Texte Libre

Classe ou Crasse ?

 

Chroniques rock'n'roll d'une Baronne

Jeudi 31 août 2006

 

- Dis moi Alex, ta sœur est-elle également une greluche ? me demanda un soir C., grand diplomate dans l'âme.

Si la réponse n'a présentement aucune importance, cette question met en exergue un trait essentiel de ma personnalité : ma naïveté contemplative. Toujours prête à couiner mon enthousiasme, j'admire sans lassitude les papillons, les reflets ensoleillés sur la mer et l'eau sortant du robinet tous les matins. Parfois franchement pénible ("Enfin, viens, ce n'est qu'une vache !"), cette absence totale de blase amuse généralement mon entourage, gratifié de récits parfois un peu enjolivés par un lyrisme excessif.

Laissez moi donc vous conter comment ma roue de la fortune personnelle, d'ordinaire bloquée sur "mésaventures grotesques", s'arrêta Mardi 15 Août sur la case "nirvana futile". Une pause brève mais intense, fièrement narrée ici pour la 3142è fois en 2 semaines.

Déjà fini. Le concert de Franz Ferdinand me laisse enchantée et rêveuse. Dans le prolongement naturel de cette soirée idyllique, Jul, Jeen et moi nous dirigeons vers un stand où quelques margaritas esseulées crient leur désespoir. En bonne alsacienne – habituée des tavernes – barmaid officielle du tournoi inter chimie 2003 (aucune mention inutile), je pose avec joie mon coude sur le comptoir. La soirée s'annonce brillamment trouble.

A ma grande surprise, Jeen m'enveloppe soudain sous son bras indéfectible et, malgré mon meuglement de déni, m'entraîne dans la peuplade avinée. Après un parcours chaotique, elle pile net.

- Tu les vois ?

Si je les vois... Ils sont tous là, à 2 mètres de moi. Alex le dandy, Nick le beau gosse, Bob l'ours et Paul le joyeux drille. Franz Ferdinand. En bons britanniques raffinés, les 4 garçons découvrent simplement les charmes du vignoble local, au beau milieu des badauds. Si ma première réaction, aussi spontanée que niaise, s'apparente à du dépit ("Mais Alex n’est pas très grand !"), un sourire béat envahit bien vite mon visage. En bonne mère poule, Jeen me "jette dans les bras du chanteur" (sic). Une photo plus tard, je suis rouge comme une muleta. Décidément, un rien suffit à mon bonheur.

Retour à ma margarita. Julien écoute patiemment mon récit tandis qu'un 2è verre atterrit sous mon nez épanoui. Une fois ce dernier achevé, un curieux phénomène se produit : il me semble voir Michel Blanc au fond. Les yeux écarquillés, je tente de conjurer cette hallucination. Car c'est bien lui. Monsieur Duss. La combinaison de ski jaune poussin, le crâne ovoïde, la moustache grasse, le roi du planté de bâton m'invective soudain.

- Oublie que t'as aucune chance, vas-y, fonce !

Julien et Jeen conversent gaiement et ne prêtent pas attention à mon manège. Dans une moue boudeuse, j'avoue à Michel ma timidité maladive. Son ire me surprend :

- Arrête un peu de jouer les mijaurées ! Tu nous bassines avec ces 4 rosbifs depuis des plombes et maintenant tu renâcles. Un peu de courage, sacrebleu ! Souviens-toi, ce mariage champêtre où un Jacky Furtz aviné a dit que tu ressemblais à Claudia Schiffer… Ben il avait raison !

Ma confiance au plus haut, je pars en mission mondaine, un ultime cocktail à la main. La foule s'écarte sur mon passage comme la mer rouge sur les pas de Moïse (bel exemple de magnification épique). Après avoir écouté la déclaration d'une Heidi locale ("Your concert ouase grête. Ken Aïe Eve eune autographe ?"), je touche enfin au Graal*. Monsieur K me regarde. Sans trop réfléchir, je lui parle de "(Margarita), love & destroy", ma chanson préférée du groupe. Vraiment très urbain, le chanteur me répond posément, quand un être sombre intime au groupe l'ordre de… rentrer à l'hôtel. Le quatuor s'exécute sagement. "Ah, dira plus tard mon papa, le rock, ce n'est plus ce que c'était."

Après cette rencontre surprenante et bon enfant, je pense envoyer mon témoignage à Jean-Luc Delarue : ces quelques moments ont bouleversé mon existence et renforcé mon assurance. La prochaine fois que ma boss me demandera de nettoyer le four ou d'arroser son baobab, ma riposte sera cinglante. "Attends, tu m'as vue ? Je suis une Est people moi !". Une Est people heureuse, de surcroît.

*Raaaa, toutes ces références bibliques commencent à m'agacer ! Alex Kapranos n'est pas un Dieu, que diable !

Super Cadeau : ZE photo de ma rencontre, en super exclu pour ce blog !!!

                                             De g à d : Monsieur K, Moi et Jeen (photo : Jean-Marc Hedouin)

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par Alex la Baronne publié dans : Journal d'une groupie
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Mercredi 30 août 2006

(NB : un grand GRAND merci à Julien pour les photos ! Et un grand GRAND merci à Jeen et Julien pour avoir supporté mes élans groupiesques !)

