Texte Libre

Classe ou Crasse ?

 

Chroniques rock'n'roll d'une Baronne

Samedi 29 septembre 2007

Merci à tous d'avoir joué le jeu pour cette nouvelle édition de la chanson à thème. Voici les résultats finaux, avec une jolie carrière de chansons cailloutées…

Eric nous propose :

The-Go---Howl-on-the-Haunted-Beat-you-ride.jpgI'm not your stepping stone - Paul Revere & The Raiders
Muddy Waters - Rollin'Stone
Like A rolling Stone - Bob Dylan
I've Bin Stone Before - Gong
Sticks & Stones - Babyshambles
Marchand de cailloux - Renaud
Hard As A Rock - AC/DC
The Grateful Dead - Throwing Stones
The Go - Yer Stoned italian Cowboy
Le Monde est stone - Starmania (oui, je sais,) ou The World Is Stone - Cindy Lauper
Heart of Stone - The rolling Stones (double combo)
Dogs - This Stone Is a Bullet
The Temptations - Papa Was A Rolling Stone
Made Of Stone - The Stone Roses


Sinon on peut parler des Queens Of The Stone Age, Sly & The Family Stone, les Rolling Stones évidemment, Joss Stone, Stone et Charden, les Stone Temple Pilots, les Stone Roses...

Fab de l'An Mil suggère :

En nom de groupe; il y a Iron Maiden (évidemment), Iron Savior, Emerald, Gold (pardon), Jewel.

En titres d'albums, je pense je pense à British Steel de Judas Priest, à Goldrush de Neil Young, à Diamond Dogs de Bowie.

sgt_pepper.jpg En titres de chansons, il y a un Heart Of Stone par Europe aussi (et ouais).
Lucy In The Sky With Diamonds (Beatles)
La Rockeuse De Diamants (C. Lara)
Diamond Dogs (Bowie)
Ruby Love (Cat Stevens)
Thru The Eyes Of Ruby (Pumpkins)
Stone Free (Hendrix)
Stepping Stone (Hendrix)




 

Klak a oublié Pierre Bachelet mais on lui pardonne grâce à :

Jean-Pierre-Francois.jpgpierre henry
pierre perret
jean pierre mader
jean pierre françois



 

Labosonic a joué en direct de son blog…

Guic' the old a prouvé qu'il était lui aussi chimiste…

Alors voilà ma sélection perso… désolé d’avoir eu une approche un peu trop chimie minérale…

Neil Young: Heart of Gold.

Neil-Young---Harvest.jpgEt oui le cœur du Loner est précieux, et fait, à défaut de pierre, du métal le plus noble (chimie quand tu nous tiens…). Mais bon : si on le chauffe trop, il fond. Pauvre Neil.



Sting : Fields of Gold.

On peut pas dire qu’on a pas été prévenus : Sting, ce qu’il aime, c’est le blé.

Bob Dylan: Like a rolling stone

BobDylanLikeRollingStoneEP-copie-1.jpgSimplement un morceau fondamental, voire LE plus grand morceau du Zim’. Un électrochoc à chaque écoute. Greil Marcus en a fait un livre, moi j’ai du mal à en faire 3 lignes.


Rage Against the Machine: Fistful of steel

S’il y a une invention copyright US qui plait à nos énervés préférés, c’est bien celle là: le poing américain.

Nirvana : Lithium

Nirvana-nevermind.jpgCertes, le lithium ne pèse que 535 kg/m3, mais bon, quand Kurt Cobain en fait toutes les apologies… C’est du lourd. En plus ca s’enflamme au contact de l’eau, alors… (J’arrête, promis.)



AC/DC : Hard as a Rock

Les gars d’AC/DC nous rappellent qu’ils sont au Hard Rock ce que l’Ayers Rock est à leur chère Australie: un monument impérissable.

The Smashing Pumpkins: Through the eyes of Ruby.

The-Smashing-Pumpking---Mellon-Collie-and-the-infinite-sadness-copie-1.jpgParce qu’il faut en mettre un. Obligé. Même si pour ca il faut sortir une feinte de vieil ours. Et si vous aimez les petites pierres qui brillent rouge, Ruby Tuesday des Stones peut tout aussi bien faire l’affaire.



