Texte Libre

Classe ou Crasse ?

 

Chroniques rock'n'roll d'une Baronne

Jeudi 30 novembre 2006

Sacrés USA ! Fort d'une hégémonie "culturelle" matraquée à grands coups de feuilletons et de reality shows, le pays du Stetson se complait dans le paradoxe d'une décadence puritaine. Contestataires, nationalistes ou simplement nostalgiques, ces quelques titres proposent un tour des USA, de New York à San Francisco…

 

1.      Frank Sinatra – New York, New York (1979)

 

L'hymne absolu à la Grosse Pomme. Transi d'amour pour sa cité chérie, Sinatra le crooner dépeint un univers festif et transforme la ville en une vamp aussi fatale qu'inaccessible.

 

2.      The Strokes – New York City Cops (Is this it, 2001)

 

Septembre 2001. Les USA nagent en plein marasme terroriste. Au beau milieu du chaos, 5 New Yorkais friqués sortent un album choc. "Is this it" marque enfin le renouveau d'un rock moribond. En pleine campagne nationaliste, le gouvernement américain censurera "New York City cops", une virulente critique de la police new-yorkaise, alors jugée contraire aux dogmes patriotiques.

 

3.      Morcheeba – What New York couples fight about (Parts of the process, 2003)

 

Composé avant les évènements tragiques du 11 Septembre, ce titre prophétique revêt aujourd'hui des allures de pamphlet pacifiste. La douce voix de Skye Edwards, ici en duo avec le chanteur Kurt Wagner, apaise grandement durant ces 6 minutes d'une simplicité poignante.

 

4.      Bruce Springsteen – Born in the

 

Les années folks sont révolues. L'émule de Bob Dylan se mue en beauss braillard 80's. Même en ces temps d'anti-américanisme primaire, "Born in the USA" revient régulièrement nous casser les oreilles sur les ondes. Ce contexte diplomatique tendu n'a même pas les avantages de ses inconvénients.

 

5.      Madonna – American life, Hollywood (American life, 2004)

 

Dans un élan d'originalité confondante, la Madone rejoint une foulitude d'artistes engagés qui osent dire tout haut ce que tout le monde pense tout haut : W. Bush, il est pas gentil. Chercheuse en profit convaincue, la material girl frappe fort avec "American life", dont le clip évidemment censuré la montre jetant des grenades sur l'effigie de l'avaleur de bretzels. Personnellement, je préfère Madonna moins militante mais plus inspirée, comme à l'époque de "Like a prayer".

 

6.      The Beach Boys – Surfin'USA (Surfin' USA, 1963)

 

La années 60 sont bénies. Entre un rock aussi balbutiant qu'excitant et une prospérité nouvelle, l'épanouissement est de rigueur. "Surfin' USA", son soleil et ses ballades sur la plage renvoient à cette période bénie avec nostalgie, même pour les plus jeunes.

 

7.      U2 – The hands that built (The best of U2 1980-1990, 2004)

 

A l'heure où un énième best of des 4 magnats sort, "The hands that built America" apparaît comme une des plus belles réussites du groupe depuis belle lurette. Ce titre extrait de la BO de "Gangs of New York" réussit en effet à brillamment condenser en cinq minutes l'histoire de tout un pays. Bien joué.

 

8.      Sheryl Crow – Leaving Las Vegas (Tuesday Night Club Music, 1993)

 

Americaine jusqu'à la moelle, la chanteuse pop ne nous offre pas avec "Leaving Las Vegas" une se de ses plus belles réussites. Heureusement, "If it makes you happy" ou "There goes the neighborhood" corrigent admirablement le tir.

 

9.      The Mamas and the Papas – California dreamin' (If you can believe your eyes and your ears, 1966)

 

Encore un superbe exemple du rêve américain. Chœurs sucrés à l'appui, les Mamas and Papas nous transportent dans un été resplendissant. Manquent juste les transats.

 

10.  Arctic Monkeys – Fake tales from San Francisco (Whatever people say I am, that's what I'm not, 2006)

 

"The truth is that love's not only blind but deaf". Plutôt lucides, les jeunots. "Fake tales from San Francisco" transporte dans l'univers factice du show business américain, avec toute la poudre aux yeux – et au nez – que cela comporte. Sans doute une des meilleures chanson des Monkeys, notamment grâce à un final ébouriffant.

par Alex la Baronne publié dans : Chansons à thème
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Mardi 28 novembre 2006

Note album : 6,5/10

 

Les Boys band connaîtront toujours le succès. Quelques années après la dissolution des Worlds Apart et consorts, la nouvelle machine à faire hurler les filles a subi d’indispensables ajustements afin de satisfaire aux standards mercantiles 2006. Plus rocks, moins musclés et plus talentueux que leurs aînés bodybuildés, les Kooks se sont rencontrés dans une rock academy londonienne, également fréquentée par la sirupeuse Lily Allen. Leur leader Luke Pritchard est le fils de feu Bob Pritchard, un musicien autrefois proche des Stones, et est également sorti avec l’exaspérante chanteuse de bluettes Katie Melua. Cette hérédité rock doublée de fréquentations hype pourvoit ce groupe bourgeonnant d'une caution artificielle assez désagréable mais rémunératrice : "Inside in/Inside out" a squatté le top 10 des ventes britanniques 6 mois durant. Et voici que le nouveau phénomène adolescent, le "meilleur groupe depuis les Arctic Monkeys", vient de traverser la Manche, à la grande joie de jeunes filles enthousiastes.

