Texte Libre

Classe ou Crasse ?

 

Chroniques rock'n'roll d'une Baronne

Mardi 31 octobre 2006

L'homme a beaucoup en commun avec la pie. Il bavasse et aime tout ce qui brille. Tout naturellement, les lointaines et inaccessibles étoiles l'attirent, le fascinent. Aujourd'hui, Classe ou Crasse vous propose un petit tour en navette spatiale et fournit même la musique. A vos casques !

 

1.      Blur – The universal (The great escape, 1996)

 

Autant l'avouer. La première fois que j'ai vu ce clip, j'avais 14 ans. Et je n'y ai strictement rien compris. Maquillé d'un œil, Damon Albarn me faisait peur, je trouvais sa chanson pourrie. Depuis, "The universal" est devenu un de mes titres préférés des 4 londoniens. Sans doute parce qu'il annonce un des multiples changements d'une carrière exemplaire en novations.

 

2.      The Beatles – Lucy in the sky with diamonds (Sergent Pepper's lonely hearts club band, 1967)

 

"LSD" victime de la rumeur. Souvent accusée de faire référence au diéthylamide de l'acide lysergique (déformation professionnelle), ce titre évoque en réalité la légende d'un dessin de Julian Lennon*. Plutôt inspiré le gamin. 7 ans plus tard, le squelette d'une femme éthiopienne d'un certain âge reçut en hommage le prénom psychédélique. Les Beatles entraient une fois de plus dans l'histoire grâce à cette chanson magnifique.

                                                                                                                     

* Mais j'ai déjà parlé de tout cela, non ? Je radote…

 

3.      Simply Red – Stars (Stars, 1991)

 

Funestes années synthétiques. Virée de son piédestal, traitée comme une has been, la pauvre guitare se coltine les tâches les plus ingrates. Au menu, solos sirupeux et arrangements douteux. "Stars", c'est un peu tout ça à la fois. Cette ballade interminable n'a qu'un seul mérite : nous avoir fait découvrir l'une des crinières les plus improbables de tout les temps. Depuis, Simply Red – Mick Hucknall a fait table rase du succès et de sa tignasse.

 

4.      The Cranberries – Stars (Stars : The best of 1992 – 2002, 2002)

 

La rébellion ne dure pas. L'époque de l'enragé "Zombie", cri de désespoir contre l'interminable conflit entre l'Eire et l'Ulster, est depuis longtemps révolue. Considérablement lissés par la patine du temps, Dolores O'Riordan et sa bande livrent sur leur best of l'inédit "Stars", un titre plutôt mignon.

 

5.      Moby – We are all made of stars (18, 2004)

 

L'idole des pubs excelle dans tous les domaines. Ainsi, l'informaticien macrobio donne également des leçons de chimie. Car nous sommes bel et bien issus de la poussière d'étoile, même si le résultat final laisse souvent un peu à désirer. Débat philosophique mis à part, ce titre reste l'un des plus rocks de Moby et se laisse écouter sans déplaisir.

 

 

6.      Muse – Starlight (Black holes and revelations, 2006)

 

OK, mea culpa. J'ai peut-être été un peu dure avec ce titre dans ma chronique concernant "Black holes and revelations". En réalité, "Starlight" se chante très bien sous la douche, où l'acoustique si particulière permet des imitations saisissantes de Matthew Bellamy.

 

7.      Indochine – J'ai demandé à la lune (Paradize, 2002)

 

C'est bien connu, le showbiz français est une grande famille avec ses traîtrises, ses secrets et heureusement ses beaux moments de solidarité. Soucieux d'aider ses potes d'Indoch alors à la traîne, Michael Furnon fait appel à ses instincts puérils et compose pour eux "J'ai demandé à la lune". Un titre fait sur mesure, parfait pour relancer les faux jeunots.

 

8.      Mike Oldfield – Moonlight shadow (Crises, 1983)

 

Accompagné de la chanteuse Maggie Reilly, le compositeur folk signe une ballade pop synonyme d'un revirement très fréquent dans les années 80. On se laisse néanmoins vite charmer par cet air enchanteur.

 


9.      Noir Désir – A ton étoile (666.667 Club, 1997)

 

Alors sur la pente ascendante, le groupe de Bertrand Cantat ne le laisse pas griser. "A ton étoile" évoque sans concessions une société d'une noirceur effrayante. Tout au long de sa brillante carrière, Noir Désir va multiplier les appels du pied à une jeunesse désorientée, au point de devenir le symbole de toute une génération.

