Pigeon,
Oiseau à la grise robe
Dans l'enfer des villes,
Toujours à moi tu te dérobes,
Tu es vraiment le plus agile.
Benoît Poolevoerde, C'est arrivé près de chez vous
Si le rat des airs ne frappe pas par sa grâce, il en conserve néanmoins le privilège des cieux. Cloué au sol, le compositeur frustré transfigure souvent son ressentiment dans des mélopées aériennes. Symbole de pureté, d'évasion, l'oiseau se laisse alors emprisonner quelques minutes dans une cage de résonance…
- Michel Fugain – Fais comme l'oiseau (Fugain et le Big Bazar, 1972)
Le Big Bazar fait salle comble. Engoncé dans une combinaison jaune canari, Michel Fugain serine "Fais comme l'oiseau" à qui veut l'entendre pépier d'optimisme. Plus jovial qu'une fanfare de village, le moustachu tressautant livre un air d'une niaiserie patentée, révélateur d'un esprit beatnik franchouillard totalement has been aujourd'hui. Toujours en phase avec son époque, Michel chante "Chaque jour de plus est un jour de trop" en 1997 . Ce n'est pas drôle de vieillir.
- Guillemots – Redwings (Through the windowpane, 2006)
A nom de manchot chanson impériale. Les pingouins britanniques signent avec "Redwings" un coup de maître, un air beau comme le générique de fin d'un film culte. La rencontre entre pop et jazz a encore beaucoup à apporter.
- Wolfmother – Where eagles have been (Wolfmother, 2006)
Le king des oiseaux se retrouve une fois encore dans un carcan métallique. Véritable clone sonore de Led Zeppelin, Wolfmother part à dos d'aigle dans une contrée sauvage où le riff est aussi brut qu'en 1977. La machine à remonter le temps n'a pas fini d'alimenter la machine à sous.
- Barbara – L'aigle noir (1970)
Une confrontation bien étrange. La dame sombre de la chanson française rencontre son alter ego volant. Enigmatique, insaisissable, royal, "L'aigle noir" ressemble comme 2 plumes d'oies à son interprête. 35 ans plus tard, le mystère reste entier.
- R Kelly – I believe I can fly (Single, 1996)
Le mécène du R&B voit les choses en grand. Des grues à la pelle et le compte en banque de Picsou ne lui suffisent plus : R Kelly veut voler. Une symphonie aussi indigeste qu'un munster pané illustre ce rêve somme toute bien banal.
- The Divine Comedy – Come home Billy Bird (Absent friends, 2004)
Pauvre Bily Bird. Cet éminent homme d'affaire ne supporte plus les implacables boeings qui le mènent d'un rendez-vous professionnel à l'autre, toujours plus loin de sa famille. Mu par une impulsion soudaine, notre héros quitte cette vie insipide pour assister au match de football de son fils. En parfait troubadour pop, Neil Hannon nous conte un retour au pays mouvementé, parfaitement magnifié par les violons légers si chers à
- Dionysos – Coiffeur d'oiseaux (Western sous la neige, 2003)
Toujours aussi pété de la coiffe, le quintette déjanté inflige aux volatiles un traitement à faire dresser d'effroi les ergots de Brigitte Bardot. Ainsi, "Coiffeurs d'oiseaux" met en scène une jeune fille au sens artistique discutable, tailladant allègrement les ailes de pauvres piafs. "No more haircuts for the birds…" chantonne Mathias Malzieu. Il ne manquerait plus que ça !
- The Smashing Pumpkins - Bullet with butterfly wings (Melon Collie and the infinite sadness, 1995)
Très inspirés sur ce coup là, les Smashing Pumpkins laissent éclater "Bullet with butterfly wings", un projectile grunge aussi glauque que fulgurant écrit en hommage à Kurt Cobain. La réunification prochaine du groupe s'annonce sous pression.
- Ringo – Qui est ce grand corbeau noir ? (Single, 1979)
Le genre de truc à vous faire enterrer votre carte d'identité. Roi incontesté de la reprise francophone merdique, Monsieur Sheila avait pourtant pléthore de concurrents sérieux, du "Sous-marin vert" des Compagnons de la chanson au "Je survivrai" d'une Régine tabagique au dernier degré. Et pourtant. Ringo l'épouvantail lance l'estocade finale sur une chanson hexagonale extrêmement fertile en navets. A pleurer de rire ou à pleurer tout court, selon l'humeur.
- Ramones – Surfin' bird (Rocket to Russia, 1977)
Initialement employé dans les 60's pour désigner les impertinentes fashionistas londoniennes, "bird" désigne à présent une nana dans l'argot britannique. Les 4 punks rendent ici hommage à cette époque avec leur reprise de "Surfin' bird", une chanson des Trashmen sortie initialement en 1963.
Super cadeaux :
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"Where eagles have been" de Wolfmother (live à JTV)
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Le clip de "Come home Billy bird" de The Divine Comedy (très amusant)
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"Bullet with butterfly wings" des Smashing Pumpkins en live au Budokan en 2000
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