Et maintenant un peu de vrac… Argent trop cher (Telephone), Glass onion et Lucy in the Sky with Diamonds des Beatles, Les Rolling Stones pour … eux-mêmes. Pour les amateurs de gros cailloux, Stonehenge par Spinal Tap. Pour les amateurs de tout petits petits cailloux, Another one bites the dust de Queen. En hommage à Alex la Baronne, La Rockeuse de diamants de Catherine Lara. Et pour ceux qui aiment les trucs tirés par les cheveux, Rainy day women 13 & 25 de Dylan, et son « Everybody must get stoned »…

LBibine nous suggère :

- Zeitloop : Stone age (3ème album du groupe, 2006)
- Stone Sour : come what(ever) (mai 2006)


Enfin, j'ai également pensé à…

  1. The Stone Roses – Made of Stone (The Stone Roses, 1989)

Il faut croire que la France n'aime pas les pionniers. Véritables Papas d'Oasis et de Kasabian, les Stone Roses n'ont jamais traversé la Manche. Tant pis. Ian Brown et sa bande se consoleront avec leur statut de groupe culte. Ca vaut mieux que de faire salle comble à Saint Maurice les Oies.

  1. The Doors – The Crystal Ship (The Doors, 1967)

The-Doors-The-Doors.jpgSans doute ma chanson préférée des Doors, celle que j'apprécie sans même traîner un cafard géant. Il n'empêche, Jim Morrisson reste un animal nocturne, de ceux qu'on écoute à 3 heures du matin un bon bouquin à la main. Tiens, ça me donne envie de veiller.



  1. Fabienne Thiebault – Le monde est stone (Starmania, 1978)

Qu'on la supporte ou pas, cette chanson est entrée dans l'inconscient populaire. Lancez "stone" à quelqu'un et vous entendrez le résultat. Il ne vous reste plus qu'à prier de ne pas avoir provoqué une Castafiore en puissance.


  1. Ben Harper – Diamonds on the inside (Diamonds on the inside, 2003)

Ben-Harper-Diamonds-on-the-inside.jpgDes gens très bien me l'ont certifié : il fut un temps où Ben Harper écrivait de bonnes chansons. "Diamonds on the inside" ne m'a jamais donné envie de vérifier l'info. Juste d'éteindre ma radio et de me sortir par n'importe quel moyen ce refrain bêlant de la tête.



  1. Nirvana – Lithium (Nevermind, 1991)

 

Kurt n'a jamais brillé par sa stabilité. Et ce n'est pas quelques composés lithiés qui allaient changer la donne. Mais bon. Les gens trop normaux font de très mauvaises légendes.

  1. LCD Soundsystem – Sound of silver (Sound of silver, 2007)

LCD-Soundsystem---Sound-of-silver.jpgJ'avoue mon incompétence crasse en la matière : je ne souviensabsolument plus à quoi peut ressembler ce morceau. Mais le titre est très poétique. Bon, je vais le réentendre en essayant de cette fois l'écouter.



  1. Air – La femme d'argent (Moon Safari, 1998)

J'ai honte. Honte d'avoir qualifié ce titre "d'interminable jingle de supermarché". "La femme d'argent", c'est en fait le jingle du supermarché où je trouve tout ce que j'aime. Et il n'existe que dans mes rêves.

  1. Shirley Bassey – Goldfinger (Goldfinger soundtrack, 1964)

Goldfinger-OST.jpgJe préférais le James Bond d'avant. C'était un homme classe, pas une espèce de kéké qui dévalait en moto neige un immaculé fjord norvégien. Et puis, il n'engageait pas une Madonna sur le déclin pour conter ses aventures. "Goldfinger" a quand même de la gueule, il faut le reconnaître.



  1. Kraftwerk – Metal on Metal (Trans-Europe Express, 1977)

Kraftwerk me fait perdre la notion du temps. Parfois, je réalise que j'ai écouté 3 titres de "Trans-Europe Express" et que j'ai donc passé une demi-heure ailleurs, là où je resterais bien.

  1. The Rolling Stones – She's a rainbow (Their Satanic Majesties Request 1967)

The-Rolling-Stones-Their-Satanic.jpgCe thème ne pouvait décemment pas se passer d'eux. J'ai donc tout naturellement choisi ma chanson préférée. Mais j'aurais aussi pu parler de Paint it, black.

par Alex la Baronne publié dans : Chansons à thème communauté : Le Monde du Rock
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Jeudi 27 septembre 2007

Note album : 6/10

 

Air-Pocket-Symphony.jpg
J'adore vanner. Mais s'il y a une chose que j'adore encore plus, c'est vanner ce que j'adore.