Bien vite catapultés en première partie des Stones, les Kooks ont au moins le grand mérite de ne pas flouer leur parterre d'admiratrices. Bourré de mélodies pop aussi harmonieuses que bénignes, ce premier album ennuie parfois ("Matchbox", "Naive"), surtout sur sa fin, sans jamais parvenir à totalement déplaire. Quelques ballades acoustiques aux textes innocents évoquent de jeunes amours ("Seaside", "Ooh la") et alternent avec des titres plus électriques plutôt bien ficelés ("See the world", "Sofa song"). Malheureusement, le galvaudé mais indispensable supplément d'âme manque souvent à ce disque, excepté durant  "Time awaits", doté d'un refrain accrocheur et d'une intro blues du meilleur effet. Cette touche originale un peu isolée ne parviendra pas à séduire toute seule un public plus âgé et plus lucide devant un reste d'album finalement aussi froid que ses auteurs. Faut-il que ces 4 garçons se brûlent pour sourire ?

 

Classe : "Time awaits"

Crasse : "Matchbox"

 

Autre chronique concernant les Kooks sur ce blog :

            Concert des Kooks, 18 Novembre 2006

par Alex la Baronne publié dans : Zone sonore intermédiaire
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Jeudi 23 novembre 2006

Lundi dernier, je connus ce qu'il convient d'appeler une journée de merde, une de ces journées où vous regrettez d'avoir posé le pied hors du paddock des la première seconde, tant une accumulation de vétilles parvient à vous insupporter. Après avoir manqué laisser mon scalp dans le placard de ma cuisine, je m'élançai hors de mon terrier en me massant le crâne pour me le recogner aussi sec sur l'habitacle de ma voiture. La labo me réserva quelques charmantes surprises : je ratai une synthèse, semai tel le petit Poucet le fruit d'une autre puis découvris que j'étais au bord de l'interdit bancaire avant de me forer accidentellement le doigt avec une spatule (avouez qu'il faut le faire). En partant du boulot, je dus subir le discours pro-Besancenot d'un de mes collègues, qui ne jure que par la révolution mais rêve en douce d'être prof pour assurer la sécurité de son existence.

C'est donc agacée que je regagnai mon nid douillet, consciente du devoir mal accompli. Machinalement, j'attrapai mon anthologie des Ramones…

"Blitzkrieg pop"

"Beat on the brat"

"Now I wanna sniff some glue"

"Pinhead"

"Cretin hop"

"Teenage lobotomy"

"I wanna be sedated"

"The KKK took my baby away"

"Somebody put something into my drink"

"Merry Christmas (I don't want to fight tonight)"

Chansons mises à part, comment ont-ils fait pour trouver des titres pareils ? Aussitôt, j'insérai le premier disque dans ma chaîne. Un grand bien être m'envahit, je me sentis soulagée et me mis à chanter. Vraiment, la musique adoucit les moeurs...

Jeen – ma meilleure amie - a dit : "une anthologie des Ramones, c'est comme une batte de base-ball. Il faut avoir la sienne sous son lit."

Merci copine. Tu as bien raison.

par Alex la Baronne publié dans : Bla Bla divers
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Mardi 21 novembre 2006

mxmm (et Serge Pizzorno également, mais je préfère citer mxmm car il vient sur mon blog) m'avait prévenue : il parait que les Kooks, c'est de la musique de nanas. Arrivée à la Laiterie, j'éprouve pleinement la signification de cette déclaration. De toute évidence, les greluches sont de sortie. Brunes, blondes, en bustier, en robes criardes, la frange longue, les talons aiguilles affûtés à la meuleuse, une kyrielle d'adolescentes chauffées aux hormones attend  les Kooks dans l'hystérie la plus totale. Cette ambiance de folie profite à Superdog, qui assure la première partie des minots londoniens. Peu avantagé par des problèmes de son récurrents, le quartet alsacien entame son set de manière plutôt poussive, avant de bien se ressaisir pour une seconde moitié de show plus dynamique. Dans un concert quasi identique à celui de sa première partie de Franz Ferdinand, le groupe livre une pop anglophone plutôt agréable, mais dépourvue de véritable tube. Toujours "Young and rich" (c'est écrit sur son polo), le leader tente quelques plaisanteries, malheureusement brouillées par son micro. Dommage.

