Caesars - Paper tigers

Publié le par Alex la Baronne

Note album : 7/10

En marge d’un cercle musical fermé aux non anglo-saxons, les suédois usent parfois de grossiers subterfuges commerciaux pour promouvoir des disques invendables comme tels à l’étranger, faute d’un soutien publicitaire suffisant. Les brillantes carrières internationales d’ABBA et des Cardigans n’ont en effet pas vraiment aidé leurs nombreux successeurs, pourtant amateurs de rythmes purement britanniques.  Qu’importe, la patience et le sens marchand nordiques finissent bien souvent par payer. Le chanteur pop Andréas Johnson, qui exporta très tardivement son hit  "Glorious" par la magie d’un duo avec Nutella, a sûrement inspiré ses compatriotes des Caesars, stars anglophones du pop rock scandinave. Quelques réclames bien senties pour l’i Pod nano et le jeu FIFA Soccer 2004 auront suffi à dépoussiérer "Jerk it out", vieux de 3 ans et réédité pour l’occasion sur "Paper tigers", paru en Avril 2005. Enfin, ce 5è album leur ouvrit les portes des charts européens.

Groupe à l’identité diffuse, connu sous les noms de Caesar’s Palace en Suède et Twelve Caesars dans les autres terres vikings,  The Caesars prônent un retour musical marqué vers les années Beach Boys, avec de nombreux titres acidulés à 2 voix("Out there", "Good and gone"). Quelques orgues synthétiques très discos ("Throwaway", "Jerk it out") épicent les textes candides de cette chorale parfois engluée dans d’ennuyeuses lapalissades. Ainsi, le quatuor fait preuve d’un épatant pragmatisme avec "It’s not the fall that hurts" (…"it’s when you hit the ground"), tandis que "Winter song" résume un peu trop bien l’ennui et l’obscurité des hivers suédois.  Cette réserve typiquement scandinave empêche le groupe de s’affranchir des codes pop quarantenaires, tel un renne pour qui la douce quiétude du paddock l’emporte sur des ballades solitaires dans la grandiose immensité laponne. Toutefois, quelques morceaux plus incisifs attirent agréablement l’attention, comme l’assassin  "May the rain", en apparence très proche des autres – un air sautillant, des chœurs, un orgue – mais relevé de textes assassins évoquant une rancœur amoureuse. En plein milieu du disque, une incursion réussie vers un son plus épuré attend l’auditeur, avec le poétique "Paper tigers", dont l’introduction rappelle indubitablement celle d’ "Under the bridge" des Red Hot Chili Peppers. Une piste à explorer par la suite, tant le groupe semble avoir montré les limites de sa palette actuelle avec ces 12 titres pour la plupart agréables quoiqu’un peu trop similaires.

Classe : "Paper tigers"

Crasse : "It’s not the fall that hurts"

Super cadeau :

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