Concert des Arctic Monkeys - Eurockéennes de Belfort, 30 Juin 2006

Publié le par Alex la Baronne

19h30 

 

                      

                      Alex Turner, le leader des Arctic Monkeys

 

"SEULEMENT 50 minutes ?". La programmation des Eurockéennes en main, je laisse éclater ma frustration. Ce concert des Arctic Monkeys, je l'attends depuis bientôt 2 mois, alors pourquoi dure-t-il seulement 50 minutes ? Bien vite, l'évidence s'impose. Les 4 garçons en sont à leur premier album. Difficile de s'éterniser sur scène dans ces conditions. Je me ravise. Après tout, ces 50 minutes me permettront largement d'exprimer la pleine mesure de mes talents vocaux, dignes d'un goret fraîchement né.  

 

 

20h00

            "- On y va ? Je ne veux pas les rater, moi

             - Ouais, on y va ! Je me demande comment ils seront habillés !"

            Ce dialogue entre S. et moi-même rappelle pathétiquement nos plus belles années ingrates, en dépit de notre quart de siècle imminent. C'en est trop pour nos 2 comparses qui fuient à la séance dédicace du groupe belge Venus.

Sans le moindre scrupule, nous décidons de ne pas les attendre pour nous rendre sous le chapiteau, impatientes et fiévreuses.  Le concert démarre dans une heure.

20h02

            "- Ouah, cool, on est presque tout devant ! "

20h20

Deux jeunes adeptes de la fleur de houblon s'invitent et engagent la conversation avec tout ce qui peut ressembler à une fille, y compris le métalleux au catogan situé à leur gauche.

20h30

Je suis prise d'un malaise indicible à la vue des donzelles massées au premier rang. Personne ne m'avait prévenue que l'uniforme était de rigueur. Petit haut noir, jean moulant, Vans rutilantes : on se croirait à la sortie du collège Jacques Prévert. Mes Air Pump moisies commencent d'elles-mêmes à creuser un terrier afin de nous cacher, mon T-Shirt fushia et moi.  Pire, malgré mes couettes, je me sens vieille.

 

20h40

                Ma différence déchaîne les passions féminines. Depuis 5 bonnes minutes, mes voisines se frottent sans cesse contre mon dos, manifestement charmées par la suavité de mes phéromones. Elles vont et viennent, inlassablement. J'angoisse. Soudain, cette promiscuité s'explique. Mon mètre 77 leur bouche la vue.  

20h55

Premiers mouvements de foule. J'ai plein de nouveaux voisins qui sentent aussi bon les uns que les autres.

21h00

Début du concert.  Roulée d'aisselle en aisselle comme un doubichou, je tente en vain d'apercevoir Alex Turner, le chanteur. Il doit bien être sur scène puisque "The view from the afternoon" retentit à pleins décibels.

21h03

Evacuation des premières groupies. Alex Turner porte un marcel blanc, ne m'en demandez pas plus.

21h06

Une spectatrice se plaint auprès d'un vigile. Ce dernier lui rétorque qu'il n'est pas Superman. A mon humble avis, Clark Kent lui-même remiserait son Super Collant au vestiaire à la vue de ces cohortes de hooligans qui se heurtent avec une précision implacable.

21h08

Scène douloureuse. A moitié évanouie, une jeune fille est difficilement extraite de la foule.

21h10

Jeune homme, n'allez pas vous méprendre. Je ne suis pas accrochée à votre sac comme une bernique à son rocher dans le but de vous séduire, j'essaye simplement de ne pas mourir écrasée sous cette horde de Huns féroces et primaires.

21h12

Enfin un peu de calme. Soudain, ma tête entre en collision avec le séant d'un slammeur. D'une main ferme, j'empoigne ledit postérieur et le propulse hors de ma vue. Un fou rire incœrcible me surprend.

 21h14 

 

Ce n'est pas avec cette tronche là que je séduirai un Monkey. Mes cheveux évoquent la toison d'un mouton shetland, la sueur fait couler mon maquillage, la poussière se dépose sur la totalité de mon corps moite. Une vraie leçon d'humi(d)(l)ité.