Je suis une grande fan de Air, vous le savez bien. Je vous l'ai déjà expliqué dans une autre chronique, celle où j'ai déballé tout mon petit cœur. Cette admiration sincère pour les deux versaillais ne va pas m'empêcher de tirer à boulets rouges sur Pocket Symphony, le premier petit écart d'une discographie jusque là plus qu'honorable.

L'autre jour, lors d'un zapping machinal, je suis tombée sur une interview de Jean-Benoît et Nicolas. Ils étaient là, comme d'habitude, à essayer d'avoir l'air le plus français possible. Enfin, français comme les étrangers imaginent les français. N'importe quel hexagonal de base sait très bien que Jean-Benoît et Nicolas appartiennent à une espèce chimérique, un fantasme de non gaulois rêvant de visiter Paris après avoir vu "Amélie from Montmartre". Ils sont sophistiqués, romantiques, beaux, et ne passent pas leur temps à geindre sur leur sort. Loin des standards français en somme. Bref, leur interview se résumait à une revue exhaustive des moyens techniques mis à leur disposition pour l'enregistrement de leur nouvel album. Il en ressortait un discours long, plat et horriblement technique. Je les ai plains de devoir mettre des mots sur leur formidable musique, qui d'ailleurs s'en passe très bien.

Tiens, en parlant de mots. Avez-vous écouté les paroles du raffiné Once upon a time, le premier single extrait de Pocket Symphony ? "I'm a little boy, you're a little girl, once upon a time…" Le tout récité d'une petite voix fluette et francophone sur de jolis arpèges de piano très japon(i)ais. Voilà où réside le principal problème de ce 7è album, qui ne dépasse jamais le stade du mignon, quand il ne tombe pas dans le franchement soporifique. Les lumineux Shade Destroyers de Radio #1 sont repartis dans leur dimension enchantée et ont emmené avec eux la poésie naïve du duo, son génie ambitieux, ses épopées aventureuses. Sur Pocket Symphony, Air est devenu le groupe décrit par les hooligans sonores insensibles à l'élégance radieuse de Moon Safari : une formation froidement minimaliste, assez douée pour la musique d'ascenseur, tout juste bonne à exciter les bobos fans de Carla Bruni et de bon goût arbitraire. L'écoute de ce disque ne se résume en effet pas à son contenu, loin de là : la musique accapare tellement peu les débats que d'angoissantes questions existentielles surgissent. A quoi donc peut bien servir Pocket Symphony ? Je ne relancerai pas une fois encore l'éternel débat sur l'utilité d'un art comme la musique, aussi majeur soit-il. Mais quel est l'intérêt de Mayfair song, un morceau aux allures de joli bibelot, dont on connaît les qualités sans jamais avoir envie de l'écouter ?

On peut également se demander ce qu'apportent au sushi les traditionnels invités prestigieux du duo. Jarvis Cocker relève le défi inouï d'interpréter la pire chanson (One hell of a party) jamais composée par lui-même, Air, Pulp ou même Darkel. Quant à la participation de Neil Hannon (Somewhere between walking and sleeping), elle ferait regretter aux ennemis héréditaires de The Divine Comedy l'absence des flonflons inhérents au bonhomme et pour une fois nécessaires à l'animation d'une mélodie bien plate. Et puis, il y a encore cette histoire digne de Kill Bill. Pendant que Jean-Benoît Dunckel jouait à blip-blip aux manettes du charmant Darkel, Nicolas Godin se faisait la main sur des instruments japonais, le koto et le shamisen, en compagnie d'un maître local que l'on imagine plein de cheveux et de moustaches blanches, avec en prime de petits yeux cruels. Cette belle histoire extrême-orientale n'occulte pourtant pas l'implacable réalité : la harpe et le banjo du Soleil Levant n'apportent strictement rien au son du duo, déjà passablement massacré (le son, pas le duo) par la production anémique de Nigel Godrich. Quid de ces basses délicates, véritables clefs de voûtes de merveilleux morceaux, La Femme d'Argent en tête ?