 

10.  REM – Man on the moon (Automatic for the people, 1992)

 

Ecrite en hommage à l'humoriste Andy Kaufman, "Man on the moon" illustre à la perfection les qualités majeures du quartet d'Atlanta. Poignante, harmonieuse, cette chanson reste l'un des achèvements majeurs d'un groupe inoubliable.

par Alex la Baronne publié dans : Chansons à thème
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Dimanche 29 octobre 2006

Il est des gestes exécutés malgré soi. Mardi soir, je m'installai au volant de ma fusée, bouclai ma ceinture et, dans un rituel d'une immuabilité quasi autistique, allumai la radio. Que voulez-vous, mon optimisme me perdra. Même branchée sur Europe 2, j'attends toujours la perle rare, la chanson magique, celle que je fredonnerai bruyamment au nez et à la barbe de piétons effarés. Cela n'arrive presque jamais, à part quand l'envie irrépressible de beugler "l'aventurier" me saisit.

Bref. Arrêtée au feu rouge, le nez de ma Clio plongé dans le triple pot d'échappement nauséabond d'un 4x4, je réalisai qu'il n'était que 18 heures. Un jingle sautillant m'annonça la venue des news musicales. Mes oreilles jusque là plutôt distraites n'en revinrent pas. Il s'agissait bien de "My generation" des Who.

10 secondes plus tard, un animateur brisa le charme. Avez-vous déjà constaté ce curieux phénomène ? Les speakers des radios "djeun's" ont tous la même voix. A croire qu'il faut annoncer les promos sur le papier q au Carrouf du coin avant d'accéder aux glorieuses ondes hertziennes. Après tout, une radio nationale et un supermarché, c'est un peu du pareil au même. Surtout aujourd'hui.

- Alors… commença brillamment notre VRP Sum 41, c'était euh… les Woue. Vous connaissez les Woue ? Ils reviennent avec leur premier album en… (mais où diantre se trouve cette foutue fiche?)24 ans… Ah la la, c'est vraiment trop d'la balle, tous ces groupes rétro qui se reforment. Il parait qu'on va de nouveau entendre parler des Keanks.

Jeu de mots mis à part, notre jeune expert en Moltonel n'avait manifestement qu'une très vague idée de qui sont les Who. Car taxer de rétro un des groupes les plus influentiels de sa génération s'apparente à déverser des torrents d'ignorance sur une jeunesse déjà abêtie par des médias tristement formatés. De plus, il suffit de voir aujourd'hui Pete Townshend et Roger Daltrey sur scène, de les comparer aux lads blasés célébrés par les ondes, pour percevoir comme un léger écart de charisme.  Et pareil pour les Kinks.

Nettement plus à l'aise, l'animateur narrait à présent la vie palpitante d'un énième clone de Green Day. Je soupirai. Mes groupes préférés passent bien trop rarement à la radio, que je n'écoute qu'en voiture. Souvent, je m'en passerais bien, mais le silence m'angoisse.

"Ton petit cul blanc…". Ah, vraiment, il ne manquait plus que lui. Cali. J'éteignis le poste et entonnai a cappella "My generation".

par Alex la Baronne publié dans : Bla Bla divers
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Vendredi 27 octobre 2006

Note album : 8,5/10

Les 60's ne sont pas tout. Alors que pléthore de groupes actuels revendiquent haut et fort leur amour des Beatles, le loup solitaire Wolfmother se démarque de la meute avec ses feulements endurcis. Emmené par le chamanique Andrew Stockdale, guitariste pourvu d'une touffe afro à faire baver Michael Jackson, le trio australien ressuscite le heavy rock seventies avec une conviction défiant les lois du marketing. Improvisations démentes, gilets en peau de mouton, poses extatiques, cette formation rafraîchissante renvoie l'image d'une jeunesse dorée à Robert Plant ou Ozzy Osbourne. Et dire que nos louveteaux faisaient encore leurs canines en 1979…

Après un premier EP sorti en 2004, la fée célébrité ne tarda pas à se pencher sur le berceau du gang de Sydney. Dave Sardy, ex-producteur d'Oasis et Marilyn Manson, collabora à ce premier opus bourré de références prestigieuses.  Reste à savoir jusqu'où peut aller l'hommage. Certes, une copie ne rivalisera jamais avec l'original, il n'empêche. "Wolfmother" libère brillamment un flot de guitares lourdes teinté d'un psychédélisme cher à un certain flamant rose. Ces tributs insistants à Led Zeppelin et Pink Floyd s'accompagnent de textes féeriques, garants d'originalité et de crédibilité. Transporté dans des paysages scintillants peuplés par des créatures fantastiques ("Colossal" et "Tales from the forest of gnomes"), on se prend même à rêver d'un retour au naturel, pourquoi pas dans une ferme perdue dans le bush australien. Parfois live ("Love train"), cet  album privilégie par-dessus tout un son authentique, très lo-fi, tout droit sorti de délires inopinés parfaitement exécutés ("White unicorn"). Malgré quelques écueils galvaudés – "Woman" et ses textes dignes d'une bande son d'Austin Powers -,  ces 12 titres reflètent un amour passionnel du solo, une rugosité aujourd'hui trop souvent absente des charts. Les  superbes "Where eagles have been" et "Mind's eye", tous deux débutés dans une douceur trompeuse, mettent brillamment en avant la voix haut perchée d'Andrew Stockdale, dont les cris d'encouragement ajoutent encore à la ferveur du groupe ("Dimension"). Lors d'une dernière piste plus audacieuse, l'évasif "Vagabond", apporte un supplément d'âme propice à la divagation et termine ce disque sur une note on ne peut plus positive.