 

D'un geste mal assuré, je balaye la framboise en gelée qui vient d'atterrir sur le chat mongoloïde ornant mon pyjama. Aucunement rebuté par le silence pesant, mon père entame la conversation. Je hais le matin. Pire, je hais les conversations du matin.

- Alors, c'est le grand jour ? Tu vas enfin voir tes bellâtres ?

Après quelques instants de perplexité, la mémoire me revient. Le plaisir s'éprouve dans l'attente. Depuis 2 mois, ce concert de Franz Ferdinand, sans doute attiré par le Gewurztraminer cher à ma ville natale, hante les méandres cachés de mon esprit enthousiaste. Toutefois, à l'aube du grand jour, je me fous éperdument de ces "bellâtres". "The dark of the matinée". Un intitulé pertinent dont j'éprouve  chaque jour la signification profonde.

Dans l'après-midi, Jeen, Jul et moi savourons un repos bien légitime après une improbable expédition shopping. Les ferventes exhortations de mes amis n'y changent rien. L'émoi me fuit. Conjuguer cet évènement au passé me déplait souverainement. Sitôt vu, sitôt fini. Restent juste quelques souvenirs figés. Quelle tristesse.

Une fois installée dans la fosse derrière une meute de minettes rayées, j'arrête de me prendre pour Thom Yorke, d'autant que la première partie, assurée par Superdog, se révèle un amuse gueule de choix. Entraînant, amusant, le quatuor alsacien livre une pop anglophone bourrée de chœurs chers aux  Beatles. "I wanna hold your hand" semble parfois renaître de ses cendres avec ces airs légers. En osmose avec le chanteur, je complète ses vannes ("J'dis ça… j'dis rien") et gagne une réputation de mage solaire auprès de Jeen. Réputation confirmée à l'arrivée tardive de Franz Ferdinand. Nul besoin d'utiliser ma plus belle voix de poissonnière pour réclamer mes chansons favorites, Alex Kapranos et sa bande gratifieront des tribunes à moitié vides (4500 places vendues sur 10 000)d'une setlist magistrale. 19 morceaux, pas moins, pendant une heure et demie d'un show parfaitement huilé et préservé de la lassitude par l'énergie époustouflante du groupe, pourtant en tournée continue depuis 3 ans.

 

 Monsieur K, leader charismatique (photo : Julien Kauffmann)

Fidèle à son dandyisme raffiné, le quatuor débarque rasé de près, les fringues rutilantes, à l'extase de jeunes filles dont le menu quotidien se résume souvent à des lycéens poilus et insalubres*. Dès les premières notes de "This boy", un splendide beauf en jogging, le cheveu gras et l'œil marécageux, se glisse frauduleusement devant moi. Adieu les jeunes gens élégants et les guitares pailletées, place à une vue panoramique sur une profusion de pellicules. Cette intrusion frustrante me transforme en véritable gorgone et je pousse violemment ce malotru, définitivement expulsé par Jeen lors d'un pogo déchaîné. Toutes à notre joie, nous piétinons les pieds de nos malheureux voisins au cours de chorégraphies inspirées des mouvements raides d'un cousin proche des Playmobils, le leader Alex Kapranos. Parfois critiqué pour quelques couacs vocaux, ce dernier maîtrise parfaitement les aigus de "Come on home", servi par un son impeccable. Un véritable soulagement pour les organisateurs, navrés de la calamiteuse saturation qui plomba la prestation de Jamiroquaï la veille. Quelques chansons oubliées depuis belle lurette resurgissent plaisamment, à l'image du pétillant "Tell her tonight", interprété par le beau guitariste Nick Mc Carthy. Outre ces tubes extraits du premier album, la formation dégaine un véritable bazooka festif : le binaire et entraînant "Do you want to ?", diaboliquement efficace sur scène. Car le groupe transcende même ses chansons les plus faibles, comme l'insupportable "Linsey Wells",  co face A du single "The Fallen", fort agréable en live malgré sa niaiserie patentée. Une fosse bondissante à souhait accueille ensuite les imparables "I'm your villain" et "The dark of the matinée", aux riffs acérés parfaitement maîtrisés. Ecrasées contre les barrières par une densité de population excédant celle d'un bus pékinois à l'heure de pointe, les groupies retrouvent un second souffle avec l'acoustique "Eleanor put your boots on", directement suivi de "Walk away", superbe ballade cynique où le batteur Paul Thomson s'empare d'une guitare et laisse sa place derrière les fûts au poupin Andy Knowles, claviériste attitré du groupe. Enfin survient l'apothéose grâce au mythique "Take me out", qui précède idéalement mon morceau préféré, "Darts of pleasure", au finish teuton vertigineux.  Superfantastisch...

