J'ai toujours été distraite. Jamais chiche en bons mots, ma mère m'a surnommée "La chèvre" et il m'arrive encore (rarement) de me balader le T-Shirt à l'envers. Un accoutrement parfaitement involontaire, mais bien plus rock'n'roll (ridicule) que les Converse et le jean slim standards. Même Pete Doherty n'a jamais osé sortir avec les lauriers de son polo Fred Perry scotchés dans le dos. Moi si. Mais je n'ai pas fait exprès (et il ne s'agissait heureusement pas d'un polo).
Lourde de cette particularité agaçante, j'ai très vite entrepris de pallier mes défaillances cérébrales à l'aide d'un carnet, lequel s'est très vite retrouvé jonché de bouts de phrase parfois abscons ((?)… traîne comme une 2CV verte dans l'arrière cour ?). Ainsi, la plupart des chroniques de Classe ou Crasse doivent leur pérennité à ce petit cahier. Il m'escorte partout, surtout au boulot. Il n'empêche, j'ai passé une bonne demi-heure hier après-midi à me demander quelle idée géniale avait éclairé ma douche matinale. Une idée censée révolutionner ma thèse. Peine perdue, j'ai recommencé de tâcheronner, en proie à un PhD blues en stade avancé.
Et puis il y a les listes. D'ordinaires listes de courses, dont les fragments humides jalonnent le fond de ma machine à laver. J'oublie toujours de les retirer mes poches. Des listes d' "occupations" aussi, histoire de remplir mes béchers et garder bonne réputation auprès de mes chefs.
Mais les listes royales, les superlistes, je les fais toutes les quinzaines. Quand je me transforme en Paris Hilton, le chihuahua en moins…
(Non, mais qu'est ce que vous croyez ??? Que je nettoie des 4x4 de racaille en bikini noir et en bavant du hamburger ricain trop cuit ???)
… Et que je pars faire du shopping. Globalement, cette fameuse liste contient deux axes majeurs : chaussures et CDs.
De quoi étais-je censée vous parler dans cette chronique ? Ah oui, de TV on The Radio. Ca va, j'ai bien meublé. Je n'ai en fait pas grand-chose à dire sur ce concert. Vous venez de vous taper une demi-page de banalités et vous êtes ravis de l'apprendre.
Alors, pourquoi en parler ? Parce qu'après avoir lu la chronique dithyrambique de Systool au sujet de Return to Cookie Mountain, le 2è jet des américains déjantés, j'ai ressenti le besoin quasi viscéral de me procurer cet album. Placé en tête de ma liste, en tête de la gondole de mon disquaire préféré, je ne pouvais pas le manquer.
Bien entendu, je suis rentré sans lui. Il est resté planté dans
La même histoire se répéta plusieurs fois. Je ramenai des disques prodigieux, de bons disques, quelques trucs franchement chiants. Je ramenai aussi plusieurs paires de chaussures, même des qui râpent l'arrière du talon. Return to cookie mountain tomba définitivement en désuétude, malgré l'acclamation quasi unanime de la critique.
C'est pourquoi, une fois arrivée aux Eurocks, je me suis précipitée sous le chapiteau, et j'ai juré que je n'en bougerai plus qu'une fois le show passé. Je n'allais pas en prime oublier d'assister à ce concert. Quand même.
Heureusement, je me souvenais encore bien de leurs têtes. Des débraillés barbus comme les mecs de TV on the Radio, je n'en croise pas souvent. Et Dieu sait que je croise des gens bizarres dans mon labo. Bref, se trouvaient sur scène 4 grands noirs dynamiques et une petite crevette blanche en guise de guitariste, qui formait un contraste curieux avec ses comparses.
Pour autant que je me rappelle, le show démarra sur les chapeaux de roue, soutenu par des guitares floues, un groove dément et un chanteur très en voix. Pourtant, une file ténue mais vivace se dirigeait vers la sortie. Je maudis ces jeunes festivaliers venus plus pour la picole et le camping que pour la musique, ces fans de Tryo pleins de dreadlocks. Je maudis également ces autres gourdasses, celles qui déboursent 40€ pour grimper sur les épaules de leur mec, histoire de passer à Europe 2 TV.
Cet accès de philanthropie passé, je me réalisai honteusement que moi aussi, j'avais envie de me barrer. La belle euphorie des débuts s'était muée en une bouille sonore, dont certains remous évoquaient grandement… Bloc Party, en mieux composé quand même. Il y avait également ce chanteur larmoyant, ces chœurs écoeurants à
Il y a des oublis. Il y a aussi des actes manqués.
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