The White Stripes - Elephant

Publié le par Alex la Baronne

Note album : 9,5/10

Mieux vaut tard que jamais. Presque un an après la sortie du colossal "Elephant", la France découvrit enfin le hit universel "Seven nation army", capable de réconcilier les bobos underground, les paternels rétrogrades et les immondes Jacky-Casquette, qui tout le printemps 2004 écoutèrent ce tube à plein volume dans leur 205 GTI tunée. Un succès phénoménal pour le duo du Midwest, jusque là auteur de 3 albums confidentiels dont la renommée ne dépassa jamais les bars de Détroit. En bonne nouvelle légende du rock, le groupe alimenta très vite la polémique, grâce à quelques mystères savamment élaborés. D'où venait cette passion de Jack pour les chiffres ? Pourquoi Meg ne parlait-elle jamais ? Et surtout, l'interrogation fondamentale : étaient-ils, conformément à leurs déclarations, frère et sœur, ou bien plutôt mari et femme ? Le Times, Rock&Folk et Voici enquêtèrent, sans toutefois immédiatement parvenir à une conclusion évidente.

Une fois le pachyderme écouté, la question parait très secondaire, tant la qualité évidente de cet opus éclipse toute discussion futile. Divorcés en 2000 après 4 ans de mariage, les White Stripes revisitent le rock garage avec une hargne et un brio étonnants. Loin d'en altérer le contenu, quelques imperfections confèrent à "Elephant" une authenticité touchante, notamment lors du brouillon "Ball and biscuit" où Jack White exprime allègrement sa maîtrise instrumentale. Entre de telles mains, cette monumentale guitare semble même par instants prendre vie et imposer ses refrains à son brillant propriétaire ("Girl, you have no faith in medecine", "Little acorns"). Outre l'incontournable "Seven nation army", "Hypnotize" et "The hardest button to button"  séduiront par la puissance de leurs accords bruts, qui contrastent violemment avec des textes aussi énigmatiques que naïfs. Reposant sa voix haut perchée sur des schémas musicaux binaires mais imparables, le sieur White rend également un dynamique hommage à l'enfance ("Black math", "The air near my fingers"), tandis que Meg, pour la première fois chanteuse, délaisse un court instant sa batterie et propose  le temps d'un titre un doux interlude bien mérité ("In the cold cold night"). Ce disque se teinte également de sonorités blues depuis longtemps oubliées, sources de la reprise du standard 60's "I just don't know what to do with myself" et du plus calme "You've got her in your pocket".

A la grande joie des curieux, le final "Well it's true that we love one another" apporte quelques éclaircissements sur l'étrange relation qu'entretient la paire américaine. Accompagnés de la chanteuse rockabilly Holly Golightly,  chaque membre du trio déclare respectivement sa flamme aux 2 autres. Une conclusion humoristique légère à souhait pour cet album titanesque.

Classe : "Hypnotize"

Crasse : "Ball and biscuit"

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Publié dans Pop rock classe

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Alex la baronne 26/07/2006 09:40

Systool : En effet, le contexte de la fin des années 90 n'était pas optimal pour les White Stripes... Mais, à mon "humble" avis, même si "7 nation army" était sortie 4-5 ans plustôt, elle aurait quand même fait un carton ! Mais je me perds en conjectures :-) !
Chtif : Oui, j'ai vu que "White blood cells" avait déjà bien été encensé par la critique... Pour le dernier album, je dois être une des rares à ne pas le trouver si raté que cela. Au contraire, j'aime bien son côté un peu décalé avec ses morceaux parfois franchement country ("Little ghost"), même si au début la quasi absence de guitare m'a un peu perturbée... mais tout cela est déjà le sujet d'une chronique en préparation dans mon esprit tordu !

Chtif 26/07/2006 01:50

"Seven.." a été la dernière goutte d'eau d'un vase déjà bien rempli puisque le groupe jouissait déjà d'une très bonne réputation avant "Elephant". Leur précédent avait déjà bien marché, même en France, bien sûr il n'avait pas les mêmes ventes qu'"elephant", mais ils faisaient déjà figure de groupe phare sur la scène garage-rock avant la sortie de ce dernier. En tout cas l'un de ceux que l'on savait capable d'exploser.
"Seven nation army" leur a certes ouvert les portes d'un très très large public, mais avaient-ils finalement besoin de cela ? d'ailleurs l'album suivant est sorti un peu dans la précipitation, histoire de battre le fer, mais il est complètement à côté de la plaque dommage...
"Elephant" est par contre  réussi, avec quelques très bons morceaux ("I just don't know...", "the air near my finger", et bien sûr, "Seven nation army", qui n'a toujours rien perdu de sa superbe, même après 12 millions de passage radio... pour moi, le successeur de "Smells like teen spirit", ni plus ni moins.)

Systool 25/07/2006 18:12

Non je pense que c'est plutôt dû aux "contraintes commerciales"... vers 1999, la sauce était plutôt rap-metal... mais en 2002, les White Stripes passaient bien pour le courant "rock 'n roll" des Strokes et autres Interpol... enfin, j'en sais rien, mais peut-êtreSysT

Alex la baronne 25/07/2006 16:35

Euh... Je m'éloigne un peu du sujet initial mais ne se pourrait il pas que Shirley et Dino soient mari et femme ET cousins ? Ca expliquerait bien des choses... Bon courage Crevette !

Tireboulette 25/07/2006 15:47

Oui, les précédents ont du manquer du titre "phare" sur lequel repose toute gloire musicale, car passer au Macumba, oui môsio, ça se mérite... Et pour ceux qui aime les mystères type Voici, sachez que Shirley et Dino ne sont pas cousins mais bien mari et femme. Et vlan, en voilà de l'info qu'elle est bonne ! Bon, ça doit être la chaleur qui me pertube, je vais aller écouter un petit "Blue Orchid" histoire de me réveiller... bravo crevette !