Dirty Pretty Things - Waterloo to anywhere

Publié le par Alex la Baronne

Note album : 8/10

Le divorce à l'amiable vient d'être prononcé. Pete Doherty et Carl Barât se partagent les restes du titan Libertines. Tandis que le premier traîne dès les mois suivants son inextinguible mélancolie avec les erratiques Babyshambles, le second emballe ses guitares rageuses et disparaît.

Enfin, après une année blanche et quelques divagations légitimes – les frasques de son complice auraient épuisé Mère Thérésa – Carl revient avec un nouveau groupe, les Dirty Pretty Things, du nom des soirées londoniennes qu'il organise. Un nouveau groupe en vérité fort proche de l'ancien, car se joignent au célèbre leader son batteur de toujours, Gary Powell, ainsi que 2 ex suppléants du distrait Doherty, souvent incapable d'assister à ses propres concerts, le guitariste Anthony Rossomando et le bassiste Didz Hammond.

Bien sûr, la tâche ne s'annonce pas aisée. Véritables joyaux, les albums des Libertines n'incitent pas à l'indulgence. La presse prévoit pragmatiquement une belle déception, les fans pleurent l'époque des héros. Personne ne croit Carl Barât capable de rivaliser avec ses anciens démons. Pourtant, aux âmes chagrines qui l'accusent d'être beau et seulement beau, ce dernier va opposer avec succès son indifférence nonchalante et l'élégance déchaînée de tubes rocks tels "Bang Bang you're dead" et "Deadwood", allusions flagrantes aux difficiles années passées.

Malgré un apprivoisement difficile, réduire ce disque à un panier de serpents électriques privés du charmeur Doherty serait injustement sous estimer son talentueux ex-second. Si la lecture des titres sombres de "Waterloo to anywhere" évoque indubitablement un sévère passage à vide moral ("Doctors and dealers"…), ses brèves 35 minutes respirent le dynamisme et l'enthousiasme retrouvés, sans toutefois prévenir quelques moments un peu creux ("Gin&Milk"). Un pur moment de rock viril, pimenté par une petite touche punk ("You fuckin' love it"). Peu à peu, les guitares s'ordonnent et finissent par imposer leur force le plus naturellement du monde, en particulier lors du cynique "Blood thirsty bastard", voisin de "Narcissist" des Libertines.  Bien loin des vieilles disputes fratricides, les tubes "Gentrry cove" et "Wondering" se révèlent aussi accrocheurs que charmeurs. Les accélérations piquantes abondent ("The ennemy", "Lost town of the small playboys") avant un troublant et bref retour au calme avec le romantique "B.U.R.M.A.", qui finira tout de même en trombe comme les autres.

Rien de nouveau sous le soleil. Ce proverbe, souvent présage de langueur, prend ici une dimension méliorative. Impeccablement calé dans la descendance des Libertines, Carl Barât affirme cependant son identité propre avec le plus lisse "Waterloo to anywhere", porteur d'espoirs légitimes pour la suite de sa carrière, même si certains nostalgiques regretteront la piquante immoralité d’ "Up the bracket".

Classe : "Wondering"

Crasse : "Gin & Milk"

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Publié dans Pop rock classe

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Alex la Baronne 18/01/2007 15:59

Oui, c'est exactement ça... Il y a de très bons passages, des momentsjubilatoires ("Deadwood") mais le problème, c'est qu'on les oublie aussi sec!

Chtif 18/01/2007 14:25

Aujourd'hui, j'ai vraiment écouté pour la première fois ce disque. je lai passé 4 fois en boucle: sur le moment, c'est bon, très bon même par moments.Mais le problème, c'est qu'après 4 écoutes, je suis incapable de fredonner ne serait-ce qu'un seul morceau.Un disque bien sympa, donc, mais très éphémère