Texte Libre

Classe ou Crasse ?

 

Chroniques rock'n'roll d'une Baronne

Vendredi 29 décembre 2006

Les fêtes de fin d'année ne sont pas exactement le meilleur moment pour attaquer les frères Karamazov, à moins d'aimer lire entre le fromage et le dessert. En revanche, il existe une kyrielle d'ouvrages parfaitement adaptés à ces circonstances pantagruéliques. Pour ma part, il me suffit de choisir un bouquin déjà lu ou un pavé parfaitement idiot… Bref tour d'horizon de mes lectures actuelles.

 

·         Un bon monolithe de Stephen King

 

Le maître de l'horreur fut mon maître à penser durant toute mon adolescence. Du vaisseau maléfique des "Tommyknockers" au clown sadique de "Ca", l'imagination maléfique du King n'a jamais cessé de me fasciner. Néanmoins, j'ai toujours eu un faible pour ses histoires plus "réalistes", comme le glauque thriller "Dolorès Claiborne" ou encore "Un élève doué", où un petit américain standard débusque un criminel de guerre nazi et joue avec lui au chat et à la souris. Mais c'est à mon sens "Misery" qui décroche la timbale pour son huis clos oppressant et sa métaphore de l'écrivain prisonnier de son public. A lire et à relire.

 

·         Un polar complètement idiot

 

Depuis maintenant bien longtemps, Mary Higgins Clark se prend pour la U2 du thriller. Des millions de bouquins fourgués et surtout des intrigues étrangement similaires d'un volume à l'autre ont fait d'elle la reine du suspense. Cela dit, cette gentille grand-mère mérite le respect, car décliner à l'infini une palette de 3 personnages seulement relève des 12 travaux de l'imagination. Un bon bouquin de Mary Higgins Clark implique donc :

 

 

-    une héroïne en début de trentaine, généralement parée de cheveux auburn. Cette jeune femme, charmante au demeurant, est hantée par un passé douloureux toujours vivace. Egalement pétée de pognon, notre demoiselle se languit dans un célibat endurci et doit supporter une vieille mère un peu chiante. Sa vie se voit cependant très vite bouleversée par un meurtre dans son entourage proche.

 

-    un ours des Carpates. Prisonnier d'inhibitions nées d'une grosse déception amoureuse, l'ours des Carpates est généralement un riche et beau garçon dans la fin de trentaine. Malheureusement, son caractère sombre attire généralement tous les soupçons : puisqu'il ne dit jamais rien, c'est forcément lui le coupable.

 

-    Un faux cul. Généralement plus beau, plus riche et plus sympa que l'ours des Carpates, le faux cul s'attire la sympathie de la charmante héroïne, avant de révéler sa vraie nature dans les 10 dernières pages, théâtres d'un retournement de situation inattendu. Presque toujours, notre héroïne tombe dans un piège tendu par le faux cul et ne s'en sort que grâce à l'ours des Carpates, soudain mué en Sauveur. Le tout s'achève avec une belle histoire d'amour naissante.

 

A noter, toutefois : si à la page 10, un personnage est décrit comme "beau, riche et intelligent", vous pouvez passer refermer le livre. Le coupable est tout désigné.

 

Vous l'aurez compris : les livres de Noël s'accordent parfaitement avec la daube de Noël télévisée. C'est fou comme les fêtes peuvent être reposantes.

par Alex la Baronne publié dans : Saines lectures
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Mercredi 27 décembre 2006

Les meilleurs clips sont souvent les plus simples. Alors que certains artistes engloutissent des millions dans des effets spéciaux souvent dispensables, d'autres accèdent à la célébrité grâce à une caméra GiFi et quelques pas de danse dignes de Kamel Ouali…

D'une souplesse glorieuse, le quatuor américain OK Go brille dans les chorégraphies loufoques à bas budget, au point de voir leurs vidéos battre tous les records d'audience sur YouTube. Il faut dire que leur pop à la Franz Ferdinand se révèle particulièrement dansante. Si vous ne l'avez pas encore regardé, voici le clip d' "A million ways", tourné dans le jardin du chanteur et mis en scène par la sœur de ce dernier.