                            Nick Mc Carthy et Alex Kapranos (Photo : Julien Kauffmann)

Sous les vivas, les 4 garçons de Glasgow quittent la scène après l'ambigu "Michael". Aussi prévisible qu'une bûche de Noël un 24 Décembre, le rappel s'annonce flamboyant. Il le sera, notamment durant "Outsiders", où Alex Kapranos séduira définitivement le public avec une présentation francophone de ses comparses, rejoints pour l'occasion par 2 percussionnistes supplémentaires. "This Fire", morceau final habituel, laisse un public ébloui et déjà nostalgique. Certes, quelques blasés dénonceront un show trop répétitif, des blagues maintes fois déblatérées et surtout une interprétation manquant d'originalité. Si la majorité ne brille pas toujours par son discernement, les mines épanouies de bien des spectateurs masqueront ces voix dissonantes. Franz Ferdinand possède en effet une caractéristique propre aux plus grands groupes : la capacité de toucher personnellement chaque âme fondue dans la masse d'une audience suante et sautillante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Encore une réussite pour les Franz (photo : Julien Kauffmann)

 

 

* Je SAIS bien que cet adjectif ne s'utilise pas pour qualifier les êtres humains. Toutefois, son emploi accidentel durant une de mes tirades contre le tennisman Marcelo Rios provoqua l'hilarité de mes parents. Papa, Maman, si vous retrouvez l'adresse du blog de petite chérie, cette phrase vous attend.

Super cadeau : 

  • "Outsiders" à T in the Park... Quelques invités surprise s'en mêlent... 

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par Alex la Baronne publié dans : Journal d'une groupie
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Lundi 28 août 2006

The Raconteurs – Broken boy soldier

Note album : 7/10

 

"Le nouveau groupe de Jack White". "Jack White et son super-groupe". "Après les White Stripes, Jack White prend les rênes d'une autre formation". Co-leader des Raconteurs, Brendan Benson a dû se sentir un peu délaissé, tant le battage suscité par "Broken boy soldier" s'est focalisé sur son illustre ami. Pourtant, le quatuor américain compte bel et bien 2 frontmen, qui se donnent sans cesse la réplique pendant un surprenant dialogue folk. Aidés de la section rythmique des Greenhornes, le duo improbable livre un premier album où, curieusement, l'influence du chanteur pop Benson prédomine. Certes, les grosses guitares inventives ("Store bought bones") ainsi que le superbe blues (" Blue veins") propres à White montrent bien le bout de leur nez, mais en filigrane, cachés sous des kilos de pop gentillette. Une nouvelle déception pour les gratouilleurs de toutes cordes, encore mis sur la touche par un opus parfois mollasson, à l'instar du dernier White Stripes, "Get behind be Satan".

Malgré l'inaugural "Steady, as she goes", véritable bombe rock aux échos ravageurs, le tandem White-Benson ne convainc pas vraiment. Bourré d'airs à 2 voix aussi agréables qu'oubliables ("Hands", "Level") ce disque évoque un Poulidor musical, toujours placé mais jamais gagnant, même si le folk "Broken boy soldier" et un lumineux "Yellow sun" sortent du lot. La plupart des autres morceaux, "Intimate secretary" et "Call it a day" en tête, sombrent dans une langueur quelconque, loin de l'intense fusion des genres que ces excellents musiciens pouvaient viser. Véritable homme orchestre des White Stripes, Jack White semble aspirer au repos durant ces brèves 40 minutes un peu relâchées. Espérons qu'il nous reviendra en forme. Son super-groupe méritera alors complètement cette appellation gonflée aux stéroïdes médiatiques.      

 

Classe : "Steady, as she goes"

Crasse : "Call it a day"

Super cadeau :

  • Si "Broken boy soldier se révèle bien mais pas top, les prestations live du groupe offrent des moments d'une classe enviable. "Steady, as she goes", dans lequel se fond un fragment de "Hands" le prouve parfaitement lors de cette apparition dans le show américain "Late night with Conan O'Brien"

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Samedi 26 août 2006

Tout s'apprend. Même la rock n' roll attitude. Autrefois apanage d'une minorité marginale et fière de l'être, la rébellion électrique revêt aujourd'hui des codes indigestes, conséquences d'un instinct grégaire contraire à l'esprit initial du mouvement. Certes, le rock demeure un formidable outil de communication universel, capable de fédérer gens simples et nantis, des Beatles à Pink Floyd, de Blur aux Strokes. Mais quelque chose cloche avec ces nouveaux diktats intolérants et sectaires. Comme l'expliquent si bien Femme actuelle et les Inrocks, votre CDthèque révèle votre personnalité. Et surtout les préjugés tenaces à votre encontre. Ce quizz vous le montre caricaturalement : les êtres humains appartiennent à des catégories bien distinctes. Alors, quel rocker êtes vous ?

1. Physiquement, vous êtes plutôt :

A) Baraqué et très viril, même si vous êtes une fille. Vous arborez un catogan gras et filasse, une barbe mal taillée. En bref, l'hirsutisme de tout poil sied parfaitement à votre genre de beauté.

 B) Qu'importe l'apparence, il se passe des choses tellement plus graves dans le monde. Néanmoins, vous prenez soin de vous, par respect pour les autres. Et aussi parce que vous n’êtes pas mal quand même.

C) Ni beau ni laid. Vous comptez plus sur votre look pour vous distinguer.

