Texte Libre

Classe ou Crasse ?

 

Chroniques rock'n'roll d'une Baronne

Mardi 17 avril 2007

    Qu'elles contiennent un public fanatique ou protègent une sono fragile, les barrières de sécurité constituent l'Eden de tout spectateur fatigué et désireux de se cramponner à un dernier vestige de stabilité. Ce show des Fatals Picards, plein de sueur et de pogos, ne dérogea pas à la règle…

    Pleine comme un œuf pressé d'éclore, la petite salle mulhousienne attend les nordistes rigolards avec une impatience fébrile. Les Suprêmes Dindes, quatuor mixte et partiellement travesti, se chargent de chauffer la foule pour une heure de rock'n'roll sauvage. Un peu trop, peut-être, tant la chanteuse Jacqueline caquette des textes incompréhensibles entre deux solos rageurs. Malgré l'évidente et lassante répétitivité de son répertoire, le groupe évite heureusement la débâcle grâce à ses costumes de secrétaires décadentes et son enthousiasme contagieux. Cette dernière qualité caractérise également à merveille les Fatals Picards. Portés par leurs textes d'une hilarante ironie, les cinq eurovisionnaires cassent du sucre sur le dos d'Amélie Poulain, décrivent un célibat loufoque et lamentable (Seul et célibataire), croquent avec la même féroce tendresse chasseurs (Chasse, pêche et biture) et joueurs de djembé (Djembé man). Le public tangue, des banderoles en l'honneur des héros fleurissent lorsque Goldorak est mort retentit pour la pseudo-fin du concert. Le premier rappel verra le groupe tenter de calmer un mouflet braillard avec Dors mon fils, une comptine passablement énervée, tandis qu'un medley clora définitivement le show, au grand dam d'un public légitimement ravi. A la fois simples et drôles, les Fatals Picards remontent à contre-courant une scène française parasitée par les clichés bien-pensants des niaiseux Tryo et l'intellectualisme de vernissage de Vincent Delerm. Un grand merci aux gars du Nord pour leur spontanéité et leur second degré.

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par Alex la Baronne publié dans : Journal d'une groupie
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Samedi 14 avril 2007

Note album : 7,5/10

 

Cela fait bien 20 minutes que je regarde ce maudit curseur clignoter et je n'aime pas cela. Souvent, avant de m'atteler à la rédaction d'une chronique, mon opinion se fixe, puis s'étoffe presque malgré moi au fil des paragraphes. Pourtant, "The Good, The Bad & The Queen" me laisse irrémédiablement perplexe. Ce disque me séduit, mais de loin. Un peu comme si je m'abandonnais à la contemplation d'un garçon très beau, mais dénué de l'étincelle de vie capable de me charmer.

J'ai tout d'abord pensé qu'il s'agissait d'une histoire de moment. Les puristes vous le diront tous. Si vous n'avez pas aimé un disque, c'est soit "parce qu'il ne se révèle qu'après de nombreuses écoutes", soit parce que "vous ne l'avez pas écouté au bon moment". Le supergroupe de Damon Albarn meubla donc un soir de panade sentimentale poussée, trotta à mes côtés durant une ballade campagnarde ensoleillée, me précipita vers un sommeil salvateur. Rien à faire. Certes, je perçois aisément l'ineffable beauté d'"History song", la douce classe psychédélique des idylliques "Green fields", la mélancolie mature d' "80's life". Mais cette électro-pop gracieuse reste trop désincarnée pour totalement m'envoûter.

Au fond – et c'est bien légitime – ce disque ressemble plus que tout autre à son propriétaire. Ne nous leurrons pas. Le mythique Paul Simonon et sa basse cette fois intacte, Simon Tong libéré du pompeux et pompant Ashcroft ainsi que le batteur Tony Allen s'apparentent plus à des mécènes de luxe qu'aux membres d'un groupe qu'après maints chichis existentiels, leur leader Damon Albarn se refuse à baptiser. Ses fans l'admettront : le Damon frise parfois la franche mégalomanie et n'est pas toujours super bien embouché avec son public. Cet adepte convaincu du Treat them mean, but keep them keen mérite cependant le respect le plus absolu pour l'ensemble de sa carrière, d'un éclectisme tout bonnement admirable. Idole des teens avec "The Great escape", plus sombre durant "Blur" et son virage américanisant, le chanteur s'est ensuite mué en marionnettiste aussi voyant que nimbé de mystère pour les facéties pop-hip-pop (pardon, l'allitération était facile) de Gorillaz. Et voici qu'à l'aube de la quarantaine surgit ce disque un tantinet déconcertant, drapé d'une aura conceptuelle. "The Good, The Bad & The Queen" se veut une description du Londres bohême et transporte dans une brume aussi scintillante qu'inaccessible. Au fil de belles  ballades dématérialisées évoquant parfois même Air, le supergroupe explore froidement les voies d'une élégie inaccessible,qu'un piano aérien maintient loin de toute véritable émotivité ("Northern whale", "Herculean"). Si dans le milieu du disque, le groupe s'enferme dans une certaine répétitivité, les derniers morceaux au psychédélisme délicatement festif, tels "Three changes" et la chanson titre dotée d'un final ébouriffant, bouclent élégamment la boucle. Et je ne sais toujours pas quoi ressentir à l'écoute de ce disque, si classe mais si distant. Je n'ai pas l'habitude qu'un bel album me snobe.

