Texte Libre

Classe ou Crasse ?

 

Chroniques rock'n'roll d'une Baronne

Jeudi 2 novembre 2006

Note album : 4,5/10


Vos Vans à damiers peuvent se réjouir. Confinées depuis 20 ans dans un placard, les voici à nouveau au goût du jour. La faute aux Dead 60's, une formation ska fortement inspirée par Madness et consorts. Cette surprenante orientation musicale s'accompagne en outre d'un déni prononcé des origines du groupe. En effet, ces 4 liverpooliens désirent par-dessus tout se démarquer des Beatles, encore prononcée d'un nom choisi en cheminant sur Penny Lane illustre bien une certaine overdose de légendaire. Plus curieux encore, ce premier album éponyme sortit aux USA avant d'être réalisé en Angleterre. Tout un symbole, même si la version américaine du disque contient un système anti-piratage relevant justement du hacking, au point de limiter le succès du groupe outre-atlantique. Fort magnanimes, les Dead 60's révisèrent leur stratégie marketing et permirent aux chanceux européens d'écouter un disque vierge de tout programme espion. Ce protectionnisme exacerbé n'incite pas à l'indulgence, à l'heure où le P2P constitue un excellent moyen de découvrir pléthore d'excellents groupes, dont les Dead 60's ne font assurément pas partie.

Décliné en 2 versions fort différentes de part et d'autre de l'Atlantique, cet opus se révèle plus que moyen, excepté l'introductif "Riot radio" et son riff plein d'un peps imparable.  Quelques autres bons moments, notamment l'instrumental "Soul survivor" et un "Ghostfaced killer" très semblable à "One step beyond" de Madness, viennent meubler un gloubiboulga puk-ska-reggae visant à péniblement remplir 35 minutes d'un disque poussif et globalement dispensable. Comparés aux Clash par quelques journalistes peu inspirés, les Dead 60's semblent au contraire peu inspirés et se perdent dans des chansons répétitives ("Red light", "Train to nowhere") et bien vite lassantes. A ce tarif là, mieux vaut écouter Madness pour se payer une bonne tranche de rigolade devant leur look exceptionnel, que leurs faibles successeurs n'ont même pas la convenance d'arborer.

 

Classe : "Riot radio"

Crasse : "We get low"

par Alex la Baronne publié dans : Nullités crasses
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Dimanche 6 août 2006

Note album : 2,5/10

Reflet musical de la société actuelle, Coldplay évoque les travers aseptisés d'un monde où le moindre manquement aux règles équivaut à une odieuse agression. La censure exercée sur le plus infime juron le prouve efficacement : malgré quelques heureuses exceptions, le rock rebelle et spontané vit des moments difficiles. L'heure est au lisse, au politiquement correct, au bon esprit aussi vrai qu'un canapé en skaï. Dans ce contexte ennuyeux, Chris Martin, véritable grand frère bienveillant et consensuel, veille sur vous avec "X&Y", un "chef d'œuvre" pour certains critiques enfin libérés de leur antiques insomnies grâce à cet opus.

Sorti en Juin 2005, ce déodorant auditif laissera dans vos oreilles un parfum discret qui deviendra très rapidement imperceptible. Impossible de dénicher un hit majeur ou même un riff mémorable durant cette traversée d'une morne plaine wallonne, très brièvement animée par les faibles Ardennes "Talk" et "The hardest part". Bien sûr, la susdite kyrielle de comparaisons n'a pas valeur d'argument. Mais comment qualifier un disque que l'on peut entendre 10 fois sans jamais l'écouter ? Comment résister à ces piaulements faméliques ("What if") parfois entourés de chœurs douceâtres ("Fix you") ? Comment ne pas frôler l'hyperglycémie avec ce piano mielleux ("Speed of sound") ? Et surtout, comment supporter un groupe qui nous ressert depuis 6 ans la même tambouille en chaque fois plus diluée ? Ces 4 garçons se moqueraient-ils de nous, attablés devant leur tofu quotidien ? Leur 3è opus possède en tout cas les caractéristiques de la junk food qu'ils vomissent. Un plat vite consommé et sans saveur.     

Classe : "The hardest part"

Crasse : "Speed of sound" (et beaucoup d’autres…)

Autre chronique concernant Coldplay sur ce blog :

Super cadeau :

par Alex la Baronne publié dans : Nullités crasses
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Jeudi 3 août 2006

Note album : 3,5/10

Attention, travaux. Achevé en Octobre 2004, ce chantier éponyme aurait mérité quelques mois de maturation supplémentaire. Cependant, le concept initial se révèle plutôt séduisant. 4 garçons plutôt choupinets et bien mis jouent un indie rock sucré plein de chœurs enthousiastes. Vous pensez à Franz Ferdinand ? Aux Kaiser Chiefs qui auraient oublié leur claviériste sur une aire d’autoroute ? Remisez vite vos illusions au vestiaire car cette fois la mayonnaise ne prend pas. La faute à un incontestable manque de discernement illustré par d’exaspérants canons ("Danger of the water", "The city is here for you to use"). Ces fatigantes polyphonies, jusque là heureusement réservées aux bergers corses, se retrouvent en effet tout au long de ces 15 titres. 40 minutes pendant lesquelles vous maudirez les 3 blancs becs occupés à obstinément couvrir la voix du chanteur principal. En outre, caser 5 couplets, 3 refrains, 2 variations différentes et un solo de guitare ("He knows", "A to B", etc…) dans des titres d’à peine 2 minutes 30 n’incite pas à la mémorisation immédiate. Les fragments se suivent ici sans la moindre cohérence, sans même un air digne d'attention.