D) Malgré tous vos efforts, vous ne ressemblez à rien. Une grande frustration. Vous auriez aimé être beau (belle) et charismatique, mais la nature ne vous a pas exaucé(e). Pire, elle s'est bien foutue de vous la garce. Encore merci pour les cheveux mollassons, la raie plate sur le coté et les yeux de cocker.

E) Très beau (belle) mais vous ne vous en rendez pas compte. Ou alors, moins beau (belle) sans que cela ne vous dérange.

F) Grand(e), très maigre, avec d'immenses yeux expressifs.

2. Question look, vous préférez :

A) Le noir, les clous et les grosses motos. Vous adorez les gilets sans manches en cuir, les jeans troués et les T-Shirts à l'effigie d'un loup féroce. Un bandana rouge et suant maintient votre tignasse décolorée.

B) Vous ressemblez un peu à M(me). Bonglou, votre prof d'allemand de 4è. Un style intemporellement ringard. Costards trop grands, pulls en coton informes, pantalons de velours côtelé. Porter en même temps un bermuda (une jupe) et des chaussettes noires ne vous rebute aucunement. Néanmoins, vos fringues sont de bonne facture. Ce look d'intellectuel(le)chic reflète votre personnalité profonde et montre combien vous avez su faire abstraction des basses préoccupations matérielles.

C) Cela dépend de votre humeur et de la mode. Un jour gothique en long manteau noir, le lendemain skater quiksilver (roxy), le surlendemain rocker 80's. Plutôt à l'aise dans vos baskets, vous vous adaptez à  toutes les tendances sans trop de mal.

D) Vous ne ressemblez à rien dans ce T-Shirt mauve moulant. De plus, il faudrait vraiment que vous enfiliez un pantalon par-dessus ce slip à poutre apparente. Si vous êtes une fille, arrêtez de commander vos fringues à la Camif.

E) Vous possédez une certaine classe innée. Cela ne vous empêche pas de commettre parfois de belles bavures vestimentaires dont vous vous foutez éperdument.

F) Vous êtes LA star du bahut (de la Fac). Sac siglé, lunettes Chanel surdimensionnées, T-Shirt vintage, jean slim et khôl noir pour les girls. Pour les lads, remplacez juste le T-Shirt rayé par un polo Fred Perry et le tour est joué. Vive l'androgynie.

3. Où vivez-vous ?

A) Au fond d'une vallée perdue. D'ailleurs, 137 des 139 habitants  de votre petit village sont vos cousins au premier, second ou troisième degré. Seules exceptions : l'instituteur et le cureton, mutés chez vous par hasard et encore considérés comme des étrangers après 20 ans de bons services.

B) Vous venez d'une petite ville industrielle ravagée par le chômage. Paris vous attire irrésistiblement. Là-bas, vous trouverez enfin des gens avec qui dialoguer et échanger des idées.

C) Dans un coin paumé et terriblement ennuyeux. Vous n'avez qu'une envie : vous casser. Marre des soirées billard à la taverne du coin, marre des mêmes vieilles qui radotent depuis 30 ans le cul posé sur le banc municipal. Néanmoins, une fois parti(e), vous revenez tous les week-ends dans votre bled natal dont la convivialité vous manque. L'anonymat des grandes villes vous angoisse.

D) Partout et nulle part. Vous aimez passer une nuit pluvieuse sous une tente trouée et vous faire chasser au petit matin par un fermier mal embouché.

E) À côté d'un bar. Vous aimez les lieux animés.

F) A Paris, bien sûr. La province, c'est fait pour les ploucs, exceptée la côte d'Azur qui devient votre annexe tous les étés.

4. Que fait votre Papa ?

A) Camionneur, fermier, bûcheron… Un métier manuel et mâle.

B) Instituteur, postier, cheminot… Votre papa est un humble fonctionnaire. Pas un enfoiré de requin voulant  s'élever dans la hiérarchie par n'importe quel moyen. De plus, il connaît super bien Jean-François Chérèque.

C) Votre Papa appartient à la classe moyenne et cela vous gêne un peu par rapport aux copains.  En effet,  il ne peut pas vous payer un i-pod à cause des traites de la maison. Tant pis, vous en achèterez un quand vous gagnerez votre vie.

D) Votre Papa appartient à la classe moyenne et ne ressemble à rien, comme vous. Une vraie famille de losers.

E) Votre Papa appartient à la classe moyenne et vous vous en fichez pas mal. Vous avez reçu une éducation à la fois stricte et beatnik, fruit d'un amour parental pour les 60's.

F) Père est un grand patron qui ne fait guère attention à vous. Son amour s'exprime avec sa carte Gold. Quel gros con. S'il croit pouvoir vous acheter avec cet i Pod, il se trompe.

5. Politiquement, vous vous sentez :

A) Bien à droite. Vous n'aimez pas les fouteurs de merde, quelques soient leur couleur et leur provenance.

B) A gauche, voire même très à gauche. Vous n'aimez pas ces salauds de capitalistes, quelques soient leur couleur et leur provenance.

C) La politique, vous vous en foutez. Vous n'avez pas l'âge de voter. Toutefois, vous détestez les fachos et l'intolérance.

D) Vous avez perdu votre carte d'électeur et tous vos papiers lors d'une alerte à la bombe qui mena à la seule destruction de votre valise.

