Texte Libre

Classe ou Crasse ?

 

Chroniques rock'n'roll d'une Baronne

Mercredi 31 janvier 2007

Note album : 7/10

 

Mouais. Pas facile pour moi d'évoquer ce disque. Honnêtement, je n'en pense pas grand-chose. Sans doute "Antics" plait-il aux fanas de Joy Divison, qui trouvent en Interpol un ersatz de leurs idoles passées. Les autres n'ont pas grand-chose à se mettre sous la dent, tant cet opus ressemble à une coquille Saint Jacques vide. Un bel enrobage musical ne pourra jamais occulter un relatif manque d'âme.

Des textes mélancoliques, une voix vibrante perdue dans un écho flou : Interpol peut se targuer d'être le pionnier du revival new-wave (notez la bizarrerie de l'expression), amorcé en 2002 avec son premier album, "Turn on the bright lights". Cette idée pas très novatrice octroya au quartet new-yorkais un leadership gonflé à l'acclamation d'une presse fille des 80's.  Attendu dans une impatience fébrile, "Antics", le second opus, confirma cette orientation nostalgique et gagna l'amitié du public grâce à quelques singles estimables, tels les très beaux "Evil" et "C'mere".  Les claviers solennels du troublant "Next exit" méritent également un détour, à l'instar de "Narc", pimenté par un plaisant interlude reggae. Toutes ces qualités n'empêchent pas ces titres de tomber très vite dans un oubli un peu injuste, dont seul l'excellent "Slow hands" s'extirpe avec ses paroles à la fois nerveuses et désabusées. Comme quoi ce single n'a pas été réédité pour rien.

"Antics" n'est pas un mauvais disque, certes. Il laisse simplement amer et songeur. Car ce qui s'apparente à un joli remplissage soigné aurait pu tutoyer l'excellence. Interpol peut nourrir des regrets.

 

Classe : "Slow hands"

Crasse : "Take you on a cruise"

par Alex la Baronne publié dans : Zone sonore intermédiaire
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Dimanche 28 janvier 2007

Il a beaucoup neigé la semaine dernière. Au moins 15 cm. Si, si, je vous jure ! Mon chien ne pouvait même plus marcher. Ensuite, il a vraiment fait très froid et, du coup, les routes étaient complètement verglacées. Heureusement, un redoux est attendu pour le week-end. Enfin, c'est ce qu'ils ont dit à Météo France. Oh, ne m'en parlez pas, de ceux-là. Ils ne sont vraiment pas fiables. C'est comme pour la tempête de 1999…


Rien de spécial à raconter ? Il vous reste les caprices célestes pour meubler.

 

1.      Claude François – Il fait beau, il fait bon (Single, 1971)

 

Si déjà on a rien à dire, autant le faire avec style. Monté sur talonnettes hydroliquess, Cloclo célèbre l'anticyclone des Açores dans un costume bleu à paillettes. Les moins sensibles reprendront en chœur, les autres fileront s'acheter des cache oreilles en plein été.


2.      Gene Kelly – I'm singing in the rain (1952)

 

Il pleut à verse. Evidemment, personne n'a de parapluie. L'occasion est trop belle. Votre pote Alfonso se met immédiatement à beugler "I'm singing in the rain". Las, vous accélérez. Ses Caterpillar muées en claquettes, il souille alors irrémédiablement vos mocassins. Saloperies de comédies musicales.



3.        The Weather Girls  – It's raining men (Single, 1982)

Au lieu de croupir sur MSN en compagnie de "bogos75" recruté sur Meetic.fr, ouvrez la fenêtre et regardez : vous n'allez pas en croire vos yeux. Des grands, des petits, des jeunes, des vieux… Alléluia !

 


4.      KT Tunstall – Under the weather (Eye to the telescope, 2004)

KT résulte d'un croisement breveté entre Norah Jones et Dido. Elle est très jolie et chante bien, mais on s'ennuie un peu. Heureusement, "Under the weather" et son final intense dissiperont les torpeurs récalcitrantes.

