir à court terme. Mais attention. L'orgueil précède bien souvent la chute.
Classe : "Exo-Politics" Crasse : "Hoodoo" Autres chroniques concernant Muse sur ce blog : Super cadeau :
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