A voir également pour les fans : le clip de "Here it goes again"

Aujourd'hui salués pour leur originalité, les OK Go ont néanmoins vraisemblablement trouvé l'inspiration visuelle chez un parrain électro bien connu : Fat Boy Slim. A voir la géniale vidéo de "Praise You", le doute n'est plus permis…

 

 

Dans un genre plus parodique, Franz Ferdinand s'amuse à dépeindre au vitriol les moeurs de la bourgeoisie new-yorkaise avec sa video de "Do you want to ?", où les mondanités d'un vernissage virent au loufoque…

 

Souvent dépeints comme les "Franz Ferdinand du peuple", les Kaiser Chiefs excellent également dans la satyre avec leur fabuleux tube "Everyday I love you less and less". Au beau milieu d'un décor riche en papiers peints moisis, le chanteur Ricky Wilson se retrouve prisonnier de l'équivalent britannique de la famille Groseille. Enfin libéré, le pauvre leader et son groupe se permettent un clin d'œil appuyé au "Hey Boy Hey Girl" des Chemical Brothers… (ci-dessous la vidéo d'"Everyday I love you less and less")

Toutefois, le succès des uns fait rager les autres… Cités par beaucoup en exemple pour leur réussite artistique et financière, Franz Ferdinand et les Kaiser Chiefs ont échoué en ligne de mire d'amusants râleurs. Misty's big adventure  s'offre en effet une parodie au vitriol des 2 groupes stars avec sa "Fashion parade", qui dénonce humoristiquement les innombrables revivals sous lesquels croule la scène rock britannique actuelle.

Bonnes videos à tous et à la poche pleine (comme dirait ma soeur) !

par Alex la Baronne publié dans : Chansons à thème
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Lundi 25 décembre 2006

Tous les ans à Noël, je rentre chez mes parents avec un programme bien précis : en faire le moins possible, surtout intellectuellement. Par chance, l'ambiance hivernale et les programmes TV sont là pour m'aider. En effet, le réveillon, tout comme les vacances d'été, donne l'occasion aux chaînes hertziennes d'exhumer les pires rogatons cinématographiques des 50 dernières années. Largement de quoi faire passer n'importe quel cerveau dans un état de veille ouatée, en particulier après l'ingestion d'un bloc de foie gras. Alors, que celui qui n'a jamais passé un après-midi devant une bonne daube de Noël me jette la première guirlande. Généralement, ces films ou téléfilms se divisent en 3 catégories principales.

 

 

·         Le bon gros vaudeville à la française

 

 

Louis de Funès est votre idole ? Profitez des vacances de Noël pour compléter votre intégrale de son œuvre grâce à votre bon vieux magnétoscope. Au programme également : les inoubliables tribulations de Pierre Richard dans "la chèvre", Coluche en poulet fermier dans "l'inspecteur Labavure" ou même Jacques Villeret sans prénom dans "le dîner de cons".

 

Si comme moi, vous n'avez aucune mémoire, vous adorerez les bons gros vaudevilles à la française : vous ne verrez que des films inédits durant vos vacances. Des films vachement marrants en plus.

 

 

·         Le péplum bien chiant

 

 

D'une durée minimale de 3h21, le péplum bien chiant plonge tout spectateur avachi dans un état larvaire pas toujours réversible. Il faut dire qu'il y a de quoi : dans un décor en papier mâché par 5000 figurants, des acteurs solennels, bronzés et lents du bulbe débitent à la scie des textes aussi grandioses que lénifiants. Pour les plus opiniâtres, le péplum bien chiant a également 2 cousins proches, le western aride et le film biblique tourné en durée réelle. Venir à bout d'un combo "10 commandements" - "Ben Hur" sans s'assoupir a été réalisé pour la première fois en 1996, dans le cadre du Téléthon.

 

 

·         La connerie à l'américaine

 

 

Autant le dire tout de suite, j'adore les conneries à l'américaine. Généralement, un môme pourvu d'une famille niaise à la mâchoire carrée se retrouve embrigadé dans des aventures aussi burlesques qu'une tarte à la crème dans votre faciès. Entre une glissade incontrôlée et les facéties d'un clébard primesautier, ces pauvres gens hurlent, trépignent et mangent de la dinde. Et à la fin, tout s'arrange sous le sapin, comme dans "Maman, j'ai râté l'avion" ou "Beethoven". A ne savourer qu'une seule fois par an.

 

 

Après demain, Alex la Baronne vous parlera de ses lectures de Noël… A suivre, donc.

 

par Alex la Baronne publié dans : Chansons à thème
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Samedi 23 décembre 2006

Etrange comme les sujets légers donnent souvent de mauvaises chansons… Les vacances ne font malheureusement pas exception à la règle. En raison d'un état larvaire avancé, voici une sélection réduite de chansons à horaires limités !

 

1.      Madonna – Holiday (Madonna, 1983)

 

Les meilleurs moments de la Madone. Chevelure platinée, sourcils noirauds, Louise Ciccone nous livre "Holiday" dans un tourbillon de synthés kitschs. Nul doute que la Sainte Mère kabbalistique nous fera beaucoup moins rire dans le futur. 

 

 

2.      Franz Ferdinand – Better on holiday

 

"It's always better on holiday"… A Glasgow, un groupe encore sans nom répète cette rengaine aussi simple qu'hédoniste. Quelques mois plus tard, "Better on holiday" devient "Jaqueline" et séduit la planète avec son intro acoustique fondue dans un refrain jubilatoire.