 

5.      Noir Désir – Le vent nous portera (Des visages, des figures, 2001)



      Parler de Noir Désir expose toujours à une bourde. Monstre pour les uns, poète maudit pour les autres, Bertrand Cantat a quoiqu'il en soit changé à jamais la face du rock français. Tout disparaîtra… Pas si sûr que cela.


6.      Kansas – Dust in the wind (Point of know return, 1977)

Auteurs d'une carrière honorable outre-atlantique, le groupe de rock progressif Kansas n'a pas emprunté le Concorde du succès. Le très beau "Dust in the wind" fait partie de ces titres archi-connus dont on peine à retrouver l'interprête.


7.      Eurythmics – Here comes the rain again (Touch, 1983)

La vie n'est pas tendre avec Annie Lennox. Sans cesse délaissée, trompée, ridiculisée, la blonde balayée se languit d'une vie meilleure dans "Here comes the rain again". Attention, dépression en vue.



 

8.      R.E.M. – I'll take the rain (Reveal, 2003)

Long. Et fade. L'avant-dernier album de R.E.M. ne déchaîne pas vraiment les foules. "I'll take the rain" et son ambiance bruineuse rappellent bien malgré eux l'époque dorée des 4 d'Atlanta, celle où "Shiny happy people" ensoleillait les charts.


9.      Belle and Sebastian – The fox in the snow (If you're feeling sinister, 1996)

Il fait un temps à ne pas mettre un renard dehors. Bercé par les ballades des écossais de Belle and Sebastian, l'animal rouquin s'aventure néanmoins dans un monde pop-folk aussi doux que féerique. Bien d'autres le suivront à la trace.


10.  I am kloot – Storm warning (Natural history, 2001)

Un titre prophétique. Miné par des disputes incessantes et une incapacité à promouvoir ses albums, le trio mancunien I am kloot offre un titre aussi superbe que confidentiel avec cet étrangement calme "Storm warning", à apprécier de toute urgence.

par Alex la Baronne publié dans : Chansons à thème
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Samedi 27 janvier 2007

Grrr… Chtif m'a précédée… Car moi aussi j'aime bien classer mes chroniques. L'autre jour, je relisais mon article, "Quel rocker êtes-vous ?". Et comme je trouvais ce test plutôt marrant, j'en ai concocté un deuxième… Alors, quel chef êtes-vous ?

1)     Quel est votre niveau de cheferie ?

A)    Tel Bruce Springsteen, vous êtes le Boss, le vrai. Vous êtes craint et respecté. Vos employés n'oseraient même pas tituber sans votre autorisation, même après avoir sifflé une pleine bouteille de Jack Daniels.

B)     Vous n'avez pas le droit d'être chef, mais vous en avez pourtant les compétences.

C)    Vous avez le droit d'être chef, mais vous n'en avez pourtant pas les compétences.

D)    Vous êtes super balaise, et ceci sans même vous forcer. Cependant, vous vous situez à un niveau légèrement inférieur à votre valeur réelle. La faute au titulaire de la réponse A), qui freine des 2 pieds votre progression par jalousie. En fait, vous vous en foutez un peu.

E)      Vous n'êtes pas ou plus vraiment chef. Il fut un temps où vous auriez pu l'être, mais un léger incident (grosse fâcherie) avec le titulaire de la réponse A) a relégué vos espoirs de promotion au placard.

 

2)     Qu'en est-il de vos relations avec vos employés ?

 

A)    Vous avez dressé un top 50 exhaustif de vos employés. Ledit classement repose sur des critères subjectifs, mais qu'importe, c'est vous le chef. Vous citez en exemple les plus méritants aux plus nuls et inversement. La plupart du temps, vous ne vous souvenez pas de leur prénom. Vous les appelez alors par le nom du dernier contrat qu'ils ont décroché.

B)     Vous vous fiez au classement de A) et agissez en conséquence.

C)    Les plus sympas ont la décence de ne pas rire de vous devant vous.

D)    Ils vous aiment bien et inversement.