E) Aucune tendance ne résume votre pensée et tant pis. Ou tant mieux.

F) Vous votez et prônez des idées de gauche mais avez le cœur fondamentalement à droite. Cependant, vous ne l'avoueriez pour rien au monde. La mode est au  socialisme bourgeois.

6. Quelles sont vos lectures ?

A) A part Tractopelle Mag, rien depuis le code de la route.

B) Le petit livre rouge, le Capital, l'Huma, Libé, les Inrocks et tous les bouquins de Beigbeder.

C) M'acheter un livre ? Non merci, je préfère les fringues.

D) "La drague pour les nuls", "Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus", "Comment se relancer ?", "Réussir sa vie en 20 leçons".

E) Vous avez des goûts plutôt grand public mais ne crachez pas sur un petit classique de temps en temps s'il n'est pas trop chiant.

F) Vous adorez la littérature. Rimbaud, Nietzsche, Mallarmé, Wilde…On vous croisera invariablement avec une de leurs œuvres à la main.

7. A quoi ressemble votre vie sentimentale ?

A) Vous vous trimballez la même blonde vulgos depuis des années. Elle est un peu conne mais elle adore votre nouvelle voiture et vos performances nocturnes. Si vous êtes ladite blonde vulgos, vous vous trimballez le même blaireau depuis des années. Il est un peu con mais il a une grosse voiture et une grosse… Enfin, on se comprend. Ce n'est pas vraiment de l'amour, mais vous vous en satisfaites très bien tous les 2.

B) Vous avez une vision très éthérée des choses, que vous soyez célibataire ou en couple. Votre fiancé(e) devra vous comprendre sans mot dire, vous soutenir dans votre dépression, vous admirer et adhérer à tous vos propos, surtout lorsqu'il s'agit de politique. Les évènements s'enchaîneront naturellement et normalement. Vous vivrez ensemble très vite et partagerez chaque moment. Une fusion quasi paranormale, avec à la clef 2 gosses, un pavillon de banlieue et un bouvier bernois.

C) Vous vous trouvez encore un peu trop jeune pour les relations sérieuses. Fille, vous croyez avoir trouvé le prince charmant… toutes les 10 minutes. Garçon, vous préférez la playstation mais ne refusez pas quelques instants de plaisir.

D) "Sentimentalement démissionnaire, moi je suis dans la merde et je vous emmerde." Cette phrase résume parfaitement la situation. Bourré comme un coing ou à jeun, vous draguez toujours les mêmes morues (maquereaux). Résultat des courses : vous vous retrouvez tous les week-ends seul(e) devant un pot de Nutella. Vous nourrissez également des fantasmes inassouvis et inassouvissables sur votre voisin(e).

E) Vous avez trouvé l'amour et cela vous comble. Ou alors vous êtes seul(e) mais vous faites ce que vous voulez. Et ça vous plait.

F) Vous êtes fou amoureux de la plus jolie garce (du plus beau salaud) du coin et vous couchez ensemble très souvent. Néanmoins, cela ne vous empêche pas d'aller voir ailleurs car votre liberté prime. Mais cette garce (ce salaud) reste la passion de votre vie.

8. Et votre vie sociale ?

A) Tous les Samedis soirs, vous refaites le monde devant une pinte avec vos potos. Les tabourets du bar  l'Embuscade gardent l'empreinte de votre fessier.

B) Comme vous, vos amis portent des lunettes. Comme vous, vos amis ne boivent pas. Comme vous, vos amis trouvent que le monde va mal. Comme vous, vos amis ne jurent jamais. Comme vous, vos amis détestent les blagues lourdes et faciles.  Comme vous, vos amis n'aiment pas danser. Et tous ensemble, vous passez des soirées d'un chiant avéré.

C) Vous adorez vous mettre de grosses races et gerber en cœur avec vos copains. Diluer, c'est tricher.

D) Vos deux seuls alliés sont votre chien Pilou et Jean-Norbert, votre meilleur et seul ami humain depuis le CP. Attablés tous les 3 dans votre cuisine, vous rêvez d'une vie meilleure en comptant les cerises qui constellent la toile cirée.

E) Vous avez beaucoup de copains et quelques amis proches avec lesquels vous vous montrez d'une loyauté exemplaire. Malheureusement, la réciproque n'est pas toujours vraie. Quelques belles trahisons vous ont déjà sévèrement miné.

F) Les gens vous admirent, les filles (garçons) se jettent à vos pieds. Vous allez faire la fête avec eux pour chasser un profond sentiment de solitude latent. Au fond, la misanthropie vous gagne.

9.Et votre vie professionnelle ?

A) Vous conduisez le même 38 tonnes depuis 20 ans et changez la playmate de la zone couchage tous les mois. Ce brave camion est presque votre seconde maison.

B) Plutôt brillante. Malheureusement, le service public ne paie plus assez. Vous bossez par conséquent pour ces salauds du privé. Et puis, exhiber une carte de visite Merck, ça en jette.

C) Vous avez des notes correctes au bahut. Sans plus.

D) Professionnellement suicidaire. Vous exercez n'importe quel job, de basketteur semi pro à prof de sport dans un lycée agricole.