Heureusement, certains morceaux échappent au vide poussé qui a aspiré l'âme de bon nombre de titres (Space maker, Lost message) sous couvert de raffinement. Left Bank, une ballade acoustique et terriblement mélancolique, renoue avec la beauté mélodique coutumière des albums précédents tout comme l'étrange Photograph et ses synthés spatiaux. Mais ce sont surtout Napalm Love et Mer du Japon qui donnent quelques raisons d'espérer pour l'avenir. Durant quelques minutes trop parcimonieuses, la magie de titres plus enlevés nous rappelle pourquoi on aime tant les 2 versaillais. Une bonne cure de Virgin Suicides s'imposera quand même pour bien s'en souvenir.

 

Classe : "Mer du Japon", "Napalm love", "Left bank"

Crasse : "One hell of a party" et toute une fin de disque franchement soporifique.


En bonus, spécialement pour Ska qui aime tellement cette chanson, "Mer du Japon" en live.

par Alex la Baronne publié dans : Zone sonore intermédiaire communauté : Le Monde du Rock
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Mardi 25 septembre 2007

 

Vous me connaissez : dès qu'un questionnaire circule sur la blogosphère, je me sens obligée d'y répondre. Alors, après mxmm et Thom, je vais vous en apprendre 7 belles sur mon compte.

Agitation

Mes mains sont douées d'une vie propre qui échappe totalement à mon contrôle. Elles font rebondir des balles caoutchoutées dans tous les sens, démontent et remontent des gadgets sans mon consentement. Mais le pire, c'est quand elles arrachent mon collier pour le projeter comme un nunchaku, au risque d'éborgner mes voisins outrés. Je ne compte plus le nombre de doudous que j'ai allègrement massacrés de mes griffes.

Baballe

balle-tennis.jpgMon admiration pour Roger Federer atteint des proportions pathologiques. Je ne peux plus regarder ses matchs sans frôler l'infarctus. Tout naturellement, je n'apprécie guère Rafael Nadal, qui me semble destiné à une cible marketing moins… haut de gamme. D'ailleurs, à chaque fois que Roger perd contre ce dernier, je boude. Pas trop longtemps, heureusement.

Blondeur

la-minute-blonde.jpgUn beau jour, je cheminais sur une plage avec un (ancien) ami bien-pensant. Entraîné par une diatribe politiquement correcte, celui-ci manqua fouler une galette de goudron.

- Attention, lui lançai-je, l'Erika veut ta peau.
-
L'Erika, ce n'est rien à côté de l'Exxon Valdez…

Je choisis ce moment pour poser la question la plus conne de mon existence.

- C'est qui, Lexxon Valdez ?
Je lus l'ineptie de mon interrogation dans son regard et me rappelai les côtes alaskiennes.


Cynisme

A l'âge où les autres enfants vénéraient Walt Disney, mon film préféré était… Tatie Danielle. Je l'ai revu récemment et ai ri très jaune. Cette vieille est vraiment ignoble.


Honte

Après une journée de travail, j'éprouve le besoin de me vider le disque dur. Cela prend 22 minutes. Juste le temps d'un épisode de "Plus belle la vie".


People (Humour noir)

Sim.jpgJ'ai de gros problèmes de nécrologie. Dimanche dernier, j'ai appris avec effarement le décès du mime Marceau, moi qui le croyais mort depuis bien 50 ans. Et ne parlons même pas de ce jour funeste où j'ai failli me brouiller à mort avec un ami qui m'affirmait que Sim nous avais quittés depuis perpète. Impossible, ai-je répliqué, je l'ai vu à la TV il y a peu.






Boris the Tenia

J'ai beau être taillée comme une allumette, j'ai tout le temps faim. Quelques amis en ont déduit que j'abritais un ver solitaire, aussitôt baptisé Boris. Boris est immédiatement devenu très populaire, au point d'être souvent invité à manger. Cela m'arrange bien : je n'aime pas cuisiner.

Note : pour ceux qui croient que Boris est une araignée : The Who – Boris the Spider

par Alex la Baronne publié dans : Bla Bla divers
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Dimanche 23 septembre 2007

Note album : 8,5/10

 

The-White-Stripes---Icky-Thump.jpgEn voila un que j'attendais sans la moindre appréhension. Pas en raison de son contenu, toutefois. Je ne savais pas si Icky Thump allait être bon ou mauvais. Dans mon grand pessimisme, je le voyais plutôt mauvais, en fait. J'imaginais le duo de Détroit céder aux trompettes de la grandiloquence sans renoncer à la bizarrerie parfois mal inspirée de Get Behind me Satan. Fasciné par d'autres instruments moins académiques, Jack White avait définitivement renoncé à sa fameuse guitare, qui l'attendait en pleurant dans une poussiéreuse pièce à bordel.

