Arctic Monkeys : Whatever people say I am, that's what I'm not (2006)

Publié le par Alex la Baronne

 Note album : 7/10

Si l'on devait établir une liste des plus grands monceaux d'ironie de l'année en cours, nul doute que le titre de l'album des Arctic Monkeys, " Whatever people say I am,  that's what I'm not", figurerait en bonne position. L'histoire de ce groupe, c'est un peu comme si la bonne fée du rock s'était penchée sur leur berceau après une after particulièrement arrosée.  Du coup, les quatre gamins doivent encore se demander ce qu'ils ont réellement pondu pour mériter ce concert de louanges à faire blêmir de rage tous leur homologues, qui répètent bruyamment tous les soirs dans un garage sans être célèbres au-delà du commissariat de police voisin.

Tout commence à Sheffield en 2001. Alex Turner, futur leader de la formation, reçoit tout comme son voisin Jamie Cook une guitare pour Noël. Ils apprennent à en jouer par eux-mêmes et forment les Arctic Monkeys avec 2 autres potes de lycée, Andy Nicholson et Matt Helders. Afin de doper l'atmosphère de leurs premiers concerts, le groupe enregistre des démos et les distribue au public grandissant. Ces disques, en nombre fort limité, vont se retrouver sur Internet grâce à leurs fans. Il n'en faut pas plus pour susciter l'intérêt du News Musical Express (NME)*. Celui-ci, tel un agent footballistique en chasse de jeunes talents, prend le nouveau phénomène sous son aile versatile.

             La machine est lancée. Domino Records, un label indépendant également  distributeur de Franz Ferdinand et The Kills, leur fait signer un contrat garant de leur liberté artistique. Leurs deux premiers singles "I bet that you look good on the dance floor" et "When the sun goes down" atteignent la tête des charts. Quant à leur album, sorti en Janvier 2006, il pulvérise tous les records, avec 363 735 copies écoulées la semaine de sa sortie. C'est mieux que les toutes les autres ventes du Top 20 anglais réunies. Surpris de cette frénésie, les Monkeys envahissent un peu malgré eux les couvertures des magazines européens et ont même droit à un encart dans Télé 7 Jours.

 

Après ce lavage de cerveau en bonne et due forme, vous voici fin prêt : sans plus porter attention à l'extrême laideur de la jaquette, vous vous jetez sur "Whatever  people say I am, that's what I'm not".

40 minutes plus tard, vous maudissez la terre entière. Le NME. Sheffield. Internet. Les 363 735 pékins qui ont acheté ce CD. D'ailleurs, parlons-en de ce CD. Il est affreux. Plein de mégots. Il sent encore un peu le tabac froid. Et surtout, vous vous maudissez d’avoir encore cru à ces articles trop emphatiques pour être honnêtes. Bien sûr, cet album vous a fait passer quelques bons moments, mais peut-on décemment le comparer à ceux des Beatles, comme certains ne s'en privent pas ?

Tout ce bruit a fini par desservir ce disque punk-rock, dont chaque faille est à présent décelée, révélée et amplifiée. En effet, il faut bien admettre que la notion de groupe prend avec les Monkeys toute sa relativité, tant chacun de ses membres s'amuse à jouer comme bon lui semble, sans tenir compte des autres. Du fatras qui en résulte, on peut repêcher les 2 singles, plus les énergiques "The view from the afternoon", "Fake tales from San Francisco". Excepté la désastreuse ballade "Riot van", qui se chante très bien avec la gueule de bois, les autres morceaux évoquent les fêtes lycéennes, la bière coulant à flots et cette description avisée de la jeunesse britannique contribue amplement à la Monkeymania ambiante. Gageons de plus que les concerts du groupe tourneront ce grand désordre enthousiaste à leur avantage, grâce à la séduisante spontanéité de ces quatre garnements.

 *Hebdomadaire anglais, autant lu que décrié  

 

Classe : "The view from the afternoon"

Crasse : "Riot van"

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Super cadeau :

  • "A certain romance" en live. Un titre dont j'ai malheureusement oublié de parler... Pourtant, il méritait bien une petite mention...
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