E) Votre boulot ne vous captive pas vraiment mais vous vous en accommodez plutôt bien.

F) Autant le dire, vous êtes une vraie brêle, un pur cancre. Pire, vous vous montrez insolent avec tous le monde. Caché derrière un radiateur, vous écrivez des poèmes et peignez des toiles sombres. Personne ne vous comprend, et surtout pas les frères marianistes de ce lycée privé payé par votre père. Plus âgé, les choses ne se passent pas mieux. Vous avez déjà fréquenté une fac de lettres et de psycho avant d'atterrir en histoire de l'art.

10. Enfin, question très importante. Qu'en est il de vos préférences musicales ?

A) Du hard rock, du vrai. Tout le temps. De bons gros solos dégoulinants.

B) Ce qui vous séduit dans la musique, c'est le concept. Vous adorez n'importe quelle bouse, pour peu qu'il y ait une démarche artistique derrière. Morceaux languissants en japonais, chanteur hindou pourvu d'un accent ridicule, rien ne vous effraie. Vous respectez profondément tous ces merveilleux artistes aussi longtemps qu'ils ne vendent pas de disques.

C) Wouaaaah ! Le dernier Muse est trop cool !!! D'une manière générale, tout ce qui passe à la radio plus quelques groupes de métal garants de votre rebelle attitude.

D) Vous aimez la bonne vieille chanson française mais ne crachez pas sur Benabar. Le dîner vous rappelle quelques bons souvenirs.

E) Vous vénérez les grands classiques et surtout les Beatles. Les nouveaux groupes qui se prennent tant au sérieux n'ont qu'à aller se faire voir.

F) Tous les nouveaux groupes rebelles, riches et fins lettrés. Comment cela, ils pompent tout sur leurs aînés ? Vous vous en foutez pas mal, vous vivez le moment présent. Carpe Diem a dit le poète.

Résultats :

  • Vous avez une majorité de A :

Félicitations, vous êtes un métalleux vintage, une superbe espèce en voie d’extinction ! Elevé au grain, souvent impliqué dans des bastons villageoises, vous passez le plus clair de votre temps à boire des binouzes avec vos potes, gros et chevelus comme vous, avant un retour imbibé chez votre femme, laquelle vous attend rageusement une casserole de pâtes trop cuites à la main. Question musique, vous vomissez les grosses tapettes qui ont remplacé vos idoles de toujours, Aeroschmidt et les Guns ! Dans le fond, vous êtes plutôt gentil et très nature, pour peu que l’on néglige votre rustrerie. De plus, je vous ai reconnu : vous avez gagné en 1995 le prix de la plus belle cylindrée au salon des motards de Munster ! Ne faites pas le faux modeste ! Allez, bon ride à vous !

Vos idoles : Axl Rose et Steven Tyler. D’ailleurs, vous leur ressemblez de plus en plus…

  • Vous avez une majorité de B :  

Ouh là, mais que de bons sentiments ! Vous appartenez indéniablement à la catégorie des rockers engagés. Ah, je ne vous le fais pas dire, nous vivons une bien triste époque. Souvent déprimé, vous vous complaignez dans une pseudo langueur née de la laideur d’un monde que vous ne pouvez enjoliver. Pire, mu par une certaine volonté d’intégration, vous vous retrouvez à bafouer tous vos principes. Toutefois, qu’on se le dise : vous défendrez toujours les plus démunis, en direct live de votre loft rénové ! Véritable Zorro urbain, vous aimez les grands discours irréalisables, les idées utopistes et croyez fermement en la bonté de l’être humain. Cette douceur et cet idéalisme, cachés sous des kilos de récriminations pénibles, vous rendent plutôt touchant. Heureusement… Question musique, Thom Yorke reste votre grand gourou car il partage vos convictions et vos souffrances. Longue vie à lui !
Sinon, vous ressemblez à Michaël Youn  sans son coussin péteur, c'est-à-dire que vous ressemblez à Mickaël Furnon. "Tu vas pas mourir de rire", qu’il disait le bougre. Ben non !

 

 

 

 

  • Vous avez une majorité de C :

Trop coool !!! On va se tutoyer puisque tu es un jeune de base, comme je l'étais encore avant de virer vieille. Généralement aimable, tu te situes à la pointe des tendances actuelles et tu adores les gadgets rigolos à la con : téléphone grille-pain, chauffe mug USB, rien n’est trop inutile ! Sinon, tu as plein d’amis et tous ensemble, vous vivez les meilleures années de votre vie, même si tes vieux te gonflent parfois  à trop te vouloir du bien. Allez, carpe diem man ! Tes modèles changent presque tous les ans et tu vomis immanquablement les précédents. Bon, je parierais sur Kyo si tu as 13 ans, Indoch 2 ans plus tard et Matt Bellamy si tu es en passe de sortir de cette époque plutôt marrante. Comment cela, je tombe dans le cliché ? Mais oui !