Propulsés au rang de star en moins d'un an, les jeunes Wolfmother possèdent la touche d'insouciance nécessaire à la spontanéité d'airs vu et revus. On leur souhaite de la conserver.

 

Classe : "Where eagles have been"

Crasse : "Woman"

par Alex la Baronne publié dans : Pop rock classe
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Mercredi 25 octobre 2006

Note album : 9,5/10

 

J'ai déjà beaucoup parlé des White Stripes. Je vous ai ainsi narré l'obscure histoire de Jack White, né John Gillis dans une famille nombreuse de Détroit. J'ai évoqué les liens mystérieux l'unissant à Meg, sa jolie batteuse poupine. Vous connaissez également sa fascination pour l'enfance, son amour du chiffre 3, matérialisé dans son oeuvre par les trinités blanc-rouge-noir et guitare-batterie-chant. Le plus fidèlement possible, je me suis efforcée de résumer la carrière du duo mythique, de la rage brute du premier album éponyme à l'aventure extra – conjugale du sieur White avec les Raconteurs. Une carrière longue de 7 ans, parsemée d'étincelles rock garage, d'un blues étonnamment authentique, et aujourd'hui  suspendue à l'aube d'un revirement pop plutôt mal accepté.

Alors, que dire de plus ? Comment évoquer le 2è album de la paire du Midwest sans radoter comme une vieille commère ?

 "Mon album préféré des White Stripes est De Stijl". Ah, c'est sûr, le fan lambda de "Seven nation army" ne s'en remet pas. Il m'accuse de snobisme. Dans un sens, il n'a pas tort. Car j'avoue prendre un plaisir fou à distiller cette simple phrase dans une conversation pseudo - intellectuelle. Au moins, je suis sincère dans mon paraître. Car "De Stijl" reste à mon sens l'album le plus abouti des White Stripes, la quintessence même du rock garage et du blues poignant. Bien sûr, je ne dénigre aucunement "Elephant", le disque de la consécration. Mais je lui préfère encore cette galette au nom imprononçable, qui a atteint intuitivement un équilibre parfait du sarcastique "You're pretty good looking for a girl" à la pétillante country de "Your southern can is mine". Entre ces 2 titres, les attaques rageuses pleines de solos ébouriffants ("Little bird", "Jumble, jumble") succèdent à quelques saisissantes ballades folks, notamment lors des splendides "Apple blossom" et "Truth doesn't make a noise". Porté par l'imagination fertile de Jack White, cet opus réserve également quelque jolies surprises décalées, notamment durant "Let's build a home", débuté par une conversation entre le chanteur encore enfant et sa mère, ou encore avec le déchaîné "Hello operator", un appel téléphonique pour le moins inhabituel. Ces quelques excentricités font de "De Stijl" un disque pourvu d'une personnalité propre, qui ne laisse rien au hasard tout en exhibant une sincérité vierge de toute atteinte commerciale. Gerry Rietveld, le designer néerlandais instigateur du mouvement artistique De Stijl, aurait pu recevoir pire dédicace.
 

Classe : "Truth doesn't make a noise"

Crasse : ?


Chroniques apparentées sur ce blog :

            The White Stripes – The White Stripes

            The White Stripes – Elephant

            The White Stripes – Get behind me Satan

            The Raconteurs – Broken boy soldier

par Alex la Baronne publié dans : Pop rock classe
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Lundi 23 octobre 2006

Je n'ai jamais entendu un seul de leurs titres. Pourtant, ils me plaisent déjà. Les Housse de racket, c'est leur nom, repoussent encore un peu plus loin les limites du second degré. Cet hilarant duo a en effet choisi d'associer tennis et rock'n'roll avec une loufoquerie peu commune. Vêtus du traditionnel costard de rock star, leurs copieuses chevelures maintenues par des visières en plastique 80's, nos amis proclament un slogan décalé à faire pouffer de rire Condoleeza Rice : "Winners côtés court, losers côtés cœur". A cela vient s'ajouter un site internet aux couleurs et aux jeux de mots chatoyants, www.club-housse.com, où le trublion iranien en Lacoste Mansour Barami est tout naturellement mis à l'honneur. En temps que grande admiratrice des Libertines et de Roger Federer, je suis déjà sous le charme. Alors, aidez-moi !!! Connaissez vous ce groupe ? Ses titres ? Telle Jacques Pradel, je lance un appel à témoins !

par Alex la Baronne publié dans : Pop rock classe
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