Texte Libre

Classe ou Crasse ?

 

Chroniques rock'n'roll d'une Baronne

Mardi 11 juillet 2006

Note album : 8/10

Ces deux là flanqueraient une frousse mémorable à l'ourse Palouma. Entre les déhanchements morbides d'Alison Mosshart et le regard torve de son guitariste, jamais duo n'avait si bien porté son nom. Cependant, réduire les Kills à une bande de psychopathes serait faire fausse route, tant leur symbiose confondante saute aux oreilles tout au long de "No wow". On ne peut que louer l'engagement total de ce 2è album écrit, enregistré et produit en parfaite autarcie.

Si ce huis clos rappelle parfois un serpent se mordant la queue avec ses 11 titres obsessionnellement similaires, il ne manque pas de séduire par son anti-conformisme. Souvent persiflés pour leur manque de loquacité et leurs excès scéniques – lors d'un show non fumeur, la chanteuse a pris un plaisir manifeste à griller cigarettes sur cigarettes – la paire américano-britannique nous gratifie d'airs post punk de premier choix, notamment avec l'initial "No wow", aux paroles aussi acerbes que les riffs de Jamie Hince. Par la suite, chaque seconde plonge l'auditeur dans un univers suffisamment mal défini pour l'intriguer. Quelques moments plus calmes ("Rodeo town", "Ticket man") viennent interrompre un flot de rage ("Murdermile", "Love is a deserter") capable de faire déguerpir une colonie de fourmis tueuses prête à attaquer une hacienda. De toute évidence, un avenir radieusement sombre attend ces alter ego inversés des White Stripes, auxquels ils sont d'ores et déjà comparés.

  

Classe : "No wow"

Crasse : "At the back of the shell"

Super cadeau :

  • la video de "No wow", qui justifie la comparaison avec les White Stripes
par Alex la Baronne publié dans : Pop rock classe
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Mardi 11 juillet 2006

Note album : 6/10

Jusqu'à présent, le match musical entre la Norvège et la Suède , véritables frères ennemis séparés depuis 101 ans seulement, avait largement tourné à l'avantage de ces derniers. Abba et ses 300 millions de disques vendus ridiculisa A-Ha, duo capillairement filasse et artistiquement fugace des années 80. Lene Marlin souffrit la comparaison avec Nina Persson, la jolie chanteuse suédoise des Cardigans. La liste de ces cuisants revers pourrait continuer longtemps pour le pays des fjords, et évoquer le cas de Nightwish, formation lyrique métallisante à faire fuir les bourrins de Rammstein, n'ajouterait pas à sa crédibilité.

Enfin, en 2006, Robert Post parut, apportant avec lui l'éclaircie tant attendue dans le paysage musical norvégien. Avec cet album éponyme, l'enfant de Bergen nous emmène pour 45 minutes d'une ballade  au pays enchanté de la pop. Un pays plutôt mignon, qui peut être présenté sans problème chez Ruquier à 19h et qui ravira aussi bien votre maman que vous-même. Bien sûr, Robert Post pêche de temps en temps par la retenue propre aux Scandinaves ("There's one thing", "More more"), avec des textes gentillets à vous faire croire que des papillons sortent du pot d'échappement de votre Lada. Son album comporte toutefois plusieurs morceaux dignes d'attention, tels "Come home", le très beau "Silence makes him sick" et le célèbre "Got none", que vous n'avez pas fini de fredonner sous la douche.

Classe : "Silence makes him sick"

Crasse : "More more"

Super cadeau :

  • "Got none" à Taratata. L'homme à la casquette propose une prestation posée et plutôt mignonne.
par Alex la Baronne publié dans : Zone sonore intermédiaire
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Lundi 10 juillet 2006

Note album : 4.5/10

Vous souvenez-vous de votre ex meilleure amie Anne-So, avec qui vous enchaîniez les pyjamas parties jusqu'à sa rencontre avec Jean-Matthieu ? Assurément, car  elle vous avait aussitôt abandonnée comme un vieux clébard au bord de l'A9. Une cuisante défection dont vous venez  tout juste de vous remettre. Et bien, "Absolution" de Muse risque de rappeler cette traitresse à votre bon plaisir, tant la volonté mercantile du trio  a affecté sa musique. Encore une belle amitié de finie.

Certes, la voix enchanteresse de Matthew Bellamy réserve toujours de belles surprises ("Ruled by secrecy", "Dying thoughts of an atheist", "Hysteria"), mais souvent quelque chose cloche avec ce groupe qui en vient à s'autocaricaturer  dans sa quête de reconnaissance. A n'en pas douter, si le Viet-Cong avait eu en sa possession le bruyant "Apocalypse please", celle-ci aurait été évitée. Cette surinstrumentation confinant à la mégalomanie se retrouve également dans "Stockholm syndrome" et "Falling away with you", où les solos grandiloquents de guitare et de piano alternent. Que Matthew Bellamy maîtrise très bien ces deux instruments est un fait avéré. Mais il a déjà prouvé avec "Showbiz" et "Origin of symmetry" qu'il savait beaucoup mieux s'en servir.

Classe : "Endlessly"

Crasse : "Apocalypse please"

Autres chroniques concernant Muse sur ce blog :

Super cadeau :

  • "Hysteria" en live à Glastonbury en 2004. La grosse guitare est de sortie...

par Alex la Baronne publié dans : Nullités crasses
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Lundi 10 juillet 2006

Note album : 3/10

Jamais la perfide Albion n’aura autant mérité son surnom. Après la vache folle et les pantalons à carreaux, les britanniques nous exportent leur nouvelle bouse pop avec un je ne sais quoi de jubilation sadique. Préparez vos boules quiès, éteignez votre radio et prenez le premier aller simple pour Wallis et Futuna : Keane est de retour, après 2 ans et demi d’un silence apaisant.

Attention, néanmoins. Un tel groupe, véritable version bien pensante de Coldplay (c’est dire…), se devait d’évoluer avec la témérité proche de la prise de risque qui les caractérise si bien. Grâce à leur premier opus, l’édifiant "Hope and fears", le trio mollasson s’efforçait sans réussite de nous prouver qu’un bon groupe de pop pouvait se passer de guitare. Seulement, voila. Il fallait bien innover, et surtout meubler le vide musical poussé résultant de cette absence. C’est pourquoi, avec "Under the iron sea", nos amis anglais tentent en vain de reproduire synthétiquement le son tant aimé de la gratte manquante, avec une virtuosité qui rappelle celle de votre petit cousin pré-pubère et passionné d’informatique. Pourquoi alors ne pas faire preuve d’humilité et empoigner l’instrument délaissé histoire de se racheter une réputation de groupe qui dépote grave, à l’instar de Bloc Party,  les rois du riff haché de chez Charal ? Nul ne le sait. Toujours est-il que le trois anglais, emmenés par le poupon Tom Chaplin dont les couinements vous rappellent qu’il faut sortir le chat de toute urgence avant qu’il ne dégueule sur le couvre-lit en pilou de mémé, préfère se targuer d’une démarche artistique à faire pâlir d’envie Richard Clayderman. « Nous aimons expérimenter de nouveaux sons » expliquent-t-ils avec les mines concernées des artistes rebelles qui s’engagent dans les voies inexplorables des sentiers battus.

 Ca tombe bien. Nous aussi. En écoutant autre chose.

Classe : "Is it any wonder "

Crasse : le reste…

Autre chronique concernant Keane sur ce blog :

Super cadeau :

par Alex la Baronne publié dans : Nullités crasses
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Lundi 10 juillet 2006

Note single : 9/10

Ou quand un groupe ennuyeux comme un mois de Novembre aux îles Féroé parvient à écrire une chanson magnifique, poignante, à vous faire regretter pendant 3'38 toutes les horreurs que vous avez écrites sur eux dans la rubrique "Nullités crasses".

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Autre chronique concernant Keane sur ce blog :

Super cadeau :

par Alex la Baronne publié dans : Pop rock classe
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