Classe ou Crasse ?

Chroniques rock'n'roll d'une Baronne

John Grisham – L'idéaliste (1995)

Grisham-l-idealiste.jpgQuand Thom a lancé son crossover des blogs, j'ai été bien embêtée. Tout simplement parce que j'oublie le contenu d'un bouquin à peine celui-ci fini, au point de relire mes préférés une bonne dizaine de fois sans m'en lasser. Ainsi, Malevil de Robert Merle me laissa de prime lecture une impression extrêmement positive, mais j'arrêtai de pleurer comme une madeleine à la fin seulement après ma quatrième immersion dans son monde post bombe atomique. Le jour où j'ai décidé de vous parler de L'idéaliste (The Rainmaker en VO), je suis naturellement allée le chercher dans son placard, histoire de me replonger dans les aventures de Rudy Bailor… et je me suis rappelée que si j'aimais tant Rudy Bailor, c'était justement parce nous traînions tous deux le même genre de guigne.

Le placard abritant L'idéaliste était coincé. Complètement coincé. Impossible de tourner la clef dans la serrure. Comme je ne suis pas très bavarde, j'ai hélé mon père et lui ai désigné du doigt cette foutue anti boite de Pandorre. Il a posé L'Equipe pour m'expliquer que la porte était obstruée par un trop grand nombre de livres. Je me suis alors promis de ne jamais enfermer mes disques dans un placard, aussi disposé à s'ouvrir soit-il, et, de retour devant ma bibliothèque, je me suis demandé de quel livre j'allais bien pouvoir parler, puisque l'idéaliste avait été sauvagement coffré par une junte mobilière répressive.

J'ai passé en revue avec un sourire ému la saga d'Henri Troyat, La lumière des justes, me suis rappelé mes larmes à la fin du quatrième volume. Un étage plus bas, Misery de Stephen King siégeait, en français et en allemand, même si je n'ai jamais dépassé la page 50 dans la langue de Goethe. J'ai également effleuré la couverture de l'autobiographie de ma cousine britannique, Bridget Jones, avant de me rendre à l'évidence : je voulais parler de l'Idéaliste et de rien d'autre. Je ne me souvenais plus très bien de l'intrigue, et alors ?

Avant de vendre des livres par pétroliers entiers, John Grisham était avocat. Tous ses héros ou presque exercent la même profession, puisque leur papa écrit des polars judiciaires pleins de lois et de procès fleuves. Pour ces épaisses raisons législatives, les personnages grishamiens ne brillent pas par leur personnalité, et encore moins par leur humanité. Ce ne sont pas des anti-héros, non. C'est encore bien pire…

Ce sont des non-héros. En dehors de leur activité professionnelle, ils n'ont pas de vie, pas de tragiques histoires d'amour, pas d'amis sympas mais un peu paumés, pas de qualités, pas de défauts. Ils n'ont même pas d'humour. Ils traversent leurs intrigues comme des fantômes. Oh, le héros du Couloir de la mort se prend bien une cuite retentissante chez un témoin clef de l'affaire en cours, mais quelle importance ? Il semble défendre son propre grand-père condamné à mort comme s'il s'occupait d'un sac de viande. Quant aux protagonistes de La Firme ou de L'affaire Pélican, ils sont dotés d'un charisme si underground qu'on les oublie sitôt après les avoir connus.

Et puis, il y a Rudy Bailor, le jeune avocat malchanceux de l'Idéaliste, celui qui me ressemble étrangement. A la fois cynique et utopiste. Blasé et optimiste. Las et opiniâtre. Rudy a perdu son père très jeune, sa mère appartient à l'effarante caste des post hippies en caravane. Quand il ne déteste pas ses collègues, il leur voue une indifférence polie. Le petit cabinet d'avocats qui devait l'embaucher s'est finalement désisté. Sa petite amie l'a jeté pour un mec beaucoup plus beau et riche, mais surtout beaucoup plus con, et a même trouvé le moyen de se faire engrosser par ce triste individu. Bref, Rudy Bailor n'est pas un non-héros. C'est un anti-héros dans toute sa splendeur, bourré d'ironie désespérée et rêveusement revanchard.