Et là, paf. Que lis-je sur le net, peu avant la sortie de ce 6è album ? Une interview des White Stripes où la trompette et la cornemuse occupaient le centre des débats. Vous me connaissez, j'ai dit banco et ai loué ma clairvoyance avec un petit sourire triste.

Mais je ne m'inquiétais pas trop. Je savais bien que même si Icky Thump représentait un trou noir béant de nullité dans la discographie des White Stripes, j'allais pouvoir occuper le terrain. Mentir par omission. Parler de tout sauf de l'album. Je ne pouvais quand même pas révéler au monde entier que ce disque était une vraie bouse. Tout simplement parce que Jack et Meg, je les adore. Au point de les protéger de l'opprobre en cas de raté.

Alors, si je vous avais uniquement parlé dans cette chronique de la jolie robe à pois de Meg ou des fantastiques costumes de la pochette (version couleur ci-dessous), vous auriez pu vous poser de sérieuses questions quant au contenu de ce disque.


The-White-Stripes---Icky-Thump1.jpg

Tel n'est heureusement pas le cas, malgré le bizarroïde Icky Thump placé en ouverture. Le duo de Détroit a en effet renoncé à l'inaugural "single qui tue" –Blue orchid, Seven nation army -  des albums précédents au profit d'un titre biscornu et sonnant très lourd. Dans le même registre heavy mais en plus réussi, le groupe nous gratifie de l'épatant Little cream soda, immédiatement suivi du teigneux Rag and bone, où le chant déchaîné de Jack s'accommode admirablement du jeu de batterie dépouillé de Meg. Une autre facette du disque concerne le grand retour du blues crasseux cher aux quatre premiers albums du groupe et délaissé durant l'excentrique Get Behind me Satan. Car les White Stripes se sont tout simplement remis à faire du White Stripes avec les superbes I'm slowly turning into you et A martyr for my love for you. Deux morceaux jumeaux placés côte à côte et dotés d'une intro à l'orgue du meilleur effet, avant des refrains digne des sommets côtoyés dans White Blood cells, sans doute le meilleur album du groupe*. Mais si ce dernier décroche la palme du meilleur opus, Icky Thump est sûrement le plus varié, preuve que le duo de Détroit a su prendre des risques et entretenir son inspiration. L'enchaînement Prickly Thorn, but sweetly worn – St Andrew (The battle is in the air) l'illustre parfaitement, au fil d'une guillerette échappée celtique  sur fond de cornemuses achevée par le chant neutre de Meg. Quant à la traditionnelle reprise du disque, Conquest, ses trompettes sonnantes et trébuchantes attisent son côté solennel et dramatique. Comme quoi Jack White s'accommode bien mieux d'instruments tonitruants que du discret marimba de Get Behind me Satan. Son Icky Thump de successeur a su concilier  les excellentes recettes du passé (Catch hell blues) et le spectre d'un son plus étoffé sans jamais tomber dans l'auto parodie. N'en déplaise aux amateurs de jetable, l'inspiration peut encore résister à 6 albums et au succès.

 

*OK, il y a quelque mois, j'avais désigné De Stijl comme meilleur album des White Stripes, mais White Blood Cells le vaut bien.

 

Classe : "Prickly thorn, but sweetly worn", "Little cream soda", "A martyr for my love for you", "Catch hell blues"

Crasse : "300 M.P.H. Torrential Outpoor Blues"

 

En bonus, "A martyr for my love for you' en live à l'album de la semaine de Canal+

 

par Alex la Baronne publié dans : Pop rock classe communauté : Le Monde du Rock
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Vendredi 21 septembre 2007

Note album : 8/10

 

The-fratellis---Costello-Music.jpgJ'ai déjà tout installé dans mon pub. Enfin, dans mon pub imaginaire, The Gold Lion. J'ai choisi ce nom en hommage à cette chanson des Yeah Yeah Yeahs que j'aime beaucoup, et aussi parce qu'un pub comme il faut se doit d'honorer un animal à la robe exceptionnelle. J'avais bien pensé au Black Swan ou au Red Beaver, mais ça sonne quand même drôlement moins bien.

