Après des mois d'une hibernation décalée, Alex la Baronne revient ! Orchestré par une savante pluie
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Chroniques rock'n'roll d'une Baronne
Note album : 9,5/10
La Suisse, ce n'est pas très rock n' roll". Stéphane Eicher, célèbre ambassadeur musical helvète, vous aura aimablement prévenu. Pourtant, le pays natal de la vache Milka a bien involontairement contribué à l'éclosion des Strokes, plus amateurs de grosses guitares que de cloches alpestres.
Au milieu des années 90, Julian Casablancas coule des jours troubles de sale gosse dans un pensionnat romand. Il en gardera un très mauvais souvenir, exceptée sa rencontre avec son futur guitariste Albert Hammond Jr., lui aussi New Yorkais. Une fois revenus dans la grosse pomme, les garçons fondent les Strokes. 3 amis de Julian les accompagnent : le second guitariste chevelu Nick Valensi, Nikolaï Fraiture, discret bassiste, ainsi que Fabrizio Moretti, batteur aux multiples conquêtes. A bord d'un van, le quintette écume la côte nord-est des Etats-Unis, évoluant chaque soir devant un public aussi rare qu'un grand tétras en pleine mégapole. Le producteur Gordon Raphael, venu en réalité assister à un autre concert, les repère puis leur fait enregistrer un EP "The modern age". "Is this it" suivra quelques mois plus tard, en Août 2001.
Immédiatement, le groupe est propulsé sur le devant de la scène avec le polémique "New York City Cops", censuré par le gouvernement américain après les attaques terroristes du 11 Septembre. Cette publicité gratuite engendre l'enthousiasme d'un public séduit par l'interdit. Le monde entier se prosterne devant les nouveaux messies underground, de Miss Moss aux adolescents boutonneux, que le look décontracté des 5 Américains fascine. Les Converse et autres lunettes Pilote fleurissent dans les rues, des groupes de rock éclosent un peu partout, favorisés par la résurrection inespérée du genre musical. Cette terrible pression populaire dépasse bien vite le leader Julian Casablancas, dont les incartades se multiplient au fil d'une triomphale tournée planétaire. Il mettra finalement 4 ans à apprivoiser son inconfortable célébrité.
Provoquant par sa pochette, remplacée aux USA (nouvelle pochette ci-contre) en raison d'un puritanisme héréditaire, "Is this it" renoue habilement avec le rock des 70's, une touche de grunge en plus. Mieux, les Strokes se démarquent de toutes ces références grâce à un son saturé unique et des textes nonchalants. Dans une ambiance très électrique, les solos de guitare addictifs abondent ("Alone together", "Barely legal"), soulignés d'une basse épatante. Cet opus charme également avec son chant rauque et désabusé ("Is this it"), qui galvanise une succession d'airs intenses, tels les explosifs "Take it or leave it" et "Last nite". Esseulé dans l'œil du cyclone, le plus calme "Trying my luck" apporte une émouvante réplique aux détracteurs d'une formation souvent décrite comme pourrie par les dollars. Une réputation malgré tout tenace.
Haïs ou adulés dès leurs débuts, les Strokes ne laissent personne indifférent. "Is this it" contribue amplement à leur charisme, avec ses 11 morceaux à la qualité rarement égalée.
Classe : "Take it or leave it"
Crasse : “ Hard to explain"
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