Qu'elles contiennent un public fanatique ou protègent une sono fragile, les barrières de sécurité constituent l'Eden de tout spectateur fatigué et désireux de se cramponner à un dernier vestige de stabilité. Ce show des Fatals Picards, plein de sueur et de pogos, ne dérogea pas à la règle…
Pleine comme un œuf pressé d'éclore, la petite salle mulhousienne attend les nordistes rigolards avec une impatience fébrile. Les Suprêmes Dindes, quatuor mixte et partiellement travesti, se chargent de chauffer la foule pour une heure de rock'n'roll sauvage. Un peu trop, peut-être, tant la chanteuse Jacqueline caquette des textes incompréhensibles entre deux solos rageurs. Malgré l'évidente et lassante répétitivité de son répertoire, le groupe évite heureusement la débâcle grâce à ses costumes de secrétaires décadentes et son enthousiasme contagieux. Cette dernière qualité caractérise également à merveille les Fatals Picards. Portés par leurs textes d'une hilarante ironie, les cinq eurovisionnaires cassent du sucre sur le dos d'Amélie Poulain, décrivent un célibat loufoque et lamentable (Seul et célibataire), croquent avec la même féroce tendresse chasseurs (Chasse, pêche et biture) et joueurs de djembé (Djembé man). Le public tangue, des banderoles en l'honneur des héros fleurissent lorsque Goldorak est mort retentit pour la pseudo-fin du concert. Le premier rappel verra le groupe tenter de calmer un mouflet braillard avec Dors mon fils, une comptine passablement énervée, tandis qu'un medley clora définitivement le show, au grand dam d'un public légitimement ravi. A la fois simples et drôles, les Fatals Picards remontent à contre-courant une scène française parasitée par les clichés bien-pensants des niaiseux Tryo et l'intellectualisme de vernissage de Vincent Delerm. Un grand merci aux gars du Nord pour leur spontanéité et leur second degré.
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Après des mois d'une hibernation décalée, Alex la Baronne revient ! Orchestré par une savante pluie
d'articles plus corrosifs les uns que les autres, son retour s'annonce décapant !
Cela fait bien 20 minutes que je regarde ce maudit curseur clignoter et je n'aime pas cela. Souvent, avant de m'atteler à la rédaction d'une chronique, mon opinion se fixe, puis s'étoffe presque malgré moi au fil des paragraphes. Pourtant, "The Good, The Bad & The Queen" me laisse irrémédiablement perplexe. Ce disque me séduit, mais de loin. Un peu comme si je m'abandonnais à la contemplation d'un garçon très beau, mais dénué de l'étincelle de vie capable de me charmer.
13 ans. Je désespérais de trouver l'âme sœur au son de "With or without you". 10 ans plus tard, j'ai manqué pleurer de gratitude quand Noël Gallagher a déclaré à Bono : "Joue "One" et lâche nous avec l'Afrique."
16 ans. Je n'ai jamais osé avouer pourquoi je parlais bien anglais. Il faut dire qu'après des années vautrée devant des animatrices aussi plantureuses qu'élevées au chewing-gum ricain, j'ai peu de mérite. Au menu de mes après-midis : clips sucrés de boys bands corsés, talk shows décérébrés et quelques grosses baffes musicales en guise d'exception. Car le premier clip sur lequel je suis tombée en allumant MTV n'était autre que "Black hole sun" de Soundgarden.
17 ans.
J'ose espérer que Tireboulette me pardonnera cet emprunt à une de ses catégories chéries. C'est donc avec émotion que je vous annonce le lancement de la rubrique "Heureux de l'apprendre". Cette idée lumineuse m'étant venue alors que je gambadais gaiement dans un Ikéa de belle facture, vous serez HEUREUX D'APPRENDRE qu'en Suède :
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