21h15

Après avoir une nouvelle fois manqué me faire piétiner, je recule péniblement de quelques rangs.

21h20

De la vodka orange s'écoule sur mon visage.

21h25

La grande braderie des pouilleux. A saisir, au vol ! Une basket (désolée, la jumelle se trouve au pied de son propriétaire), des casquettes, des pulls… Tiens, d'ailleurs, j'ai perdu le mien.

21h27

Une chaussure manque assommer Alex Turner, qui entame "I bet that you look good on the dance floor" dans une ambiance de baston campagnarde.

21h33

En jouant des coudes, je parviens encore à m'éloigner de la scène. Enfin tranquille pour le dernier quart d'heure. "Fake tales from San Francisco ", "When the sun goes down" et "Dancing shoes" jouissent de mes chœurs enthousiastes.

21h52

Fin du concert. Mes amis explosent de rire à ma sortie du chapiteau. Ils n'avaient jamais vu "la baronne" dans un tel état. Je sue, je peste, je ris, je ne sais plus où je suis. Peu de temps après, S. la survivante surgit, couverte de bleus. La foule nous avait séparées dès le début du concert. Retrouvailles émues. Finalement, 50 minutes nous ont suffi.

21h55

Je retrouve mon pull, à présent pourvu d'aérations multiples.

Et les Arctic Monkeys dans tout cela ? Un peu angoissé par un tel tumulte, le quatuor a livré une prestation sobre, sans doute pour ne pas risquer l'émeute. Quelques titres de leur nouvel EP, "Who the fuck are Arctic Monkeys", sont venus pimenter leur setlist. Un très bon concert, en somme, servi par un son excellent et la voix si particulière d'Alex Turner.On peut néanmoins se demander pourquoi les organisateurs avaient programmé le nouveau phénomène rock sous le chapiteau, trop exigu pour accueillir tous leurs fans.

Publié dans Journal d'une groupie

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Julien 24/01/2011 00:32



J'étais tout devant aussi ce jour là :) Nous somme peut être malencontreusement entrechoqué. En tout cas ton récit est très sympathique et me rappel de bon souvenir même 5 ans
après. Ce fut l'un de mes meilleurs parmis les 5 années d'Eurockéennes que j'ai fait.



Romain 20/10/2009 00:34


J'adore, tout simplement, même si ça fait 3 ans... Ce jour là c'était mon anniv et je ne pouvais pas assister au concert de mon groupe préféré...
Mais depuis je me suis rattrapé : concert au Zénith pour leur 2ème Album "Favourite Worst Nightmare" qui correspond exactement à ton article, avec la vodka orange en moins... Chuis arrivé en t
shirt blanc (sec) et je suis reparti avec une serpillère noirâtre...
Et le 5 Novembre qui arrive je m'apprète à revenir dans cette véritable Arène qu'est le Zénith. J'appréhende, toujours, et je me demande si cette fois ci je m'habille normalement ou si je viens en
mode clochard, pour pas repartir trop dépaysé ! On verra bien.
Pour combler le tout, je suis tellement fan que j'ai décidé d'aller aussi à celui de Bordeaux, le 30 Janvier prochain. Je pense que les 3 mois à venir feront partie des plus beau de ma jeunesse
(n'ayant qu'à ce jour 18ans, je ne me considère pas encore vieux...^^).

Indie Rock will never die !

J'adore ton article, je le redis ! =)
À plus !


Chtif 12/07/2006 10:55

Très rigolo ce compte-rendu de concert. On ne devait pas être très éloignés l'un de l'autre à ce moment-là, à une fosse près ! Tiens, si ça te tente d'avoir mes impressions sur les Eurocks, c'est par là. Tu peux mettre un trackback vers ton article si tu veux.
http://chtif.over-blog.com/article-3197497.html
http://chtif.over-blog.com/article-3197560.html
bye !!

Alex la baronne 11/07/2006 16:45

Pas de problème, je t'ajoute de suite dans mes liens ! J'espère que tu en feras de même :-) !

Systool 11/07/2006 15:51

Au fait, je te propose d'échanger nos liens si ça t'intéresse et si tu trouves mon blog intéressant, bien sûr!SysT