U2 - The Best Of 1980-1990

Publié le par Alex la Baronne

Note album : 6,5/10

Vu sur Yahoo.fr :  

Bono d’adresse à vous ! Que pouvons nous faire pour que la pauvreté disparaisse dans le monde ? Répondez sur Y. Q. Réponse !

Au lieu de vous perdre en conjectures utopistes, lisez plutôt la suite de l’annonce :

 Retrouvez U2 sur Y ! Music

 

Même si le groupe n’y est sans doute pour rien, une publicité malsaine s’insère honteusement dans ce beau bla bla consensuel. De toute évidence, écouter Y ! Music et acheter un bon gros CD de U2 va remédier aux abyssales inégalités planétaires. Mon cynisme m’attirera sûrement bien des foudres, mais une chose est sûre : Bono risque plus de mourir étouffé sous les euros que de faim. Je ne dénigre ni ses bonnes intentions,  ni son abnégation lorsqu’il converse avec George Bush. Seulement, le paradoxe obscène entre la fortune colossale et les envolées moralisatrices du leader de U2 me choque. Bien sûr, ce dernier se donne plutôt efficacement bonne conscience, grâce à un compte en banque garant de crédibilité auprès des plus puissants, lesquels se sentent sans doute moins coupables de la famine au Soudan que le fan lambda des 4 irlandais auteurs d’une carrière déjà proche du mythe populaire.

 

Cette merveilleuse saga humaniste et mercantile débute à Dublin il y a tout juste 30 ans de cela. Larry Mullen, un jeune batteur, recrute 7 musiciens de son collège au moyen d’une petite annonce. Parmi eux se trouvent Paul Hewson, futur Bono, le guitariste Dave "The Edge" Evans et le bassiste Adam Clayton. Après avoir formé un premier quintette, the Hype, la formation perd un membre et adopte le nom de U2. Le label Island Records les repère et "Boy", le premier opus, sort en 1980. Seul îlot rock au milieu d’un océan eighties de synthés Midi Files,  le disque rencontre un franc succès et se vend à 3 millions d’exemplaires, "I will follow", dans lequel Bono rend un courageux hommage à sa mère décédée, reste le titre le plus marquant. 1 an plus tard, "October" confirme ce brillant début, avant les explosions commerciales de "War" et "The Unforgettable fire" en 1983 et 1984. Le quatuor devient ainsi le symbole du pacifisme nouveau, comme l’illustre le fameux et poignant "Pride", qui honore le combat contre le racisme mené par Martin Luther King. Mais un autre tube allait encore plus marquer les esprits par sa rage et son infinie tristesse : "Sunday bloody Sunday", supplique émouvante pour un cessez le feu en Irlande, honteusement condamnée à animer les karaokés et mariages campagnards 20 ans plus tard. Dans le même temps, la formation signe le brillant "Bad", une ballade saisissante où la voix puissante du chanteur fait merveille. Devenus les idoles d’une jeunesse naïve en perfectos et caleçons à pois, les 4 complices écoulent 25 millions de leur "Joshua tree", sans même proposer la moindre innovation musicale. Toujours le même rock  basique, la même instrumentation discrète, destinée à servir les performances vocales du grand, unique et merveilleux Bono. L’Afrique devient alors son terrain de chasse caritative avec "Where the streets have no name", tandis que l’interminable et lent "I still haven’t found what I’m looking for" offre un cours de spiritualité pour débutants. Enfin,  le torturé "With or without" se révèle une agence matrimoniale bien plus efficace que "Tournez manège". Il faudra attendre 1988 et le 6è album "Rattle and hum" pour déceler un quelconque changement sonore, malheureusement peu abouti. Nonobstant un duo de toute beauté avec B.B. King sur "When love comes to town", les sonorités blues des singles "Desire" et "Angel of Harlem" semblent surfaites. Là s’arrête ce best of, sorti en 1998 et dont les tubes universels relancèrent un groupe commercialement mal en point après l’échec de "Pop". Un disque de faces B ainsi que l’inédit "The sweetest thing"* complètent ce premier bilan, où les réussites alternent avec quelques longueurs.

Au-delà d’un contenu parfois trop fade pour véritablement interpeller, cette anthologie retrace les années les plus spontanées et fécondes de U2, qui reste au rock ce que l’ordi mini est au PC : un moyen efficace de se familiariser avec le milieu dès son plus jeune âge, avant de passer à autre chose. 

Classe : "Bad"

Crasse : "Desire"

Super cadeau :

Commenter cet article

Alex la baronne 31/07/2006 09:28

Pareil, ce qu'ils font en ce moment me fatigue un peu... même si je ne peux m'empêcher d'acheter encore leurs disques (ça doit venir d'une habitude bien ancrée !). Bono me fatigue même beaucoup ! Par contre, j'avais bien aimé leur chanson BO de "Gangs of New York", "The hands that built America".
 

Chtif 31/07/2006 00:45

c'est vrai que j'ai du mal avec Desire aussi...
avec la plupart de ce qu'ils font maintenant aussi d'ailleurs... ah si, j'avais bien aimé "Stuck in a moment" que Bono avait dédié au chanteur d'INXS. Pour une fois, il faisait pas son dalaï-lama...