Après des mois d'une hibernation décalée, Alex la Baronne revient ! Orchestré par une savante pluie
d'articles plus corrosifs les uns que les autres, son retour s'annonce décapant !
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Alex la Baronne
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Chroniques rock'n'roll d'une Baronne
Note album : 8/10
J'ai préféré attendre pour celui-là. Parce que j'ai bien failli saquer à tort le premier. Il faut dire qu'avec le buzz qui entourait le légèrement
surestimé Whatever you say I am, that's what I'm not, le contradicteur lambda a pris un plaisir manifeste
à ruer dans les brancards de la hype, au point de négliger quelques excellents morceaux comme A certain romance. Pourtant, il faut bien reconnaître aux Arctic Monkeys un certain
charme, celui du paradoxe. Car le groupe anglais le plus en vue du moment n'a franchement rien de bien excitant. Ses quatre membres semblent incapable de grommeler un bon mot, dispensent des
prestations scéniques le plus souvent fades et pire, conchient ouvertement les attributs rock'n'roll de tout bon musicien décadent. Bref, l'attrait des singes nordiques réside justement là, dans
leur normalité de gamins anglais, capables de rendre compte de la vie quotidienne à Sheffield avec 2 guitares bordéliques et des textes intelligents nasillés sans scrupules.
Malheureusement, les Arctic Monkeys ont aussi leurs défauts. A commencer par ces guitares parfois trop bordéliques et cette voix affreusement nasillarde. Telles des grosses bêtes pleines de griffes, les chansons simiesques demandent souvent de longues semaines de lent apprivoisement avant révélation. Et après 6 mois à tenter de dompter ce fichu Favorite Worst Nightmare, j'ai bien failli renoncer.
Pourtant, on m'avait annoncé une acclimatation plus facile, d'autant que ce 2è album, sorti à peine un an après le premier, s'annonçait dans sa lignée, en mieux. Les Arctic Monkeys ont en effet musclé leur jeu sur ces 12 nouveaux titres. Le batteur cogne plus fort les fûts, les guitares vrombissent plus que jamais, le nasillement northern d'Alex Turner est atténué par une légère distorsion. Mais tout cela reste quand même du bon gros Arctic Monkeys avec des mélodies post-rock saccadées, un désordre évoquant une chambre adolescente aux allures de zone minée, et une ballade atrocement ratée posée au beau milieu du disque (Only ones who knows).
Tout ça pour dire que j'avais bien envie de le saquer, ce Favorite Worst Nightmare. En fait, non, même pas. Je m'en fichais prodigieusement, ne savais pas quoi en penser. Alors, j'avais prévu d'en dire un peu de bien, un peu de mal, avec une neutralité polie et quelques jolies tournures de phrase.
Et puis, voilà que l'écoute dite "de la dernière chance" a bouleversé mon planplan bien établi. Les Arctic Monkeys ont réussi à indéniablement progresser, tant cette suite fortement attendue brille par sa cohérence et sa densité sonore. J'ai par conséquent revu ma chronique mentale à la hausse, en trouvant finalement plein de qualités à ce disque. Certes, quelques chanson sont là uniquement pour atteindre une durée standard (This house is a circus, The Bad Thing) mais l'ensemble du disque s'avère de bonne facture, avec quelques excellentes pépites, comme le diablement efficace Brianstorm et ses guitares tonitruantes ou le plus apaisé et poignant Do me a favour. Dans un filon purement juvénile, Fluorescent adolescent affiche une mélodie irrésistiblement optimiste, à l'inverse d'un 505 noyé dans un écho mélancolique, notamment pour un triste solo de guitare final. Plus proche des irrésistibles singles du premier album, Balaclava et Teddy Picker charment par leur urgence et leur chant bavard surmonté d'enthousiastes chœurs de pub. Car s'ils ne possèdent de toute évidence le charisme étincelant de la rock star de base, les Arctic Monkeys ont su rester proche de leur public. Et celui-ci le leur rend bien.
Classe : "Brianstorm", "Teddy Picker", "Do me a favour", "505"
Crasse : "Only one who knows"
En bonus, "505" à Later with Jools Holland
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