Certes, un indice flagrant avait annoncé cette débâcle. Las de stagner dans un anonymat peu gratifiant, les Futureheads se sont faits connaître grâce à leur version du tube de Kate Bush, "Hounds of love". Vecteur imparable de succès, la reprise n’en demeure pas moins souvent un exercice creux, surtout lorsqu’elle s’accompagne de visées commerciales. Par la suite, le groupe s'attira durablement la sympathie du public en rééditant son ludique single "Decent days and nights", seul titre énergique et structuré au sein de cette interminable réverbération sonore suffisant à détraquer le sonar d’un dauphin.  Après quelques écoutes indulgentes et patientes, les initiaux "Le garage" et "Robot" se laissent également entendre, mais ne masquent toutefois pas l’essoufflement quasi immédiat et la vacuité de ce disque, qui finit dans un fatras doublé de textes ineptes ("First day","Man ray").  Avis aux plus téméraires* : "News and tributes", le successeur, se trouve déjà dans les bacs. Boules quies vendues séparément.

Classe : "Decent days and nights"

Crasse : "Man ray"

* Dont je fais partie, ah ah !

Super cadeau :

par Alex la Baronne publié dans : Nullités crasses
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Mercredi 2 août 2006

Note album : 4/10

 

Vendredi 21 Juillet

 

Par un hasard inconcevable, "Black holes & revelations" atterrit en pistes détachées dans ma boite mail. Problème : je ne peux pas le télécharger au boulot sous peine de m’exposer à des poursuites judiciaires peu valorisantes. Rendez-vous est pris avec l’ordinateur de ma sœur pour le week-end suivant.

 

 

Dimanche 23 Juillet

 

Incompréhensible. Le serveur Yahoo bugue obstinément depuis 2 heures. Malgré toutes mes tentatives, je repartirai sans le 4è opus de Muse. Ces circonstances inhabituelles me mettent la puce à l’oreille. Et si ce disque était mauvais ?

 

Lundi 24 Juillet

Suante et terrifiée, je jette un coup d'œil sournois à ma boss, assise en face de moi. Elle mâche son chewing-gum tout en jurant copieusement contre certaines lenteurs administratives chroniques. D’une main tremblante, je lance ce maudit téléchargement qui rate lamentablement. Une tentative ultérieure finira par aboutir. Après un bref coup d’œil aux titres des chansons, je manque m’étouffer avec mon croissant. "Exo-Politics", "Map of the problematique"… Du lourd en perspective.

 

Mardi 25 Juillet

Echec d'une première gravure. Excédée, j'introduis un nouveau disque vierge dans mon ordinateur et me demande si écouter ces 11 titres en vaut vraiment la peine.

 

45 minutes plus tard, la réponse est un oui massif... au second degré. Matthew Bellamy l’avait crânement annoncé : aucune chanson ne ressemble aux autres. Si le guitariste-pianiste a dit vrai, son dernier opus n’en demeure pas moins une pure quintessence du grotesque, une farce involontaire hilarante.  Dans le but creux de se démarquer encore un peu plus, Muse a achevé la triste synthèse des pires courants musicaux du demi siècle passé. Cette déplorable épopée kitsch attristera les fans de l’inégalé  "Showbiz", 1er album humble et poignant.

 

"Take a bow"

 

Mes yeux s’écarquillent, ma bouche benoîtement ouverte articule un murmure stupéfait. "Take a bow" ou Dieu roi du Technival. Un synthétiseur ampoulé joue un cantique futuriste, annonciateur de la fin du "totalitarisme" occidental. Vangelis a trouvé son fils spirituel.

 

"Starlight"

 

Lancement du quart d’heure 80’s avec un piano très Modern Talking suivi de basses assourdissantes. Se greffe sur cette base peu reluisante une gentille bluette où notre chanteur quitte sa fiancée pour une contrée plus prospère. Trop synthétique, l’ambiance ne traduit aucunement l'intensité de la scène.

 

"Supermassive black hole"

 

Un demi-succès. Insolent, accrocheur, Matthew Bellamy rappelle Prince avec son falsetto provoquant. Inexistants sur les 3 albums précédents, des chœurs bien sentis pimentent cette romance unilatérale. Toutefois, les amateurs de finesse passeront encore leur chemin devant cette guitare aussi tonitruante qu'inexpressive. "Plug in baby" et sa force  brute innée paraissent bien loin.