E)      Vous n'avez plus d'employés car vous avez flanqué la frousse de sa vie au dernier avec votre humour noir.

 

3)     Quels sont vos horaires de travail ?

 

A)    Vous arrivez avant tout le monde et repartez après tout le monde. La faute à ces enfoirés du tertiaire qui vous emmerdent avec toutes ces formalités. Si au moins ces dindes de secrétaires n'étaient pas aux 35 heures. D'ailleurs, avec vous, elles n'y sont pas.

B)     Comme A). Mais si on y regarde de plus près, vous y êtes aux 35 heures, vous.

C)    Votre réveil n'a pas sonné et vous vous êtes levé à 11 heures. Cool, la pause déjeuner est dans une demi-heure.

D)    Les horaires de travail de vos employés, vous vous en fichez autant que des vôtres, tant que le boulot est fait correctement.

E)      Vous êtes souvent sur votre lieu de travail à des heures indues. Vous appelez avec le téléphone du boulot vos potes à Wellington pendant 2 heures histoire de maudire monsieur A).

 

4)     Des loisirs ?

 

A)    Quels loisirs ? L'important c'est la boite et le fric qu'elle engendre. Après, vous ne crachez pas sur quelques vacances à Tignes l'hiver et à Deauville l'été.

B)     Avec modération.

C)    Solitaire et démineur le jour, TV le soir.

D)    Vous avez une vie sociale normale, des copains et tout le tintouin. Vous faites aussi du sport. Rien à redire. Vous avez même des loisirs au boulot car c'est toujours vous qu'on envoie présenter une conférence aux Bahamas.

E)      Vous envoyez en douce des demandes de mutation ou des CVs à la concurrence.

 

5)     Et votre vie sentimentale ?

 

A)    Vous avez une femme, une maîtresse, 2 (+1) gamins, un labrador et une BMW.

B)     Vous en êtes très satisfait. Vous avez une femme gentille (un mari gentil) et des gosses gentils. Ils regrettent juste que vous ne soyez pas plus souvent à la maison. Mais que veulent-ils, le boulot vous appelle.

C)    Vous en êtes très satisfait. A la suite d'une opération dite "de la dernière chance", vous vous êtes trouvé une femme (un mari). Et vous avez eu avec elle (lui) de gentils gamins.

D)    Tout comme votre vie professionnelle, c'est une réussite. Votre femme (votre mari) et vos gamins sont sympas et intelligents de surcroît. Ou alors, vous êtes un(e) célibataire glorieux(euse)

E)      Que vous soyez célibataire ou divorcé(e), quelque chose a lamentablement foiré. La faute à votre caractère de cochon, encore une fois.

 

6)     Tartempion vient d'être promu. Il a organisé un buffet pour célébrer l'évènement. Que faites-vous ?

 

A)    Un couteau en main, vous tapez sur un verre en cristal et réclamez un silence absolu. Ensuite, vous vous félicitez d'avoir si dynamiquement promu Tartempion.

B)     Tartempion, c'est vous. Et cette foutue promotion, vous l'attendiez depuis 20 ans. Autant la fêter dignement, non ?

C)    Vous vous jetez sur le buffet comme un sanglier puis picolez comme un âne. Tout le monde vous regarde et murmure dans votre dos. Vous passez l'après-midi à cuver devant une partie de démineur.

D)    Vous faites comme C) mais personne ne le remarque.

E)      La promotion de ce fayot de Tartempion, vous vous en tapez le cul par terre. Vous mangez un vieux sandwich chez vous en écoutant les Pixies à donf pour emmerder vos voisins.

 

7)     Il va falloir virer Machin…

 

A)    Vous faites votre grand numéro paternaliste et lui donnez même des cartons. Puis vous soupirez tristement : la prochaine fois, ça sera enfin E).

B)     Machin n'avait qu'à travailler plus.

C)    Vous soupirez de soulagement. Car Machin, ça aurait très bien pu être vous.

D)    Vous n'étiez pas d'accord avec A). Du coup, vous recommandez Machin auprès d'un de vos copains d'une boite concurrente.