  • Vous avez une majorité de D :  

Aïe aïe aïe… Sauter pieds en avant dans une bouse de vache et chercher désespérément un trèfle à 4 feuilles n’y changeront rien. Vous resterez toujours un rocker loser, la 2è mot primant largement… Souffre douleur, bouc émissaire, canard boiteux, cygne noir, vous ressentez organiquement la signification profonde de ces expressions quand vous écoutez l’intégrale de Leo Ferre avec votre vieille mère. Néanmoins, vous vous révélez honnête et plein d’un humour las trop méconnu. Vos instants de tristesse ne durent jamais, car vous avez acquis au fil de galères invraisemblables une autodérision salutaire. Cette capacité inouïe à vous fourrer dans le pétrin a renforcé votre débrouillardise, d’autant que la solitude vous guette. En effet, la malchance vous fait toujours rencontrer des margoulins qui abusent de votre brave naïveté. Cela dit, votre heure viendra si vous persévérez dans la chanson à textes française, une bohémienne vous l’a prédit aux Saintes Maries de la Mer. Regardez vos idoles : Cali et surtout KA-TE-RINE ont bien réussi. Pourtant, ils n’étaient pas spécialement plus aidés que vous.

  • Vous avez une majorité de E :

Mmsmsmsmsm ! Ce grognement sort de votre bouche dès que vous l’ouvrez, à savoir rarement.  Sacré Rocker bougon ! D’une désinvolture rare, vous vous foutez absolument de tout et ceux qui ne sont pas d’accord avec vous n’ont qu’à aller se faire mettre. Cette attitude nonchalante - plutôt classe au demeurant - vous permet de cacher votre grande sensibilité tout en vous attirant la sympathie populaire. Honnête et loyal, vous vous exposez cependant à de vives critiques pour votre franc-parler sans que cela ne vous atteigne trop.   Vous ne ressemblez vraiment à personne, mais vous aimez beaucoup Carl Barât et Graham Coxon, 2 grands spécimens du genre !

 

  • Vous avez une majorité de F :

La classe, vous avez décroché la timbale du hype ! En bon rebelle fils à papa, vous adoptez les nouvelles tendances plus vite que votre (large) part d’ombre. Muni de votre i-pod nano, vous vous rendez aux puces pour vous acheter une Union Jack et un T-Shirt "Pete is innocent". Car Pete Doherty vous inspire beaucoup. Pas pour  son talent malheureusement, mais plutôt pour son aura médiatique, galvanisée par sa relation en dents de scie avec la Kate , votre idole fashion. D’ailleurs, un grand merci à elle pour vous avoir fait découvrir le rock. Un exemplaire non lu du bateau ivre à la main, vous vous demandez comment on écrit une chanson avant d’aller admirer la nouvelle scène parisienne au Gibus. Contrairement au rocker engagé, ennemi du rock friqué au point de négliger d’excellents disques, vous vous reconnaissez en tous les groupes bien sapés du moment, comme les Strokes ou The Rakes. Pourtant, votre vie trépidante et votre grande popularité ne vous font jamais oublier un mal être inné. Bon courage.

par Alex la Baronne publié dans : Bla Bla divers
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Vendredi 25 août 2006

(NDLR : Je sais, je parle beaucoup des Libertines, mais est ce de ma faute si j'ai reçu récemment 2 livres les concernant ?)

"Et si tu écrivais un livre sur nous ?" propose un soir Pete Doherty à son ami des premiers jours, Pete Welsh. Guitariste du groupe Kill City, celui-ci connaît les Libertines mieux que personne et va très vite s'atteler à cette périlleuse besogne. Des débuts miteux au concert complet de la prestigieuse Brixton Academy, l'extraordinaire épopée des terribles rejetons d'Albion évoque plus un concours de crachats qu'un mythe rock, tant chacun des 2 leaders essaye de tirer l’Union Jack à lui. Pourtant sincèrement admiratif de leurs prouesses musicales, l'auteur dresse un portrait implacable des célèbres frontmen, aidé en cela par leurs confidences d’une lucidité saisissante. Le témoignage de "Scarborough" Steve, premier chanteur du groupe, évoque des drogues déjà omniprésentes et surtout un univers imaginaire, Albion, difficile à appréhender. Cette complicité exceptionnelle pousse le duo à se retrancher dans des rêveries inaccessible, dégoûté d’un monde aussi fade que vain. Totalement fondus dans leur identité libertine, Carl et Pete séduisent alors les magnats de Rough Trade, célèbre label indépendant. Pete Welsh a interviewés : James Endeacott, Geoff Travis, Tony Linkin, tous comparent les premiers concerts des Libertines à ceux des Beatles dans leur période hambourgeoise, tous se disent ensorcelés par le charisme et l'énergie innée de ce tandem spirituel, insolent et enjoué. "Kids in the riot" prend alors des allures d'hommage, d'épitaphe à une gloire trop rapidement consumée.