 

Classe : "Green fields", "The Good, The Bad & The Queen", Northern whale"

Crasse : Nature springs"


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par Alex la Baronne publié dans : Pop rock classe
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Jeudi 12 avril 2007

L'autre jour, saisissant une brèche dans l'emploi du temps de mon chef, j'en profitais pour m'éclipser avant l'heure de clôture légale. Le compte en banque plein et la discothèque vide, je me ruai vers la FNAC… pour en sortir exactement dans le même état. Voici donc ce que je n'ai pas trouvé lors de cette virée frustrante.

 

The Gossip – Standing in the way of control

 

Beth Ditto a beau chanter comme une reine de la soul et faire régulièrement la une des magazines anglais avec The Gossip, impossible de trouver "Standing in the way of control" dans les bacs de mon ex-magasin préféré. Pas grave, je contemplerai la diva pour un "listen up", sous influence de pizza royale.

 

The Horrors – Strange house

 

Sans doute trop crade pour ma belle contrée disciplinée. "Sheena is a parasite" interpelle autant qu'elle séduit avec son garage punk survitaminé.

Supergrass is 10 (DVD)

 

 Tant pis, je fêterai très en retard le jubilé du groupe sans les images. Allez, un petit "Moving" pour la route.








D'aucuns argueront qu'il me reste Amazon. Je ne vais pas tarder à y faire une petite virée, mais que voulez-vous, je suis très vieux jeu et surtout, j'aime bien rentrer chez moi avec un sac plein de disques.  

par Alex la Baronne publié dans : Chansons à thème
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Mardi 10 avril 2007

Les goûts et les convictions changent. Et avant de virer "vieille conne", je profite de ma maturité naissante pour renier mes délicieuses erreurs de jeunesse, souvenirs d'un temps ingrat que les moins de 16 ans connaissent quotidiennement…
 

U2

13 ans. Je désespérais de trouver l'âme sœur au son de "With or without you". 10 ans plus tard, j'ai manqué pleurer de gratitude quand Noël Gallagher a déclaré à Bono : "Joue "One" et lâche nous avec l'Afrique."
 

MTV

16 ans. Je n'ai jamais osé avouer pourquoi je parlais bien anglais. Il faut dire qu'après des années vautrée devant des animatrices aussi plantureuses qu'élevées au chewing-gum ricain, j'ai peu de mérite. Au menu de mes après-midis : clips sucrés de boys bands corsés, talk shows décérébrés et quelques grosses baffes musicales en guise d'exception. Car le premier clip sur lequel je suis tombée en allumant MTV n'était autre que "Black hole sun" de Soundgarden.
 

Muse

17 ans.  Ne sachant pas quoi faire, j'entrai en prépa comme d'autres entraient en psycho. Histoire de meubler le temps. Et je l'ai sacrément bien meublé. Entourée de jeunes matheux aux dents aussi longues que leurs pantalons étaient courts (OK, je dramatise un peu), je commençai à me prendre atrocement au sérieux. L'œil cerné et le cheveu mou, je me mis à idolâtrer Matt Bellamy, un presque inconnu à l"époque. 7 ans plus tard, je loue encore modestement mon flair et repense nostalgiquement à "Showbiz", indéniablement mon album préféré du groupe.

par Alex la Baronne publié dans : Bla Bla divers
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Mardi 3 avril 2007

J'ose espérer que Tireboulette me pardonnera cet emprunt à une de ses catégories chéries. C'est donc avec émotion que je vous annonce le lancement de la rubrique "Heureux de l'apprendre". Cette idée lumineuse m'étant venue alors que je gambadais gaiement dans un Ikéa de belle facture, vous serez HEUREUX D'APPRENDRE qu'en Suède :

- on dit restaurang, abonnemang, evenemang, meny (menu), byrå (bureau, et ouais), paraply (parapluie), perrong, balkong, mannekeng et… kapuschong

- afin de limiter la proportion d'éponges dans la population, l'alcool est surtaxé à 150% et est monopole d'état. Du coup, tout le monde vient avec sa propre bouteille d'Absolut aux soirées, et personne ne partage avec personne.  Les dommages collatéraux de ces sauteries se retrouvent le lendemain dans les trams locaux, où flotte un doux remugle d'éthanol. 

- on me prenait tout le temps pour une russe, allez comprendre pourquoi. 

- les autochtones viennent d'entrer dans le 20è siècle. Si vous avez envie de rire, demandez-leur comment ils appellent les années comprises en 0 et 100 de notre ère et laissez les chercher, car vous n'avez pas non plus la réponse. 

- 7 se dit sju. Ca se prononce ch, rrrrrr, prh, … ça ne se prononce pas quand on est étranger.

par Alex la Baronne publié dans : Heureux de l'apprendre
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