E)      Vous hésitez à aller donner votre démission par solidarité avec Machin. Avant de vous raviser au dernier moment.

 

8)     Un grand séminaire est organisé dans votre entreprise et il faut préparer 100 Litres de café…

 

A)    Vous bombardez au hasard un innocent subalterne "responsable café". Cette désignation effectuée, vous lui foutez grave la pression, sans jamais dire "s'il vous plait" ou "merci". Et comme il risque d'y avoir une pénurie au niveau du buffet, vous lui enjoignez de ne pas trop se goinfrer.

B)     Vous avez un dossier important à boucler. Le café, d'autres peuvent très bien s'en charger.

C)   La cafetière de Tartempion gît à vos pieds, en miettes. Vous vouliez bien faire pourtant.

D)    Vous passez la tête par la porte caféinée et faites votre sourire le plus exquis. "Si vous voulez, je peux envoyer Machin et Truc pour vous filer un coup de main".

E)     C'est encore vous qui vous tapez la préparation de ce putain de café. Et comme vous en buvez autant que vous en faites, vous vous retrouvez tachycarde pendant ce putain de séminaire.

 

9)     Tiens, tiens ! Vous venez d'avoir une idée !

 

A)    OK, ce n'est pas vraiment votre idée. Mais vous aimez bien le communisme unilatéral. Les idées de vos employés sont les vôtres.

B)     A) était super content quand vous lui avez soumis cette idée. Mais il n'en a plus jamais reparlé.

C)    Cette idée vous semble géniale mais vous avez quand même un doute. Du coup, vous allez voir votre subalterne pour lui demander confirmation, et surtout pour être sûr de ne pas l'oublier (l'idée, pas le subalterne). Peine perdue, votre idée s'est révélée foireuse.

D)    L'idée, c'est vous. La réalisation, c'est votre employé. Ca marche du feu de Dieu, comme d'habitude.

       E)      Vous gardez l'idée pour vous dans l'espoir secret de la faire breveter un jour.

 

10) Aïe, aïe, aïe !!! Les sirènes retentissent, les portes coupe-feu se ferment. C'est l'alerte incendie !

 

A)    Vous alpaguez le premier subalterne qui passe et l'enjoignez d'évacuer vos effets personnels, dont votre frigo.

B)     C'est la panique absolue. Vous tournicotez dans tous les sens et plongez dans les flammes au péril de votre vie pour récupérer la photocopieuse flambant neuve.

C)    A califourchon sur votre extincteur, vous ressemblez étrangement à Don Quichotte chevauchant Rossinante. Car il n'y a pas de feu. Vous avez juste oublié de lire le mail précisant qu'il s'agissait d'un simple exercice.

D)    Vous attrapez vos effets personnels et sortez très calmement. Votre bureau avait besoin d'une rénovation de toute façon.

E)      Vous regardez les flammes lécher la porte de votre bureau. Histoire de faire chier Monsieur A), vous allez mourir.

 

Vous avez une majorité de A) :

 

Vous êtes la terreur de l'employé lambda, l'acmé de l'employé brillant. En despote mal éclairé, vous régnez à l'ancienne, sans conteste et sans réflexion.  Seuls les plus laborieux trouvent grâce à vos yeux, car ils bossent beaucoup mais ne vous menacent pas. Indifférent au bien-être de votre staff, vous exigez des résultats, de du fric, des résultats, des rentrées d'argent, des résultats et du pognon. Néanmoins, malgré un orgueil très présent, vous savez mangez la main d'un plus gradé que vous. Méfiez-vous. Tout cela pourrait bien vous retomber sur la gueule.

 

Vous avez une majorité de B) :

 

Qu'importe la boite et son patron : vous avez la Foi. Totalement dévoué à votre noble tâche, vous êtes la coqueluche de votre boss, vous, l'acharné laborieux. A force d'assiduité, vous avez bien fini par atteindre une position correcte mais quelque chose vous freine, et vous ne savez pas quoi. Qu'importe, votre esprit d'entreprise indéfectible vous empêche de trop y penser. Côté relationnel, certains de vos collègues vous trouvent un peu fayot avec le boss, mais votre enthousiasme professionnel fait tellement plaisir à voir qu'ils vous aiment bien quand même.