            3.      Green day – Holiday (American, Idiot, 2004)

 

Il y a de la rébellion dans l'air. Diffusé en boucle sur les radios et les TVs du monde entier, Green Day profite de sa popularité pour fourguer en masse "American idiot", son disque engagé contre l'enfourneur de bretzels. Un acte d'un courage inestimable.

 

4.      Pixies – Holiday song (Come on pilgrim, 1987)

 

"This ain't no holiday" hurle Frank Black sur ce titre. C'est désormais à 99% avéré. Les bonnes chansons parlent rarement des vacances.

 

 

5.      Elegance – Vacances, j'oublie tout (1982, Single)

 

Encore un standard estampillé Bide est musique. D'ailleurs, j'ai cherché. Le mot clef "Vacances" donne 59 occurrences dans la base de chansons du site. Tout un symbole. Pour en revenir à ce titre d'élégance, il s'inscrit dans la digne famille des plus grands hits de Chagrin d'Amour et dynamite toute fête un peu molle du genou.

par Alex la Baronne publié dans : Chansons à thème
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Jeudi 21 décembre 2006

Note album : 9/10

Ce disque là méritait bien un hommage appuyé. La boite fendue, le livret fatigué, il coule à présent des jours paisibles dans ma CDthèque, après des mois de dur labeur sur ma platine. Paru en 2003, ce best of aux allures de chant du cygne honore 4 albums, au succès glané à la grâce de mélodies douces et harmonieuses.

Une party londonienne. Passablement éméchés, les frangins Paul et Ross Godfrey font la connaissance d'une charmante chanteuse à la voix angélique, Skye Edwards. En cette année 1995, la mode s'encanaille dans la britpop, mais laisse aussi la part belle à un courant plus alternatif, le trip-hop, alors incarné par Massive Attack et Portishead. "Who can you trust", premier album des enfumés Morcheeba, sort un an plus tard et devient bien vite un standard underground. Fort de leur affinité mutuelle pour "l'écriture, la marijuana et la composition", Paul le DJ, Ross l'homme-orchestre et Skye la vocaliste y proposent des titres d'un flou planant, tel "Never an Easy way" et surtout "Trigger hippie", aux tonalités hindoues irrésistiblement hypnotiques. Ce succès confidentiel et de fait branché les propulse alors vers un succès planétaire, dont "Big calm" sera l'époustouflant vecteur. Ce 2è album leur ouvre les portes d'un marché américain souvent autarcique, notamment grâce au splendide "The sea", où la voix de Skye Edwards  charme plus que jamais. Toujours dans la même voie aérienne, les mélancoliques "Blindfold" et "Over and over" côtoient au fil de sonorités légères, le plus engagé "Part of the process", cri d'alarme contre l'implacable société de consommation. Morcheeba devient alors le groupe à citer et "Big calm" l'album à passer dans tout dîner bobo se respectant. Cette gloire fait bien vite perdre la tête au trio, avec pour résultat un contraste saisissant entre l'electro éthérée de leurs titres et leur vie festive jusqu'à l'aube.

L'arrivée du nouveau millénaire assagira les troupes, avec à la clef un revirement pop matérialisé par "Fragment of freedom". Single clef passé en boucle sur MTV, "Rome wasn't built in a day" laisse éclater des tonalités chaleureuses, toujours dans la plus grande sérénité. L'album se classe numéro 6 des charts anglais, porté par le plutôt agaçant "Be yourself" et l'optimiste "World looking in". En 2002, sort enfin "Charango", qui déçoit pour la première fois la critique par un certain immobilisme doublé de commercialisme. Bien que portant indéniablement l'estampille Morcheeba, "Otherwise" et "Undress me now" s'enlisent, sans toutefois complètement décevoir. "What New York couples fight about", en duo prophétique avec Kurt Wagner, donne encore de l'espoir aux fans.

Malheureusement, ce best of signe le coup d'arrêt du groupe, comme toujours pour "différences artistiques inconciliables". Agrémenté de 2 titres inédits, dont le brillant "Can't stand it", "Parts of the process" chemine à travers les plus grandes réussites de la formation et donne une vue d'ensemble plutôt complète sur une carrière apaisante. Malgré la parution de "The Antidote" en 2005, où la chanteuse Daisy Martey remplace Skye Edwards, Morcheeba s'est définitivement arrêté en 2003, avec le départ regretté de sa chanteuse. Bizarre que les frères Godfrey ne l'aient pas compris.


Classe : "Blindfold"

Crasse : "Tape loop"

par Alex la Baronne publié dans : Pop rock classe
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