Soudain, l'arrêt de mort. Une simple signature sur un contrat. "Le meilleur et le pire jour de ma vie", dira Doherty. Impuissant, l'auteur regarde ce dernier, dont il est très proche, commencer son inéluctable descente aux enfers, à mesure qu'il prend paradoxalement l'étoffe d'une rock star. Une chute vertigineuse décrite sans concessions, malgré une affection évidente pour l'enfant terrible du rock. Carl Barât, aujourd'hui décrit comme un saint, n'est pas épargné non plus par Welsh, avec qui il entretient des relations parfois tendues. De leur côté, les dirigeants de Rough Trade évoquent la "maladie mentale" de poulains absolument "ingérables". Un manager réputé pour sa sévérité se verra même congédié par "le groupe le plus infect en activité ", auteur de prestations parfaitement imprévisibles, un jour grandioses, le lendemain minables. Seul lieu épargné par le tumulte : le studio d'enregistrement où les garçons rencontrent leur producteur Mick Jones, véritable stabilisateur d'un vaisseau arcadien sabordé de toutes parts. L'ex chanteur des Clash, idole de l'auteur, tient définitivement le beau rôle dans cette sombre histoire, puisqu'il parviendra plus tard à maintenir un semblant de cohésion assez longtemps pour pouvoir enregistrer "The Libertines".

Véritable patchwork de révélations erratiques, ce livre évoque ensuite la tournée consécutive au premier album, "Up the bracket", dans une atmosphère décousue.  Parfois, le lecteur se perd un peu au milieu ces déclarations sordides pleines de flash backs. Cependant, la lente déshumanisation de Doherty devient de plus en plus tangible. Décomplexé par les opiacés et un charisme grandissant, Pete commence à revendiquer une place de leader que Carl considère comme acquise. La tournée aux USA, supposée apporter la consécration, s’apparente à un règlements de compte quand ce dernier persiste et signe : il chantera seul "I get along" à la TV américaine et son compère, privé de micro, n'assurera même pas les chœurs.  Après les fameuses "Babyshambles sessions", les 2 hommes rentrent au pays fâchés comme jamais. Le plus jeune épanche son désespoir avec une sincérité poignante et évoque les ruines d'une amitié, d'une passion même, exceptionnelle. Fasciné par le showbiz que son ami terrible vomit, Barât part quant à lui rejoindre des sphères plus hypes et exclut son acolyte du groupe. Une sentence peu appréciée, surtout venant d'un garçon lui aussi accro aux drogues dures pendant de longues années.

Bouleversé, l'auteur fuit le tumulte et atterrit en Crète. Quelques jours plus tard, son colocataire lui apprend la terrible nouvelle. Jusqu’alors très factuel, Pete Welsh se laisse submerger par le désarroi quand il découvre l’impensable : Doherty a tenté de le cambrioler, avant un essai plus réussi chez son co-frontman. Lisa Moorish, alors fiancée à Doherty et enceinte de 8 mois, dénonce son compagnon qui passe naturellement un mois en prison. Cette période voit ses amis et collaborateurs en proie à une hébétude affligée devant l’étendue des ravages provoqués par les drogues dures. Pour la première fois, Carl Barât laisse éclater sa colère et sa tristesse et n’esquive plus les conversations embarrassantes, comme il le faisait si bien auparavant. Sans doute pareillement choqués par cette trahison, l’auteur et le guitariste évoquent leur mal être et décident d’attendre le fautif à sa sortie de prison. Une scène à la nervosité burlesque parfaitement retranscrite, avant des retrouvailles émues scellées par un concert d’anthologie et un Barât qui atterrit ivre mort aux urgences. Cette accalmie de courte durée ne masque pas un éloignement inéluctable. D’accusations mesquines (Carl : "Pete n’est qu’un sale mégalomane") en regrets vils (Pete : "Si c’était à refaire, "Up the bracket" – la chanson – serait créditée à mon seul nom), les 2 compères versent dans la paranoïa et le délire complet. Un voyage à Paris, loin des féroces tabloïds, n’y changera rien. Quand "The Libertines" parait, le groupe est presque mort, malgré l’accueil enthousiaste réservé à ce second album. "Carl oscille perpétuellement entre des sentiments opposés. Soit il me hait, soit il m’aime trop. Il finira par se tuer. ", dira Pete. Il n’est pas le seul. Voila pour l’histoire humaine, terminée sur une ultime queue de poisson.

Heureusement, ces fragments d'interviews sont liés entre eux par la narration de l'auteur, véritable fil d'Ariane qui met intelligemment l'accent sur le talent musical du tandem. Dès l’explosif "What a waster", 1er single choc, Welsh souligne une extraordinaire spontanéité, des textes à la poésie vertigineuse. Quasiment vierges de toute influence, les Libertines n’échappent toutefois pas à un certain formatage. Le renouveau amené par les Strokes et leur formidable "Is this it" exige en effet un lot de codes dit "cools". Dans une logique revancharde, la perfide Albion commence à chercher un groupe capable de rivaliser avec les New Yorkais. Acceptant de remiser au placard leurs douces ballades et leurs pardessus, les Libertines branchent leur guitare, la veste en cuir sur les épaules. La machine est lancée, sous les yeux d’un Welsh confit en dévotion devant ces hymnes punk annonciateurs d’une nouvelle génération rock à la prestance britannique presque caricaturale. Car les Libertines incarnent plus qu’un simple groupe. "Ils sont un mode de vie" déclarera en préface le las Alan Mc Gee, leur ancien manageur. Un mode de vie souvent glauque, d’une fulgurance stellaire et empreint d’une loufoquerie parfois involontaire, mais toujours bienvenue tant certains passages choqu