Blur - Best of (2000)

Publié le par Alex la Baronne

Note album : 10/10

Un best of équivaut à se décerner un diplôme. Il donne le sentiment du devoir accompli, sans toutefois apaiser l'ineffable tristesse surgie au souvenir des belles années perdues à jamais. En l'occurrence, ce condensé de la carrière de Blur réussit à nous faire oublier la décennie déjà écoulée depuis la sortie de "The Universal" et nous replonge avec nostalgie au cœur des 90's.

 A la sortie de "She's so high", en 1990, personne ne prête trop attention à ces 4 gamins, archétypes mêmes de la jeunesse anglaise de l'époque. Leurs 2 premiers albums, "Leisure" et "Modern life is rubbish", les maintiennent dans l'ombre de la nouvelle coqueluche des Britanniques : le colosse aux pieds d'argile Oasis, dont le mythique "Definitely maybe" caracole en tête des charts. Cependant,  le chanteur de Blur, Damon Albarn, , ne rate pas l'occasion d'inaugurer la longue lignée d'ennemis jurés des roquets Gallagher, lorsque son groupe rafle en 1995 4 trophées aux NME Music Awards  avec "Parklife". Dès lors, le single "Girls & Boys" est sur toutes les lèvres et constitue le tremplin idéal à leur consécration, intervenue quelques mois plus tard avec "The great escape", dont les tubes planétaires "Charmless man" et "Country house" rappelleront sans doute aux vingtenaires leur premier bisou dans les vestiaires après la gym du Vendredi matin.

 

 

La belle aventure du quatuor aurait sans doute pu en rester là, sans leur souci constant d'innovation. Alors que leurs grands rivaux d'Oasis s'évertuent sans trop de succès à singer les Beatles, Blur emprunte des chemins plus sombres avec son album éponyme, sorti en 1997, source des fabuleux "Beetlebum" et "Song 2". Deux ans plus tard, "13" apporte sa moisson habituelle de hits, avec le célèbre "Tender" – jamais 7'47 n'auront parues si brèves- et "Coffee & TV", qui souligne l'importance grandissante du talentueux guitariste à binocles, Graham Coxon.

Seulement, voila. Tel un sanglier aux galeries Lafayette, ce best of surgit. Nul n'ignore ce que ce genre de réalisations, au demeurant fort plaisantes, impliquent pour vous, pillard avisé de la FNAC. 3 hypothèses se distinguent :

a)            Votre groupe favori est à court d'inspiration mais désire se faire du blé sur votre dos grâce à un resucé de ses vieilleries. Attention, il s'agit d'un piège : préférez à ce disque ses semblables successeurs, qui auront au moins le mérite de contenir des titres inédits.  NDLR : toute similitude avec le parcours d'un groupe californien nous bassinant depuis plus de 20 ans avec son état natal n'est pas fortuite.

b)           Il y a de l'eau dans le gaz. Las de se crêper le chignon depuis des années pour des prétextes futiles ("QUI a bu la dernière bière ?"), les garçons décident de démanteler le porte-avion du succès, soi-disant "pour se consacrer à leur carrière solo", mais surtout pour laisser leur égo respirer.

c)            50 ans de carrière pour le prix d'un siècle d'ennui : le best of de Charles Aznavour vous attend dans les bacs.

Bien joué. L'assertion b) s'applique parfaitement à Blur. En dépit de "Think tank", paru un an après ce best of, la séparation est officialisée, au grand désespoir d'une légion de fans.

Alors, que retenir du best of de Blur ? Une avalanche de tubes amusants, novateurs, l'essence même d'une brit pop souvent imitée mais rarement égalée.

Classe : "This is a low"

Crasse : "Music is my radar"

Chroniques apparentées sur ce blog :

Super cadeau :

Publié dans Pop rock classe

Commenter cet article

Alex la baronne 07/08/2006 09:37

Ce n'est pas vraiment que je ne l'ai pas aimé, c juste la chanson que j'ai le moins aimé... C'est vrai que M.O.R est pas mal du tout !

mxmm 04/08/2006 16:38

T'as pas aimé "Music is my radar" ?Bon ok, c'est un titre facile mais il y en a d'autres, des faciles ET bons (je pense à M.O.R, là, par exemple...)