Un beau jour, dans le cadre d'une consultation organisée dans une maison de retraire, Rudy fait la connaissance d'un vieux couple, les Black. Ces derniers ont un fils, Donny Ray, victime d'une leucémie. Ses jours semblent comptés mais les Black désirent intenter un procès à leur compagnie d'assurance, qui a refusé mordicus de verser la somme nécessaire à une greffe de mœlle salvatrice. Tout en assurant péniblement sa subsistance, Rudy va employer toute son énergie à défendre les Black et faire condamner les assureurs marrons. Cette cause profondément juste deviendra sa raison de vivre et le confortera dans sa basse opinion de l'humanité. Toutefois, quelques rencontres touchantes vont émailler son parcours, comme celle avec un avocat véreux mais décidé à l'aider ou encore cette vieille dame un peu tyrannique qui l'héberge (presque) gracieusement. Et si tout ne se solde pas par un happy end, une petite part de justice et d'humanité triompheront. C'est sans doute pour ces bonnes raisons que L'idéaliste est sans doute le roman de Grisham à lire absolument.    

par Alex la Baronne publié dans : Saines lectures
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Une chanson s'apparente parfois à une publicité mensongère : lire le titre ne suffit pas. Vous pensiez avoir déniché la chanson rock ultime ? Peut être bien, mais méfiez-vous des contrefaçons…


1.      Bill Haley & His Comets – Rock around the clock (1954)

Bill-Haley-Rock-Around-the-Clock.jpgAvec ce titre là, le good old rock'n'roll peut danser sur ses deux oreilles. Composé durant une époque de friches, Rock around the clock mérite tout le respect que l'on accorde aux pionniers.




2.      Joan Jett – I love rock'n'roll (I love rock'n'roll, 1981)

joan-jett-I-love-rock-n-roll.JPGLe rock compte aussi quelques malheureux Jean-Claude Duss. Force est de constater que Joan Jett s'est pris un beau râteau avec sa gentille déclaration. Il ne faut pas seulement aimer pour être aimé, surtout quand il s'agit d'une reprise...



3. Daft Punk – Rock'n'roll (Homework, 1997)

daft_punk_homework.jpgEncore une belle contradiction en perspective. Pourtant, Rock'n'roll incarne tout simplement le meilleur de Daft Punk pour un titre déstructuré, accrocheur et … purement électronique.
 



4.Ramones – Rock'n'roll High School (End of the century, 1980)

ramones_rocket_to_russia.jpgOu comment devenir un bon punk en 2 minutes chrono. Allez, on enfile son perfecto râpé, on secoue sa tignasse grasse et on aligne un titre terriblement binaire et crétin dans les dents du premier venu. Simple, mais tellement efficace.



5.      The Clash – Love's rock (London Calling, 1979)

clash_london_calling.jpgApparemment, la leçon de Dee Dee & Co. a porté ses fruits. Plus sérieux, plus politisés mais tout aussi teigneux, les Clash s'imposent de loin comme le meilleur groupe punk britannique, n'en déplaise aux Sex Pistols.

 

6.N*E*R*D – Rock star (In search of..., 2001)

NERD---Insearchof.jpgMon ordinateur recueille parfois des morceaux à l'insu de mon plein gré. J'ignore encore aujourd'hui comment cette chose hip-hop a atterri mon disque dur. Quelqu'un prônant l'éclectisme a sans doute voulu m'ouvrir les oreilles à d'autres horizons.

 

7.The Velvet Underground – Rock'n'roll (Loaded, 1970)

The-Velvet-Underground-Loadedalbum.jpgQuand un des (Le ?) meilleur groupe de tous les temps donne sa version des faits, on se tait, on écoute et on admire. Que faire de plus sans se ridiculiser ?

 

8.Mylo – Destroy Rock'n'roll (Destroy Rock'n'roll, 2004) 

Mylo-Destroy-Rock-and-Roll-front-cover.jpgIl a de la chance, l'électronicien. C'est bien parce qu'il ne s'en tire pas si mal qu'on lui épargnera un coup de fer 7 punitif sur les doigts. Mais une autre suggestion du genre de Destroy Rock'n'roll et il n'y coupera pas.

 

9.Art Brut – Bang Bang rock'n'roll (Bang Bang rock'n'roll, 2005)

art_brut_bang_bang_rock___roll.jpgEt si, en 2005, les vraies rock stars n'avaient rien d'une rock star ? Avec son petit ventrou, sa moustache de VRP Peugeot et son baratin gouailleur, Eddie Argos évoque plus un gentil voisin de pallier qu'un Dieu de la scène. Et pourtant, Eddie est une rock star sans même essayer, contrairement à ses petits collègues poseurs et méchus. Car pour pondre des textes pareils et assumer sans complexe un album aussi radicalement différent, il faut un charisme hors du commun.

 

10.  Led Zeppelin – Rock'n'roll (Led Zeppelin IV, 1971)

LedZeppelinFourSymbols.jpgDepuis ce jour maudit où, dans ma toute prime jeunesse, un sauvage en T-Shirt déchiré me vilipenda publiquement pour avoir affilié Led Zeppelin au hard-rock, Page et sa bande m'indiffèrent assez royalement. C'est con, mais rien à faire pour l'instant.

 

par Alex la Baronne publié dans : Chansons à thème communauté : Le Monde du Rock
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