 

Vous avez une majorité de C) :

 

Ouh là ! A croire que c'est une tradition. Qui n'a pas dans son entreprise un incompétent notoire, cette mascotte à vocation défoulatoire ? Sous une pluie de quolibets et de surnoms peu aimables, vous n'accomplissez pas votre devoir et vous vous en tapez. Oh, vous êtes sympa dans le fond, mais travailler avec vous équivaut à se trimballer avec un boulet en fonte à chaque pied. Qu'importe, suite à un délicieux malentendu, vous avez été promu. C'est votre femme qui va être contente.

 

Vous avez une majorité de D) :

 

Alors là, c'est la grande classe. Vous appartenez en effet à la grande dynastie des m'en foutistes délégatifs. Votre premier patron, un m'en foutiste délégatif, vous a transmis son pouvoir héréditaire au cours d'un rite initiatique particulièrement instructif. Cet enseignement vous a permis d'acquérir par vous-même des compétences et une indépendance remarquables, pour devenir vous-même un m'en foutiste délégatif. Même s'ils vous trouvent parfois exaspérant de légèreté, vos employés vous aiment bien, car ils apprennent beaucoup à votre contact et peuvent toujours compter sur vous pour les sauver. Enfin, quand vous êtes là. Car on vous envoie toujours aux 4 coins du monde pour représenter votre entreprise. Veinard, va.

 

Vous avez une majorité de E) :

 

Et merde. Vous étiez bien parti, pourtant. Placé sur l'autoroute du succès, vous êtes entré de plein fouet en collision avec un bulldozer conduit par un despote mal éclairé. Du coup, vous êtes devenu un Che, un authentique dissident. Cette catastrophe aurait peut-être pu être évitée si vous aviez été un chouïa moins borné … euh, pardon, rien. C'est assez triste, car vous êtes souvent quelqu'un de charmant, enfin, quand vous avez suffisamment le moral pour le montrer. Empêtré dans une situation bourbeuse, vous vous êtes mis tout le monde à dos et seule une mutation arrangera les choses. Courage.

par Alex la Baronne publié dans : Bla Bla divers
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Jeudi 25 janvier 2007

Note album : 7/10

 (NDLR : Alex la Baronne a rencontré au cours de la première version de cet article quelques problèmes que nous qualifierons pudiquement de "chronologiques". Heureusement, Ska et Labosonic veillaient au grain. Un grand merci à eux.)

Je garde un excellent souvenir de ce concert d'Archive. En 2004, le groupe s'était produit à la foire aux Vins de Colmar en première partie de Massive Attack. Porté par la présence quasi hypnotique de Craig Walker, son chanteur d'alors, la formation dégageait une énergie étonnante. Les titres agressifs et rageurs s'enchaînaient parfaitement sous la houlette dynamique du duo fondateur Darius Keeler – Daniel Grifftihs. En bref, j'étais venue voir Massive Attack. Je suis repartie avec "Noise" sur ma liste d'achats.

J'ai ensuite écouté le disque. Me suis remémoré le concert. Et j'ai dit banco. Car faire digérer à un public souvent dissipé des chansons de 6 minutes minimum n'est pas un mince exploit. Archive l'a pourtant réalisé avec la première moitié de"Noise", son 4è album. Un album plutôt rock qui plus est, bien loin du trip-hop initial d'un groupe caméléon, toujours à la recherche d'un mercenaire chanteur. A ce jour, Keeler et Griffiths, dont l'association constitue l'épine dorsale d'Archive, ont épuisé 5 chanteurs. Presque un par album. Craig Walker, l'interprète de ce "Noise" fut assurément le plus charismatique. Le seul à pouvoir donner une dimension humaine à un son parfois robotique et désincarné.