Alex Turner Arctic Monkeys) , Luke Pritchard (Th Kooks) : même combat

La brève entracte passée, les Kooks paraissent dans des lumières tourbillonnantes. Hurlement strident de la foule. D'un air blasé, le chanteur Luke Pritchard entame la ballade "Seaside" à l'unisson d'un public qui en connaît les moindres paroles. De mon côté, la curiosité prédomine. Car les Kooks ne sont ni plus ni moins que les Arctic Monkeys de la pop et, amusante coïncidence, les leaders des 2 groupes se ressemblent étonnamment, autant d'un point de vue physique que vocal. Jeune, introvertie, la formation semble encore se demander comment "Inside in/Inside out", son premier album, a pu se vendre à quelques 1000000 exemplaires en à peine 10 mois. Un peu surprise par tant d'engouement pour ce disque plutôt lisse, j'observe les conséquences d'un passage radio fréquent et d'une apparition à Taratata. Sous les hurlements et les slams frénétiques de quelques égarés, manifestement persuadés d'assister à un concert des Deftones, les Kooks égrènent  leurs gentilles bluettes – dont le tubesque "Ooh la" - avec candeur, devant des vigiles bien affairés. Malgré son allures de mannequin du Musée Grevin, le poupin guitariste Hugh Harris insuffle un son garage impeccable et dynamique, malheureusement absent du premier opus du groupe (tiens, il faudra d'ailleurs que je vous en parle).  Cette caution plus rude ne masque pas un sentiment de professionnalisation dommageable à l'esprit des 4 larrons, déjà bien froids pour leur vingtaine débutante. Par chance, les mélodies tiennent la route ("Sofa song", "Naive"), accrochent l'oreille et donnent même envie de danser aux quadras britanniques situés juste devant moi, qui invectivent leurs compatriotes musiciens à grands coups de "Fuck !". Dans une hilarité croissante, j'assiste au rappel, où Luke Pritchard viendra seul chanter 2 ballades (dont "Jackie big tits") avant un "Eddie's gun" où le groupe conclura avec brio un concert parfaitement maîtrisé.

Fuis moi et je te suis. Nonobstant leur manque de charisme scénique, les Kooks ont su séduire un public dynamique et chaleureux à souhait grâce à leurs jolis titres bien soignés. Souhaitons au groupe de prendre un peu de plomb rageur dans l'aile.

par Alex la Baronne publié dans : Journal d'une groupie
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Jeudi 16 novembre 2006

Note album : 7/10

 

Quel est le point commun entre Justin Timberlake, Pete Doherty et Julian Casablancas ? Si la susdite liste semble comporter un intrus de choc, les trois garçons ont pourtant tous subi les foudres de Tom Meighan, le leader de Kasabian. En bon disciple de Liam Gallagher, le chanteur insulte ses petits collègues avec la virtuosité d'un adolescent privé de Macumba Night un Samedi soir. Et ne se prive pas de mentionner la genèse brumeuse d'"Empire", composé par son pote guitariste Serge Pizzorno après une virée fructueuse aux Pays-Bas.  Sans doute enfumé comme un renard, Chris Karloff, second gratteux et compositeur du groupe, quitta le terrier en Juillet dernier, officiellement et diplomatiquement en raison de "divergences artistiques inconciliables". Qu'importe, Pizzorno et Meighan recrutèrent un intérimaire pour leurs shows, avant de partir en tournée impériale dans toute l'Angleterre. Bilan : une place de n°1 des charts et plus de 200000 galettes écoulées en à peine 2 mois. Un succès aux allures de hold-up, tant l'arrogance pleinement assumée d'un groupe moins doué que d'autres fait mouche.

Immédiat, crâneur, enthousiaste, "Empire" s'apparente à un gigantesque coup de bluff, dont une bonne partie du charme repose sur la confiance surnaturelle de ses interprètes. Bourré de mélodies simples et de refrains scandés, ce second opus démarre avec le rageur single "Empire", un plaidoyer contre les horreurs de la guerre aux allures de marche militaire. Le très efficace "Shoot the runner" prend ensuite le relais, pour un air aussi entêtant qu'entraînant. Plus aériens mais tout aussi réussis, "Last trip (in flight)" et "Me plus one", aux violons ensoleillés amusants, proposent des chœurs disséminées dans une tambouille rock-electro jusqu'alors semblable à celle de leur premier album éponyme. Malheureusement, la formation emprunte ensuite un virage plus électronique peu seyant, avec à la clef quelques morceaux aux basses bourrines dignes d'une fête foraine ("Apnoea", "Stuntman"). Seules les deux morceaux finaux parviendront ensuite à corriger le tir, grâce à la surprenante ballade "British legion" et surtout à "The doberman", où le groupe se paye le luxe de conclure avec des trompettes western sans se ridiculiser.

Les choses sont à présent claires : Kasabian peut se targuer d'être un bon groupe de rock. Pour l'électro, il leur faudra revoir leur copie. Nul doute que leur troisième album rectifiera ces quelques travers.

 

Classe : "Me plus one"

Crasse : "Apnoea"

 

Autres chroniques concernant Kasabian sur ce blog :

            Kasabian - Kasabian

Chronique publiée via Pop-Rock.com

par Alex la Baronne publié dans : Zone sonore intermédiaire
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