Bref. Le Gold Lion se situe dans une ville sympa, grande mais pas trop, et remplie d'habitants chaleureux. J'ai commencé à prospecter dans les alentours. Déjà, Colmar est éliminée d'office : les bars n'ont même pas la permission de minuit. Et oui, que voulez-vous, les villes musées sont de vieilles filles. Elles se couchent tôt pour ne pas tirer la tronche le lendemain. Bâle pourrait convenir, à condition de décoincer un peu les alémaniques. Mais pour l'instant, la grande gagnante du casting est Freiburg im Breisgau. C'est d'ailleurs là-bas que j'ai rencontré Hans, mon futur barman. Il vient de Bavière et connaît toutes les bières du monde. Enfin, presque. On ne va pas chipoter pour une australienne du bush ou une danoise fadasse. Derrière le long comptoir en bois, Hans servira des chopes géantes comme seuls les allemands savent en servir. Outre les traditionnels tabourets de bar, on trouvera aussi au Gold Lion de vieux fauteuils en cuir un peu usés mais délicieusement mous. Bien sûr, il y aura aussi des jeux. De cartes, de dés. Une cible kamikaze encaissera son lot de fléchettes pour des parties de 501 enflammées. Et tous les Vendredi, des quizz seront organisés.

Il manque toujours quelque chose au Gold Lion. Cette étincelle indéfinissable qui transforme un lever de coude machinal en un bonheur simple, une conversation quelconque en un moment convivial. Comme dans n'importe quel pub, il faudra élever la voix chez moi pour se faire entendre. Vous n'imaginiez quand même pas déguster votre pinte dans un silence de morgue, non ? Bref, en taulière dégourdie, je dénicherai toujours quelques vieilleries sympas pour la sono du Gold Lion. Des trucs dignes de T-Rex, à la fois un peu surannés et terriblement entraînants. D'ailleurs, dans le même genre en plus juvénile, il y a ce groupe écossais, les Fratellis, dont le leader ressemble terriblement à Mark Bolan. J'entends bien leur premier album, Costello Music, passer un Jeudi soir entre un bon vieux Kinks et Fashion Nuggets de Cake. Parce qu'à l'écoute de Chelsea Dagger, un des innombrables singles des trois faux frangins Fratelli, j'ai juste envie de lâcher ma vodka pomme et d'empoigner mes voisins pas le coude histoire de brailler à pleine voix les "Lalala" irrésistibles de l'intro. Pareil pour Henrietta et son boogie sautillant. Déjà entendu mille fois outre-manche, grogneront pourtant à juste titre quelques clients grincheux et immobiles. Ce disque contient en effet une pop accrocheuse et immédiate, qu'il convient d'écouter sans autres attentes que de se distraire. D'ailleurs, fort honnêtement, Costello Music ne prétend pas être autre chose qu'un sympathique album de pub. Rien ici ne respire le sérieux ou la préméditation, domine juste une envie de s'amuser là ou d'autres veulent à tout prix la gloire. Flathead, ses chœurs légers et son refrain à base d'onomatopées conviennent parfaitement à un rallye bière, tandis que d'autres titres plus anecdotiques (Cuntry Boys & City Girls, Creeping Up the backstairs) tiennent parfaitement la route pour une conversation animée. Tard dans la soirée, la candide ballade Whistle for the Choir fera naître quelques romances alcoolisées et si ce n'est pas elle, Ole Black 'n' Blue Eyes s'en chargera avec une fraîcheur désarmante. Et puis, il y a aussi ce Vince the loveable stoner, qui remonte aux fondements du rock'n'roll et…

(Excusez-moi. Le téléphone.)

Je vais devoir vous laisser. Il est déjà deux heures du matin et la Polizei vient de m'appeler pendant ma seule nuit de repos. Une bande de jeunes teutons trouble l'ordre public en hurlant à tue-tête le refrain de Baby Fratelli devant la porte du Gold Lion.

 

Classe : "Henrietta", "Flathead", "Chelsea Dagger", "Vince the loveable stoner", "Baby Fratelli"

Crasse : "Creeping up the backstairs"

En bonus, le clip de "Flathead", ou comment animer la pochette du disque…

 

 




par Alex la Baronne publié dans : Pop rock classe
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