Texte Libre

Classe ou Crasse ?

 

Chroniques rock'n'roll d'une Baronne

Samedi 10 février 2007

Suite de la série sur les meilleurs moments de la compilation "20 ans 100 chansons". L'heure est maintenant aux cheveux gras et aux hurlements fauves pour un petit voyage entre 1990 et 1996…

 

 

1.      PJ Harvey – Sheela-Na-Gig (Dry, 1992)  

 

PJ Harvey n'est pas une gonzesse comme les autres. Loin de céder à la facilité du mélo, la chanteuse - guitariste laisse éclater sa rage et son talent avec un "Sheela-Na-Gig" d'une spontanéité stupéfiante. Tu t'appelles Jessica et rêves de devenir une rock star parce que c'est trop trendy en ce moment ? Citer PJ en référence devrait t'assurer une certaine crédibilité.

 

2.      Primal Scream – Loaded (Screamadelica, 1991)

 

En ce début des années 90, ce n'est franchement pas la gloire pour les obscurs Primal Scream. Par chance, l'intuitif DJ Andy Weatherall s'empare de "Loaded" et le transforme en tube du Samedi soir par un remix imparable. La carrière du groupe lui doit une fière chandelle.

 

3.      Hole – Rock star (Live through this, 1994)

 

Chez les Cobain, c'est à celui ou celle qui braille le plus fort. Et force est de constater que Madame se débrouille très bien de ce côté-là. "Rock star" en constitue la tonitruante preuve.

 

 

4.      Jeff Buckley – Dream brother (Grace, 1994)

 

Si j'avais découvert Jeff Buckley à 15 ans, son nom s'étalerait grave au compas sur mon avant-bras droit. Les plus cyniques diront qu'il n'a pas eu le temps d'être mauvais, d'autres lui reprocheront d'avoir involontairement enfanté Matt Bellamy, il n'empêche. "Dream brother" reste une chanson d'une beauté stupéfiante.

 

5.      Pulp – Common people (Different class, 1996)

 

Alors qu'Oasis et Blur se crêpent le chignon pour une obscure histoire de pied au cul aux Brit Awards, Pulp avant à élégants pas feutrés vers un énorme succès britannique. Jarvis a beau montrer son derrière en direct live auxdits Brit Awards, il n'en reste pas moins trop classe pour être un "Common people".

par Alex la Baronne publié dans : Chansons à thème
ajouter un commentaire commentaires (8)    créer un trackback recommander
Jeudi 8 février 2007

Je n'ai jamais aimé les Inrocks. Enfin, je dis ça… Je n'ai jamais réussi à finir un seul article de ce foutu canard. Certains accuseront ma blondeur prononcée, mais je n'y comprends rien. Entre les pages entières de branlette verbeuse autosuffisante et les pamphlets moralisateurs de certains rédacteurs à la fois élitistes et bien pensants, cette gazette porte tout de même sacrément mal son nom. Bref, on n'y trouve ni l'insolence ni la verve rageuse qui siéraient à tout bon magazine rock.

Et pourtant, j'ai été contente de trouver sous mon sapin de Noël la compilation "20 ans – 100 chansons", éditée par la référence hebdomadaire de tout  bon cultureux. En 6 disques, les Inrocks offrent une agréable rétrospective musicale des 20 dernières années indie, sans jamais (trop) tomber dans leurs travers pompeux habituels. Histoire de faire une compil de la compil, j'ai extrait 5 chansons de chaque CD. Aujourd'hui, voici ma sélection sur le premier, dévolu à la période charnière située entre 1986 et 1990. Faites la tronche, sortez votre perfecto et votre caleçon à pois. En route !

 

  1. The Smiths – There is a light that never goes out (The queen is dead, 1986)

 

Sans doute un des plus belles réussites du crooner loser. Aidé de son complice Johnny Marr à la guitare, Morrissey nous conte un road trip aussi poétique que désopilant. Ses darons l'ont viré ? Las, le dandy rêve de crasher sa R5 dans un bus à impériale. Such a heavenly way to die…

 

  1. The Cure – Just like heaven (Kiss me, kiss me, kiss me, 1987)

 

Je peine à penser aux Cure sans sourire. Sans doute parce qu'à chaque fois, l'image d'un Dider Bourdon singeant Robert Smith dans une géniale reprise de "La Zoubida" s'impose à mon esprit. Blague à part, je reste plutôt hermétique au charme ténébreux de "Just like heaven".