 

"Map of the problematique"

 

Depeche Mode remixé par Linkin Park ? Non, il s'agit toujours du même disque. Ni bonne ni mauvaise, cette romance torturée ("I can't get it right since I met you") ne marque pas les esprits.

 

"Soldier's poem"

 

Changement radical de ton. Une guitare acoustique entre les mains, le leader joue au simple soldat crooner. Le point fort du morceau réside dans sa courte durée.

 

"Invincible"

 

De toute évidence, le morceau précédent a volé son titre à cette marche orchestrée par une batterie militaire. Les paroles d'une mièvrerie effarante ("Cause there's no one like you in the universe") rendent pourtant songeur. La popularité induirait-elle assurément le déclin ? 

 

"Assassin"

 

Proche de "Stockholm syndrome", ce 7è titre renoue habilement avec les anciennes amours du groupe. L'habituel et rassurant fatras à 6 cordes remplace les pénibles expérimentations précédentes. Quelques instants d'une sobriété agréable quoique toute relative.

 

"Exo-Politics"

 

La paranoïa révolutionnaire d' "Assassin" laisse place à une leçon de politique plus globale. Fasciné par certaines théories conspirationnistes, Matthew Bellamy évoque les Zétas, une race… d'extraterrestres gris soi-disant membres du Nouvel Ordre Mondial, cette prétendue confrérie ultra secrète qui contrôlerait la planète depuis les années 50. Tout un programme*. Malgré son thème peu conventionnel, "Exo-Politics" constitue indéniablement le point fort de "Black holes &revelations" (et quelles révélations…) grâce à  un refrain puissant et des couplets d'une tessiture lumineuse.

 

"City of delusion"

 

Malheureusement, l'accalmie n'a pas duré. Retour vers des cieux plus alambiqués avec "City of delusion", bande son idéale pour le prochain Indiana Jones. Séduit par les folklores espagnols et égyptiens, le trio anglais se perd dans un flot de violons orientaux et de trompettes. Ne manquent plus que les youyous et les castagnettes.

 

"Hoodoo"

 

Principal concurrent d'"Invicible" pour le gratifiant "Crasse award", ce titre rappelle les mélodrames émétiques de Barbara Streisand. Une insupportable complainte chouinarde centrée sur un piano larmoyant à souhait. 

 

 "Knights of Cydonia"  

 

La boucle est bouclée. "Black holes &revelations" s'achève comme il avait commencé, à savoir par une pièce indigeste et rococo. Après une introduction western digne des "12 salopards",  la cavalerie part vers un univers lyrique pompeux et pompant.  Des passages très dynamiques sauvent toutefois du naufrage total cette parodie accidentelle de "Bohemian rhapsody".

 

Mu par une éternelle quête de mirobolant, Muse propose ici une oeuvre mégalomane du plus mauvais goût. Un destin bien amer pour ce groupe talentueux dont l'influence ne devrait cependant pas se démentir à court terme. Mais attention. L'orgueil précède bien souvent la chute.

 

Classe : "Exo-Politics"

Crasse : "Hoodoo"

 

Autres chroniques concernant Muse sur ce blog :

Super cadeau :

 

  • La video de "Knights of Cydonia". Bien que souvent accuses de mégalomanie, Matthew Bellamy et sa troupe livre un clip amusant et plein de dérision.

     

par Alex la Baronne publié dans : Nullités crasses
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Jeudi 13 juillet 2006

Note album : 3/10

Encore raté pour Richard Ashcroft. "Keys to the world" ne lui permettra pas de réaliser ses rêves narcissiques, même s'il reste selon sa propre personne capable des "meilleurs concerts jamais vus". Toutes ces fanfaronnades, dignes d'un supporter du PSG, n'avantagent pas une 4è production solo fort ennuyeuse. 40 minutes empreintes d'un romantisme geignard à faire passer Thom Yorke  pour un boute en train et le tour est joué : le malheureux auditeur se retrouve malgré lui sur le toit de son immeuble, en train d'invectiver l'altruiste pompier qui espère le ramener à la raison.

Paradoxalement, "Why not nothing" ouvre ce disque de belle manière avec des sonorités rock inhabituelles pour l'ex-chanteur de The Verve. La suite se perd en lamentations ("Sweet Malcolm", "Words") desquelles seul le magnifique "Break the night with colors" parvient à s'extraire. Comme quoi une belle voix n'excuse pas tout, et surtout pas "Music is power", dont l'ignominie a entraîné une grève générale des violonistes britanniques, bien las devant les perpétuels détournements de leur instrument fétiche. A ce prix là, sortir un disque de 10 titres seulement ne s'apparente plus à de la paresse, mais à de la mansuétude.

Classe : "Break the night with colors"

Crasse : "Music is power"

Super cadeau :

par Alex la Baronne publié dans : Nullités crasses
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