Note album : 8,5/10
Ceux là, personne ou presque ne peut les blairer. Leur chanteur chante comme une scie sauteuse, leurs titres s'apparentent à du Talking Heads – Radiohead – Velvet Underground (toutes mentions utiles) bas de gamme, et en plus, ces sales snobinards ont été consacrés sur internet. Ne parlons même pas de leur nom - à - rallonge - à-la-noix-garant-d'une-touche-arty. Il n'empêche, malgré toutes leurs imperfections, les Clap Your Hands Say Yeah possèdent un sens indéniable de la mélodie. Mieux, ils possèdent le pouvoir magique d'insuffler une émotion vibrante à chacune de leurs chansons.
Soyons clairs : "Some loud thunder" ne fera sûrement pas changer d'avis les détracteurs les plus acharnés du quintet new-yorkais. J'ai bien failli rejoindre cette majorité d'ailleurs, tant la première écoute de ce très attendu 2è opus s'est avérée pénible. Ah, quelle bouse, ai-je même pensé, toute à ma déception. Le son saturé de la chanson titre me paraissait outrageusement et prétentieusement saccagé, la batterie militaire de "Goodbye mother and the cove" me semblait d'une grandiloquence grotesque, "Arm and hammer" et sa guitare volontairement laborieuse m'ennuyaient prodigieusement. J'avais le sentiment confus d'assister à un sabotage trendy au nom d'une liberté artistique autorisant toutes les formes d'expression, même les plus laides.
J'ai alors soigneusement rangé le CD dans son boîtier, et, comme le dit si bien Albin, j'ai pris la télécommande rangée sous la table du salon.
Quelques jours plus tard, les oreilles vides et le cœur un peu lourd, je me suis réattaquée à la chose, qui traînait sous la table du salon, bien en évidence à côté de la télécommande. Le son saturé de la chanson titre me paraissait toujours outrageusement et prétentieusement saturé, la batterie militaire de "Goodbye mother and the cove" me semblait encore d'une grandiloquence grotesque, seuls "Arm and hammer" et sa guitare volontairement laborieuse m'ennuyaient peut-être un peu moins, mais m'ennuyaient toujours.
J'ai toutefois appris au fil des écoutes à aimer ces titres, comme on apprend quotidiennement à aimer son petit frère de 15 ans plein d'acné et de revendications stupides. Car, sous un vernis ingrat et rédhibitoire, "Some loud thunder" fourmille d'idées erratiques, désordonnées, pourtant presque toujours brillamment assemblées. La rassurante consistance du premier opus éponyme semble ici bien loin, surtout pendant un titre comme "Emily Jean Stock", où une nappe de clavier digne d'Arcade Fire rencontre la batterie de Meg White. "Love song no. 7" et son piano évoquant immanquablement John Lennon frappe par sa beauté solennelle, tout comme "Mama, won't you keep them castles in the air and burning ?" et ses violons tourbillonnants. Cette richesse instrumentale nouvelle n'empêche pas le groupe de toujours éprouver avec succès la recette électrique de ses débuts gagnants avec le poignant Yankee go home ou "Satan said dance", une version plus électronique de "The skin of my yellow country teeth". Seul le 11è et dernier titre, "Five Easy Pieces", ne convainc pas vraiment, avec ses bêlements hideux tout droits sortis d'une pub pour l'office de tourisme irlandais. Que voulez-vous, il fallait bien laisser une plage libératrice au leader Alec Ousworth. C'est peu en comparaison des 40 minutes restantes, qui réussissent à innover sans détruire.
J'ai encore écouté ce disque hier soir. La chanson titre m'a parue joyeusement floue, "Goodbye to mother and the cove" m'a charmée par son intensité allant crescendo et "Arm to hammer" semblait plus que jamais hanté d'une grâce paranoïaque.
Classe : "Yankee go home"
Crasse : "Five easy pieces"
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Ca y est, votre "Kick" est prêt ! Bien sûr, les White Rose Movement, auteurs de cette recette détonante, ne sont pas des parangons de novation. Par malheur pour eux, ils n'ont sorti leur premier album qu'en 2006, à l'heure où les Rakes et Bloc Party exerçaient déjà solidement leur assise sur la scène post-punk. C'est dire s'ils ne vous feront même pas changer de chaussures ou décrocher vos posters du mur de votre chambre. Ce léger retard, doublé d'une stratégie marketing désastreuse au point d'omettre l'affichage complet du nom du groupe sur la jaquette de "Kick", n'a sûrement pas aidé à propulser les 5 londoniens sur le devant de la scène. Un sacré gâchis, car ce disque est une tuerie, un anachronisme 80's plein d'une vigueur juvénile qu'il convient d'apprécier pleinement, sans se poser la moindre question. 
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