 

  1. The Stone Roses – I wanna be adored (The Stone Roses, 1989)

 

Madchester vit son âge d'or. Elevés en terre acide, les Stone Roses sont parfaitement exaucés avec "I wanna be adored", où l'électro vient au secours d'un rock alors moribond. Certains sauront se souvenir de la recette quelques années plus tard.

 

  1. The Fall – Oh! Brother (458489 A Sides, 1990)

 

Aucun qualificatif ne résume Mark E. Smith. Déjanté bougon, doté d'un franc – parler appréciable ("Je me suis retrouvé avec les mecs du U2. Je n'avais encore jamais été entouré par tant d'argent et tant de connards."), le despote des erratiques The Fall, propose une chanson à son image : bordélique et charismatique.

 

  1. Deee Lite – Groove is in the heart (World Clique, 1990)

 

Les anachronismes ont l'avantage de ne pas passer inaperçus. "Groove is in the heart" s'impose en effet comme un OVNI disco lâché avec 15 ans de retard. Avec son chant sensuel et son beat irrésistiblement entraînant, ce morceau ne pouvait que cartonner.

par Alex la Baronne publié dans : Chansons à thème
ajouter un commentaire commentaires (23)    créer un trackback recommander
Dimanche 4 février 2007

Que celui qui n'a jamais eu envie de traiter son prochain de grosse truffe me jette la première pierre…

 

(Petit message personnel : tu portes une casquette bleue, tu conduis une AX vert lagon et tu m'as doublée par la droite sur la bretelle d'accès du Super U : fais gaffe à ta gueule.)

 

  1. Garbage – Stupid girl (Garbage, 1995)

 

Quelle dinde. Superficielle, crétine et imbue, la "Stupid girl" passe son temps à gâcher sa vie et celle des autres. Malgré ces quelques défauts, l'idiote se révèle une femme d'affaire avisée : 4 000 000 de disques vendus grâce à son seul personnage.

 

  1. Addict – Monster side (Stones, 1998)

     

 

Nul n'est jamais mieux connu que par soi-même. Addict, groupe apparu à l'époque où le rock n'était pas à la mode, exploite à fond le filon avec ce "Monster side", où la formation révèle sa vraie nature.

 

  1. Graham Coxon – Bittersweet bundle of misery (Happiness in magazines, 2004)

 

Graham n'a jamais de chance. Aussi génial que mésestimé, le songwriter à lunettes se fait malmener par une emmerdeuse patentée, dont il est en prime amoureux. D'où ce joli titre doucement désabusé et résigné.

 

 

 

  1. Ramones – Cretin hop (Rocket to Russia, 1977)

 

Une rythmique simple, des paroles chocs et 4 mecs élevés à la vache enragée : le punk, c'est pas plus compliqué que ça. Merci aux Ramones de l'avoir aussi brillamment prouvé.

 

 

  1. Radiohead – Creep (Pablo Honey, 1993)

 

Radiohead n'a jamais vraiment donné dans l'optimisme. "Creep" décroche toutefois la palme de la tristesse absolue avec son héros ver de terre amoureux d'une étoile. Et oui. Voici le lot de tout ado romantique.

 

 

  1. Lou Reed – Vicious (Transformer, 1972)

 

Comme toujours, l'ambiguité est de mise avec Lou Reed. Oscillant entre amour et haine absolue, "Vicious" dresse élégamment le portrait d'un être peu fréquentable. Un titre pour lequel les superlatifs font résolument défaut.

 

 

  1. The Hives – Walk idiot walk (Tyrannosaurus Hives, 2004)

 

Vous cherchez une phrase plate, à balancer en toutes circonstances ? "Un con qui marche va plus loin qu'un intellectuel assis" fera très bien l'affaire. Il fallait vraiment avoir le brio des Hives pour pondre un titre génial avec une telle maxime.

 

  1. Jarvis Cocker – Cunts are still running the world (Jarvis, 2006) 

Sous ses grosses binocles et son flegme purement britannique, Jarvis en a gros sur la patate. "Cunts are still running the world" stigmatise élégamment les dérives de dirigeants pas toujours très inspirés. Evidemment, un titre pareil n'incite pas à sa diffusion. Mais tant pis. Les paroles sont là.