Pourtant, il faut bien être honnête. 6 minutes et des brouettes par titre, c'est parfois un peu trop. Ne mentionnons même pas de l'interminable introduction mollassonne de "Waste", heureusement achevée dans un déferlement pulsatile jubilatoire. Pour parler prosaïquement, la plupart des chansons gagneraient à perdre 2 minutes, hormis les 3 dernières, totalement irrattrapables de langueur. Plus réussies, les calmes "Sleep" et "Conscience" renouent élégamment avec les racines planantes de la formation, grâce à quelques synthés aériens. Mais la force de cet opus réside dans ses paroles brèves et sèches comme des uppercuts  ("Noise", "Fuck U"), qui reposent sur des airs aussi entêtants que confiants. "Get out" reste à ce titre le point fort du disque avec sa mélodie accrocheuse et son texte d'une sincérité sans équivoque.

A l'heure où le disque pop rock idéal dure 35 minutes montre en main, Archive s'est payé le luxe de la longueur avec un succès modéré. Car au final, 9 titres plus 2 interludes suffisent largement à cet opus.

 

Classe : "Get out"

Crasse : les trois derniers titres
par Alex la Baronne publié dans : Zone sonore intermédiaire
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Mardi 23 janvier 2007

C'est l'histoire de deux groupes.
Tous deux sont américains.
Tous deux ont éclos à une période où puer des pieds et fracasser
sa guitare sur scène était de rigueur.

Mais aucun de ces groupes ne puait des pieds ni ne fracassait sa guitare
sur scène.

Ils se sont adaptés, pourtant.

Et à 2 ans d'intervalle, ces deux groupes ont sorti deux chansons étrangement
similaires. Leur premier hit à chacun, d'ailleurs. Ce sont aujourd'hui des
vestiges d'une époque révolue, des hymnes au mal être adolescent, des
satyres d'une jeunesse superficielle et vénale.

En 1994, Beck sort son mythique "loser". La même année, un chanteur aussi complexé que talentueux personnifie magnifiquement le hit. Rivers Cuomo est le déconcertant leader de Weezer. "Undone (the sweater song)" débute par une conversation adolescente calée sur des arpèges électriques angoissants. Il y est question d'un concert inratable et de son indispensable after. En complet décalage avec ce confiant dialogue, le phrasé monocorde de Cuomo prend alors le relais.  On découvre alors un adolescent en pleine crise ingrate, en proie au doute et au malaise.

Oh no
It go
It gone
Bye-bye
Who I
I think
I sink
And I die

Amorcé par un déluge de guitares grunge, le refrain confirme le trouble avec un humour indéniable. Car dans l'univers impitoyable des teens, la popularité et l'exclusion ne tiennent qu'à un fil de pull-over...

 

If you want to destroy my sweater
Hold this thread as I walk away (as I walk away)
Watch me unravel, I'll soon be naked
Lying on the floor (lying on the floor)
I've come undone

I don't want to destroy your tank-top
Let's be friends and j
Cuomo décrit ce titre comme "à la fois triste et comique".Réalisée par 
Spike Jonze, la vidéo d'"Undone" exploite pleinement ce décalage. On y
découvre un groupe plutôt sombre, jouant au ralenti, perdu sur une morne
scène envahie par des chiens. Weezer vient de s'assurer un énorme succès
d'une façon bien singulière.


1996. Cette intro en rappelle furieusement une autre, avec ses arpèges
oppressants et son dialogue juvénile. Soudain, les phrases défilent à une
vitesse impressionnante, portées par une rage et un cynisme explosifs.
"Popular" ou comment devenir une pétasse en 10 leçons. Matthew Caws, le
chanteur de Nada Surf, n'a pas pourtant vraiment l'allure d'une rock star.
Non, il ressemble au gendre idéal, poli, aimable, cultivé. Mais les mots sont là.
Et ils frappent là où ça fait mal. En plein cœur d'une jeunesse universitaire
américaine à la fois puritaine et dépravée.


Being attractive is the most important thing there is
If you wanna catch the biggest fish in your pond
You have to be as attractive as possible
Make sure to keep your hair spotless and clean
Wash it at least every two weeks
Once every two weeks
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