Note album : 7,5/10
Au moment de m'attaquer à ce fleuron de la musique moderne, la perplexité m'envahit : n'en avais-je pas trop attendu de cet album qui squatte régulièrement la tête des nombreux classements des plus grands albums de tout les temps ? Un court instant, j'avoue même avoir songé à placer cet opus dans la catégorie "Nullités crasses", tant le décalage entre sa réputation et son contenu me semble abyssal. Je l'aurais sans doute même fait, sans le fabuleux "A day in the life", capable d'émouvoir Pierre-Marie, votre voisin fana de l'Opus Dei, qui considère les quatre garçons dans le vent comme l'œuvre de Belzébuth.
Cela dit, tout avait bien commencé. Le titre d'ouverture, "Sgt. Pepper's lonely hearts club band", annonce clairement la couleur : ce disque sera le tournant de la carrière des Beatles, une rupture radicale avec leur productions passées. Sans la moindre pause, le très bon "With a little help from my friends" prend le relais, immédiatement suivi d'un des temps forts de l'album, le célèbre "Lucy in the sky with diamonds". Contrairement à ce que clame une vieille rumeur tenace, cette chanson n'évoque pas la substance hallucinogène synthétisée par le maintenant centenaire Albert Hofmann*, mais la légende d'un dessin du fils de John Lennon, Julian.
Malheureusement, les choses se gâtent ensuite, un peu comme si votre partenaire de tandem refusait soudain de pédaler au beau milieu du Ventoux. D'aucuns argueront que je ne connais rien à la musique, que je devrais avoir honte de cracher dans la soupe primitive source de tous les groupes de pop rock actuels. Soit. Et pourtant, j'avoue avoir connu 15 minutes d'angoisse, 15 minutes d'ennui profond, 15 minutes d'expérimentations beatniks pas très heureuses, dont seul l'attendrissant et original "When I'm 64" parviendront à me tirer, avant que je n'appuie sur la touche "avance rapide" de mon lecteur MP3 pour rejoindre le final "A day in the life". Néanmoins, ma déception ne dure pas : ce disque préfigure parfaitement l'excellent double album blanc qui constitue sans doute l'œuvre majeure des Beatles.
* Chimiste suisse, découvreur du LSD à Bâle en 1938.
Classe : "A day in the life"
Crasse : "She’s leaving home"
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Super cadeau :
- la video d' "A day in the life". Si je devais ne choisir qu'une chanson dans toute ma discothèque, ce serait celle-là.
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