 

  1. Katerine – Je vous emmerde (Les créatures, 1999)  

Après s'être enfilé 10 pintes au comptoir, Katerine part pêcher l'âme sœur. Pas de bol, une morue se prend dans ses filets pour un dialogue loufoque, où l'olibrius laisse éclater sa sensibilité avinée.

 

  1. Brassens – Le temps ne fait rien à l'affaire (1961)

 

Qu'on se le dise : je n'aime pas Brassens. Mais sur ce titre, force est de constater que le moustachu a bien raison. Quand on est con, on est con.

 

par Alex la Baronne publié dans : Chansons à thème
ajouter un commentaire commentaires (27)    créer un trackback recommander
Dimanche 28 janvier 2007

Il a beaucoup neigé la semaine dernière. Au moins 15 cm. Si, si, je vous jure ! Mon chien ne pouvait même plus marcher. Ensuite, il a vraiment fait très froid et, du coup, les routes étaient complètement verglacées. Heureusement, un redoux est attendu pour le week-end. Enfin, c'est ce qu'ils ont dit à Météo France. Oh, ne m'en parlez pas, de ceux-là. Ils ne sont vraiment pas fiables. C'est comme pour la tempête de 1999…


Rien de spécial à raconter ? Il vous reste les caprices célestes pour meubler.

 

1.      Claude François – Il fait beau, il fait bon (Single, 1971)

 

Si déjà on a rien à dire, autant le faire avec style. Monté sur talonnettes hydroliquess, Cloclo célèbre l'anticyclone des Açores dans un costume bleu à paillettes. Les moins sensibles reprendront en chœur, les autres fileront s'acheter des cache oreilles en plein été.


2.      Gene Kelly – I'm singing in the rain (1952)

 

Il pleut à verse. Evidemment, personne n'a de parapluie. L'occasion est trop belle. Votre pote Alfonso se met immédiatement à beugler "I'm singing in the rain". Las, vous accélérez. Ses Caterpillar muées en claquettes, il souille alors irrémédiablement vos mocassins. Saloperies de comédies musicales.



3.        The Weather Girls  – It's raining men (Single, 1982)

Au lieu de croupir sur MSN en compagnie de "bogos75" recruté sur Meetic.fr, ouvrez la fenêtre et regardez : vous n'allez pas en croire vos yeux. Des grands, des petits, des jeunes, des vieux… Alléluia !

 


4.      KT Tunstall – Under the weather (Eye to the telescope, 2004)

KT résulte d'un croisement breveté entre Norah Jones et Dido. Elle est très jolie et chante bien, mais on s'ennuie un peu. Heureusement, "Under the weather" et son final intense dissiperont les torpeurs récalcitrantes.

 

5.      Noir Désir – Le vent nous portera (Des visages, des figures, 2001)



      Parler de Noir Désir expose toujours à une bourde. Monstre pour les uns, poète maudit pour les autres, Bertrand Cantat a quoiqu'il en soit changé à jamais la face du rock français. Tout disparaîtra… Pas si sûr que cela.


6.      Kansas – Dust in the wind (Point of know return, 1977)

Auteurs d'une carrière honorable outre-atlantique, le groupe de rock progressif Kansas n'a pas emprunté le Concorde du succès. Le très beau "Dust in the wind" fait partie de ces titres archi-connus dont on peine à retrouver l'interprête.


7.      Eurythmics – Here comes the rain again (Touch, 1983)

La vie n'est pas tendre avec Annie Lennox. Sans cesse délaissée, trompée, ridiculisée, la blonde balayée se languit d'une vie meilleure dans "Here comes the rain again". Attention, dépression en vue.



 

8.      R.E.M. – I'll take the rain (Reveal, 2003)

Long. Et fade. L'avant-dernier album de R.E.M. ne déchaîne pas vraiment les foules. "I'll take the rain" et son ambiance bruineuse rappellent bien malgré eux l'époque dorée des 4 d'Atlanta, celle où "Shiny happy people" ensoleillait les charts.


9.      Belle and Sebastian – The fox in the snow (If you're feeling sinister, 1996)

Il fait un temps à ne pas mettre un renard dehors. Bercé par les ballades des écossais de Belle and Sebastian, l'animal rouquin s'aventure néanmoins dans un monde pop-folk aussi doux que féerique. Bien d'autres le suivront à la trace.


10.  I am kloot – Storm warning (Natural history, 2001)

Un titre prophétique. Miné par des disputes incessantes et une incapacité à promouvoir ses albums, le trio mancunien I am kloot offre un titre aussi superbe que confidentiel avec cet étrangement calme "Storm warning", à apprécier de toute urgence.

par Alex la Baronne publié dans : Chansons à thème
ajouter un commentaire commentaires (31)    créer un trackback recommander
Mardi 23 janvier 2007

C'est l'histoire de deux groupes.
Tous deux sont américains.
Tous deux ont éclos à une période où puer des pieds et fracasser
sa guitare sur scène était de rigueur.

Mais aucun de ces groupes ne puait des pieds ni ne fracassait sa guitare
sur scène.

Ils se sont adaptés, pourtant.

Et à 2 ans d'intervalle, ces deux groupes ont sorti deux chansons étrangement
similaires. Leur premier hit à chacun, d'ailleurs. Ce sont aujourd'hui des
vestiges d'une époque révolue, des hymnes au mal être adolescent, des
satyres d'une jeunesse superficielle et vénale.

En 1994, Beck sort son mythique "loser". La même année, un chanteur aussi complexé que talentueux personnifie magnifiquement le hit. Rivers Cuomo est le déconcertant leader de Weezer. "Undone (the sweater song)" débute par une conversation adolescente calée sur des arpèges électriques angoissants. Il y est question d'un concert inratable et de son indispensable after. En complet décalage avec ce confiant dialogue, le phrasé monocorde de Cuomo prend alors le relais.  On découvre alors un adolescent en pleine crise ingrate, en proie au doute et au malaise.

Oh no
It go
It gone
Bye-bye
Who I
I think
I sink
And I die

Amorcé par un déluge de guitares grunge, le refrain confirme le trouble avec un humour indéniable. Car dans l'univers impitoyable des teens, la popularité et l'exclusion ne tiennent qu'à un fil de pull-over...

 

If you want to destroy my sweater
Hold this thread as I walk away (as I walk away)
Watch me unravel, I'll soon be naked
Lying on the floor (lying on the floor)
I've come undone

I don't want to destroy your tank-top
Let's be friends and j
Cuomo décrit ce titre comme "à la fois triste et comique".Réalisée par 
Spike Jonze, la vidéo d'"Undone" exploite pleinement ce décalage. On y
découvre un groupe plutôt sombre, jouant au ralenti, perdu sur une morne
scène envahie par des chiens. Weezer vient de s'assurer un énorme succès
d'une façon bien singulière.


1996. Cette intro en rappelle furieusement une autre, avec ses arpèges
oppressants et son dialogue juvénile. Soudain, les phrases défilent à une
vitesse impressionnante, portées par une rage et un cynisme explosifs.
"Popular" ou comment devenir une pétasse en 10 leçons. Matthew Caws, le
chanteur de Nada Surf, n'a pas pourtant vraiment l'allure d'une rock star.
Non, il ressemble au gendre idéal, poli, aimable, cultivé. Mais les mots sont là.
Et ils frappent là où ça fait mal. En plein cœur d'une jeunesse universitaire
américaine à la fois puritaine et dépravée.


Being attractive is the most important thing there is
If you wanna catch the biggest fish in your pond
You have to be as attractive as possible
Make sure to keep your hair spotless and clean
Wash it at least every two weeks
Once every two weeks
And if you see Jonny football hero in the hall
Tell him he played a great game
Tell him you like his article in the newspaper

Le refrain choc démarre lui aussi dans un flot de guitares crades et 
dénonce ironiquement un univers fondé sur l'apparence et la tromperie. Car
aux States, les pom-pom girls et les quarterbacks font la loi avec leurs codes
trendys.

I'm head of the class
I'm popular
I'm a quarter back
I'm popular
My mom says I'm a catch
I'm popular
I'm never last picked
I got a cheerleader chick

La video de "Popular" se révèle le fidèle support de son texte. On y retrouve 
une cheerleader aussi fourbe qu'aguicheuse, des sportifs idiots et un groupe
à la colère contenue sous un vernis lisse.



Aujourd'hui, Weezer n'existe pour ainsi dire plus. Comme Nada Surf, 
le groupe avait opéré un brillant virage pop, plus proche de ses aspirations
réelles.
Après "Undone" et "Popular", "Island in the sun" et "Always love"…

par Alex la Baronne publié dans : Chansons à thème
ajouter un commentaire commentaires (4)    créer un trackback recommander

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus